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fréquentes et irrégulières rendant la ponctuation grammaticale impossible; c'est à la musique à ponctuer les paroles : le copiste ne doit pas s'en mêler; car ce seroit ajouter des signes que le compositeur s'est chargé de rendre inutiles.

Je m'arrête pour ne pas étendre à l'excès cet article : j'en ai dit trop pour tout copiste instruit qui a une bonne main et le goût de son métier; je n'en dirois jamais assez pour les autres.J'ajouterai seulement un mot en finissant : il y a bien des intermédiaires entre ce que le compositeur imagine et ce qu'entendent les auditeurs. C'est au copiste de rapprocher ces deux termes le plus qu'il est possible, d'indiquer avec clarté tout ce qu'on doit faire pour que la musique exécutée rende exactement à l'oreille du compositeur ce qui s'est peint dans sa tête en la composant.

CORDE soNORE. Toute corde tendue dont on peut tirer du son. De peur de m'égarer dans cet article, j'y transcrirai en partie celui de M. d'Alembert, et n'y ajouterai du mien que ce qui lui donne un rapport plus immédiat au son et à la musique.

« Si une corde tendue est frappée en quelqu'un « de ses points par une puissance quelconque, elle « s'éloignera jusqu'à une certaine distance de la « situation qu'elle avoit étant en repos, reviendra « ensuite, et fera des vibrations en vertu de l'élas« ticité que sa tension lui donne, comme en fait « un pendule qu'on tire de son aplomb. Que si, « de plus, la matière de cette corde est elle-même « assez élastique ou assez homogène pour que le « même mouvement se communique à toutes ses « parties, en frémissant elle rendra du son, et sa « résonnance accompagnera toujours ses vibra« tions. Les géomètres ont trouvé les lois de ces « vibrations; et les musiciens celles des sons qui « en résultent. « On savoit depuis long-temps, par l'expérience « et par des raisonnements assez vagues, que, « toutes choses d'ailleurs égales, plus une corde « étoit tendue, plus ses vibrations étoient promp« tes; qu'à tension égale, les cordes faisoient leurs « vibrations plus ou moins promptement en même « raison qu'elles étoient moins ou plus longues, « c'est-à-dire que la raison des longueurs étoit « toujours inverse de celle du nombre des vibra« tions. M. Taylor, célèbre géométre anglois, est « le premier qui ait démontré les lois des vibra« tions des cordes avec quelque exactitude, dans « son savant ouvrage intitulé, Methodus incremen« torum directa et inversa, 1715; et ces mêmes lois « ont été démontrées encore depuis par M. Jean « Bernoulli, dans le second tome des Mémoires de « l'Académie impériale de Pétersbourg. » De la formule qui résulte de ces lois, et qu'on peut trouver dans l'Encyclopédie, article Corde, je tire les trois corollaires suivants, qui servent de principes à la théorie de la musique. o I. Si deux cordes de même matière sont égales en longueur et en grosseur, les nombres de leurs vibrations en temps égaux seront comme les racines des nombres qui expriment le rapport des tensions des cordes. • * II. Si les tensions et les longueurs sont égales, les nombres des vibrations en temps égaux seront en raison inverse de la grosseur ou du diamètre des cordes. III. Si les tensions et les grosseurs sont égales, les nombres des vibrations en temps égaux seront en raison inverse des longueurs. ' - . Pour l'intelligence de ces théorèmes je crois devoir avertir que la tension des cordes ne se représente pas par les poids tendants, mais par les racines de ces mêmes poids ; ainsi les vibrations étant entre elles comme les racines carrées des tensions, les poids tendants sont entre eux comme les cubes des vibrations, etc. Des lois des vibrations des cordes se déduisent celles des sons qui résultent de ces mêmes vibrations dans la corde sonore. Plus une corde fait de vibrations dans un temps donné, plus le son qu'elle rend est aigu; moins elle fait de vibrations, plus le son est grave; en sorte que les sons suivant entre eux les rapports des vibrations, leurs intervalles s'expriment par les mêmes rapports : ce qui soumet toute la musique au calcul. On voit par les théorèmes précédents qu'il y a trois moyens de changer le son d'une corde; savoir, en changeant le diamètre, c'est-à-dire la grosseur de la corde, ou sa longueur, ou sa tension. Ce que ces altérations produisent successivement sur une même corde, on peut le produire à-la-fois sur diverses cordes, en leur donnant différents degrés de grosseur, de longueur, ou de tension. Cette méthode combinée est celle qu'on met en usage dans la fabrique, l'accord et le jeu du clavecin, du violon, de la basse, de la guitare, et autres pareils instruments composés de cordes de différentes grosseurs et différemment tendues, lesquelles ont par conséquent des sons différents. De plus, dans les uns, comme le clavecin, ces cordes ont différentes longueurs fixes par lesquelles les sons se varient encore, et dans les autres, comme le violon, les cordes, quoique égales en longueur fixe, se raccourcissent ou s'alongent à volonté sous les doigts du joueur, et ces doigts avancés ou reculés sur le manche font alors la fonction de chevalets mobiles, qui donnent à la corde ébranlée par l'archet autant de sons divers que de diverses longueurs. A l'égard des rapports des sons et de leurs intervalles relativement aux longueurs des cordes et à leurs vibrations, voyez SON, INTERvALLE, CONSONNANCE. . La corde sonore, outre le son principal qui résulte de toute sa longueur, rend d'autres sons accessoires moins sensibles, et ses sons semblent prouver que cette corde ne vibre pas seulement dans toute sa longueur, mais fait vibrer aussi ses aliquotes chacune en particulier selon la loi de leurs dimensions.A quoi je dois ajouter que cette propriété qui sert ou doit servir de fondement à toute l'harmonie, et que plusieurs attribuent, non à la corde sonore, mais à l'air frappé du son, n'est pas particulière aux cordes seulement, mais se trouve dans tous les corps sonores. (Voyez CoRPs sONORE, HARMONIQUE.) Une autre propriété non moins surprenante de la corde sonore, et qui tient à la précédente, est que si le chevalet qui la divise n'appuie que légèrement et laisse un peu de communication aux vibrations d'une partie à l'autre, alors, au lieu du son total de chaque partie ou de l'une des deux, on n'entendra que le son de la plus grande aliquote commune aux deux parties. (Voyez SoNs HARMONIQUEs.) Le mot de corde se prend figurément en composition pour les sons fondamentaux du mode, et l'on appelle souvent corde d'harmonie les notes de basse qui, à la faveur de certaines dissonances,

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