Pagina-afbeeldingen
PDF
ePub

CHOEUR, s. m. Morceau d'harmonie complète à quatre parties ou plus, chanté à-la-fois par toutes les voix et joué par tout l'orchestre. On cherche dans les chœurs un bruit agréable et harmonieux, qui charme et remplisse l'oreille. Un beau chœur est le chef-d'œuvre d'un commençant, et c'est par ce genre d'ouvrage qu'il se montre suffisamment instruit de toutes les règles de l'harmonie. Les François passent en France pour réussir mieux dans cette partie qu'aucune autre nation de l'Europe. Le chœur, dans la musique françoise, s'appelle quelquefois grand-chœur, par opposition au petitchœur, qui est seulement composé de trois parties, savoir, deux dessus, et la haute-contre qui leur sert de basse. On fait de temps en temps entendre séparément ce petit-chœur, dont la douceur contraste agréablement avec la bruyante harmonie du grand. On appelle encore petit-chœur, à l'opéra de Paris, un certain nombre des meilleurs instruments de chaque genre, qui forment comme un petit orchestre particulier autour du clavecin et de celui qui bat la mesure. Ce petit-chœur est destiné pour les accompagnements qui demandent le plus de délicatesse et de précision. Il y a des musiques à deux ou plusieurs chœurs qui se répondent et chantent quelquefois tous ensemble : on en peut voir un exemple dans l'opéra de Jephté. Mais cette pluralité de chœurs simultanés, qui se pratique assez souvent en Italie, est peu usitée en France : on trouve qu'elle ne fait pas un bien grand effet, que la composition n'en est pas fort facile, et qu'il faut un trop grand nombre de musiciens pour l'exécuter. CHORION. Nome de la musique grecque, qui se chantoit en l'honneur de la mère des dieux, et qui, dit-on, fut inventé par Olympe Phrygien. CHORISTE, s. m. Chanteur non récitant, et qui ne chante que dans les chœurs. On appelle aussi choristes les chantres d'église qui chantent au chœur : Une antienne à deux choristes. Quelques musiciens étrangers donnent encore le nom de choriste à un petit instrument destiné à donner leton pouraccorder lesautres.(VoyezToN.) CHORUs. Faire chorus, c'est répéter en chœur à l'unisson ce qui vient d'être chanté à voix seule. CHRESEs ou CHRESIs. Une des parties de l'ancienne mélopée qui apprend au compositeur à mettre un tel arrangement dans la suite diatonique des sons, qu'il en résulte une bonne modulation et une mélodie agréable. Cette partie s'applique à différentes successions de sons, appelées par les anciens agoge, euthia, anacamptos. (Voyez TIRADE.)

CHROMATIQUE, adj. pris quelquefois substantivement. Genre de musique qui procède par plusieurs semi-tons consécutifs. Ce mot vient du grec xpopz, qui signifie couleur, soit parceque les Grecs marquoient ce genre par des caractères rouges ou diversement colorés; soit, disent les auteurs, parceque le genre chromatique est moyen entre les deux autres, comme la couleur est moyenne entre le blanc et le noir; ou, selon d'autres, parceque ce genre varie et embellit le diatonique par ses semi-tons, qui font dans la musique le même effet que la variété des couleurs fait dans la peinture. Boëce attribue à Timothée de Milet l'invention du genre chromatique; mais Athénée la donne à Épigonus. Aristoxène divise ce genre en trois espèces, qu'il appelle molle, hémiolion et tonicum, dont on trouvera les rapports (Pl. 23, fig. 1. n° A), le tétracorde étant supposé divisé en 6o parties égales. Ptolomée ne divise ce même genre qu'en deux espèces, molle ou anticum, qui procède par de plus petits intervalles, et intensum, dont les intervalles sont plus grands. (Même figure, n° B.) Aujourd'hui le genre chromatique consiste à donner une telle marche à la basse-fondamentale, que les parties de l'harmonie, ou du moins quelques unes, puissent procéder par semi-tons tant en montant qu'en descendant, ce qui se trouve plus fréquemment dans le mode mineur, à cause des altérations auxquelles la sixième et la septième notes y sont sujettes par la nature même du mode. Les semi-tons successifs pratiqués dans le chromatique ne sont pas tous du même genre, mais presque alternativement mineurs et majeurs, c'està-dire chromatiques et diatoniques : car l'intervalle d'un ton mineur contient un semi-ton mineur ou chromatique, et un semi-ton majeur ou diatonique, mesure que le tempérament rend commune à tous les tons; de sorte qu'on ne peut procéder par deux semi-tons mineurs conjoints et successifs sans entrer dans l'enharmonique; mais deux semi-tons majeurs se suivent deux fois dans l'ordre chromatique de la gamme. La route élémentaire de la basse-fondamentale pour engendrer le chromatique ascendant est de descendre de tierce et remonter de quarte alternativement, tous les accords portant la tierce majeure. Si la basse-fondamentale procède de dominante en dominante par des cadences parfaites évitées, elle engendre le chromatique descendant. Pour produire à-la-fois l'un et l'autre, on entrelace la cadence parfaite et l'interrompue, en les évitant. Comme à chaque note on change de ton dans le chromatique, il faut borner et régler ces successions de peur de s'égarer. On se souviendra pour cela que l'espace le plus convenable pour les mouvements chromatiques est entre la dominante et la tonique en montant, et entre la tonique et la dominante en descendant. Dans le mode majeur on peut encore descendre chromatiquement de la dominante sur la seconde note. Ce passage est fort commun en Italie, et, malgré sa beauté, commence à l'être un peu trop parmi nous. Le genre chromatique est admirable pour exprimer la douleur et l'affliction; ses sons renforcés en montant arrachent l'ame. Il n'est pas moins énergique en descendant; on croit alors entendre de vrais gémissements. Chargé de son harmonie, ce même genre devient propre à tout, mais son remplissage, en étouffant le chant, lui ôte une , partie de son expression; et c'est alors au caractère du mouvement à lui rendre ce dont le prive la plénitude de son harmonie. Au reste, plus ce genre a d'énergie, moins il doit être prodigué : semblable à ces mets délicats dont l'abondance dégoûte bientôt, autant il charme sobrement ménagé, autant devient-il rebutant quand on le prodigue. CHRONOMÈTRE, s. m. Nom générique des instruments qui servent à mesurer le temps. Ce mot est composé de xpôvoç, temps, et de pitpov, mesure.

« VorigeDoorgaan »