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2. RAPPORT de la quatrième Section sur deux ouvrages et une note manuscrite, relatifs à la gymnastique, soumises à l'Académie, par M. SCHMITZ. -M. KUBORN, rapporteur.

Messieurs,

Que réserve l'avenir aux jeunes générations qui s'élèvent? Telle est la question que se pose tout médecin, tout moraliste, en voyant quel degré d'excitation cérébrale provoquent et entretiennent chez les enfants maîtres et parents, en vue des exigences de l'époque. Les élèves sont parqués plusieurs heures dans un espace restreint, immobiles, attentifs, à un âge où précisément la nature exige pour eux l'air libre, le mouvement, la distraction. Les lois et les discours resteront impuissants à empêcher cette activité fébrile qui porte les esprits à acquérir, dans le moindre temps, la somme des connaissances nécessaires pour contenter les ambitions ou le désir des richesses. Réforme des programme scolaires, adoption des méthodes les plus simples. d'un côté, emploi fréquent de la gymnastique de l'autre, voilà les correctifs à introduire dans l'éducation moderne pour empêcher la rupture de l'équilibre entre les facultés intellectuelles et les forces physiques de l'enfant. La gymnastique, longtemps négligée, vient aujourd'hui marquer sa place dans le cadre de l'enseignement, en s'imposant en quelque sorté comme une pratique essentielle pour le salut de notre jeune génération.

Doter le peuple de force musculaire, disait feu notre confrère Cunier, c'est lui donner du pain, c'est assurer son aisance et contribuer par là à sa moralité. Doter le riche de force musculaire, ajoute de son côté notre excellent collègue et ami Sovet, c'est lui donner la santé et la faculté de jouir des

dons de la fortune, c'est assurer son bonheur et l'éloigner du vice et de la dégénérescence constitutionnelle.

Guidé par la pensée que nous venons d'indiquer, M. P. Schmitz, professeur de gymnastique à Liége, a publié et adressé à l'Académie pour être soumis à son appréciation, un Traité de gymnastique élémentaire et raisonnée, un Traité de gymnastique d'application, et il a joint à son envoi une note manuscrite intitulée Gymnastique dynamique. L'auteur rejette comme inutiles pour fortifier le système musculaire, agrandir une poitrine, redresser une difformité, donner de la souplesse et de la vigueur aux membres, les trapèzes, les barres parallèles et tous ces engins plus ou moins dangereux dont se servent les saltimbanques. Son premier traité renferme une série de dix-sept leçons graduées concernant les exercices d'ensemble, la tenue, les positions, les mouvements de flexion, d'extension, les différents pas, la marche, les conversions, le saut, la course, les exercices de la barre à sphères (1), de la corde. Le professeur arrive ainsi à faire exécuter toutes les actions possibles, que nécessite le développement des systèmes musculaire et articulaire. Il associe aux différents mouvements l'école du soldat et du peloton.

L'ouvrage, écrit surtout en vue des établissements d'instruction, met l'instituteur en état de devenir rapidement un excellent maître de gymnastique. Les procédés de M. Schmitz sont mis en pratique à l'Athénée, à l'Institut supérieur des demoiselles et aux écoles communales de Liége, aux écoles moyennes et primaires de Seraing. Nous avons constaté les heureux résultats obtenus; ils réalisent tout ce qu'on est en droit d'espérer. Le livre ne contient au fond rien qui ne soit

(1) La barre à sphères est un appareil confectionné d'un bois léger, arrondi, d'une longueur d'un mère et de 3 centimètres de diamètre, terminé à chaque extrémité par une boule de 5 à 6 centimètres.

connu. Son mérite consiste essentiellement dans une application intelligente et méthodique des saines données de l'anatomie et de la physiologie; dans d'ingénieuses combinaisons de mouvements et d'exercices, pleins d'attrait et qui s'exécutent sans fatigue. Nous n'en dirons pas davantage. Il n'entre pas dans nos vues d'analyser un travail imprimé, couronné à l'exposition d'Amsterdam, adopté par la Commission centrale de l'instruction publique, et qui d'ailleurs a fait son chemin en dehors de l'approbation académique, puisque, succès bien rare chez nous, il est parvenu en quatre années à sa troisième édition.

Le second traité de M. P. Schmitz, destiné aux adolescents, est le complément du premier. Le professeur s'attache ici à des exercices qui s'exécutent à l'aide d'engins peu volumineux, mobiles, tels que haltères, barres à sphères en métal, massues, etc,... et dont le maniement exige des mouvements de suspension et de sustension, accompagnés ou non d'élan, suivant l'âge des élèves, lesquels agissent simultanément en nombre aussi grand qu'on veut.

En disant tout à l'heure que je devais m'abstenir d'analyser l'œuvre de M. Schmitz, j'étais pénétré de cette pensée, que l'Académie est avant tout appelée à émettre des jugements, plutôt que des appréciations critiques sur des ouvrages imprimés, sauf dans quelques cas exceptionnels; déviations justifiées par la haute valeur scientifique d'un auteur ou le mérite transcendant d'un ouvrage. Dans le cas actuel, rien ne motive une exception à la règle. Nous aurions donc dû éviter également d'émettre une opinion favorable ou défavorable. Il ne nous a cependant pas paru convenable de garder le silence. Les ouvrages qui vous ont été adressés constituent le premier traité méthodique publié dans le pays pour vulgariser un art que les plus hautes considérations recommandent au patronage et à la vive sollicitude de l'Académie. C'est l'œuvre de

l'un de ces pionniers qui n'attendent qu'un mot d'encouragement pour persévérer dans une tâche ardue, souvent ingrate, car elle ne laisse à ceux qui s'y dévouent que de minces profits et de rares honneurs. Applaudir aux efforts tentés par un des membres de cette utile milice, c'est stimuler le zèle de tous.

En conséquence, la quatrième Section a l'honneur de proposer à l'Académie d'adresser une lettre de remerciments à l'auteur pour l'envoi de ses deux traités et de les déposer honorablement à la bibliothèque.

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La note manuscrite intitulée Gymnastique dynamique renferme la description d'un appareil simple, peu coûteux, exempt de danger, applicable à tous les âges, imaginé surtout en vue des jardins d'enfants. Cet engin, que l'inventeur appelle anneau attractif, et dont nous avons un spécimen sous les yeux, consiste en un cercle en caoutchouc de 4 mètres de circonférence et de 0,025 d'épaisseur.

L'appareil étant fixé peut servir à un enfant seul; il se prête aux exercices de deux, trois ou d'un plus grand nombre d'enfants.

Lorsqu'on le prend avec mollesse, il se relâche; use-t-on de force, il attire. Il n'est pas nécessaire que les antagonistes 'soient de vigueur égale. Sa résistance peut être sollicitée jusqu'au maximum de la force humaine.

On comprendra par un exemple les ressources que présente l'anneau attractif.

La corde est croisée en bandouillère, passée d'un côté sur l'épaule gauche et en dessous du bras droit; de l'autre sur l'épaule droite et en dessous du bras gauche. Deux élèves étant dans cette position, lorsqu'ils se tournent le dos et marchent en avant, ils s'éloignent l'un de l'autre jusqu'à ce que l'un des deux soit entraîné. Alors le plus fort doit reculer tout en offrant assez de résistance pour exiger l'emploi énergique de

toute la force de son antagoniste. Si les élèves se plaçaient face à face, ils tireraient à reculons. Le mouvement exerce surtout les muscles du dos.

On conçoit, sans qu'il soit besoin d'entrer dans de plus amples explications, le parti qu'on peut tirer de ce simple engin, en variant les exercices, pour développer les forces physiques chez les enfants, corriger les premières manifestations des tendances vicieuses, diriger le maintien et les attitudes. Nous ne doutons point que l'emploi de cet appareil se généralise.

La Section propose d'adresser une lettre d'encouragement à l'auteur et le dépôt de sa notice aux archives.

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3. DÉCOLLEMENT et expulsion d'une portion considérable (un mètre cing centimètres) de la muqueuse de l'intestin grêle, par suite d'un coup de tampon de waggon de chemin de fer, reçu sur la paroi abdominale; par M. GALLEZ, correspondant.

Hubert H....., de Montigny-sur-Sambre, de bonne constitu-tion, d'un tempérament sanguin-bilieux, ouvrier attaché à l'usine des agglomérés de Couillet, le 3 décembre 1872, vers 9 heures et demie du matin, voulut traverser la voie du chemin de fer de l'État qui se trouve à proximité de l'établissement où il travaille. Cette voie était obstruée par un train d'une quinzaine de waggons en manœuvre, et arrêté en ce moment à très-petite distance d'un waggon isolé. Hubert s'engagea, en présentant le côté, dans l'intervalle laissé libre entre les quatre tampons et ne suffisant pas pour livrer passage à un homme de moyenne

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