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deux fois les épreuves, et comme je les revois avant l'impression, jusqu'aujourd'hui je n'en ai reçu qu'une seule feuille.

Ce n'est donc pas à moi que le retard peut être imputé. Je fais tous mes efforts pour hâter la publication du Bulletin avant chaque séance.

M. le Président : C'est ici comme aux Chambres ; il ne dépend pas toujours du Bureau que le compte rendu des séances soit publié immédiatement. Cela dépend surtout des membres qui, ayant d'autres occupations, ne peuvent revoir assez tôt leur travail.

· M. Lequime : C'est le cas. Je suis très-occupé dans ma clientèle. J'ai désiré faire quelques retranchements à mon discours pour l'abréger. C'est ce qui en a retardé l'impression. J'ai terminé et d'ici à quelques jours vous pourrez recevoir le Bulletin.

M. le Président : Dans tous les cas, nous ferons notre possible pour que le Bulletin soit distribué au plus tôt. L'observation de M. Crocq tend-elle à ce que la discussion ne soit pas continuée aujourd'hui ?

M. Crocq: Je ne m'oppose pas à ce qu'on continue la discussion, mais je demande qu'elle ne soit pas close aujourd'hui.

M. Thiernesse : J'ai une courte observation à présenter à l'appui de la proposition d'ajournement. Le 2o de notre ordre du jour me paraît d'une certaine urgence. Lorsque M. Vleminckx a soulevé la question dont il s'agit dans ce 2o, il a fait remarquer qu'il importait de donner au plus tôt au Gouvernement une décision propre à faire changer l'état de choses actuel, en ce qui concerne le prix quinquennal des sciences médicales. On peut donc utilement, à ce point de vue, adopter la proposition d'ajournement.

M. le Président : Ainsi, M. Thiernesse propose de

suspendre la discussion sur le choléra et de nous occuper du rapport sur le prix qninquennal. Je mets cette proposition aux voix.

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5. DISCUSSION du rapport de la Commission chargée de l'examen de la proposition de M. VLEMINCKX, ayant pour objet la solution à donner à certaines difficultés soulevées à propos du prix quinquennal des sciences mé➡ dicales. M. CROCQ, rapporeur.

M. le Président : Voici les conclusions du rapport fait par M. Crocq sur cette question :

4o Instituer cinq prix quinquennaux, à décerner d'année en année, conformément au tableau dont nous venons de vous donner connaissance;

2o Charger du jugement de ces ouvrages, l'Académie ellemême qui déciderait de leur mérite par un vote au scrutin secret, sur le rapport d'une Commission compétente, soumis à une discussion en séance publique ;

3o Ne pas diviser le prix.

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M. Bellefroid : Il me semble que la proposition de M. Crocq tend moins à modifier l'organisation des prix quinquennaux qu'à en provoquer la suppression; la combinaison qui est mise en avant ne ressemble en effet plus en rien à l'organisation actuelle qui constitue un ensemble et qui a été établie en vue d'encourager les diverses productions scientifiques et littéraires qui se font dans le pays.

La proposition de M. Crocq revient, me semble-t-il, simplement à augmenter la dotation de l'Académie. L'Académie distribue certains prix. M. Crocq veut que l'Etat mette à sa

disposition une somme plus importante au moyen de laquelle elle pourrait augmenter le nombre de ces prix.

Il me semble que nous ne pouvons, à l'occasion des prix quinquennaux, patronner une combinaison qui n'a rien de commun avec l'organisation de ces prix. Si l'Académie trouve que ceux-ci ne produisent rien d'utile, je comprends qu'elle en demande la suppression. D'autre part, si la dotation de l'Académie n'est pas suffisante pour encourager les travaux qui concernent les sciences médicales, je conçois encore qu'elle demande une augmentation de sa dotation. Mais il me semble inadmissible que cette dernière proposition se produise sous le couvert des prix quinquennaux.

Il faut bien le dire, ce que l'on vous propose ne remplacerait nullement cette dernière institution. Les prix quinquennaux ont quelque chose de solennel; ils sont destinés à encourager les grandes publications, les travaux importants. Il est évident que la série de prix qui seraient institués d'après la proposition de M. Crocq ne répondrait pas du tout à ce but. Ils n'auraient à coup sûr pas le même résultat que l'institution d'un prix très-important, décerné à des intervalles assez longs.

Je comprendrais qu'on demandât que pour les sciences médicales il y eût deux ou trois prix et qu'on en attribuât un à chacune des grandes branches de la médecine.

M. le Président : C'est au fond ce que nous demandons.

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M. Bellefroid: Du tout. Vous dénaturez l'institution; vous proposez des prix décernés chaque année par l'Académie, et réduits ainsi à n'être que des récompenses académiques et non pas des récompenses nationales, ayant le caractère solennel qui doit y être attaché. C'est bien différent

M. Crocq : Je crois que M. Bellefroid n'a pas parfaitement saisi le mécanisme de l'institution que nous voulons mettre en œuvre. D'après ce qu'il vient de nous dire, la proposition de la Commission dont j'ai été l'organe ne tendrait pas à autre chose qu'à demander de multiplier les prix que l'Académie décerne. Il n'en est rien. Les ouvrages auxquels seront décernés les prix quinquennaux ne seront pas nécessairement ceux qui concourent pour les prix académiques. La réciproque n'est pas tout à fait vraie, les mémoires qui nous sont envoyés ne devant pas être exclus du concours quinquennal, mais il n'en est pas moins vrai que la plupart des ouvrages admis à ce concours n'auront pu obtenir de l'Académie une récompense quelconque. Effectivement, nous ne donnons des récompenses qu'aux ouvrages qui nous sont envoyés et qui sont publiés dans nos mémoires ou dans notre Bulletin, c'est-à-dire à des travaux relatifs à certains points. plus ou moins limités de la science. Mais un ouvrage important, volumineux, peut-il jamais être publié dans les mémoires ou dans le Bulletin de l'Académie? Évidemment non. Ainsi des ouvrages comme celui que M. Spring était en train de faire paraître, comme celui de M. Hubert, comme celui de M. Deroubaix, ne sont pas de la nature de ceux que l'Académie encourage; ils sont publiés en dehors de l'Académie.

Les prix quinquennaux tels que les comprend la Commission ne constituent donc nullement un double emploi avec les prix académiques ordinaires.

M. Bellefroid dit que la multiplication des prix quinquennaux en diminuera la valeur, le prestige. Mais, chose remarquable, après avoir émis cette opinion, il en arrive à nous faire une proposition qui n'est pas autre chose que celle que nous vous soumettons. Il nous dit : on pourrait certainement, au lieu d'un prix, en instituer deux ou trois s'appliquant à

certaines catégories des sciences médicales. C'est ce que nous voulons. Seulement, au lieu de deux ou trois catégories, nous en demandons cinq et je crois qu'il est impossible d'en établir moins.

Si vous donnez un prix chaque année, dites-vous, vous diminuerez le prestige de l'institution. Mais le prix ne sera décerné que pour autant que nous ayons des ouvrages dignes de l'obtenir; et très-probablement il arrivera souvent qu'il ne sera pas décerné. Le prestige n'en sera donc pas diminué. Mais comprenez bien le résultat que nous obtiendrons : les travailleurs seront encouragés par la multiplicité des récompenses offertes, et la tâche des juges chargés d'apprécier les mémoires sera considérablement allégée. Je vous le demande, comment voulez-vous être justes, en présence de cette disposition qui dit que le prix ne sera pas divisé, si vous avez devant vous un ouvrage de chirurgie, dénotant de la part de son auteur une grande érudition, de vastes connaissances, et un ouvrage de thérapeutique, un ouvrage de pathologie médicale ou de médecine vétérinaire offrant des qualités analogues? Comment est-il possible de comparer des choses aussi dissemblables entre elles? Cela ne l'est pas, et votre décision devient un déni de justice envers certains auteurs.

La comparaison, au contraire, sera toujours possible, si vous établissez des catégories, si vous avez affaire à des ouvrages se rapportant tous à la même partie ou à des parties analogues de la science.

Telles sont les raisons qui militent en faveur du système que votre Commission vous propose, et il me semble difficile de ne pas s'y rallier. Il faut, ou supprimer le prix quinquennal, ce que je déplorerais, ou le transformer conformément aux règles que nous vous proposons.

L'objection de M. Bellefroid que les prix quinquennaux de

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