OEuvres complèted de J. J. Rousseau, avec des notes historiques: La nouvelle Héloïse. Émile. Lettre à M. de Beaumont

Voorkant
A. Dearez, 1836
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Pagina 396 - Les bonnes institutions sociales sont celles qui savent le mieux dénaturer l'homme, lui ôter son existence absolue pour lui en donner une relative , et transporter le moi dans l'unité commune , en sorte que chaque particulier ne se croie plus un , mais partie de l'unité , et ne soit plus sensible que dans le tout.
Pagina 558 - Il n'y en a pas un seul qui, venant à connaître le vrai et le faux, ne préférât le mensonge qu'il a trouvé à la vérité découverte par un autre. Où est le philosophe qui, pour sa gloire, ne tromperait pas volontiers le genre humain? Où est celui qui, dans le secret de son cœur, se propose un autre objet que de se distinguer? Pourvu qu'il s'élève au-dessus du vulgaire, pourvu qu'il efface l'éclat de ses concurrents, que demandet-il de plus? L'essentiel est de penser autrement que les...
Pagina 75 - ... ses démarches cette inébranlable fermeté qu'on n'a point sans le vrai courage. Dans la sécurité de sa conscience , il marche la tête levée, il ne fuit ni ne cherche son ennemi; on voit aisément qu'il craint moins de mourir que de mal faire, et qu'il redoute le crime et non le péril.
Pagina 35 - Tout cela fait aux yeux un mélange inexprimable , dont le charme augmente encore par la subtilité de l'air, qui rend les couleurs plus...
Pagina 499 - Je l'excite ainsi sans le rendre jaloux de personne. Il voudra se surpasser, il le doit; je ne vois nul inconvénient qu'il soit émule de lui-même. Je hais les livres; ils n'apprennent qu'à parler de ce qu'on ne sait pas.
Pagina 35 - Les méditations y prennent je ne sais quel caractère grand et sublime, proportionné aux objets qui nous frappent , je ne sais quelle volupté tranquille qui n'a rien d'acre et de sensuel.
Pagina 428 - Il ya deux sortes de dépendances: celle des choses, qui est de la nature; celle des hommes, qui est de la société. La dépendance des choses, n'ayant aucune moralité ne nuit point à la liberté, et n'engendre point de vices: la dépendance des hommes étant désordonnée les engendre tous, et c'est par elle que le maître et l'esclave se dépravent mutuellement. S'il ya quelque moyen de remédier à ce mal dans la société, c'est de substituer la loi à l'homme, et d'armer les volontés générales...
Pagina 518 - C'est ici la seconde naissance dont j'ai parlé ; c'est ici que l'homme naît véritablement à la vie , et que rien d'humain n'est étranger à lui. Jusqu'ici nos soins n'ont été que des jeux d'enfant ; ils ne prennent qu'à présent une véritable importance. Cette époque où finissent les éducations ordinaires est proprement celle où la nôtre doit commencer ; mais , pour bien exposer ce nouveau plan , reprenons de plus haut l'état des choses qui s'y rapportent.
Pagina 8 - L'on se plaint que les romans troublent les têtes: je le crois bien. En montrant sans cesse à ceux qui les lisent les prétendus charmes d'un état qui n'est pas le leur, ils les séduisent, ils leur font prendre leur état en dédain , et en faire un échange imaginaire contre celui qu'on leur fait aimer.
Pagina 427 - I ? 0 homme ! resserre ton existence au dedans de toi , et tu ne seras plus misérable. Reste à la place que la nature t'assigne dans la chaîne des êtres , rien ne t'en pourra faire sortir ; ne regimbe point contre la dure loi de la nécessité...

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