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rellement cette tendance, elle prend une nul antécédent ne les avait préparécs. On allure plus prononcée qui éveille l'attention atténue les torts, on paye les dommages, des parents et des amis. Cette perturbation on étouffe les plaintes, puis ce martyre morale peut avoir six mois, un, deux et long et secret se termine par l'éclosion de trois ans de durée, et n'offrir aucun autre la maladie. syınptome concomitant.

Obs. [ro. — Unemployé supérieur d'unc Dans d'autres circonstances, le dérange- grande administration avait géré sa place ment de l'esprit s'annonce par des propos avec capacité et zèle, presque jusqu'au extravagants : un employé en contact, moment de son admission chez moi, et cetous les jours par sa place, avec des cen- pendant les détails qui me furent donnés taines de personnes qui étaient autant par sa femme ne laissaient aucun doute d'argus pour lui, est invité à une noce; sur l'altération déjà ancienne de ses facultout à coup il tient les discours les plus tés. Autrefois généreux, de meurs honétranges et présente une mobilité d'idées netes, il était devenu, depuis plus de six que rien ne peut fixer. Quelquefois, ce ans, d'une avarice sordide et d'un libertisont les actes qui révèlent le désordre des nage effréné. Sa femme avait renoncé à facultés : une femme, excellente ména- lui demander de l'argent pour son entregère, fait des achats hors de proportion tien, parce qu'il entrait alors dans des avec ses ressources; le désespoir la saisit, accès de fureur si violents, qu'il eût pu elle veut mettre fin à ses jours ; quelque faire un malheur. Avec les progrès du mal, temps après, la paralysie générale était son avarice l'engagea dans des actes humiévidente. Plusieurs fois nous avons noté liants; il refusait l'argent dû, en soutenant pour premier indice du mal, la menace de qu'il avait payé, et il avait même fini par se tuer.

dérober des objets chez des personnes de Le changement de caractère peut pré- sa connaissance. Jusqu'à ces derniers actes senter des nuances très-variées. Quatre qu'on prenait encore pourdes excentricités, ans avant l'invasion de la paralysie, un nul n'avait soupçonné le désordre de son homme qui avait jusqu'alors montré de la esprit; il fallut des sévices qui mirent en fermeté, devient irrésolu, incertain, pleure péril les jours de sa femme, pour que facilement, dirige encore bien ses affaires celle-ci se résolût à le mettre en maison de pendant trois ans, puis au bout de ce temps, santé où il vécut encore plus de cinq ans, il se fait un nouveau changement dans son n'ayant présenté à son entrée que de faihumeur, il se montre irritable, emporté, bles désordres du côté de la motilité, mais colère, et la folie paralytique succède à ces un affaiblissement marqué de la mémoire. deux métamorphoses.

Obs. Ile Quelque temps après, je fus Il n'est pas rare d'observer, au lieu de appelé en consultation pour un ancien offil'irritabilité colérique signalée plus haut, cier ministériel, dont les soustractions une placidité ou une apathie qui ont pour dans une vente publique avaient cu, plurésultat de détourner les individus de toute sieurs années auparavant, beaucoup de occupation sérieuse. Ces faits se sont pré- retentissement. Les observations que j'asentés à nous au nombre de six. Les parents vais recueillies sur ce sujet me firent pens'étonnaient, ne cessaient de faire des ob- ser alors que cet homme était sous l'inservations, des reproches sur les graves fuence de la période prodromique de la conséquences de cette conduite; les ma- paralysie générale. J'avoue que cette enTades donnaient d'un air calme de bonnes trevue excitait au plus haut degré ma curaisons, mais il leur était impossible de riosité. J'avais la presque certitude que faire quelque chose.

j'allais me trouver en présence d'un aliéné Ces transformations du caractère nous paralytique. Aucun renseignement ne conduisent à parler des faits importants m'avait été donné. Les premières paroles sur lesquels nous avons appelé l'attention du malade à mon entrée dans son cabinet il y a treize ans, dans la Gazelle médicale. me révélèrent la nature de l'assection et Longtemps avant l'apparition de la para- son ancienneté; la prononciation était, en lysie (nous avons noté des faits remontant effet, embarrassée, l'incohérence manifeste, à six ou sept ans), on voit se manifester, la physionomie comme pétrifiée, la déchez certains individus, des perversions marche lourde. Il y avait plus de huit ans des facultés morales et affectives, qui ne que les soustractions avaient été notées les empêchent pas de remplir les devoirs pour la première fois, elles n'avaient jade la vie sociale et de s'acquitter de leurs mais complétement cessé, et ce n'était que fonctions. Les familles surprises, désolées, depuis quelques mois que l'aliénation menmurmurent tout bas des actes d'indélica- tale avait été reconnue. Comme ce malade tesse, d'improbité, de débauche, auxquels avait des intervalles lucides, et qu'il n'y avait pas crainte de le blesser, parce que, réponse que celle-ci : « Cet argent m'apdans les cas de l'espèce, le relâchement du partient, je l'ai gagné par mori assiduité mécanisme intellectuel détruit la suscep- au travail et par les améliorations que j'ai tibilité, ce qui fait que le malade ne s'é- introduites dans l'établissement. » En tonne de rien, je mis la conversation sur vain, chercha-t-on à lui prouver la fausles actes qui avaient amené son arrestation; seté de ce raisonnement, il répétait imperil me répondit tranquillement : Les gens turbablement que cela lui appartenait. qui m'ont interrogé et mis en prison Cette opinion n'a rien de surprenant pour étaient des imbéciles qui ne connaissaient les aliénistes, car ils savent que beaucoup rien à notre profession; il est d'usage de ces infortunés ont la conviction qu'ils parmi nous, et cet usage s'appelle la sont riches à milliards ou que tout est à cote G, de choisir, pendant l'inventaire, eux. Il importait de savoir quand les preun objet généralement de peu de valeur ; miers indices du mal s'étaient manifestés. en voici deux que j'ai ainsi rapportés, et A force d'interroger, d'aller aux renseigneil me montra une belle pipe en écume de ments, nous apprimes que, quinze mois mer et une blague à tabac, brodée en or : auparavant, il avait présenté un changeles divagations recommencèrcnt. Le genre ment dans ses habitudes; peu à peu, on de maladie ne pouvait laisser aucun doute; avait noté des absences de mémoire, des je me retirai; quelques mois après, j'ap- idées exagérées sur sa situation, de l'empris que la paralysie générale avait cu une barras momentané dans la parole; mais terminaison fatale.

comme il remplissait les devoirs de sa place Depuis l'insertion de cette note dans la avec régularité, ces signes avaient été peu Gazette médicale, ma collection de faits remarqués. Les soustractions remontaient identiques s'est augmentée, et comme ce à huit mois. L'enquête dut nécessairement sujet n'est pas moins intéressant pour l'his- étre abandonnée à cause de la marche ratoire de la maladie que pour la médecine pide de la paralysie generale ; l'incohélégale, je vais en rapporter plusieurs exem- rence était devenue complète, il répondait ples, tirés de cent observations que j'ai à peine, se soutenait diflicilement et sucmoi-même recueillies, et dont j'ai commu

comba au marasme cérébral après deux niqué les résultats à la Société médico- mois de séjour. psychologique.

Obs. IV. - Actos de libertinage, spécu

° Obs. II. Symptômes de la paralysie lations malheureuses datant de six mois engénérale datant de quinze mois ; détourne- viron. Symptômes intellectuels annonment de fonds sept mois après. - Commen- çant une paralysie générale, sans lesion de cement de poursuites. Progrès de la mi. la motilile. Mandat d'arrét. Marche ladie. Mort.

rapide de la maladie. Mort trois mois Un employé d'un chemin de fer me fut après. confié en 1847 pour être traité d'une para- Un négociant, âgé de quarante-six ans, lysie générale, parvenue à un degré dont la conduite avait toujours été honoavancé. Le bégayement était marqué, il y rable, fut conduit en 1846, dans mon étaavait inégalité des pupilles et faiblesse des blissement pour des actes de libertinage extrémités inférieures, aussi la démarche remontant à une demi-année, et devenus était-elle vacillante. La mémoire avait di- dans ces derniers temps tellement en deminué, il causait cependant raisonnable- hors de ses habitudes, que sa famille, doument, mais, si on l'interrogeait sur sa loureusement affectée de cette conduite, position, sa profession, on constatait une pensa qu'elle ne pouvait être attribuée qu'à grande exagération : à l'entendre, en effet, un dérangement de son esprit. il se portait très-bien, gagnait beaucoup Depuis quelques mois, il se livrait en d'argent et remplissait parfaitement les outre à des spéculations dont plusieurs devoirs de sa place. A l'imitation de beau- avaient assez mal tourné. Jusqu'à l'époque coup de ces malades, il ne s'occupait pas où l'attention avait été éveillée sur ses acdu dehors, n'était pas étonné de son sé- tions désordonnées, rien, dans ses discours jour dans la maison de santé, mangeait et sa manière de vivre n'avait fait soupavec avidité et ne prenait aucune part à çonner un trouble de ses facultés. Il allait ce qui se passait autour de lui. En véri- tous les jours à la Bourse, avait de nomfiant ses comptes, on constala des abus de breux rapports avec les personnes de sa proconfiance : un commencement d'instruc- fession, et aucune d'elles ne s'était aperçu tion ent lieu. Des explications lui furent de son état mental ou ne l'avait signalé. demandées en ma présence sur le détour- Lorsqu'il me fut amené, sa figure nc nement de ces sommes et sur leur emploi. traduisit aucune émotion, il ne manifesta On ne put obtenir de cet homme d'autre pas d'étonneinent d'ètre transféré dans une

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évident pour

maison inconnue. Je lui parlai d'abord des que avaient masquée. Je déclarai à l'huisactes qui l'avaient fait enfermer; il me sier que dans l'état maladif où se trouvait répondit avec le plus grand flegme et le malade, je ne pouvais laisser exécuter comme si la chose ne le concernait pas : le mandat, et j'ajoutai qu'à la rapidité « qu'on avait pris trop facilement l'alarme, avec laquelle l'affection avait marché, une que tout cela s'expliquerait. » Je l'inter- terminaison fâcheuse dans un court délai rogeai ensuite sur ses affaires, ses parents, était presque certaine. Je rédigeai immésa situation. A ces questions qui ne pa- diatement un certificat qui fut remis au raissaient pas le surprendre, il me fit des président du tribunal de commerce. L'afréponses, en apparence raisonnables, mais faire fut ajournée jusqu'au rétablissement qui semblaient plutôt évasives, et ne pro- du malade. Trois mois après, ce négociant curaient aucun éclaircissement. J'en citerai mourait dans le dernier degré de l'abruquelques-unes : « Mes affaires sont comme tissement et du marasme. celles du commerce, bonnes et mauvaises, Les désordres de l'intelligence, les perje n'ai pas à m'en plaindre. Ma famille se versions des facultés morales et affectives conduil bien avec moi; ma situation est peuvent exister longtemps avant l'apparisatisfaisante, je me porte très-bien. » Jetion des lésions de la motilité et passer voulus le serrer de plus près; il me dit même inaperçus des mois, des années, alors : « Je ne sais pas, je ne m'en souviens parce que le malade parle peu et cache ses pas. » N'en pouvant tirer rien de plus, je actes. cessai l'entretien, il me pria de le laisser Obs. Ve. Changement de caractère desortir pour aller à la Bourse. Sur l'obser- puis deux ans. Conduite déréglée seulevation que je lui fis que sa demande ne ment depuis quelques mois.— Actes extravapouvait être accordée, il me quitla pour gants récents. · Banqueroute. Enquête. aller dans le jardin, comme si cela lui Réponses singulières. Croyance à la importait fort peu.

simulation de la folie. Visites pour conPendant cette conversation, il avait été stater l'état mentul. - Rapport établissant le

moi que l'attention était af- désordre des facultés mentales sans lésion de faiblie, la mémoire confuse et la conscience la motilité ; apparition brusque de l'embaraltérée, mais je ne notai ni embarras de la ras de la langue et des idées passagères de parole, ni désordre dans les mouvements, millions. Démence paralytique ; marche ni incohérence manifeste. Je n'en eus pas rapide de l'affection. Mort trois mois moins la pensée que cet homme était sous après. l'influence de la paralysie générale, et j'an- M. Henri, négociant, âgé de cinquante nonçai à ses parents que de graves mal- ans, d'une bonne constitution, fut conduit heurs étaient à redouter, non-seulement en 1852 dans ma maison de santé pour un pour ses jours, mais encore pour sa for- dérangement de l'esprit, qu’on disait tout tune.

nouveau. Voici dans quel état se trouvait L'examen de ses livres fut un coup de le malade à son entrée: la physionomie anfoudre. Ils étaient mal tenus, présentaient nonçait la santé, mais l'ail n'avait ni fixité, des lacunes, et ne pouvaient fournir aucun ni attention. La démarche était ferme, renseignement. La ruine imminente était l'attitude droite, les membres n'offraient la seule chose certaine. Sa position com- rien d'anormal. Lorsqu'on lui faisait des merciale prit bientôt une tournure plus questions, il était impossible d'en obtenir grave : les juges du tribunal de commerce aucune phrase suivie ; il écoutait sans paprononcèrent le mot de banqueroute frau- raitre comprendre; à peine voyait-il une dulcuse; un mandat d'arrêt fut lancé, et porte ouverte qu'il courait pour sortir; la un huissier se présenta dans mon établis- fermait-on, il ne faisait ni observation, ni sement pour le mettre à exécution. plainte, et ne demandait pas à retourner

Je le conduisis devant le malade chez chez lui. lequel, dans l'espace de trois semaines, les Je pensai qu'il existait chez ce négociant changements suivants s'étaient opérés : il une démence avec paralysie générale, mais avait perdu complétement la mémoire, ne il me fut impossible de constater les altépouvait répondre à aucune des questions rations qui constituent cette dernière afqu'on lui posait; son regard était hébété, fection. La gravité de l'étal ne me permetsa figure immobile; déjà un commence- tait pas d'admettre que le désordre mental ment d'embarras dans la parole, de fai- fut aussi récent que le parents le croyaient. blesse dans les jambes ne permettait plus Je les interrogeai, et en les guidant, j'apde méconnaitre la paralysie générale dont pris que depuis près de deux ans, son cail était atteint, et que l'excitation habi- ractère avait changé, il était devenu peu tuelle de la vie, son mouvement mécani- communicatif, répondait brièvement aux

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questions, mais n'entrait dans aucune Comme l'idée de simulation persistait, explication. Très-régulier dans ses habi- je fus chargé de faire un rapport : me fontudes et d'une conduite exemplaire, il dant sur l'affaiblissement de la mémoire, avait commencé, il y avait plusieurs mois, les erreurs de calcul au piquet, l'abandon à s'absenter sans qu’on sùt où il allait, ce qu'il avait fait d'un jeu qui paraissait l'ane fut qu'en exerçant une surveillance ri- muser, le défaut d'attention, l'indifférence goureuse qu'on apprit qu'il fréquentait les avec laquelle il recevait sa famille, son air mauvais lieux; sa taciturnité était mise sur placide, son singulier sourire, sa promele compte de ses affaires qui étaient mau- nade dans le même coin de la salle, son vaises. Ces changements, en effel, remon- éternelle lecture, les deux évacuations intaient à l'époque où son frère avait fait volontaires qu'il avait cues, la diminution faillite, ce qui avait eu pour conséquence de la motilité et de la sensibilité cutanée, de l'obliger lui-même à déposer son bilan; je déclarai qu'il était atteint de démence, ce ne fut que lorsqu'il cut fait des extra- que la paralysie générale que j'avais soupVagances, qu'on reconnut la maladie. çonnée à son entrée et à l'existence de la.

Les pertes considérables déterminées quelle je croyais toujours, ne m'avait pas par ces deux ruines, l'absence de notes encore présenté des signes caractéristiques, sur les livres, firent naitre les suppositions mais qu'il n'était impossible de croire à la les plus défavorables et les démarches qui simulation. Le statu quo se maintint ainsi curent lieu auprès de lui les augmentèrent dix-huit mois; mon opinion était arrêtée, encore. Lui demandait-on des renseigne- mais comme les médecins qui venaient ments, il répondait d'un ton goguenard : souvent l'examiner, de la part de l'autoOui et non, je ne veux rien, je ne sais rien rité, ne constatèrent ni embarras de pamaintenant et je ne veux rien faire, je ver- role, ni tremblement dans les membres, Tui plus tard. Je n'ai besoin de rien, loutes ni incertitude dans la démarche : qu'il les affaires sont en bon état. Le plus ordi- semblait même rire des questions qu'on lui nairement il disait : J'ai fait ce qu'on fait faisait, et bornait ses réponses aux paroles dans le commerce ; tout s'expliquera, tout se que nous avons fait connaitre, tournant le justificra. Ces brèves réponses étaient fai- dos à ses interlocuteurs, quand la converles sans embarras dans la langue, sans sation se prolongeait, l'opinion de la simuhesitation, sans bégayement, mais comme lation, quoique ébranlée, subsistait touquelqu'un qui se moque des gens. Aussi jours. Quelques personnes admettaient pensa-t-on qu'il simulait la folie.

qu'il y avait eu dérangement dans les faCette opinion qui avait pris beaucoup cultés, tout en croyant qu'il avait la conde consistance me fit examiner le malade science de ce qu'il faisait. chaque jour avec beaucoup de soin. Les Le 28 mars 1853, je faisais ma visite, réponses étaient invariablement les mê- il vint à moi d'un pas précipité, un peu injues ; quand il était plus questionné que certain, pour me dire qu'il se portait bien. d'ordinaire, il gardait le silence. Il ne par- Je sus frappé de l'embarras très-prononcé lait pas aux autres pensionnaires, mais de sa parole, il bégayait à chaque mot. jouait assez souvent au piquet. Après un Son regard était hébété, il me salua à diséjour de plusieurs mois, on s'aperçut qu'il verses reprises, comme l'eût fait un pailcomplait mal, qu'il avait des oublis, la dé- lasse, il me tira ensuite à l'écart pour me marche, les membres, la langue parais- demander à voix basse que je lui prétasse 3 saient dans leur état normal. Parfois, il me à 4 millions ; puis, il retourna dans son semblait qu'il hésitait dans l'articulation coin pour reprendre sa lecture d'un livre de certains mots ; des mois entiers s'écou- qu'il ne quittait pas, et dont le plus ordilaient ensuite sans que je pusse constater nairement les pages étaient renversées. re signe. Il se promenait tous les jours plu- Pendant cinq jours, le bégayement fut trèssieurs heures d'un pas ferme, puis se ras- sensible, il parla encore une fois des 5 à seyait dans un coin de la salle, lisant ou 4 millions, et retomba ensuite dans sa laparaissant lire le même livre dont il tour- citurnité et son immobilité ordinaires. A bait rarement les feuillets. Quand on l'in- partir de ce moment, la maladie fit des terrogeait sur ses lectures, il disait : Je progrès rapides, M. Henri devint plus faisuis ce que je lis, et n'ajoutait pas un mot ble sur ses jambes, gata, maigrit, et trois de plus. A deux reprises différentes, il mois après il succombait au marasme. avait eu des évacuations involontaires.

(La suite au prochain numéro.)

III. BIBLIOGRAPHIE.

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TRAITÉ DE LA PUSTULE MALIGNE ET DE L'OE- entièrement la sentence de l'auteur de l'HisDÈME MALIN OU DES DEUX FORMES DU CHARRON toire de la médecine. EXTERNE CHEZ L'HOMME; par M. BOUR- Quel praticien ignore que nous sommes GEOIS, médecin en chef de l'hôpital à une époque où les opinions les plus déd'Étampes, etc. I volume in-8°.

raisonnables trouvent, et facilement enΛιγε πρακτικώς, και πρακτε λογικώς.

core, des sectateurs ! Les médecins chiri(HIPPOCRATE.)

soufllent autour du lit de leurs magouans

Jades pour en chasser les maladies; tout le Avant d'accepter les faits d'autrui, sachez-vous demander quels peuple est persuadé que la médecine consont ses droits à votre confiance. siste dans ce vent, et les docteurs chiriForget, Principes de thérapeu- gouans recevraient fort mal quiconquc tique, page 360.)

voudrait leur rendre cette méthode plus Pour le praticien désintéressé person- difficile. Ils en savent assez quand ils savent nellement aux discussions de doctrine; souffler. Telle est cependant l'histoire des mais qui aime, cependant, par gout ou par homeopathes ! humanité, à connaitre, suivant ses loisirs Trop souvent, hélas ! ce n'est pas tant la et son intelligence, le mouvement de la valeur du fait qu'on recherche, que le fait science, c'est une chose curicuse et même lui-même pourvu qu'il puisse servir. Voici affligeante que de voir la lenteur des pro- une preuve de ce que j'avance. J'ai lu une grès de l'art de guérir!

observation, dans laquelle, l'auteur, pour A quoi donc tient cet état de choses; le besoin de sa cause, et quelle cause enpuisqu'il y a de nombreuses sociétés, dont core !! a passé sous silence les antécédents le désir est le perfectionnement des sciences du sujet qui mourut sous mes yeux, penmédicales et puisque, chaque jour, parais- dant une attaque d'épilepsie. Ainsi, ce sent des publications, qui ont aussi ce praticien a omis de parler lode deux blenbut?

norrhagies ; 2d'une balano-posthite ulcé. Le problème étant de la compétence du reuse; Zo de plusieurs chancres primitifs; médecin bibliographe, nous allons, non pas 4° d'un chancre induré, causant un bubon le résoudre, car telle n'est point notre pré- dont l'ouverture est devenue chancreuse; tention ; mais simplement fournir quelques d'une méningo-encéphalite aiguë (trai

• matériaux à ceux qui, plus capables que tée par deux doctcurs), à la suite de lanous, en donneront la solution.

quelle est resté un affaiblissement d'un Tout d'abord rappelons ces paroles, em- côté du corps; 6o enfin, de deux violentes pruntées au chapitre IV du livre II du

attaques d'épilepsie (vues par deux médeTraité de l'expérience de Zimmermann : cins); le tout, résultat de nombreux excès « Il ne faut pas tant chercher ce que les au- causés dès le jeune âge (1). » tres ont pensé que oe qu'ils ont pensé de Ne doit-on pas compter au nombre des » vrai; » puis citons les suivantes de Daniel causes qui nuisent au progrès du divin art Leclerc : « Il y a dans toute l'Europe des les dissidences et même les contradictions » Sociétés pour les progrès de la médecine; qui règnent entre les grands observateurs! » dont les vues sont belles et grandes ; Ori connait celles qui eurent lieu sur » mais qui, on ne sait par quelle fatalité, l'émétique et dont on voit un échantillon » sont mal remplies, parce que les écrits dans les spirituelles lettres du Rabelais » de ces sociétés sont plutôt une collection médical, Guy Patin. » de ce qu'on a déjà dit sur une chose, On sait aussi que Sydenham voulait » que ce qu'on aurait dû dire. »

des histoires Igénérales; que Freind et Les numéros du Bulletin de l'Académie Hoffmann n'admettaient, au contraire, que de médecine de Paris, qui rapportent les des histoires partielles; comme si les unes viscussions de cette illustre compagnie, sur et les autres ne se complétaient pas ! la fièvre puerpérale, sur les propriétés de Est-ce que le dualisme de Thémison, de l'iode et sur les doctrines médicales, pour Brown et de Broussais n'est pas, aujourne point remonter plus haut, confirment d'hui, traité de préjugé scientifique (2) ct

(1) J'engage l'auteur de celle observation & (2) Nos vieilles dualités et nos dichotomies ont méditer le chapitre du Merlicus officiosus de fait leur temps et ne sont plus que des préjugés C. Reinhart, et le livre III du Truite de l'expés scientifiques Ribes, Traite' d'hygiène therapenrience de Zimmermann.

lique, pag, 19.)

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