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4• Des mouvements cadencés et comme

Médecine légale. saccadés pendant la marche, qui parfois a été chancelante et mal assurée; go Une station quelquefois difficile et

Étude MÉDICO-LÉGALE SUR UN CAS DE MUTIcaractérisée par l'écartement des membres

LATION DES PARTIES GÉNITALES D'UN MILITAIRE pour élargir la base de sustentation; ATTRIBUÉE A UN CHIEN ET SUIVIE DE GUÉRISON ;

6. Enfin, une période de somnolence par le docteur A. BERTHERAND, médeplus ou moins prolongée, qui presque tou

cin principal de l'armée, professeur de jours a précédé, sinon le rétablissement clinique chirurgicale et directeur de l'École complet, au moins une amélioration mar

de médecine d'Alger, membre correspon quée dans l'état de l'animal mis en expé- dant de l'Académic de médecinc de Paris, rience.

etc., etc. De tous ces symptômes, le tremblement R... (P.-L.), soldat de 2e classe au 1er général est celui qui s'est montré avec le régiment de zouaves, âgé de trente ans, plus de constance el qui a persisté le plus maçon de son état, très-matériellement longtemps.

constitué, peu intelligent et encore abruti Le grain simplement écrasé dans un par l'habitude de l'ivrognerie, a été apmortier est, des divers produits adminis- porté à l'hôpital militaire du Dey, à Alger, trés, celui qui a agi avec le plus d'inten- le mardi 2 janvier 1860, vers sept heures sité; mais cela est dû, sans aucun doute, et demie du soir. à la dose énorme que l'on a fait prendre Deux heures auparavant, plusieurs au chien, sujet de la seconde expérience. zouaves du même régiment, attirés par la

Après le grain, l'huile grasse extraite rumeur publique, l'avaient relevé ivrepar l'alcool et l'éther est la substance qui mort, ct baigné de sang, contre un talus a fait naître les phénomènes les plus sail- du chemin de ser, à Hussein-Dey, village lants; mais ces phénomènes se sont dissi- distant de 8 kilomètres environ d'Alger. pés dès la fin du jour où l'administration Chargés de le conduire à l'hôpital, ils ne de cette huile avait eu licu.

peuvent donner de renseignements sur Le produit de la distillation par l'eau a l'attentat dont R... a été la victime ; ils déterminé, au contraire, des symptômes ont entendu dire, sur les lieux, qu'un gros qui se sont manifestés avec moins d'inten- chien a dévoré les parties genitales de leur sité, mais qui ont persisté pendant plus camarade. Interrogés sur son altitude, longtemps.

quand ils l'ont pris pour le déposer sur un « Du reste, dit M. Filhol, il a été facile omnibus, ils ajoutent que son pantalon, de reconnaitre dans toutes ces expé- souillé de sang et de fèces, se trouvait o riences que l'ivraie exerce une action fermé par un bouton au-dessus de la bles» évidente sur le système nerveux. Aussi

sure, de façon à la masquer au premier ► avons-nous pensé qu'il pourrait être

aperçu. » utile de tenter l'usage de ce grain, ou des

Couché dans un lit, le blessé, toujours préparations qui en dérivent, dans le

sous l'influence d'une ivresse alcoolique ► traitement de quelques maladies ner

profonde, étranger à tout ce qui l'entoure, veuses, et notamment dans celui de la

ne manifesle son existence que par des chorée ou danse de Saint-Guy. Dans le grincements de dents, des contractions but d'éclairer nos doutes à ce sujet, nous

musculaires tellement violentes ct désor» avons fait part à M. Lafosse des résultats données, qu'il est impossible de lui pratii que nous avons obtenus par l'adminis

quer une saignée, impérieusement indi»tration de l'ivraie, et nous l'avons prié quée pourtant par une respiration sterto» de nous mettre à même d'essayer l'ad

reuse, la vultuosité du visage, le prolapsus » ministration de cette substance à des

de la langue et une abondante cxpuition chiens atteints de la danse de Saint-Guy.

de

spumes. M. Lafosse a bien voulu nous promettre

Examen sommaire des lésions. » de saisir la première occasion qui se pré- nis est complétement sectionné à un centio senterait à lui pour faciliter nos études,

mètre et demi de sa racine; la partie • ct nous comptons sur son obligeance

médiane du scrotum, ainsi que les deux pour faire sur le Lolium temulentum glandes spermatiques, ont été totalement » quelques essais dans un but thérapeu

retranchées. » tique. »

Les plaies sc font surtout remarquer par (Journ. de méd. et de chirurg. de Toulouse

leur régularité; les deux lèvres de la divi

sion scrotale semblent linéairement affronet la Médecine contemp., No 14.)

tées; il n'y a pas d'hémorrhagic. Prescription. — Potion ammoniacale et

· Le pé

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éthérée. Compresses d'eau froide en per- repos. J'introduis, avec précaution, dans manence sur les blessures. Sinapismes aux la vessie, une sonde flexible, destinée à y jambes.

être maintenue à demeure, car le blessé Le 3 janvier, à ma visite du matin, l'a- n'a pas uriné dans la nuit, bien qu'il ait nesthésie alcoolique à cessé. R..., qui a rendu plusieurs selles involontaires. parfaite connaissance de son état, répond On comprend à quel point ces constataavec lucidité, mais non sans embarras, à tions contredisaient, dans notre esprit, la mes questions. Il nie avoir souvenance des version émise la veille et accréditée deja, incidents de la veille, et accuse un grand sur parole, d'une mutilation par la morsure étonnement de s'être réveillé à l'hôpital. d'un chien vorace. Nos doutes acquirent Ses plaies lui font mal : aux regrets qu'il une telle intensité que nous résolùmes de exprime sur sa position présente, il entre- convier plusieurs de nos confrères MM. Rielmêlc des plaisanterics forcées et d'une sin- schel, Minvieille, Loyer, Tabouret, de cérité douteuse.

Pietra-Santa, à examiner le cas, et à nous Examen détaillé des partics mulilées. communiquer leurs impressions. Tous, 1° La section du pénis, d'un diamètre sans exception, manifestèrent la plus transversal de Om,03 sur Om, 25 à peu près grande incrédulité pour l'hypothèse qui d'étendue antéro-postérieure, offre un plan attribuait, à un chien, des lésions dont les cxactement parallèle à la face antéricure caractères physiques et les circonstances du corps; nette et dépourvue de toutes concomitantes faisaient si bien présumer dentelures, sa régularité rappelle, en bas un odieux attentat. Interprète de celle opiet au niveau des corps caverneux , les nion, formulée aussi de prime abord par plaies produites par les instruments bien MM. les médecins aides-majors Janin et affilés. Seulement, en haut et à droite, Patin, de garde à l'hôpital, les 2 ct 3 jancomme si la peau avait fui devant le tran- vier, M. le médecin en chef n'hésila pas à chant d'une lame appliquée de bas en haut, informer l'autorité militaire. Une enquête il existe une petite languette cutanée à la fut aussitôt prescrile. circonférence du moignon. Un appendice Mais, dans l'intervalle, des procés-veranalogue, mais beaucoup plus petit toute- baux de police, deux rapports émanés des fois, apparait, vraisemblablement par la maire et adjoint de Kouba et Hussein-Dey, même raison, sur la section des parois tous deux docteurs en médecine; un troispongieuses et extensibles de l'uréthre. sième certificat, rédigé par le médecin du Ce petit opercule ferme la lumière du ca- 1er régiment de zouaves, avaient été adresnal, et il faut le soulever pour pouvoir sés au parquet. découvrir l'orifice et y pénétrer.

I. Le procès-verbal de l'agent de police 2. La division du scrotum, perpendicu- du quartier d'Hussein-Dey raconte, comme laire à la plaie pénienne, est, on peut le d'ailleurs R..., et tous les témoins entendirc, absolument linéaire : un intervalle dus les ont uniformément rapportés, les de om,003 au plus, rempli de sang coagulé préliminaires du drame dont la péripétie a déjà en voie d'agglutination, sépare à été si terrible. « Dans la matinée du 2 janpeine les deux lèvres sectionnées, qui sont » vier, les sieurs R... et M.., soldats de la le siége d'un engorgement ædémateux pro- » 2e compagnie, jer bataillon du 1er réginoncé. Vu d'un peu loin, ce scrotum, ainsi ► ment de zouaves, sont entrés dans un cavidé et aplati latéralement par suite de » baret d'Husscin-Dey, où ils ont passé toute l'absence des testicules, partagé en deux » la journée à boire (1/4 d'eau-de-vie et 4 moitiés par une dépression médiane verti. » litres de vin entre eux deux, plus 1/2 cale, ressemble assez bien à la vulve d'une » litre d'eau-de-vie avalé par R... seul). femme pendant la période menstruelle. » A la sortie de l'établissement, vers qua

3• Nulle trace des cordons testiculaires, » tre heures, R... est bientôt tombé mortsans doute remontés dans les canaux in- » ivre, sous les pieds d'un mulet : il a fallu guinaux sous l'influence de la contraction » quc le boucher F... aidat M... et deur des crémasters.

► autres zouaves, les sieurs F... et B..., a 4° Toujours pas d'hémorrhagie ; un ► transférer leur camarade, en lieu plus mince caillot coiffe le moignon de la verge. » sûr, contre le talus du chemin de fer, à

• Aucune vergeture, ecchymose, écor- → 32 mètres de la maison du garde chamchure, égratignure, empreinte de dents ou » pêtre, et à 27 mètres de celle de la dame de grises, trace de contusion ou de violence

► B.... quelconque autour des plaies, sur le bas- » La femme F..., qui n'a vu aucun inventre ni sur le haut des cuisses.

» dividu approcher R..., déclara qu'un Prescription. Lotions froides conti- » gros chien arabe, noir et blanc, s'est arnues : régime sévère, boissons acidulées ; » rété longtemps sur son corps comme s'il

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y mangeait quelque chose. Intriguéc, elle chien. Il se tait, quant aux circonstances ► envoya son frère K... chasser l'animal qui ont précédé l'ingestion. » à coups de pierres. Le chien éloigné, K... Le 8 janvier, un réquisitoire de M. Vis'avança et, ayant remarqué que les par

vien, juge d'instruction, me commet, avec » ties genitales du zouave avaient été man- MM. les aides-majors Janin et Patin, pour ►gées par le chien (sic), il en instruisit a examiner R..., constater la nature et la ► aussitôt son beau-frère et sa sæur, qui, » gravité de ses blessures, déterminer si

à leur tour, appelèrent des zouaves pour » elles ont pu être faites par un chien, et

faire transporter lc mutilé à l'hòpital. si elles sont le résultat d'un accident ou » Un instant après, le garde abattait, d'un ► d'un crime. » • coup de fusil, la bête revenue à la Reproduction littérale des constatations > charge... »

inscrites dans l'observation clinique qui II. Le rapport du médecin des zouaves, ouvre ce travail, notre rapport, entre auqui s'est rendu à l'hôpital, à la première tres conclusions, formulait celle-ci : « L'inouvelle de l'événement, eonclut ainsi : » dée que pareille blessure ait élé déter« D'après l'examen de la blessure, je n'hé- » minée par un chien ne saurait soutenir » site pas à affirmer que la plaie est le ré- » l'examen. La netteté de la section, incon

sultat d'une section faite par un instru- ciliable avec l'hypothèse de la morsure » ment bien tranchant, R... étant endormi; » d'un animal, indique positivement l'in

la verge et les testicules ont été saisis ct » tervention d'un instrument tranchant, soulevés d'une main, puis coupés, de » dirigé par une main non dépourvue l'autre, d'un seul trait. Plusieurs per- ► d'une certainc habileté...

sonnes du voisinage ont vu un chien rò- » L'objection, qui pourrait être opposée ► der près du blessé... >>

» à cette explication, de l'absence d'hémorIII. Le 5 janvier, le docteur Bureau, » rhagic, tombe d'elle-mèmc, si l'on rémaire de Kouba , croit devoir instruire » fléchit que des tractions ont pu être M. le procureur impérial du crime du 2 jan- » opérées préalablement sur les parties vier. Le récit épisodique qu'il en a fait » lésées, et que, en outre, R..., se trouconcorde parfaitemeut avec celui du com- » vant dans l'état le plus absolu d'ivresse, missaire de police, « A mesure, dit-il, en » la compression de l'encéphale, sans par

lerminant, que le bruit de cc terrible » ler de l'action du froid extéricur, devait » atlentat se répand, la conviction de la ► nécessairement entraver chez lui la cir» culpabilité du chien va en s'affaiblissant. » culation capillaire. > On doute que ses dents aient pu faire une » Aucune cause accidentelle imaginable > section aussi complète et aussi nette. On » ne semble avoir pu produire une lésion

accuse un couteau d'être l'instrument de » d'aspect et de résultats identiques avec cette affreuse mutilation. Pour détruire

” ceux que nous avons décrits. » » ces soupçons et éclairer l'opinion publi- Pour compléter, autant qu'il était en moi, i que, j'ai cru prudent de faire pratiquer les données que la justice attendait de mes » l'autopsie du chien, et rechercher, dans investigations, je me fis représenter le panson estomac, la preuve du délit (sic)... » talon porté par R..., le jour de la blessure, (Suit un extrait du rapport de M. le doc- et qui, au dire de témoins, était resté teur Payn.) « Le doule n'est donc plus per- boutonné. Or, ce pantalon, façon turque, » mis; la preuve matérielle existe; l'opinion c'est-à dire à plis amples et froncés aupublique est édifiée... »

tour de la taille, n'a qu'une brayelte trèsIV. Le 4 janvier, le docteur Payn, méde- courte, à fente close beaucoup au-dessus cin colonial à Hussein-Dey, a donc pro- du pubis. Cette disposition permet peu de cédé, devant une assistance nombreuse, à découvrir le pénis pour la miction : aussi l'autopsie du chien déterré. « L'estomac, un orifice spécial a-t-il été ménagé plus bas o extrait et divisé, contenait une masse pour y suppléer. Or, cette courte brayette, » assez considérable d'herbes, de chien- ayant été trouvée fermée, dans sa moitié

dent, non digérée; quelques débris de inférieure, par un bouton, ce qui « mas» chair crue et, au milieu de ces amas » quait la blessure au premier aperçu » d'herbes, de chair et de sable, une partic » (d'après la déposition des zouaves qui ont » de la verge du malheureux R.... Legland » relevé et transporté R... à l'hôpital), } et sa couronne, 0m,03 du pénis et le pré- on se demande naturellement comment le

puce, formaient ainsi un seul lambeau, chien a pu plonger la gueule sous cet ob► dont la section a paru très-irrégulière. » stacle, et détacher aussi nettement d'un Ce rapport, on le voit, ne constitue, en seul coup de dents et la verge de R... et définitive, que la découverte des organes son scrotum, y compris les lesticules. génitaux du zouave dans l'estomac du Nous ne devions pas, paraitrait-il, rester

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longtemps seuls incrédules touchant l'hy- tout à l'heure à l'endroit de la magistrature pothèse de la mutilation par le chien. « J'ai algérienne, pas n'est besoin, sans doute, 1 dù rechercher, écrit ^. le docteur Bu- que nous protestions de la haute estime » reau, dans un second rapport daté du dans laquelle nous tenons le savoir et le » 7 janvier, si l'état des pièces pouvait caractère des honorables confrères dont le » laisser penser qu'elles cussent élé cou- dossier a enregistré les dissidences et les » pécs nvant d'avoir été avalées

par

l'ani- hésitations. Aussi serait-il superflu d'éta» mal. En réfléchissant et me rappelant blir davantage que, dégagé de toute arrière

que la verge avait été retrouvée entière pensée d'amour-propre, l'intérêt scienti» et pour ainsi dire intacte, il me parait fique seul nous a ramené sur le terrain » difficile que les dents d'un chien aient ardu d'un problème aussi complexc. » pu l'enlever d'un seul coup, pour l'en- Mais il se peut encore qu'un jour, un » gloutir de même. On peut donc, en con- aveu, une imprudence du coupable ignore, » sidérant, d'une part, que la blessure une confidence tardive de la victime, ► semble faite par un instrument tran- homme borné et bestial, dont nous avons 1 chant ; d'autre part, que le pénis est souligné les réticences, le hasard, cette » demeuré inentamé, en inférer qu'il a pu grande providence, ce doigt de Dieu de la » être détaché par une main armée d'un vindicte publique, soulèvent un coin da » instrument tranchant, puis avalé par un voile, sous lequel s'est dérobé jusqu'ici le » chien affamé... » Suit une objection dé- secret d'un dramc affreux. duite de l'absence d'hémorrhagie, objection Il convenait, dans cette prévision, de virtuellenient annihilée par les circonstan- consigner avec soin tous les éléments d'une ces, déjà rappelécs, de la compression cé- cnquète que l'avenir peut seconder, et rébrale alcoolique et de la réfrigération d'en résumer, dans les propositions ci-après, cxtérieure : la scène s'était passéc le 2 jan- les particularités les plus significatives. vier, au soir.

Ainsi : En face de ces contradictions de l'exper- 1° Les opinions du docteur Desnoyer, tiso, la justice crut devoir résoudre la dif- médecin des zouaves, celles de MM. les ficulté par une enquête, et le 19 janvier médecins du Dey, citécs plus haut, notre sortit une ordonnance de non-lieu : « Al- rapport médico-légal, arrété de concert » tendu qu'il résulte de l'information, que avec MM. les docteurs Janin et Patin, qui » le fait dont R.,, a été la victime, doit ont reçu le blessé et l'ont pansé les pre» òtre imputé à un chien qui a dévoré les miers à l'hôpital, le jour mème de l'événe» parties génitales dudit R..., plongé, en ment, déclarent unanimement, et dans les ce moment, dans un état complet d'i- termes les plus formels, que les caractères

des lésions sont ceux des plaies par instruPlein de respect pour le verdict issu des ment tranchant. Le troisième rapport, consciencieuses et patientes perquisitions produit par le médecin d'Hussein-Dey, redu parquet, à Dieu ne plaise que nous late l'autopsie du chien : il est muct sur la songions le moins du monde à blâmer la question de la nature des plaies et de la marche suivie par l'instruction, à nous cause déterminante. Cet expert, en effet, inscrire contre les résultats négatifs de n'avait pas sous les yeux les vrais éléments cette information, dans laquelle, il faut légitimes d'appréciation : les mutilations bien l'avouer pourtant, l'élément le plus observées sur la victime. Dilacérés par les important, LE PRÉVENU, manquait, au grand dents du chien qui les avait avalés, les détriment de l'intérêt des poursuites, de la lambeaux de verge et le scrotum, extraits discussion des allégations erronées et con- de l'autopsie, ne pouvaient rien lui aptradictoires de l'enquête.

prendre. Mais, en laissant de côté une question 2. Le docteur Bureau, de Kouba, qui judiciaire quant à présent vidéc, il ressort s'est figuré, d'après un premier rapport,

a toujours de l'exposition des faits et des ob- avoir trouvé, cn prescrivant l'ouverture servations qui précèdent, une grave ques- du chien, un moyen définitif, « de constaler lion de médecine legale, question irrésolue, » le corps du délit el de firer l'opinion puobscurcie peut-être à l'insu de l'expertise » blique, dans le sens de la morsure de médicale, dans les procédés qui ont des- » l'animal, » s'est bientôt ravisé : les conservi ses premières recherches et n'ont pas

clusions de sa deuxième lettre au procupeu contribué, il est permis de le suppo- reur impérial se rapprochent beaucoup des ser, à entrainer dans un sens exagére les nôtres et de celles de MM. les docleurs convictions et les témoignages recueillis au Desnoyer, Janin et Patin. parquet.

3• La configuration du pantalon de R... Après les paroles de déférence énoncées et la particularité noloire du boutonne

>>

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ment inférieur de la brayette, obturée ainsi La longue discussion médico-légale qu'on presque jusqu'au niveau de l'ombilic, im- vient de lire, a forcément interrompu l'hispliquent l'impossibilité pour le chien d'a- toire chirurgicale à peine entamée de la voir pu pénétrer jusqu'au pubis et au scro- blessure de R.... On prendra encore, pentum, et enlever d'un seul coup de dents sons-nous toutefois, quelque intérêt aux le pénis et les testicules avec leurs cnve- détails suivants sur l'heureuse issue de la loppes.

mutilation et certaines particularités qui 4o Si la section des parties mutilées et s'y rattachent. la deglutition eussent été opérées d'après

A part le gonflement du moignon pénien l'hypothèse du chien, comment l'autopsic et l'ædème inflammatoire de son fourreau aurait-elle décelé, dans l'estomac de la cutané, le malade était assez bien, le 4 janbète, une quantité assez notable de sable ?

vier. Le soir, un peu de fièvre : pouls plein, Ce sable n'indique-t-il pas, au contraire, visage injecté, turgescent. R..., agité, incette probabilité que les parties, préalable- quiei, se plaint d'érections fréquentes et ment séparées à l'aide d'un couteau, par douloureuses. Les parties sont, en effet, vengeance ou « par mauvaise plaisanterie très-engorgées, lendues. L'urine coule de zouaves, » selon l'expression de M. le

entre la sonde et l'urethre, autant que par maire de Kouba, avaient été jetées sur le

la sonde elle-même; sa présence incessante sable ambiant, où le chien les a ramassées,

sur les plaies en a défavorablement changé pour venir les dévorer sur le corps ensan- l'aspect. Lc 5 et le 6, de petits lambeaux glanté du soldat?

gangrèncux se détachent de la surface gri$• Douze témoins rapportent, à la vérité, sâtre, pultacée du moignon. La sonde, conles uns, avoir clairement vu le chien man

sidérée comme irritante, est enlevée; plus ger les parties sexuelles après R... lui

de pansements, afin d'éviter loute constricinéme; d'autres prétendent n'avoir pas lion. Embrocations fréquemment répétées cessé d'observer le zouave pendant tout le sur les plaies, avec du cérat camphré en temps de son dépôt sur le talus du chemin

couche épaissc, pour les garantir, autant de fer : ils n'ont vu personne s'approcher que possible, du contact de l'urine. de lui, durant ce laps de temps, qui, rc

Sous l'influence de ces moyens, seconmarquons-le, n'a pas été de moins d'une heure. Sans parler de l'invraisemblance de

dés par le régime, les fomentations émolcette surveillance si patiemment et si scru

lientes et antiseptiques, par les antispas

modiques à l'intérieur, la cicatrisation puleusement soutenue, que de doutes ne soulève-t-elle pas? Comment n'a-t-elle pu 20 janvier, les deux lèvres de la section

reprit peu à peu ses allures normales. Le du moins empêcher le chien de satisfaire jusqu'au boui sa voracité? Bien mieux, l'orifice urethral, la petite languette spon

scrotale étaient parfaitement réunies. A voici la déposition de la femme B... : elle aussi, depuis le début de la scène, n'a pas iuméfiée, forme bouchon, et nuit à l'émis

gieuse, dont il a été parlé plus haut, reste quitté sa fenêtre et perdu de vuc R... et

sion de l'urine. Nous sommes obligé de la les trois zouaves qui l'ont transporté sur le talus. « Je les ai parfaitement entendus réprimer par la cautérisation. R... obtient

sa sortie. » dire à l'un d'eux de rester près de lui, » et, s'il ne pouvait le ramener, d'aller les

Une fois hors de l'hôpital, il ne songe » prévenir : qu'ils reviendraient le cher- plus qu'à exploiter son infirmité, pour ob» cher. Ce zouave rcsla environ dix minutes

ienir de l'argent, en excitant la compassion » auprès de son camarude et essaya à diver- publique, et se livrer, de plus belle, à ses reprises de le soulever ; mais, voyant l'autorité militaire, on le renvoie dans nos

l'abus des liqueurs fortes. Par ordre de > qu'il ne parvenait pas à le remettre sur ► jambes, il l'abandonna et se retira... »

salles, en attendant que sa réforme soit Pour faciliter l'intelligence de notre des- prononcée, et il nous revient le 29 février. cription, et afin de fixer d'une manière dé- La guérison s'est maintenue; néanmoins, finitive les caractères signalétiques des par les progrès de la rétraction cicatricielle, plaies, nous avons fait dessiner les parties la miction devient parfois difficile, imposmutilées. Une planche, due à l'habile sible même, surtout après de trop copieuses crayon de M. Ed. Bruch, licencié ès-sciences libations. Quelques légers cathétérismes et conservateur du Musée de l'école d'Al

rétablissent aisément le cours des urines. ger, les représente sous des traits frappants (Annales d'hygiène publique et de de ressemblance.

decine légule, janvier 1861.)

a

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