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nification par l'acide sulfurique sous l'in- grande quantité de gaz des marais et d'hyfluence d'un courant abondant de vapeur, drogène libre. qu'indiqua Dubrunfaut, fournit entre les Une analyse leur a assigné la compomains de MM. Masse el Tribouillet, de sition suivante : beaux résultats ; la découverte de la sapo.

Acide carbonique 73,50 nification par l'eau seule à une tempéra

Gaz des marais

11,855 ture de quatorze atmosphères ouvrit une

llydrogène libre. 12,85 carrière nouvelle à l'industrie.

» La présence de l'hydrogènc libre dans MM. Molard et de Milly avaient, dès les produits de la décomposition des l'origine, cherché à appliquer utilement la graisses par la chaleur a déjà été signalée saponification par la chaux sous l'influence par M. Liebig. » d'une faible pression, mais les conditions (Répertoire de pharmacie, décembre 1860.) dans lesquelles ils s'étaient placés étaient défavorables.

Reprenant cette question à l'aide de Euros D'AMIDON POUR LES ANALYSES PAR données nouvelles, M. de Milly a réalisé LES LIQUEURS TITRÉES ; par M. MOHR. des résultats d'une haute importance, à sa- L'empois d'amidon présente, dans son emvoir : que, sous une pression de sept at- ploi comme réactif, le grave inconvénient mosphères, Jes corps gras se saponifient d'être peu stable. Le procédé suivant perpar l'action d'une quantité de chaux de met, d'après M. Mohr, d'obtenir un empois beaucoup inférieure à celle qu'ils exige- susceptible de se conserver indéfiniment. raient dans les conditions ordinaires, d'où Un empois préparé comme à l'ordinaire résulte une diminution proportionnelle et convenablement étendu, est placé dans dans la quantité d'acide sulfurique em- un grand bocal afin de faciliter le dépôt; ployée et dans celle de sulfate de chaux on décante et l'on jette le reste sur un qui retient, par suite, moins de corps gras; filtre; dans le liquide filtre, on introduit résultats d'une très-grande valeur, comme du sel marin jusqu'à saturation ; le liquide on le comprend facilement, et qui sont décanté est conservé en cave dans des flaappliqués sur une très-grande échelle. cons de 100 grammes.

M. Scheurer ajoute de nouveaux faits à M. Mohr parle d'une autre espèce d'eml'histoire de la saponification.

pois qu'il obtient en broyant de l'amidon « Les carbonates anhydres, dit-il, des avec un peu d'eau d'abord puis avec une métaux alcalins soumis à l'action de la cha- dissolution concentrée de chlorure de zinc; leur (+ 260° C.), en présence des corps

il se forme ainsi un cmpois très-épais que gras, perdent leur acide carbonique qui sc l'on délaye dans l'eau; la dissolution resic dégage à l'état de liberté, tandis que les trouble malgré la filtration ; cependant elle acides gras et l'oxyde se combinent pour peut être employée dans certaines circonformer de véritables savons.

stances, et si le zinc devait gêner, on s'en On peut obtenir ainsi des savons à débarrasserait sans peine par précipitation base de soude, de chaux, de baryte, de au moyen du carbonate de soude ; en tout strontiane et de magnésie, ainsi que celui cas, l'empois bleuit promptement en préde plomb. Lorsque l'action de la chaleur sence de l'iode. Toutefois l'auteur donne est suffisamment ménagée, l'oxyde de gly- la préférence à l'empois salé. cérile seul subit une décomposition, tandis (Journ. de pharm. et de chim., nov. 1860.) que les acides gras resient intacts.

► Cent parties de suis transformé en savon de soude ont produit de 94,8 à 95,6 SUR LES PRODUITS DE LA DISTILLATION DE LA d'acides gras.

COLOPHANE ; par M. SCHIEL. On sait L'oxyde de glycérile éprouve dans peu de chose de net sur les produits, si cette réaction une modification plus pro- importants aujourd'hui, de la distillation fonde que lorsque la saponification est de la résine et appelés l'un essence de résinc provoquée par les oxydes anhydres des et l'autrc huile de résine. On les obtient en bases. M. Pelouze à qui l'on doit l'étude et soumettant la colophane à la distillation la connaissance des premières saponifica- dans des cylindres en fonte. tions opérées sans le concours de l'eau, a Le premier produit est l'essence ; c'est constaté la présence de la glycérine dans un liquide jaune, très-mobile, à odcur assez les produits préparés au moyen des oxydes forte. M. Schiel l'a dédoublé au moyen anhydres. Dans les saponifications par les d'une distillation fractionnée; sans doute carbonates anhydres, au contraire, il ne se le produit se trouble pendant l'opération , forme pas de glycérine, mais il se dégage mais on y remédie par un peu de chaux un peu d'acroléine en même temps qu'une ou de baryte caustiques.

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L'un de ces produits est incolore, très- J'ai déjà eu l'occasion de rappeler les mobile et très-réfringent, d'une densité de diverses théories qui ont été proposées 0,84 à 14° C. et bouillant à 970. L'auteur pour faire connaitre l'origine de ce singul'appelle colophonone et lui attribue la for- lier phénomène. Ces théories sont insérées inule C"H'80, ce qui le rend un homolo- dans les mémoires de Davy, de MM. Fague de la phorone. Sa densité de vapeur raday et Becquerel; elles n'ont été donest approximativement 5,1.

nées, du reste, que d'une façon intercurLa colophonone s'échauffe en présence rente, sans développement ni expériences de l'acide sulfurique et brunit; quand on

à l'appui. ajoute de l'eau, elle abandonne un liquide Les hypothèses des physiciens que je vert à odeur de thym; l'acide azotique viens de citer ne m'ayant pas semblé suffifournit une substance résineuse brune. santes, j'ai été amené à y substituer une Avec le potassium, elle abandonne des pro- explication nouvelle dans laquelle j'ai fait duits gazeux et se prend en masse brune. entrer en ligne les phénomènes thermiElle brunit quand on la chauffe en vase ques liés d'une façon intime à l'amalgamaclos et contracte une odeur dc menthe tion du zinc. Si laible, en effet, que l'on poivrée.

suppose l'affinité du zinc pour le mercure, Le second principe constituant de l'es- l'élévation du premier de ces métaux dans sence de résine bout à 160° C. et parait l'ordre des affinités positives par le fait de identique au térébène; il est sans action sa combinaison avec un métal plus électrosur la lumière polarisée. M. Schiel lui re- négatif, est contraire à toute prévision connait la formule C^'H'6.

fondée exclusivement sur des considéraQuant à l'huile de résine non raffinée,

tions chimiques. sa composition est exprimée par la formule Qu'il me soit permis de rappeler l'cnC5°H"0°, lorsqu'elle a simplement séjourné semble des raisonnements qui m'ont guidé au bain-marie, sur de la chaux vive ; dans dans la solution de ce problème. Lorsque ce cas elle est Iluorescente. Ralfinée et trai- le zinc normal, c'est-à-dire à l'état solide, tée à la chaux, elle n'est pas fluorescente cst plongé dans un liquide sur lequel et se formule par CH202 qui rappelle la réagit en se dissolvant, ce corps en s'enrésinéine de MM. Deville et Frémy. gageant dans la combinaison, il prend l'é

Les gaz qui se produisent pendant la tat liquide. La quantité de chaleur nécesdistillation de la résine, sont très-varia- saire pour lui donner celte nouvelle conbles; jusque vers le milieu de l'opération, stitution moléculaire est représentéc par il se dégage :

une diminution dans le nombre de calories Acide carbonique. 14,96 p. 100.

qui est l'expression et la mesure de l'afliOxyıle de carbone. 11,48

nité exercée pendant la réaction chimique. Éthylène. Butylène. } 5,89

Cela étant posé, remarquons que l'amal

gamation du zinc comprend deux phénoL'acide carbonique augmente vers la fin mènes distincts : la liquéfaction de ce de l'opération, et il se produit en mêmic métal par le mercure et la formation d'un temps du

gaz
des marais. (Ibid.) alliage, c'est-à-dire, d'un composé chimi.

quement défini. Quelle que soit la gran

deur de l'aflinité mise en jeu pour effecRECHERCHES SUR LES PHÉNOMÈNES CONSécu- tuer cette combinaison, elle est représenTIFS A L'AMALGAMATION DU ZINC, DU CADMIUM tée par un dégagement de chalcur qui se ET DU FER, par M. Jules REGNAULD, pro- trouve en moins dans l'amalgame. La lifesseur à la Faculté de médecine. La quéfaction du zinc s'exprime, au contraire, première expérience relative à l'influence par un certain nombre de calories qui se de l'amalgamation sur le rôle électro-chi- confinent dans l'alliage comme chaleur de mique d'un métal, remonte à 1826, elle constitution. cst due à H. Davy. L'observation de cc Le zinc amalgamé et par suite préalasavant illustre prouve que, dans un cou- blement liquéfié par le mercure soumis à ple voltaïque où du zinc ordinaire, d'un l'action d'un liquide actif, l'acide sulfurique côté, et du zinc amalgamé, de l'autre, étendu par exemple, pénètre dans la moplongent au sein d'un liquide actif, le lécule saline sans changement d'état. Il n'y premier est positif par rapport au second; a donc pas d'autre déficit sur la quantité ce qui revient à dire que le zinc amalgamí de chaleur correspondant à l'action chis'attaque plus énergiquement que le zinc mique accomplie que celle qui manifeste la ordinaire. Le même fait se vérifie avec le perte nécessaire pour la destruction de zinc pur, comparé au zinc qui a subi l'a- l'alliage. Lorsqu'on comparc électro-chimalgamation.

miquement le zinc amalgamé au zinc nor

mal, le phénomène observé dépend en en se combinant avec lui. Le cadmium réalité de la différence entre deux actions dont le rang au point de vue de l'affinité de signes contraires, de la chaleur ou affi- est à peu près le même que celui du zinc, nité positive gagnée par la liquéfaction, possède une chaleur latente de moitié plus de la chaleur ou aslinité positive perdue faible, en se combinant au mercure il dé. par le fait de la combinaison avec le mer- gage plus de chaleur qu'il n'en gagne par cure. Si le zinc amalgamé est électro-posi- sa liquéfaction, son affinité positive détif par rapport au zinc solide, même pur, croit ; amalgamé il est plus électro-négatif j'attribue ce résultat à ce que ce métal qu'à l'état de liberté. exige pour passer à l'état liquide un nom- Voilà l'interprétation que m'a fournic bre de calories plus grand que celui qui l'analyse des données du problème, j'aest dégagé en vertu de son union chimique joute que les caractères électro-chimiques avec le mercure.

présentés par l'amalgame de cadmium Tel est le phénomène observé consécu- m'ont conduit à réaliser une expérience tivement à l'amalgamation du zinc, et telle qui est un critérium sûr de la valeur de est aussi l'explication que j'ai cru pouvoir l'hypothèse sur laquelle repose ma théorie. en proposer. Il était intéressant de savoir (Répertoire de pharmacie, déc. 1860.) si avec d'autres métaux les choses se pas

(La fin au prochain No.) sent de la même façon, car on pouvait espérer ainsi rendre général ce qui n'était encore que particulier. M. Gaugain s'est

dist. nat. médicale et pharm. occupé de résoudre cette question, et son choix s'est tout d'abord porté sur le cadmium, métal extrêmement voisin du zinc Note SUR LA GOMME DE COCOTIER; par par ses affinités chimiques. M. Gaugain a M. LEPINE, pharmacien en chef de l'hôconstaté un fait intéressant dont j'ai pu pital militaire de Pondichéry. — Dans la vérifier l'entière exactitude; le cadmium, saison des vents secs, si l'on arrache les soit en lames amalgamées superficielle- folioles d'une feuille de cocotier, il sort un ment, soit à l'état d'amalgame pâteux ou suc gommeux qui sc solidific en petites liquide, est constamment électro-négatif larmes transparentes, variant en couleurdu par rapport au même métal libre et solide. jaune påle au rouge brun; cette gomme se Ainsi le cadmium si rapproché du zinc se gonfle dans l'eau en conservant sa forme, comporte d'unc façon absolument inverse se brise sous les doigts en fragments non lorsqu'il est soumis à une action compléte adhérents ; l'eau se colore en jaune citron meni identique.

ct a une saveur de caramel ; cette solution La théorie que j'ai proposée permet de rougit le papier de tournesol, se fonce par donner la solution de ce résultat qui pa- les alcalis, se colore en rouge rubis par rait fort étrange au premier aperçu. Fai- l'addition du sulfate ferreux, en rouge viosons observer d'abord que l'ensemble des let avec le sulfate ferrique et en rouge propriétés chimiques du cadmium et du

foncé au contact du pyrolignite de fer; elle zinc conduit à admettre que ces deux mé- réduit le tartrate cupro-potassique. La taux en s'unissant chimiquement au mer- gomme est insoluble dans l'alcool qui se cure dégagent à très-peu près le même colore en jaune; l'eau bouillante ne la nombre de calories.

dissout pas; elle se dissout dans l'eau de D'un autre côté, l'examen des nombres chaux et dans une solution de potasse, qui représentent leurs chaleurs latentes de

cette dernière solution neutralisée par un fusion donne :

acide, précipite par l'alcool, le précipité dissous dans l'eau, est précipité par l'acc

tate Zinc.

neutre de plomb. En incinérant 28,15 (Person). Calipium 15,66 (Person).

100 grammes de gomme, on obtient Différence : 14.47.

1gr.,01 de cendres blanches composées

de Ogr.,07 chlorure de sodium, Ogr., 2 On voit que la chaleur latente de fusion sels potassiques, Ogr.,67 de chaux. du zinc est plus de deux fois supérieure à L'alcool à 82°, dans lequel on a fait macelle du cadmium.

cérer de la gomme, abandonné à l'évapoIl me semble aisé de déduire de cette ration spontanée, dépose des cristaux aicomparaison la cause des effets inverses guillés, salis par une matière jaune amorproduits par l'arnalgamation du zinc et du phe. En faisant macérer la gomme dans eadmium. Le zinc devient électro-positif l'eau, évaporant la solution, reprenant le parce qu'il fixe plus de chaleur en se li- résidu par l'alcool, celui-ci abandonne une quéfiant dans le mercure qu'il n'en perd matière cristalline en s'évaporant; on

Chaleur latente

de fusion.

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peut encore obtenir ce produit en traitant desquels il planait sur une grande étendue par l'éther, l'eau dans laquelle on a fait de forêt, mais sans voir le moindre indice macérer de la gomme ou bien en dissolvant des grandes feuilles rouges de cet arbre. de la gomme dans une solution alcaline, « A la fin, dit M. Spruce, nous commenneutralisant par un acide et agitant avec cions à nous fatiguer, et nous nous décide l'éther. Les cristaux purifiés par plu- dámes à retourner vers notre hutte, en sieurs cristallisations dans l'eau ou mieux faisant un détour vers une pente que nous dans l'alcool, reticnnent de la matière co- n'avions pas encore explorée. Nous marlorante jaune, ils sont en petits cubes ou châmes longtemps sans obtenir un meilen prismes allongés; chauffés à 100°, ils leur résultat, et nous commencions à déne se modifient pas, mis sur une lame de sespérer de trouver un pied vivant, lorsplatine chauffée par une lampe à alcool, que nous en rencontràmes un abattu, dc ils fondent, brûlent sans laisser de résidu la racine duquel partait un rejet grèle, et en répandant une odeur de caramel; haut de 6 à 7 mètres. Ma satisfaction est chauffés dans un tube fermé à une de ses facile à concevoir. Ma première idée fut de extrémités, ils se liquéfient, se volatilisent vérifier s'il était vrai, comme me l'avaient et se condensent sur les parois du tube, dit tous ceux qui avaient récolté du quinen cristaux aiguillés, incolores ; ces cris- quina, que ces arbres ont un suc laiteux, taux chauffés fondent et se subliment de ce qui me semblait étrange et incroyable nouveau sans altération ; exposés à l'air ils pour une Rubiacée. Une entaille fut faite ne changent pas d'aspect ; ils ont une sa- dans l'écorce, et je vis à l'instant que le veur un peu âpre et rappelant celle da fait était réel. Le suc cst incolore quand il caramel, ils sont peu solubles dans l'eau, sort, mais dès qu'il est exposé à l'air, il plus solubles dans l'alcool et l'éther, la so blanchit, et après quelques minutes, il lution aqueuse rougit le tournesol, réduit passe au rouge. Plus ce changement de le réactif de Frommherz, précipite en couleur est rapide et plus la teinte dernière blanc par l'acétate de plomb, l'azotate cst intense, plus l'écorce est présumée préd'argent et le bichlorure de mercure, se cicuse. » Le Cascarilla roja parait se plaire dissout dans l'acide azotique, se colore principalement sur les pentes pierreuses, avec le sulfate de protoxyde de fer, en où il y a toutefois une couche épaisse d'huviolet avec le chlorure ferrique et le sul- mus, à une altitude de 3000 à 5000 pieds fate ferrique, ce dernier mélange n'est pas anglais (915 à 1525 mètres) au-dessus du décoloré par la chaleur, mais se décolore niveau de la mer. La température est, à par le chlorure d'or. Je n'ai pu pousser cette hauteur, fort analogue à celle d'un plus loin l'examen de cet acide, ma pro- jour d'été à Londres; mais chaque soir des vision de gomme étant épuisée.

brouillards froids descendent dans la vallée (Journ. de pharm. et de chim., déc. 1860.) venant de l'Azuay, et, depuis le mois de

janvier jusqu'à celui de mai, la pluie ne

cesse pas de tomber. Si le Cascarilla roja SUR LES FORÊTS DE QUINQUINA SUR LE VER- a été presque détruit à Pumacocha, il y SANT OCCIDENTAL De Quito; par M. RICHARD existe en revanche beauconp de salsepaSPRUCE. —Le célèbre voyageur se rendit reillc tellement belle et productive, que le aux forêts situées au-dessous de la petite guide de notre voyageur lui dit en avoir ville d'Alausi, dans la vallée de la rivière retiré une fois 78 livres d'un seul pied, Chanchan, dans lesquelles il pouvait espé- tandis que la même plante, au Brésil, n'en rer d'observer 3 Cinchona différents. Nous donne jamais, dit-on, guère plus de 30 line le suivrons pas au milieu du récit de vres par pied. La végétation qui accomson voyage vers ce but. Ce fut le 4 août pagne ce précieux quinquina comprend 1859 qu'il arriva à la forêt où la principale d'abord un Phytelephas nommé dans tout espèce de ces arbres précieux, le quin- l’Ecuador, Cadi. Cette espèce parait difféquina rouge, Cascarilla roja des habitants, rer de toutes celles qui ont été observées avait été exploitée et devait encore exister, ailleurs; elle a un gros tronc droit, haut lui avait-on assuré. Il avait pour guide un de 5 mètres à 6m, 50; ses feuilles ont homme qui s'était livré longtemps à cette 10 mètres environ de longueur, et leurs exploitation. Arrivée à la forêt, sur les pinnules sont fastigiées par trois ou quabords du Pumacocha, la petite expédition ire, comme dans plusieurs Bastris et Astropénétra dans ses profondeurs, rencontrant caryum, au lieu d'étre équidistantes comme presque à chaque pas des troncs couchés et dans les autres; enfin ses fleurs måles écorcés de ce Cinchona, mais pas un seul sont en grappes sur un long spadice penpied encore debout. Le guide monta plu- dant. On trouve là fréquemment un Carsieurs fois sur de grands arbres du haut Indovica à feuilles pennécs et épineuses.

a

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Le Triplaris surinamensis y est aussi abon- mais dans le Cuchicura, le pétiole et la côte dant que dans l'Amazone, et le Lasionema sont rouges, ce qui n'a pas lieu dans le roseum; arbre très-voisin des Cinchona , Pata de gallinazo, dont au reste les feuilcroit à côté du Triplaris, coinme il le fait les ne deviennent pas si rouges en vicillisà Tarapoto. En général, la végétation ar- sant. Le premier a des branches grêles en borescente a semblé au voyageur anglais petit nombre, le dernier est plus rameux pauvre en espèces et peu intéressante. Un et plus touflu Les feuilles du Cascarilla des arbres les plus remarquables était un roja ont presque la même configuration Erythrina à tronc grèle, tortueux, duquel que celles des deux autres, peut-être sontpendent de longs épis de fleurs écarlates elles cependant un peu plus étroites; son et quelques branches portant chacune une écorce est d'un brun pourpre foncé, quand touffe de feuilles ternées, dont les folioles elle est bonne; clle est de couleur canont quelquefois 0m, 50 de diamètre. Il y a nelle pâle dans les deux autres. La preaussi quelques figuiers, et sur les pentes mière est très-riche en quinine et en cinroides se montrent des bouquets de bois chonine. (Répert. de pharm., nov. 1860.) bas, formés principalement d'espèces de Clusia, Thibaudia et de mélastomacées. Deux petits Trichomanes rampent le long RECHERCHES SUR LE MODE DE NUTRITION des branches des arbustes, mais il n'existe

DES MUCÉDINÉES ; par M. L. PASTEUR. pas du tout de fougères terrestres. Le L'Académie se rappellera peut-être qu'il y guide assurait qu'en s'enfonçant plus a maintenant dix-huit mois j'ai eu l'honavant, dans la forêt, d'une journée de neur de lui communiquer une expérience marche, on trouverait un plus grand nom- relative à la levure de bière qui fixa d'une bre de Cascarilla roja, qu'il avait vus peu manière particulière l'attention des phyde mois auparavant; mais M. Spruce ne siologistes. En semant une trace presque crut pas pouvoir pousser alors son voyage impondérable de ce champignon microscojusque-là, faute de vivres.

pique dans l'eau pure tenant en dissoluDeux semaines plus tard, ce botaniste tion des principes cristallisables et pour résolut de visiter les forêts qui produisent ainsi dire inorganiques, à savoir du sucre le Cascarilla serrana, ou quinquina de candi, un sel d'ammoniaque et des phosmontagne, qu'on trouve à une altitude de

phates, j'ai vu les petits globules de le8500 à 9000 pieds anglais (2593 à 2748 vûre se multiplier, empruntant leur azote miètres), sur les deux rives de la rivière au sel d'ammoniaque, leur carbone au suChanchan. Il explora dans ce but la forêt cre, leur matière minérale aux phosphates, de Llalla, au pied de l'Azuay et à un peu et en même temps le sucre fermentait. La plus de deux heures de marche de Guataxi.

suppression de l'un quelconque des trois On y distingue deux sortes de Cascarillas aliments empêchait le développement de ou quinquinas, qu'on nomme, l'une Cu

la levure. Plus tard j'ai étendu ces mêmes chicara, ou peau de cochon, l'autre Pata résultats à la levûre lactique. de gallinazo. L'écorce du premier se ra- L'expérience précédente mettait un cornit beaucoup en séchant et s'écaille; terme aux discussions sur la nature orgacelle du second est beaucoup plus estimée, nisée de la levûre de bière, que Berzelius, et, à l'état sec, elle se présente en petits jusquc dans ses derniers écrits, considéra fragments de couleur plus foncée. Ces

toujours comme un précipité chimique de quinquinas étant peu demandés par le forme globuleuse. Elle donnait en outre la commerce, les arbres qui les produisent preuve manifeste des relations cachées sont beaucoup moins recherchés que le qui existent entre les ferments et les végérouge, et échappent dès lors beaucoup taux supérieurs. plus à la hache. M. Spruce trouva près de L'Académie sait d'ailleurs que toutes les sa station une vingtaine de pieds de Cu

études que j'ai eu l'honneur de lui présenchicara, haut de 15 à 16 mètres; mais tous

ter depuis quelques années concourent à avaient alors les capsules vides de graines, établir ce principe, que ce sont des végéla saison étant avancée. Cet arbre a les

taux mycodermiques les plus bas places fleurs d'un rouge-brique foncé ; ses capsu- dans l'échelle des êtres, qui sont l'origine les sont le plus souvent allongées oblon- de toutes les fermentations proprement gues, mais elles varient de forme jusqu'à dites. Les résultats que je public aujourdevenir oblongues arrondies. Les pieds de d'hui ajouteront un nouvel appui à cette Pata de gallinazo étaient rares, sans fleurs opinion. En les rapprochant de ceux que ni fruits. Ces deux dernières sortes ont les j'ai rappelés tout à l'heure, propres à la feuilles largement ovales, avec ou sans un jevůre de bière, ils montreront une grande court apicule, pubescentes en dessous ; analogie entre les ferments et les espèces

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