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12-1-58

DES

PIECES

Contenues dans ce

SIXIEME VOLUME.

1.

II.

A Princesse de Cleves, Iy.Para

tie, Le Prince de Condé, Nouvelle Historique, par EDMEBOURSAULT. 48. Le Bélier, Conte, par ANTOINE COMTE D'HAMILTON. 140. Histoire de Fleur-d'Epine, Conte, par le même.

261.

III.

IV.

V.

Eléonore d'Yvrée, ou les Malheurs de l'Amour, par Mlle. BERNARD, Auteur du Comte d'Amboise. 351.

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XE Cardinal de Lorraine s'étoit rendu L

maitre absolu de l'esprit de la Reinemere. Le Vidame de Chartres n'avoit

plus aucune part dans ses bonnes gra.

EX ces; & l'amour qu'il avoit pour Madime de Martigues , & pour la liberté, l'avoit même empêché de sentir cette perte, autant qu'elle méritoit d'être sentie. Ce Cardinal, pendant les dix jours de la maladie du Roi, avoit eu le loisir de former ses desseins, & de faire prendre à la Reine des résolutions conformes à ce qu'il avoit projetté; de sorte que soit que le Roi fut mort, la Reine ordonna au Connérable de demeurer aur Tournelles auprès du corps du feu Roi , pour faire les Cérémonies ordinaires. Cette Commil. Sion l'éloignoit de cout, & lui droit la liberté d'a. gir. Il envoya un Courier au Roi de Navarre pour le faire venir en diligence, afin de s'opposer Tome VI.

eplembic

ensemble à la grande élevation où il voyoit que Messieurs de Guise alloient parvenir. On donna le Commandement des Armées au Duc de Guife, & les Finances au Cardinal de Lorraine, La Duchesse de Valentinois fut chassée de la Cour; on fit revenir le Cardinal de Tournon, ennemi dé. claré du Connétable , & le Chancelier Olivier, ennemi déclaré de la Ducheffe de Valentinois :

: en fin la Cour changea entiérement de face. Le Duc de Guise prit le même rang que les Princes du Sang , à porter le Manteau du Roi aux Cérémonies des Funérailles. Lui & ses freres furent entiére. ment les maîtres , non seulement par le crédit du Cardinal sur l'esprit de la Reine, mais parce que cette Princesse crut qu'elle pourroit les éloigner s'ils lui donnoient de l'ombrage, & qu'elle ne pourroit éloigner le Connétable, qui étoit appuyé des Princes du Sang.

Lorsque les cérémonies du deuil furent ache. vées, le Connétable vint au Louvre, & fut reçu du Roi avec beaucoup de froideur. Il voulut lui parler en particulier, mais le Roi appella Mersieurs de Guife, & lui dit devant eux, qu'il lui conseilloit de se reposer; que les Finances, & le Commandement des Armées étoient donnés; & que, lorsqu'il auroit besoin de ses conseils, il l'ap. pelleroit auprès de fa personne. Il fut reçu de la Reine-mere encore plus froidement que du Roi , & elle lui fit même des reproches de ce qu'il avoit dit au feu Roi, que ses enfans ne lui res. sembloient point. Le Roi de Navarre arriva, & ne fut pas mieux reçu. Le l'rince de Condé, moins endurant que son frere , se plaignit hautement; ses plaintes furent inutiles, on l'éloigna de la Cour sous prétexte de l'envoyer en Flandres figner la ratification de la Paix. On fit voir au Roi de Navarre une fauffe Lettre du Roi d'Espagne, qui l'ag. cusoit de faire des entreprises sur les Places; on

lui fit craindre pour ses terres; enfin, on lui ins pira le destein de s'en aller en Béarn. La Reine lui en fournit un moyen, en lui donnant la con. duite de Madame Elisabeth, & l'obligea même à partir avant cette Princesse; & ainsi il ne demeu. , ra personne à la Cour qui pût balancer le pouvoir de la Maison de Guise.

Quoique ce fût une chose fâcheuse pour Mone" fieur de Cleves de ne pas conduire Madame Elisa. beth, néanmoins il ne put s'en plaindre par la grandeur de celui qu'on lui préféroit; mais il re. grettoic moins cet emploi par l'honneur qu'il en eût reçu, que parce que c'étoit une chose qui é loignoit sa femme de la Cour, sans qu'il parût qu'il eût de frein de l'en éloigner.

Peu de jours après la mort du Roi, on résolut d'ailer à Reims pour le Sacre. Si-tôt qu'on parla de ce voyage, Madame de Cleves, qui avoit toujours demeuré chez elle, feignant d'être ralade, pria son mari de trouver bon qu'elle ne suivît point la Cour, & qu'elle s'en allât à Colomiers prendre l'air & songer à la santé. Il lui répondit qu'il ne vouloit point pénétrer si c'étoit la raison de la fanté qui l'obligeoit à ne pas faire le voyage, mais qu'il consentoit qu'elle ne le fit point. Il n'eut pas de peine à consentir à une chole qu'il avoit déjà réfolue: quelque bonne opinion qu'il eût de la vertu de la femme, il voyoit bien que la prudence ne vouloit pas qu'il l'exposàt plus long-tems à la vue d'un homme qu'elle aimoit.

Monsieur de Nemours sçut bien-tôt que Madame de Cleves ne devoit pas suivre la Coqr; il ne put se résoudre à partir sans la voir, & la veille du départ il alla chez elle aussi tard que la bienséance pouvoit le permettre, afin de la trouver seule. La fortune favorisa son intention. Comme il entra dans la cour, il Crouya Madame de Nevers & Madaine de Martigues qui en sortoient, & qui lui

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