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Héro d'une main tremblante
Tient la lampe étincelante
Qui lui servit seulement

A voir périr fon Amant.

Ariane roule en colere
Ce fil, triste instrument d'un perfide attentat:
Infortunée, hélas! d'avoir trahi son Pere

Pour ne rendre heureux qu'un Ingrat.

Phedre interdite & confuse,
Baigne trop tard de ses pleurs
L'Ecrit où sa main accuse

Ses criminelles ardeurs.
Moins coupables cent fois,& plus & plaindre qu'elle,
Et Didon & Thisbé vont se frapper le sein:
D'un perfide ennemi l'une a le fer en main,

L'autre celui d'un Amant trop fidelle.
De leurs douleurs l'Amour voulut être témoin;
Car dans nos maux le Traitre admire son ouvrage.
Il cachoit fon carquois, son flambeau, d'un nuage.

Vaine adresse ! inutile soin!
Le voilà découvert. La Cohorte rebelle

Le menace. Il veut fuir.

Il ne bat que d'une aile. Il tombe. On le faisit. Il verse en vain des pleurs. Attaché sur un Myrthe, une fureur nouvelle Lui va de mille morts présenter les horreurs. Tendre Amour! de ton sein l'une approche l'épée

Par qui la trame fut coupée: L'autre offre à tes regards les débris enflammés Du bucher où ses jours ont été consumés.

Myr.

Pour moi, dans un champêtre azyle,
Où l'Arou de ses claires eaux
Baigne le pied de nos côtaux,
Je cherche un bonheur plus tranquile.
Sur des fleurs mollement couché,
Avec un esprit détaché
Des biens que le Courtisan brigue;
Sur moi le Pere du repos,
Le Sommeil, d'une main prodigue,
Versera ses plus doux pavots.

Je verrai quelquefois éclore
Dans les prez les aimables fleurs,
Odorantes filles des pleurs,
Que verse la naissante Aurore.
Je verrai tantôt mes guérets
Dorés par la blonde Cérés;
Dans leur temps, les dons de Pomone
Feront plier mes espaliers;
Et mes vignobles en Automne
Reinpliront mes vastes celliers.

Mais, quel trouble & quelles allarmes
Viennent me saisir malgré moi?
Pourquoi, Céphise, hélas ! pourquoi
Ne puis-je retenir mes larmes ?
Dans mon sein je les sens couler;
Je rougis, je ne puis parler,
Un cruel ennui me dévore.
Ah, Vénus! ton fils eft vainqueur.
Oui, Céphire, je brûle encore;
Tu regnes toujours sur mon cœur..

Quel

Déjà m'échappe le bel âge
Qui convient à tes Favoris,
Er des ans le sensible outrage
Me va donner des cheveux gris.
Si pour moi le dessein de plaire
Devient un espoir téméraire,
Que pais-je encore desirer?
Quelle erreur de remplir mon ame
D'une vive & constante flame.
Que je ne saurois inspirer!

Quand on fait unir & confondre
En deux cours mêmes -sentimens,
Et que les yeux de deux Amans
Savent s'entendre & se répondre;
Quand on se livre tout le jour
Aux soins d'un mutuel amour;
De quels transports l'ame est ravie
Dans ces momens délicieux,
Un mortel porte-t-il enyie
A la felicité des Dieux ?

Mais l'amorce de tes promesses
N'eut que trop l'art de m'éblouïr;
Réserve toutes tes caresses
A l'heureux age d'en jouir.
Serre de la plus forte chaine
L'ardent Cléon, la jeune Ismene:
Vole où t'appellent leurs plaisirs :
Fai-les mourir, fai-les revivre;
Et que ta faveur les enivre
D'un torrent d'amoureux plaisirs.

Pour

Pour inoi, dans un champêtre azyle,
Où l'Arou de ses claires eaux
Baigne le pied de nos côtaux,
Je cherche un bonheur plus tranquile.
Sur des fleurs mollement couché,
Avee un esprit détaché
Des biens que le Courtisan brigue;
Sur moi le Pere du repos,
Le Sommeil, d'une main prodigue,
Versera ses plus doux pavots.

Je verrai quelquefois éclore
Dans les prez les aimables fleurs,
Odorantes filles des pleurs,
Que verse la naissante Aurore.
Je verrai tantôt mes guérets
Dorés par la blonde Cérès;
Dans leur temps, les dons de Pomone
Feront plier mes espaliers;
Et mes vignobles en Automne
Rempliront mes vastes celliers,

Mais, quel trouble & quelles allarmes
Viennent me faisir malgré moi?
Pourquoi, Céphise, hélas ! pourquoi
Ne puis-je retenir mes larmes ?
Dans mon sein je les sens couler ;
Je rougis, je ne puis parler,
Un cruel ennui me dévore.
Ah, Vénus! ton Fils eft vainqueur.
Oui, Céphise, je brûle encore;
Tu 'regnes toujours sur mon ceur..

Quel

422 L’ART DE SOUMETTRE LES COEURS.

Quelquefois la douceur d'un songe
Te rend sensible à mes transports.
Charmes secrets, divins trésors,
N'êtes-vous alors qu'un mensonge ?
Une autre fois, avec dédain,
Tu te dérobes sous ma main :
J'embrasse une ombre fugitive;
Et te cherchant à mon réveil,
Je hais la clarté qui me prive
Des doux fantômes du sommeil.
*

SSSS

L'ART DE SOUMETTRE

LES COEURS.

Profitez , riante Jeunelle,
Du temps de faire votre cour:
Dépêchez-vous, l'heure vous presle,
Le temps qui fuit, est sans retour.
Il n'est qu'un Printemps dans l'année :
La nuit suit de près le matin;
Et Flore, dans une journée,
Des Roses dont elle est ornée,
Commence & finit le destin.

C'est en vain que le Berger chante;
Que fa flûte rend de doux sons;
Qu'il veut de l'objet qui l'enchante,
Fléchir le cæur par ses chansons.

Chan

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