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Se marioient dans tes couleurs;
Et par une heureuse inconstance,
De ton esprit en abondance
Sortoient des foudres & des fleurs.
Mais cette chaleur éclairée
Qui se répandoit sur tes Vers,
Par tes grands travaux modérée,
Semble enfin s'être évaporée
Comme un nuage dans les airs.
Tandis que ma Muse volage,
Par un aimable égarement,
S'arrête où le plaisir l'engage,
Et donne tout au sentiment;
L'ombre descend, le jour s'efface,
Le char du Soleil qui s'enfuit,
Se joue en vain sur la surface
De l'onde qui le reproduit.
L'heure impatience le suit,
Vole, le prefle, & dans sa place
Fait succéder l'obscure nuit.
Que dans ma retraite éclairée
Par la présence & le concours
Des Dieux enfans de Cythérée,
Les plaisirs exilés des Cours,
Du vin de cette urne sacrée
S'enivrent avec les Amours !
Que mon toit soit impénétrable
Aux craintes, aux remords vengeurs ;
Et qu'un repos inaltérable,
Dans cet azyle favorable,
Endorme les soucis rongeurs!
Sur ces demeures solitaires

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En vain , de fa gloire ennemie,
La Haine répand en tout lieu,
Que la Muse enfin avilie
N'est plus cette Muse chérie
De Duffé, La Fare, & Chaulieu :
Malgré les arrêts de l'Envie ,
S'il revenoit dans sa patrie,
Il en seroit encor le Dieu.
Les travaux de notre jeune âge
Sont toujours les plus éclatans:
Les graces qui font leur partage,
Les fauvent des rides du tems.
Moins la rose compte d'instans,
Plus elle s'assure l'hommage
Des autres filles du Printemps.
Répons-moi, célébre V***,
Qu'est devenu ce coloris,
Ce nombre, ce beau caractere,
Qui inarquoit tes premiers écrits,
Quand ta plume vive & légere
Peignoit la joye enfant des Ris,
Le vin faillant dans la fougere,
Les regards malins de Cypris,
Et tous les secrets de Cythere?
Alors, de l'héroïque épris,
Tu célébrois la violence
. Des seize Tyrans de Paris,
Et la généreuse clémence
Du plus vaillant de nos Henris.
Alors, la sublime Eloquence
Te pénétroit de ses chaleurs :
Les graces & la véhémence

Sc

Se marioient dans tes couleurs;
Et par une heureuse inconstance,
De ton esprit en abondance
Sortoient des foudres & des fleurs.
Mais cette chaleur éclairée
Qui se répandoit sur tes Vers,
Par tes grands travaux modérée,
Semble enfin s'être évaporée
Comme un nuage dans les airs.
Tandis que ma Muse volage,
Par un aimable égarement,
S'arrête ou le plaisir l'engage,
Et donne tout au sentiment;
L'ombre descend, le jour s'efface,
Le char du Soleil qui s'enfuit,
Se joue en vain sur la surface
De l'onde qui le reproduit.
L'heure impatience le suit,
Vole, le preffe, & dans la place
Fait succéder l'obscure nuit.
Que dans ma retraite éclairée
Par la présence & le concours
Des Dieux enfans de Cythérée,
Les plaisirs exilés des Cours,
Du vin de cette urne sacrée
S'enivrent avec les Amours !
Que mon toit soit impénétrable
Aux craintes, aux remords vengeurs ;
Et qu'un repos inaltérable,
Dans cet azyle favorable,
Endorme les soucis rongeurs !
Sur ces demeures solitaires

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Veillez, ô mes Dieux tutélaires ! Déjà Morphée au teint vermeil, Abaisse fes ailes légeres, D'où la inollesse & le roinmeil Vont defcendre sur mes paupieres. Puisré-je après deux nuits entieres N'être encor qu'au premier réveil, Et voir dans tout son appareil L'Aurore entr'ouvrant les barrieres Du Temple brillant du Soleil ! Vous , dont la main m'est toujours chere, Vous, mes amis dès le berceau, Si l'Enfant qui porte un flambeau Venoit m'annoncer que Glycere Favorise un Amánt nouveau, Mes Dieux, déchirez son bandeau, Et repoussez le téméraire. Mais si, plus sensible à mes veus, Il vous apprend que cette Belle, Moins aimable encor que fidelle, Brûle pour moi des mêmes feux; Alors, d'une offrande éternelle Flattez cet Enfant dangereux, Et qu'une fleur toute nouvelle Orne à l'instant ses beaux cheveux.

L'A

PUNI ET JUSTIFIE'.

Loin de ces Prisons redoutables,
Où Pluton aux Ombres coupables

Fait sentir son juste courroux ,
Il est dans les Enfers des azyles plus doux.
Des Myrthes toujours verds y forment des ombra-

ges, Qui n'ont rien de l'horreur de l'éternelle nuit:

Des Fleuves y coulent sans bruit:
Des Pavots languissans couronnent leurs rivages.
On voit parmi les fleurs qui parent ce séjour,
Hyacinthe, Narcisse, & tant d'autres encore,
Qui, mortels autrefois, de l'Empire d'Amour

Ont paffé dans celui de Fiore.
Ces Beautés dont les noms fameux

Remplissent la Fable & l'Histoire,
Malgré l'eau du Léthé conservent la mémoire

De leurs malheurs & de leurs feux.

L'Ambitieuse imprudente

Qui voulut voir Jupiter

Armé de la foudre tonnante,
Rappelle ce plaisir qui lui coûta si cher.

La Maitresse de Céphale,
Plaignant toujours fon Vainqueur,
Chérit la fleche fatale,
Dont il lui perça le cæur.

Héro

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