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que cela s'appliquait à moi-même, et cela

est évident. M.VARLEz : Cela n'est pas du tout évident. M. FALLoT : Ce n'est pas à vous que je

parle, mais à l'Académie. N'interrompez

M. LE PRÉsIDENT : M. Varlez, je vous rappelle à l'ordre. M. VARLEz : Alors on ne peut plus dire un mot ? M. LE PRÉsIDENT : Je vous rappelle à l'ordre avec mention au procès-verbal. M. FALLoT : Faites bien attention à ceci, je vous prie. L'imputation d'imposture que M. Varlez s'est permise, repose sur la supposition que, en parlant d'allopathes, j'aurais eu MM. Petroz et Roth en vue, tandis qu'il est clair comme le jour que c'est moi que je désignais. Pour s'en convaincre, il suffit de savoir lire. Je ne connais pas MM. Petroz et Roth, si ce n'est par les aménités contenues dans leurs lettres écrites à M. Varlez et dont celui-ci a eu soin de nous donner lecture en entier : mais je les tiens pour hommes de bon sens et d'honneur, et je suis persuadé que quand ils connaîtront le rôle qu'on leur a fait jouer dans nos débats, ils en seront désolés, car ils n'ont à y intervenir en rien. Ils ne sont pour moi que les reproducteurs d'un article d'un journal allemand ; ils n'y ont rien ajouté, rien retranché. Mais quand j'ai parlé d'un témoignage que son origine pouvait rendre suspect, quand je vous ai engés à vous défier de l'analyse faite de la narration par un allopathe, c'est de moi que je parlais, et c'est pourquoi j'ai ajouté que je préférais m'en rapporter à celle faite par M. Griesselich, médecin homœopathe. Voici mes paroles : « Disons ensuite que l'homœopathie, à laquelle les sectateurs de Hahnemann ont voulu faire l'honneur de la cure, n'y a été pour rien. Il me serait facile de vous le démontrer en analysant (si j'analysais) la longue histoire que MM. Petroz et Roth nous en ont conservée; mais prévoyant que cette démonstration (faite par moi, allopathe, bien entendu) serait repoussée par mes adversaires à cause de son origine, je préfère l'emprunter au docteur Griesselich, rédacteur en chef de l'Hygea, journal consaeré à la défense de l'homœopathie, etc. » Comprend-on, conçoit-on que sur des paroles si claires, des déclarations aussi évidentes, M. Varlez ait pu prendre le change ? Peut-on eroire qu'en le faisant il ait été de bonne foi? Je connais la puissance des passions, je sais à quel poînt elles peuvent fausser la vue de l'esprit; mais je ne pensais pas possible qu'une passion nouvelle, que j'appellerais volontiers pas

sion homœopathique, pût déterminer une pareille amaurose intellectuelle. Maintenant voyons si j'ai trompé en avançant que dans l'opinion du docteur Griesselich l'histoire de la guérion du feldmaréchal Radetski n'est pas due à l'homœo- . pathie, c'est-à-dire aux doses infinitésimales. Ici de nouveau il suffira de lire les paroles mêmes du journal. « Sous l'influence de l'arsenic 50, l'œil a augmenté de volume, l'exophthalmie est devenue plus prononcée; la psorine 50 est donnée : le fungus augmente de plus en plus, les légers saignements persistent. Le carbo animalis 30 est administré : il s'ensuit un soulagement qui ne peut raisonnablement être rapporté à ce remède, car on observe tous les jours de semblables amendements de maux organiques. En un mot, aucun des quatre médicaments, arsenic, psorine, herpétine, carbo animalis, n'a amené de changement. C'est alors que la thuja est prescrite, parce que l'auteur en a retiré un effet salutaire dans les indurations volumineuses des tonsilles, dans les exanthèmes verruqueux et le squirrhe des mamelles. » La teinture de thuja est prescrite à la dose de six gouttes dans quatre onces d'eau distillée : cette solution servit à humecter de deux en deux heures l'œil et le fungus. Celui-ci avait, dès le quatrième jour, considérablement diminué, et à partir de ce moment la marche vers la guérison fut décisive et rapide. N'y a-t-il pas lieu de s'étonner de voir que, dès le huitième jour, alors que la thuja avait produit de si admirables effets, M. Hartung ait prescrit carbo animalis 50 ? Ne doit-on pas être plus surpris encore, en présence de ce succès dû à l'application externe de la thuja, de lui voir laver le fungus avec un pinceau trempé dans la quatrième dilution de carbo animalis ? Qu'était-il besoin de carbo animalis après que la thuja avait produit le résultat désiré ? » Vient ensuite la conclusion que j'ai déjà produite dans un discours précédent, et qui est que l'homœopathie n'est pour rien dans la guérison. M. VARLEz : Griesselich n'a pas vu le feld-fmaréchal. M. FALLoT : Vous n'avez vu ni le feldmaréchal, ni le travail de M. Griesselich, et vous voudriez nous imposer votre opinion. Vous voyez donc que je n'ai pas avancé un seul mot qui ne soit l'exacte vérité; pas un mot qui offre aux hommes de bon sens et de bonne foi le moindre doute. Je vous demande ce que deviennent, en présence de cela, cette savante mise en scène,

ce coup de théâtre longuement médité et préparé, ces lettres qu'on vous a lues, ce cachet armorié qu'on a promené partout, cette indignation qu'on a jouée, ce défi qu'on a jeté? Vous avez vu bondir cette outre tout enflée de présomption qui devait ' me renverser. J'y donne un seul coup d'épingle dc la raison et de la vérité : qu'est· elle devenue? J'ai cherché à vous démontrer que jamais accusation plus imprudente, plus gratuite n'avait été lancée contre quelqu'un, que · celle que M. Varlez s'est permise. Ai-je : réussi dans mes efforts ? (Oui, oui.) Quant aux vingt mille francs si fastueusement promis par mon contradicteur aux pauvres de Bruxelles, si on peut prouver que ce que j'ai avancé se trouve dans les Annales d'oculistique ? Pitié ! ! Je l'ai · prouvé; j'ai justifié mon dire : j'ai dégagé ma parole. Tiendra-t-il la sienne ? Dix -mille francs à celui qui prouvera que l'eau de Lobb ne sait pas repousser les cheveux! ! 'Ils sont tous les mêmes. J'ai encore un seul mot à dire sur la lettre du maréchal Radetski. Je n'ai pas à apprécier le caractère public de l'honorable · maréchal, ni les services qu'il peut avoir rendus aux souverains et aux peuples; une semblable appréciation serait, au moins, déplacée ici : mais je le tiens pour un galant homme, pour un excellent homme, et la preuve en est pour moi que, se croyant guéri par l'homœopathie, il a incontinent délivré à ses médecins tous les certificats qu'ils lui ont demandés, certificats dans lesquels il déclarait ce qu'il croyait être vrai. Mais pouvait-il savoir s'il avait été guéri par l'homœopathie? Son témoignage a-t-il la moindre valeur scientifique ? D'ailleurs, Messieurs, pour bien juger de la valeur de la lettre qu'on est venu vous lire, il faudrait connaître celles par lesquelles on l'a sollicitée. Messieurs, je dis qu'il n'y a pas au monde un seul charla

tan, je dis un seul, à quelque hauteur de

l'échelle charlatanesque qu'il soit placé, qui n'ait sa poche pleine de certificats délivrés par la reconnaissance des clients auxquels il a sauvé la vie, et à défaut de cachets à armoiries, ne produise des signatures légalisées par les autorités. La lettre du maréchal Radetski n'a pas d'autre signification. Du reste, la seule chose à laquelle je tenais et pour laquelle j'ai si instamment réclamé la parole, c'était de vous prouver que jamais accusation plus injuste n'a été lancée contre un homme plus innocent; jamais préoccupation passionnelle n'a conduit un esprit à des égarements aussi funestes. Messieurs, j'aurais eu besoin de quelques

minutes encore pour répondre à tout, et sans les interruptions de mon adversaire j'y serais parvenu, je pense ; je vous aurais démontré que l'homœopathie renverse de fond en comble, les idées fondamentales de la physique et de la chimie; que l'homœopathie, loin d'être une science, en est la négation. Pour moi, la science ne peut être en opposition avec les faits; tout ce qu'on vient d'avancer à ce sujet est de l'amphibologie , car une science n'est autre chose que le résumé des faits, qu'une observation bien faite.

Il y a d'autres points importants que je dois laisser sans réponse, et je le regrette beaucoup. On a avancé de graves erreurs au sujet de l'infini. Je ne conçois pas l'infini ; c'est à tort qu'on a voulu conclure à son existence de celle d'un signe représentatif dans le langage ; on devrait, si le raisonnement était fondé, en inférer tout le contraire, le mot infini exprimant une négation, ce qui n'est pas fini. Il n'est pas donné à l'homme de comprendre l'infini, Dieu ne l'a pas voulu. Je n'ai pas la prétention de comprendre Dieu, qui est un Etre infini. Je m'incline devant lui, devant sa sagesse, sa bonté, sa puissance, mais je ne le comprends pas. En présence de votre décision sur la limite dans laquelle les orateurs doivent se renfermer, je suis forcé de terminer ici mon discours. Je me rassieds, persuadé qu'après m'avoir entendu, il ne restera dans vos esprits aucun doute sur ma bonne foi, sur ma loyauté, sur ma véracité. Je le sais, Messieurs , cette simplicité , cette franchise, ce refus de capituler avec ma conscience ne conduira pas à la vogue, le public demande plus d'art et de souplesse; mais si mes pas ne sont pas empreints dans la voie qui conduit au temple de la fortune, ils sont à jamais et profondément marqués dans le sentier qui conduit à celui de l'honneur et de la vérité. (Applaudissements prolongés.) M. LEBEAU : J'ai demandé la parole pour une motion d'ordre. M. LE PRÉsIDENT : Oui, mais MM. Verheyen et Varlez ayant demandé la parole pour des faits personnels, je crois qu'ils doivent parler avant vous. M. LEBEAU : Ma motion a justement pour but de mettre fin à cette discussion pleine de faits personnels : si l'Académie, après m'avoir entendu, juge qu'elle doive continuer, ces messieurs pourront de nouveau se renvoyer la balle, chose amusante pour les amateurs de scandale, mais fort préjudiciable aux progrès de la science.Je prie donc M. le Président de vouloir bien

s'assurer si les motions d'ordre ne priment pas toute discussion.

M. LE PRÉsiDENT : Le règlement ne parle

pas de l'ordre dans lequel il faut les admettre. M. LEBEAU : Une motion d'ordre ayant pour but d'intervertir une discussion, il me semble qu'elle doit être entendue à l'instant. M. LE PRÉsIDENT : Elle ne doit pas empêcher un membre de répondre à un fait personnel. M. LEBEAU : Dans ce déplorable débat, on n'a fait que se renvoyer des faits personnels, on y chercherait vainement une discussion scientifique. M. LE PRÉsIDENT : La parole est à M. Verheyen pour un fait personnel. M. VERHEYEN : Tout ce que M. Varlez a daigné me répondre se traduit en une offense. L'honorable membre a dit que je n'avais pas rougi de ramasser mes arguments dans les écrits des pamphlétaires : je tiens à citer les pamphlétaires dans lesquels j'ai puisé. Ces pamphlétaires sont : feu le professeur Hecker, de Berlin, le premier qui, en 1810, entra dans la lice contre Hahnemann; Hœser, professeur à Jéna; Burkhardt Eble, le continuateur de Kurt. Sprengel; le vénérable Stieglitz, médecin du roi de Hanovre; le professeur Gmelin, et enfin deux homœopathes de bonne foi, Moritz Muller et Griesselich. Voilà, dirai-je à món tour, les hommes que M. Varlez ne rougit pas d'appeler des pamphlétaires. M. Varlez ne m'a pas réfuté ; il se contente de nier audacieusement les vérités historiques, comme il vient encore de le faire dans son dernier factum homœopathique, à propos de la protection dont la famille impériale d'Autriche a entouré, en 1828, l'homœopathie. Or, à la suite des traitements homœopathiques de Morenzeller dans un hôpital de Vienne, l'exercice de l'homœopathie fut défendu dans les Etats autrichiens. Si donc quelqu'un a à rougir d'avoir offensé la vérité, ce n'est pas moi. M. VARLEz : Je demande aussi la parole pour un fait personnel, relativement à ce que vient de dire M. Verheyen. Quand on est accusé d'avoir altéré la vérité, on a le droit de répondre. Je renverrai mon contradicteur M. Verheyen à un ouvrage qui se publie maintenant à Paris et qui est à son adresse. Il est intitulé : Aux diffamateurs de Hahne1Il0l1lll, M. LE PRÉsIDENT : Vous faites une nou† personnalité ;je vous rappelle à l'orre.

M. VARLEz : C'est le titre de l'ouvrage :

« Lettre à M. Verheyen et aux diffamateurs de Hahnemann. » M. LE PRÉsIDENT : Si vous centinuez sur ce ton, je vous retirerai la parole. M. VARLEz : On vient nous dire que Morenzeller étant venu faire des expériences à Vienne, on fit de l'opposition à l'homœopathie. Sans doute, Messieurs, il y, avait là le médecin de l'empereur d'Autriche qui a fait tout ce qu'il a pu.... M. LE PRÉsIDENT : Ce n'est pas là un fait personnel ; vous avez accusé M. Verheyen d'avoir ramassé ses arguments dans les pamphlétaires. M. VARLEz : Je le renvoie à la lettre qui se publie à Paris. M. LE PRÉSIDENT : Il a cité les auteurs dans lesquels il a puisé; tout est dit. M. VARLEz : Je dois répondre à M. Verheyen que les auteurs dont il parle, et ceux dont il a omis de parler, n'ont pas, quant aux uns, dit exactement tout ce qu'il a avancé; et que, quant aux autres, qui pratiquent la science sur laquelle M. Verheyen jette tant d'éclat, ils ont prouvé au contraire que l'homœopathie renferme... M. LE PRÉsIDENT : Ce n'est pas là un fait personnel. M. VARLEz : On me dit que tels auteurs sont en opposition avec moi.... M. LE PRÉsIDENT : Il ne s'agit pas, encorc une fois, de cela. Vous avez reproché à M. Verheyen d'avoir ramassé ses arguments dans les pamphlétaires ; il vous a dit quels étaient ces pamphlétaires. Il n'y avait là rien de personnel pour vous. Répondez maintenant à ce que vous croyez vous être personnel dans le discours de M. Fallot. M. VARLEz : Bien. M. Fallot m'a accusé d'avoir tronqué un passage de son discours lorsque j'ai dit qu'il reconnaissait la supériorité de l'homœopathie. Je demanderai à mon honorable adversaire s'il n'a pas dit que, pour l'hygiène, pour l'appréciation des faits et le choix des médicaments, l'allopathie ferait bien de faire son profit des préceptes de l'homœopathie. Donc, si pour l'hygiène, le choix des médicaments et l'appréciation des maladies, vous devez faire votre profit des préceptes de l'homœopathie, c'est que sur ces trois points l'homœopathie est supérieure à l'allopathie. M. LE PRÉsIDENT : Ce n'est pas encore là un fait personnel ; je vous retirerai la parole si vous ne voulez pas vous renfermer dans la question. M. VARLEz : M. Fallot a dit, en parlant de Paracelse.... M. LE PRÉsIDENT : Je vous retire la pa role. Ce n'est pas là un fait personnel, c'est une réfutation ; si vous voulez réfuter vos contradicteurs, vous parlerez à votre tour, La parole est à M. Lebeau pour une motion d'ordre. M. LEBEAU : Messieurs, ce n'est pas la première fois, et je suis fier de le proclamer, que je me lève pour tâcher d'arrêter cette odieuse discussion. C'est au nom de l'honneur de l'Académie, c'est au nom de l'humanité dont elle nous fait négliger les intérêts, en nous entraînant dans de puérils débats, dignes d'un autre siècle; c'est au nom de la science et du bon sens outragés, que je vous demande de passer à l'ordre du jour et de terminer une discussion qui ne nous peut conduire à rien, Messieurs, on discute des faits scientisiques reconnus, établis, on ne discute pas des croyances : c'est donc en vain que vous vous lancez dans le champ d'une semblable controverse; vous ne trouvez à combattre que des fantômes, fruits d'imaginations malades, et jamais un fait précis, un adversaire réel. Et qu'arrive-t-il quand on pousse tous ces faiseurs d'utopies dans leurs derniers retranchements ? Ils vous répondent ce que répondaient à Pascal des sophistes d'une autre époque : à bout de raisons, on vous appelle tison d'enfer. C'est ainsi que l'un de nos doyens d'âge, que notre honorable collègue M. Fallot, cet homme d'une probité, je dirai minutieuse, est obligé de se défendre, pâle de douleur et d'indignation, de n'avoir ni menti, ni tronqué volontairement les faits; et nous devons rendre grâce à sa modération et à sa sagesse, car tout le monde n'a pas le courage de repousser par les seules armes de la raison des paroles outrageantes. Et où cela pourrait-il nous conduire? Messieurs, je ne viens pas vous demander avec M. le docteur Lombard, un vote de blâme contre les homœopathes, moins encore de leur interdire la pratique de la médecine telle qu'ils la font. Le blâme ! l'avenir le leur réserve; le mal qu'ils font est immense, je le sais : il faut s'y résigner. Chaque siècle a ses comtes de Saint-Germain, ses Cagliostro; c'est la pâture des intelligences faibles, et quelquefois même de certaines intelligences d'élite qui préfèrent le roman à l'histoire. Je demande donc que l'Académie veuille bien passer purement et simplement à l'ordre du jour; elle n'a pas le droit de perdre son temps à de vains tournois de paroles, à écouter pendant dix longues séances des discours péniblement élaborés dans le cabinet, et dont l'esprit et le bon goût sont à à coup sûr fort contestables. Rappelez-vous Messieurs, que l'Etat fait un saerifice pour assurer nos réunions, et qu'il a droit d'attendre de nous des travaux sérieux et dura

bles. La majorité de mcs collègues, je n'en doute pas, soutiendra ma proposition ; si le contraire arrivait, il me resterait au moins l'honneur de l'avoir faite. M. LE PRÉsIDENT : C'est donc la clôture de la discussion que vous proposez ? M. LEBEAU : Oui, M. le Président. M. LE PRÉsiDENT : La discussion est ouverte sur cette proposition. M. MARTENs : Il me paraît que les membres qui sont inscrits doivent avoir leur tour de parole; après cela on pourra clore la discussion, M. SEUTIN : Je partage l'opinion de M. Martens, ll ne faut pas arrêter la discussion, malgré la couleur qu'elle a prise. Peut-être que M. Lebeau lui-même, après nous avoir entendus, modifiera son opinion. On peut avoir encore de bonnes choses à dire, On a cru tant de choses impossibles, qui pourtant se sont réalisées!... Qui sait si, un jour, nous ne nous convertirons pas à l'homœopathie ? Messieurs, je demande que la discussion ait son cours. La mesure que vous avez prise dans la dernière séance vous assure qu'elle ne sera plus longue; il ne faut pas donner à vos adversaires le prétexte de dire que vous avez étouffé la discussion, il ne faut pas donner à penser que l'allopathie ne peut se défendre. Ce serait vous mettre en contradiction avec vos décisions antérieures; vous avez voulu laisser toute latitude à la discussion, si vous la clôturez brusquement , l'homœopathie sera plus triomphante que jamais, car vous paraîtrez la craindre. M. VARLEz : Je demande la parole. M. LE PRÉSIDENT : Ce n'est pas une discussion scientifique. Je ne puis, en votre qualité de membre correspondant, vous accorder la parole, La proposition de clôture est mise aux voix. Deux épreuves par assis et levé étant douteuses, il est procédé à l'appel nominal. 29 membres répondent à l'appel nominal : 17 votent pour la clôture ; 1 l contre. 1 (M. Carlier) s'abstient. En conséquence, la clôture est prononC€0• Les membres qui ont voté pour la clôture sont : MM. Van Coetsem, Raikem, Vleminckx, Didot, Janssens, Marinus, Lebeau, Pasquier, Pétry, Verheyen , De Mersseman, Naeghels, Mascart, Thiernesse, Delwart, François et Brogniez. Les membres qui ont voté contre la clôture sont : MM. Lequime, Fallot, Tallois, Craninx, Gouzée, Stas, Mareska, Bellefroid, Michaux, Martens et Seutin.

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M. LE PRÉsiDENT : M. Carlier est invité à faire connaitre les motifs de son abstention. M. CARLIER : Je ne suis pas plus intéressé que mes collègues dans cette discussion, mais je puis le paraître aux yeux de plusieurs d'entre eux. C'est pourquoi je m'en suis rapporté à la décision de l'Académie. M. LE PRÉsIDENT : La clôture que vous venez de prononcer ne met pas fin à tout débat : vous avez encore à statuer sur les propositions de M. Lombard, qui sont ainsi conçues : « Je crois accomplir un devoir d'humanité et de justice en vous proposant de décider : » 1° Si l'homœopathic est une vérité ou un mensonge ; » 2° Si les traitements qu'elle prescrit sont susceptibles d'actions curatives ; » 5° Et subsidiairement, s'il n'y a pas crime de lèse-humanité de se fier à ces traitements dans les affections aiguës graves , dans les maladies épidémiques et dans tous les cas où l'art a besoin d'intervenir pour seconder les efforts de la nature. » Je vous rappellerai que M. Didot a proposé d'amender la deuxième proposition en CeS leTmeS : - « 2o Les médicaments homœopathiques préparés conformément au mode prescrit par l'école de Hahnemann, sont-ils susceptibles d'actions curatives ? » Croyez-vous convenable de prendre une décision en l'absence de l'auteur de ces propositions ? M. LEBEAU : La présence de M. Lombard est parfaitement inutile; ce ne serait qu'un vote de plus ou de moins, L'Académie ne peut d'ailleurs être retardée dans ses travaux parce qu'un membre n'est pas présent. Je conclus à ce qu'il soit passé outre, M. LE PRÉsIDENT : Je dois faire remarquer que, bien que la discussion générale soit close sur l'homœopathie, il n'en reste pas moins permis à chaque membre de par† sur les diverses propositions de M. Lomard. M. STAs : Messieurs, s'il est permis de discuter sur les propositions de M. Lombard, il me sera permis, dans la séance prochaine, de venir examiner devant vous si l'homœopathie est une vérité, si elle repose sur une base scientifique ou sur un mensonge , c'est-à-dire de recommencer toute la discussion qu'on a voulu clore. Je demande alors à quoi aura abouti notre V0le. M. LE PRÉsIDENT : J'établis la discussion daprès les précédents. Or, il résulte des précédents, que lorsque l'Académie a clos la discussion générale, elle n'a pas entendu

la clore sur les articles qui se rattachent à un projet ou à une proposition quelconque. Si l'Académie en décide autrement, je déférerai à ses vœux. M. LEBEAU : M. le président, je vous prie de bien vouloir faire attention que , depuis le commencement de ce débat , on n'a discuté que sur les propositions de M. Lombard. Si vous allez les remettre en discussion, il n'y aura pas de raison pour qu'on ne recommence le débat qu'on a voulu clore. Si j'avais pu penser qu'en demandant l'ordre du jour je n'écartais pas les propositions de M. Lombard, j'aurais cru de toute justice de ne pas devoir interrompre la discussion ; car il s'agit ici de formuler un blâme, et dans ce cas, il fallait laisser aller le débat jusqu'au bout. M. SEUTIN : Jamais, dans une assemblée délibérante, il n'a été admis qu'une mesure pût avoir d'effet rétroactif. La clôture que vous avez prononcée ne doit donc pas empêcher la discussion des propositions de M. Lombard. Je demande que cette discussion soit tout à fait libre et que les membres qui s'étaient fait inserire puissent profiter de cette circonstance pour présenter leurs arguments. M. DiDoT : Je crois que l'Académie n'a pas voulu clore la discussion générale seulement, mais qu'elle a voulu clore toute discussion. Mais, dit-on, nous sommes en présence des trois propositions de M. Lombard, il faut que l'Académie en adopte ou en rejette les termes. Si vous admettez un débat en ce sens, il est évident qu'on rentrera dans le fond de la discussion. Je crois qu'il y a un moyen de lever la difficulté : c'est de proposer un ordre du jour quelconque qui mettrait à néant toutes les propositions. M. DE HEMPTINNE : Messieurs, j'avais préparé depuis longtemps un mémoire sur la question homœopathique. Maintenant on me dit : le travail que vous avez fait est inutile..... M. LE PRÉsIDENT : Vous devez respecter les décisions de l'Assemblée. La seule chose qui soit en ce moment en discussion et sur laquelle je puisse vous permettre de prendre la parole, c'est la question de savoir si vous entendez remettre à une autre séance la discussion et le vote sur les propositions de M. Lombard. M. SEUTIN : Messieurs , j'insiste pour que la discussion soit ouverte sur les propositions de M. Lombard; c'est au nom de la dignité de l'Académie que je vous le demande. Un membre d'une assemblée peut être injuste, une assemblée entière ne peut l'être; en adoptant l'ordre du jour nous se

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