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Frappé de ces résultats, et désireux de démontrer d'une manière plus probante encore l'existence de l'iode dans ces eaux, j'analysai les cendres du Ranunculus aquatilis, qui croît en abondance dans tous nos ruisseaux, et j'y reconnus sans peine l'existence de ce métalloïde.— Plus récemment, il y a huit jours, je suis arrivé aux mêmes résultats sur une plante encore mal déterminée, qui se trouve aussi en abondance sur les silex déposés dans les lits de nos sources, et qu'en attendant une nouvelle détermination, je considère comme une variété rouge du Bartachosperme, à collier (Flore française, Delamarck et De Candolle, n° 145.)

Pour rechercher l'existence de l'iode dans ces plantes, ainsi que dans le résidu des

(1) Extrait d'une lettre adressée à M. Boullay.

mie des sciences , que M. Chatin vient de constater l'existence de l'iode dans les plantes d'eau douce (2).

Occupé depuis plusieurs années déjà, d'un travail complet sur la constitution chimique des eaux qui alimentent la ville de Fécamp, je suis arrivé dès le mois de juillet dernier à un résultat tout à fait identique à celui que cet habile professeur vient d'obtenir :

En analysant, 1° l'eau de deux sources qui servent plus particulièrement pour les besoins alimentaires de notre population, j'avais reconnu dans ces eaux l'existence de l'iode et du brome, ainsi que le constatent les résultats de ces analyses que je consigne ici :

Eau de fontaine.

GoYER. BIGoT.

• • • 0,00575 0,00475 - - - 0,01767 0,05882 - - - indices indices - - - 0.00059 0,0026 - - - 0,00098 indices • • • indices indices - - traces traCeS " - - - 0,29721 0,27196 - - - 0,00291 0,00551 - - - indices indices. - - - 0,00515 0,00500 - - 0,01594 0,01658 : . : 0,00085 0,00090 . . 0,01290 0,01080 - - 0,00074 0,00016 - - - 999,65955 999,64512

T000,00000 T000,00000T

eaux que j'avais fait évaporer au contact d'une solution de carbonate de potasse très-pur et parfaitement exempt d'iode et de brome, comme l'a recommandé si à propos M. O. Henry, j'ai modifié le procédé généralement suivi, et la modification que j'ai apportée, améliorant ce procédé, l'a rendu infiniment plus sensible. Je crois utile de le consigner ici. Voici comment j'opère : Dans la liqueur soupçonnée contenir un iodure, et que j'introduis préalablement dans un petit flacon bouchant en verre usé à l'émeri, j'ajoute une petite quantité d'amidon, parce qu'il se colore aussi facilement, mais jouit de la faculté de se déposer plus rapidement, en permettant par cela même de mieux apprécier l'intensité

(2) Voir notre tome X, pag. 471.

de la coloration. J'ai sursaturé cette liqueur par un excès d'acide chlorhydrique pur, puis enfin, après avoir ajouté encore environ un milligramme de chlorate de potasse, j'agite à plusieurs reprises le flacon bouché, et je laisse se déposer l'amidon. En opérant ainsi sur 10 centimètres cubes de liqueur, contenant un cinq-centmillième d'iodure, on obtient encore unecoloration rose bien tranchée, bien manifeste. La proportion d'iode, observée dans les eaux dont je fais connaître aujourd'hui la composition, est très-minime, puisque, d'après l'intensité des colorations obtenues, elle peut être évaluée à 0gr.,000055, soit un quart de dix-milligramme d'iodure alcalin pour 20 litres d'eau. Je me proposais de ne publier ces détails qu'après la terminaison de mes recherches qui dureront encore au moins une année, mais la découverte de M. Chatin me fait un devoir de ne pas attendre plus longtemps ; non que je veuille réclamer la priorité en faveur de cette observation, mais seulement pour ne pas perdre date. Quant à la lithine dont j'ai constaté aussi l'existence dans ces eaux, je puis dire encore qu'elle se trouve également en trèsminime quantité dans l'eau de la mer. Il y a déjà plus d'une année que je l'ai annoncé au savant professeur de chimie de Rouen, M. Girardin. Depuis plusieurs jours, et en ce moment même, je m'occupe de l'analyse de l'eau de neige tombée tout récemment à Fécamp.— Les résultats que j'obtiens sont curieux en ce qu'ils démontreront dans cctte eau l'existence des acides carbonique, azotique, sulfurique et chlorhydrique combinés avec la soude, l'ammoniaque, la chaux, la magnésie et l'oxyde de fer. (Journ. de pharm. et de chimie.)

Histoire naturelle médicale.

DE L'oRIGINE ET DE LA coMPosITIoN DE LA GoMME-GUTTE; par M. RoBERT CHRISTISON, D.-M., prof. de matière médicale à l'université d'Edimbourg. (Suite. Voir notre cahier de juin, p. 577.)

I. Pipe gamboge. — La gutte en canons (1) est ainsi nommée dans le commerce de la droguerie, d'après sa forme particulière en masses cylindriques de trois quarts de pouce à trois pouces de diamètre, creuses, ordinairement jaunes, souvent doublées

(1) On peut également traduire l'expression anglaise pipe gamboge par gutte en bâtons ou en 4uyaux. G. G.

sur elles-mêmes et cohérentes. Assez fréquemment plusieurs de ces canons ou cylindres sont intimement soudés, et forment des pains ou gâteaux irréguliers, du poids de deux à trois livres, portant la trace des cavités primitives, quoique fort aplaties. La surface des cylindres détachés est d'un jaune verdâtre sale, et striée, ce qui provient évidemment de l'impression des moules en bambou, où on les a coulés lorsqu'ils étaient encore à l'état mou. Lorsque plusieurs cylindres ont été réunis ensemble, sous forme de pain ou de gâteau, on a coutume d'envelopper la masse dans des feuilles d'une plante malvacée ou bombacée. La gutte en canon est très-fragile, à cassure comme conchoïde, unie, de couleur jaune foncée et luisante. Elle devient d'un jaune éclatant par la pulvérisation, et elle forme immédiatement une émulsion de la même couleur par l'apposition du doigt mouillé. D'abord elle est sans saveur; mais elle produit bientôt une sensation d'âcreté, sur l'arrière-bouche spécialement. Elle n'a point d'odeur, et pourtant, lorsqu'on la met en poudre, la dissémination dans l'air de la poussière la plus ténue irrite l'organe de l'odorat, produit un écoulement de mucosités et fait éternuer, mais sans douleur. Cette variété de gutte est reconnue pour être un excellent purgatif, lequel, à la dose de 5, 4, 5 et rarement plus de 7 grains, produit une abondante évacuation d'humeurs aqueuses. Je n'ai jamais eu aucune raison de craindre ses effets, ainsi que l'ont fait nos prédécesseurs ; car son action n'est point accompagnée de beaucoup de coliques ou d'autre malaise, si elle a été parfaitement pulvérisée avec quelque autre substance pulvérisable, telle que la crème de tartre. Cependant, à forte dose, c'est un poison très-dangereux. Il est prouvé qu'à uu drachme (5 gram., 8), elle est mortelle, et que la cause de la mort est une violente inflammation des intestins.Je crois que les effets parfois funestes d'un remède secret fort en vogue de nos jours, sous le nom de pilules de Morison, ont été attribués avec raison à une trop forte dose de gommegutte. C'est cette variété qui a été analysée par Braconnot; quant à l'analyse de John, qui paraît aussi avoir été faite sur la même substance, les résultats en sont si différents de ceux obtenus avec toutes les variétés que j'ai examinées, que quelque cause d'erreur a dû se glisser dans ses procédés. Suivant toute probabilité, l'erreur provient de ce qu'il aura fait usage d'esprit-de-vin rectifié pour en séparer les principes les uns des autres; parce que l'esprit-de-vin rectifié, en dissolvant les résines, s'empare en même

vemps d'une partie considérable de la gomme. La même objection est applicable à l'analyse de Braconnot, quoique les résultats qu'il a obtenus se rapprochent davantage de la vérité, quant à la proportion des principes. Le meilleur dissolvant pour séparer la résine de la gutte en canon est l'éther sulfurique. En le faisant agir sur la poudre et agitant, la solution prend une vive couleur orangée, et continue à montrer cette teinte, même fort délayée, ce qui prouve l'intensité de la matière colorante. En retirant par la distillation la presque totalité de l'éther et continuant l'évaporation dans une capsule de porcelaine, on obtient une belle résine friable, dont les lames minces sont d'une transparence parfaite et de couleur orangée foncée. Si elle est en masse plus épaisse, elle est d'un rouge-cerise sombre, jusqu'à présenter une opacité complète; réduite en poudre fine, elle est d'un jaune de gommegutte très-intense. Enfin elle possède un tel pouvoir colorant qu'elle jaunit sensiblement dix mille fois son poids d'alcool. Il est à remarquer que l'étheradhère très-fortement à cette résine, à tel point qu'il peut causer des erreurs, dans l'appréciation des quantités. La chaleur de 100° centigrades est insuffisante pour retirer l'éther, de manière à obtenir la résine ferme lorsqu'elle est froide; même à la température de 152°, maintenue par le moyen du muriate de chaux, pendant six heures, elle en retient une telle quantité que les principes séparés pèsent presque toujours, réunis, 5 pour 100 de plus que la matière soumise à l'analyse.

Enfin, une chaleur de 204°, obtenue au moyen d'un bain d'huile, que je considère comme la plus haute température qui puisse être appliquée sans inconvénient à la résine, en dégage constamment des vapeurs d'éther très-sensibles à l'odorat, et en laisse néanmoins assez pour que le poids des produits soit encore plus fort que celui de la matière première.

L'éther, en agissant sur la gutte en canon, délaisse une matière floconneuse qui, entièrement épuisée par l'action même du fluide, prend quelque cohésion et acquiert une couleur blanc-jaunâtre pâle. Dans les beaux échantillons de cette gutte, j'ai toujours trouvé que le résidu floconneux était entièrement composé de gomme présentant les principaux caractères du principe gommeux prototype appelé arabine, lequel forme presque toute la masse de la gomme arabique. Il est entièrement et facilement soluble dans l'eau froide; la solution est d'un jaune pâle, devient visqueuse par la concentration, et quand elle est entièrement desséchée, elle se réduit en une substance transparente rougeâtre, d'un goût mucilagineux sans âcreté. Braconnot pense que cette gomme est analogue à celle du prunier, laquelle cependant contient une quantité considérable de gomme insoluble, appelée césarine, variété qui n'existe nullement dans la gutte.

La proportion de ces deux principes varie quelquefois, ainsi qu'il résulte des essais ci-après, faits sur cent grains de deux échantillons différents, apparteuant à la même qualité :

Résine chauffée à 204°, jusqu'à ce qu'elle ait cessé de perdre de I. II.

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Arabine ou gomme soluble, chauffée à 100°, ou jusqu'à ce qu'elle

ait cessé de diminuer de poids . .

. . . . . . . 21,8 24,0

Humidité chassée par une chaleur de 152° . . . . . . . 4,8 4,8

Fibre ligneuse. . . . . . . .

Dans une autre analyse on a retiré jusqu'à 27,8 de gomme. Mais comme la résine ne fut pas soigneusement déterminée, et qu'il n'y a pas eu de contrôle, l'exactitude de ce résultat ne peut étre garantie. ll résulte de ces analyses que la gutte ne contient que de la résine et de la gomme, sans trace d'huile volatile qui accompagne communément les autres gommes-résines. La grande quantité de gomme explique fort bien sa propriété de se mêler à l'eau, par laquelle, d'un côté, elle se prète aux intentions du peintre, et de l'autre aux usages de la médecine, en se réduisant en une émulsion parfaite et homogène, sans addition des agents habi

. . . . . . .. traces traces •--, 100,8 100,4

tuellement employés pour produire ce genre de médicament. Quant à la question de savoir en quel principe résident les propriétés actives de la gutte, puisqu'elle se compose uniquement de résine et de gomme, et que cette dernière est mucilagineuse et seulement adoucissante, on doit inférer que les propriétés de la gutte résident dans son élément résineux. C'est ce que j'ai vérifié : la résine chauffée à 127° pour en chasser l'éther, administrée comme purgatif à plusieurs individus, alternativement avec la gutte en sorte, a produit le même effet ; la résine comme la gutte des boutiques , l'une et l'autre à la dose de 5 grains, ont donné lieu à d'abondantes évacuations aqueuses. Il faut dire cependant que l'effet produit fut moindre, en administrant la résine à la dose de 5 ou 5 grains 1/2, qu'en employant la dose équivalente de 7 grains de gutte ordinaire. Je fus tenté d'abord d'attribuer cette différence à l'action de la chaleur à laquelle avait été exposée la résine; mais je fus bientôt dissuadé : ayant fait prendre de la résine qui avait été soumise à une température de 204°, point extrême pour ne pas produire sa décomposition chimique, je ne remarquai aucune différence dans son action médicinale. Mais on pourrait demander si la propriété acrimonieuse de la gutte ordinaire est une propriété de la résine elle-même, ou celle de sa réunion avec quelque principe qui concentrerait en lui-même toutes les qualités actives de la substance. C'est sur quoi l'analyse chimique n'a encore répandu aucune lumière. Jusqu'à présent, l'analyse n'a démontré ni séparé aucun principe particulier actif dans la résine. Il est même probable que le procédé de la saponification, qui serait le plus susceptible d'en séparer le principe actif s'il y existait réellement, nonseulement n'a point donné ce résultat, mais même qu'il altère matériellement, d'après quelques pharmacologistes, l'action de la gutte ordinaire. En effet, il est établi que, convertie en savon par l'action d'un alcali, la gomme-gutte cesse d'être purgative ; qu'une dose de 20 grains de cette combinaison ne produit pas l'effet attendu, et que, d'un autre côté, elle est douée de propriétés diurétiques.Si ces arguments, toutefois, semblent favorables à l'opinion que le principe actif n'est autre chose que la résine elle-même, on peut en même temps alléguer qu'ils favorisent l'opinion contraire, que la plus grande partie des résines pures est près d'être ou est entièrement inerte; d'autant plus qu'il a été prouvé par l'examen attentif de productions végétales analogues (les huiles fixes), desquelles plusieurs présentent beaucoup d'âcreté, telles que les huiles de croton tiglium, de jatropha curcas, et autres énergiquement cathartiques, que leurs propriétés ne sont point inhérentes aux huiles elles-mêmes, mais qu'elles résident dans un principe spécial, acide volatil, qu'il est possible d'en séparer. II. Passant à la gutte en masse ou en teau, il me paraît évident que la composition de cette espèce varie beaucoup suivant sa qualité. On peut au moins inférer de ce qui a été dit précédemment de son histoire commerciale, qu'elle variera beaucoup dans ses produits si on n'a pas l'attention préalablc de faire le triage de toutes les espèces souvent mêlées ensemble, état qui la fait

désigner dans le commerce sous le nom vague de gutte inférieure (coarse gamboge). La plus belle qualité de cette espèce, appelée par les droguistes gutte en gâteau ou en pain (cake or lump gamboge), me paraît être passablement uniforme. Elle est en masses informes, du poids de deux à trois livres et plus, si elle n'est point brisée. La vue n'y distingue point de traces de stries fibreuses; elle renferme des fragments de bois appréciables à l'œil, et quelquefois des branches de dimension considérable. Elle n'est ni dense, ni unie au toucher, ni facilement cassante comme la gutte en canon ; elle est remplie de cellules à air, et est plus difficile à pulvériser. La cassure n'est point conchoïde, mais plutôt esquilleuse et tout à fait dépourvue de luisant. Sa couleur, néanmoins, est parfaitement la même que celle de la gutte en canon ; sa saveur et son odeur sont égales, et elle forme, sous le doigt mouillé, une émulsion homogène et luisante, de couleur jaune de gutte. Il est possible que les plus beaux morceaux, qui se vendent au même prix, à peu près, que la gutte en canon, se rapprochent plus par leurs caractères extérieurs de cette dernière que nous ne l'avons indiqué; mais il ne nous est pas tombé sous la main de tels échantillons. On notera toutefois que la gutte en canon existe aussi souvent en gâteau, par l'agglutination de ses cylindres superposés, pendant qu'ils étaient à l'état de mollesse. Nota. La gutte en gâteau en poudre, mise à bouillir avec de l'eau, forme une émulsion qui, par l'instillation d'iode, devient d'un vert foncé, tandis que la gutte en canon, dans les mêmes conditions, n'acquiert qu'une couleur simplement tannée. La composition chimique de la gutte en gâteau est aussi matériellement différente ; elle n'est pas, comme celle en canon, entièrement dissoute par l'action successive de l'éther sulfurique et de l'eau froide. Il reste environ 1 1 pour 100 de matière insoluble, qui se dépose d'ordinaire en deux couches, la supérieure blanche et en poudre fine, l'inférieure grisâtre et plutôt floconneuse ; la première n'étant que de la fécule entièrement solublc dans l'eau bouillante et précipitant abondamment en bleu par la teinture iodique ; la dernière absolument insoluble dans l'eau après six heures d'ébullition, brûlant avec flamme et odeur de bois qui brûle, laissant une faible trace de résidu terreux, et paraissant être de la fibre ligneuse ou du ligneux. L'analyse a donné, sur deux échantillons, des résultats à peu près concordants ; sur 100 grains mis en expérience, les fragments ligneux, saisissables à la vue, étant soigneusement séparés :

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La proportion entre la gomme et la résine est identique avec celle que nous avons reconnue dans la gutte en canon ; de sorte qu'en faisant abstraction de la fécule et de la fibre ligneuse, les deux articles ont chimiquement la même composition. Cette circonstance , réunie à la présence de la fécule et à la structure vésiculeuse des gâteaux, rend extrêmement probable que la gutte en gâteau n'est pas simplement une production naturelle, mais plutôt une substance adultérée. Car, en premier lieu, elle est formée de vraie gomme-gutte, et de beaucoup d'impuretés en plus; en second lieu, on ne sache pas que la fécule soit un produit des troncs, branches ou feuilles appartenant à la famille des guttifères , et il est par conséquent impossible que la présence de ce principe dépende de quelque différence dans l'époque de la récolte ou de quelque autre circonstance dépendant de la végétation ; troisièmement, la texture vésiculeuse, si différente de la texture compacte et uniforme de la gutte en canons, est précisément ce qu'on doit attendre du procédé d'humecter le suc exsudé, de le battre avec d'autres substances pulvérulentes et de le dessécher. On pourrait objecter que l'addi

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. . . . . 20,7 19,7 . . . . . 6,2 5,0 . . . . , 4,4 6,2 . . . . . 4,0 4,2

99,6 100,1

tion de 1 l pour 100 de substance étrangère est bien peu de chose ; mais cette quantité peut, après tout, équivaloir au profit que retire le producteur de l'article dans son état de pureté; et nous allons faire voir qu'une plus forte proportion de matière sophistiquée étend quelquefois la couleur de la gomme-gutte, au point de la rendre invendable. III. La gutte inférieure (coarse gamboge de quelques droguistes anglais) est classée par d'autres avec la variété en gâteaux et je le soupçonne non sans raison, puisqu'il résulte de l'analyse qu'elle n'est qu'une qualité très-inférieure de cette sorte. J'ai reçu d'un droguiste expérimenté de Londres deux échantillons de coarse gamboge. L'un avait les caractères extérieurs et la composition de celui qui a été décrit sous le nom de gutte en gâteaux , tandis que l'autre, qui était beaucoup plus dur, plus terne dans sa fracture, et de couleur jaune-grisâtre, soit en masse, soit en poudre ou en émulsion, indique évidemment que ces différences ne peuvent être rapportées qu'à une proportion plus considérable des mêmes ingrédients sophistiqués. L'analyse de 100 grains de chacun a donné les résultats suivants :

I. II. à 200°. . 61,4 55,0 . . . .. 17,2 14,2 . . . . 7,8 19,0 . . . . 7,8 22,0 . , . . . 7,2 10,6

Total. . . , 101,4 100,8

Avec la fibre ligneuse, j'ai compris des traces de particules sablonneuses et autres impuretés. (La fin au prochain N°.)

Pharmacie.

PRÉPARATIoN DU CHARRoN, sELoN LA MÉTaoDE DE M. BELLOC (1). — M. Belloc a reconnu le peuplier comme l'arbre le plus

(!) Voir pour Temploi du charbon végétal notre tome X, page 504. (3) Poids spécifique ou densité d'un mètre cube

de bois, l'eau étant prise pour unité et pesant 1,000 kil. prise p p

1 mètre cube de boisde hêtre . . . 852 k. - - frêne . . . 845 » .- - if. . . . . 807 » - - orme . . . 800 » - - pommier . . 755 »

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