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DANs 1,000 PARTIES. | AMMONIAQ.
repr,rtée REMARQUES
URINES. -
Azote. † 100 d'azote
ooooo | de l'urine.
D'un enfant de 8 mois. . . . 3,20 0,54 10,6 [Urine rendue le matin, à
Jeun.
Enfant de 8 ans. . . . . . 6,94 0,28 4,0 Id.
Homme de 20 ans . . . . . .| 16,04 1,14 7,1 Id.
Homme de 46 ans . . . . . . | 18,40 1,40 7,6 ld.
Même sujet . . . . . 15,70 1,27 8,1 |Le même jour, 1 heure
après le déjeuner.
Homme de 46 ans . . . . .| 12,20 0,74 6,4 |Après le déjeuner. .
Femme diabétique. . . . . .| 10,20 1,55 13,2 Urine rendue le matin.
Homme de 55 ans, graveleux . . 5,85 0,42 7,2 ld.
Jeune homme de 17 ans, fiévreux.| 19,44 1,66 8,5 - Id. -
Urine d'une vache. . . . . 15,50 0,06 0,5 Urine rendue le matin.
D'une autre vache. . . . . .| 18,10 0,10 0,6 -
D'une autre vache. . . . . . | 15,14 0,09 0,6 ld.
D'un cheval . . . . . . .| 16,25 0,00 0,0
D'un autre cheval . . . . .| 12,04 0,04 0,5
D'un autre cheval . . . . . .| 17,31 traceS. 0,0
De chameau . . . . . . . 28,84 0,04 0,1 Urine du matin. -
D'éléphant . . . . . . . 5,06 1,12? 56,6 |Rendue pendant la nuit.
De rhinocéros . . . . . . . 5,11 0,80 15,7 lUrine du matin.
D'un lapin . . . . . . . . 6,89 0,15 2,2
D'un autre lapin . . . . . . 5,00 0,00 0,0
D'un autre lapin . . . . . . 7,94 0,05 0,4
Urine de serpent . . . . . . | 162,44 8,57 5,5

Il ressort de ces expériences, considérées dans leur ensemble, que l'ammoniaque n'entre que pour une proportion extrêmement faible dans les urines au moment de leur émission, ct que dans l'urine alcaline des herbivores, qui contiennent l'ammoniaque à l'état de carbonate, sa proportion est en général encore plus faible que dans l'urine à réaction acide. La très-petite quantité de carbonate d'ammoniaque contenue dans l'urine récemment rendue par ces herbivores, explique comment on ne trouve pas de différence sensible dans l'azote des déjections de ces animaux, lorsqu'on les analyse avant ou après leur dessiccation au bain-marie. M. Boussingault fait remarquer d'ailleurs qu'il n'a pas recueilli la moindre trace d'ammoniaque en desséchant les excréments de la tourterelle et ceux du serpent, et que dans plusieurs circonstances, en opérant sur des matières non altérées, le plus souvent, la perte en ammoniaque a été assez faible pour être négligée. Il insiste d'autant plus sur ces observations qu'elles sont tout à fait contraires à celles de M. Millon, qui accuse une perte de 10 à 50 p. 100 de l'azote qu'elle renferme dans l'urine soumise à l'évaporation, même au bain-marie. La seule perte en azote que l'urine alcaline des herbivores doit éprouver dans cette circonstance est celle qui résulte du dégagement du carbonate d'ammoniaque, et cette perte, assez faible pour échapper à l'analyse, ne peut pas en altérer les résultats. C'est ce qui est parfaitement démontré

par un tableau placé à la fin du mémoire de M. Boussingault, et dans lequel il a mis en regard les proportions d'azote trouvées en opérant sur quatorze variétés d'urine analysées d'abord à l'état normal, et ensuite après avoir été préalablement desséchées (Ann. de ch. et de phys. et J. de ph. et de ch)

NoTE sUR L'ACIDE HYPocHLoREUx ET LEs cHLoRUREs DE soUDE; par E. MILLON. On sait par les expériences de M. Millon que l'eau exposée quelque temps à l'action des rayons solaires convertit le chlorure de plomb en oxyde puce, et le chlorure de manganèse en suroxyde.

En cherchant à quelle combinaison chlorée appartient cette oxydation, M. Millono vu qu'elle devait être exclusivement allro buée à l'acide hypochloreux. Il regardo cette action du chlore sur l'eau commo identique à celle du même corps sur la plo part des substances hydrogénées. Il se suo stitue, dit-il, à l'hydrogène de l'eau, eo ce phénomène a des limites, c'est que l cide chlorhydrique détruit à son tour l* cide hypochloreux et régénère du chloro ces acides ne pouvant coexister qu'en pro sence d'une assez grande quantité d'eo ainsi qu'une expérience directe le lui ado montré. M. Millon pense que le rapport moléculaire très-simple qui existe eno l'eau et l'acide hypochloreux doit étro étendu au chlorure de soufre qui figuo dans ce système auprès de l'hydrogène suk suré dont le chlore a remplacé l'hydrogoo équivalent pour équivalent.

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SUR UN RÉACTIF PRoPRE AUx coMPosÉs PRoTÉIQUEs ; par M. E. MILLON. - La liqueur très-acide que l'on obtient en dissolvant le mercure dans son poids d'acide nitrique à 4 équivalents 112 d'eau est un réactif d'une extrême sensibilité pour toutes les substances albuminoïdes et pour un grand nombre de produits secondaires qui s'y rattachent. Cette liqueur communique à ces diverses substances une couleur rouge assez intense, et l'on peut très-aisément reconnaître dans l'eau 11000000 d'albumine au moins. Le coton, les fécules et la gomme arabique prennent à son contact une teinte rose trèsdistincte.Les urines aussi se colorent presque toutes en rose, lorsqu'après y avoir ajouté la liqueur nitromercurique on a chauffé le mélange, et que l'urée a été détruite. L'albumine du sang, celle des épanchements séreux et des végétaux, la fibrine, le caséum, le gluten, la légumine, la soie, la laine, les plumes, la corne, l'épiderme, la gélatine, la chardrine, la protéine, le cristallin, la cornée, la couenne bien lavée, le produit soluble qu'elle cède à l'eau bouillante aussi bien que la partie insoluble, se teignent en rouge plus ou moins foncé. Lorsque la protéine devient soluble par l'action prolongée des lessives alcalines, ou bien par l'action de l'acide sulfurique, la même coloration rouge se produit toujours, mais ce n'est plus une matière insoluble que l'on obtient : la liqueur rougit fortement sans donner aucun précipité. L'acide xantoprotéique, les chlorites de protéine et les oxydes de protéine, qui dérivent de ces chlorites, se séparent des produits précédenots ; ils ne se colorent nullement en rouge. Ainsi la couenne n'est pas identique avec les oxydes de protéine obtenus en faisant agir la potasse sur les chlorites de protéine.

Ce réactif met sur la voie de différences très-intéressantes à approfondir.

On le prépare en versant sur le mercure pur un poids égal à 4 équivalents 112. La réaction s'établit vivement à froid ; lorsqu'elle est ralentie, on chauffe très-doucement jusqu'à dissolution complète du métal; à ce point on s'arrête et l'on ajoute 2 volumes d'eau pour 1 volume de solution mercurielle, on décante après quelques heures la partie liquide qui surnage le mélange cristallin qui s'est formé. Il est à remarquer que le réactif ne réside ni dans le nitrate mercurique, ni même dans leur mélange, et que son action dépend de l'acide nitreux qu'il contient.

Il agit à froid sur les substances albuminoïdes, mais la réaction n'est complète que de 60 à 70 degrés; il est même bon de porter immédiatement le mélange à l'ébullition. (Ibid.)

Pharmacie.

APPAREIL TRÈs-sIMPLE PoUR RoULER LEs PILULEs. — Cet appareil, imaginé par M. Mialhe, se compose de deux pièces. La première est un plateau rond de 0",50 à 0m,55 de diamètre, garni d'un rebord circulaire de 0o, 01 ; la seconde est une pièce de bois de même forme que la première, mais ayant seulement 0m, 15 à 0m,18 de diamètre; le rebord, suivant le volume des pilules que l'on veut rouler, offre une saillie de 0m,002 à 0m,004. Cette seconde pièce porte à la surface opposée à l'arète, une bride en cuir destinée à recevoir la main. Pour se servir de cet instrument, il suffit de placer sur le milieu du grand plateau la masse de pilules que l'on veut rouler, en parties également divisées, puis de les recouvrir par le petit plateau et d'imprimer à celui-ci, en appuyant légèrement, un mouvement rotatoire.

A l'aide de cet appareil, on ne roule pas moins de 200 pilules en 5 minutes, et beaucoup mieux qu'avec les doigts.

(Abeille médicale.)

PRocÉDÉ PoUR PRÉPARER UNE EAU cAMPHRÉE. - On triture du camphre avcc de la magnésie blanche, et l'on ajoute peu à peu de l'eau en quantité suffisante et l'on filtre ; le liquide filtré contient 15 centigrammes de camphre par 50 grammes; ce camphre n'est pas précipité par une addition d'eau plus considérable. (Ibid.)

NoUvEAU MoYEN D'ENLEvER L'AMERTUME DU sULFATE DE QUININE.— Le docteur Thomas, de Baltimore, recommande, pour ôter au sulfate de quinine toute son amertume, de l'unir à une faible proportion d'acide tannique. Cette précieuse propriété de l'acide tannique a été constatée d'abord par ce médecin chez un enfant atteint de dyssenterie avec accès intermittents, auquel il avait prescrit ces deux substances réunies ; il fut fort étonné de ne trouver aucune espèce de saveur au mélange, et cependant le médicament avait conservé toute son activité. Depuis cette époque, il a ordonné un grand nombre de fois l'acide tannique uni au sulfate de quinine, et en a toujours composé un médicament insipide et parfaitement fébrifuge. Voici la formule qu'il est dans l'usage de prescrire pour un enfant de deux aIlS ,

Sulfate de quinine. . . . . 10 grains. Acide tannique. . - . . . . 2 grains. Eau. .. . . . . . . . - . . . 6 gros. Sirop d'orange. . . . . . . 2 gros.

Une ou deux cuillerées à café chaque heure. Il résulte des recherches auxquelles s'est livré un pharmacien sur sa demande qu'un grain et demi d'acide tannique suffit pour enlever l'amertnme de dix grains de sulfate de quinine. (Journ. de méd. et de chirur. pratiques.)

NoUvELLE sUBsTANcE ADHÉsIvE. – M. le docteur MELLEZ, de Raon-l'Etape (Vosges) a imaginé une nouvelle substance adhésive plus à la portée que le collodion des médecins qui exercent à la campagne; et d'ailleurs le collodion est loin de se trouver dans toutes les pharmacies. On la prépare en faisant dissoudre de la gomme laque dans l'alcool, à l'aide d'une chaleur modérée, et à des doses respectivement suffisantes pour qu'on en obtienne un mélange ayant la consistance de gelée ou à peu près. Cette préparation se fait dans un flacon en verre à large tubulure, et il suffit ensuite d'un simple bouchon en liége pour la garantir de la dessiccation. Lorsqu'on veut l'employer, on n'a qu'à l'étendre avec une spatule sur des bandelettes taillées à l'avance, en toile ou en taffetas, suivant le plus ou moins de coquetterie qu'on veut mettre au pansement. La solution alcoolique de gomme laque jouit des mêmes propriétés que le collodion; seulement elle n'est pas incolore comme celuici et sa dessiccation est moins prompte ; mais, ajoute M. Mellez, elle se dessèche encore assez rapidement pour ne pas fatiguer la patience du chirurgien. (Journ. des Conn. médico-chirurgicales.)

FoRMULE PoUR PRÉPARER UN sIRoP DE RICIN. Semences de ricin récentes, non mondées, 500 gram. Pilez avec une quantité suffisante d'eau pour obtenir 500 grammes d'émulsion, dans laquelle vous serez fondre au bain

marie : Sucre, 1,000gram. Aromatisez avec : Eau de fleurs d'oranger, 100 gram.

Ce sirop a l'apparence de celui d'orgeat. Il constitue un purgatif doux et d'une saveur agréable. La dose est d'une à cinq cuillerées que l'on prend pures ou délayées dans de l'eau.

Nous préférerions encore à cette préparation le mélange si connu d'huile de ricin avec le bouillon gras et l'oseille euite hachée. Mais le sirop pourrait être employé chez les enfants ainsi que chez certains adultes qui ressemblent aux enfants.

(Ibid.)

PRoCÉDÉ PoUR LA PRÉPARATIoN D'UN oNqUENT coNTRE LA TEIGNE; par M. H. BOUTENS, pharmacien à Roulers. — Aujourd'hui il n'est presque pas de remède connu plus efficace contre la teigne, cette hideuse maladie de la classe indigente, que l'onguent agglutinatif (1) préparé dans plusieurs couvents par des religieuses, qui, dans l'idée du public ignorant et superstitieux, possèdent seules le secret de cette cure. Son application sur la tête, au moyen d'une calotte, son arrachement des cheveux et l'enlèvement des croûtes , causent au patient des douleurs presque insupportables.

C'est pour ce motif que plusieurs médecins et chirurgiens, ayant presque toujours vu échouer d'autres moyens, ont une telle répugnance pour cette maladie, dont ils regardent le traitement comme faisant endurer le martyre, qu'ils renvoient bien souvent eux-mêmes leurs patients aux couvents réputés pour traiter ces sortes de maladies.

Un jour, un chirurgien vint me demander si je n'avais pas en ma possession un remède pour frictions contre ce mal, autre que celui appliqué par les personnes précitées, étrangères à l'art de guérir. J'avais préparé depuis quelques années un onguent qui devait spécialement servir pour cette maladie, mais l'occasion ne s'était pas encore présentée jusqu'alors pour en faire consta

(1) Cet onguent est ordinairement composé de poix blanche, de colophane, de farine de fromcnt et de vinaigre.

ter l'efficacité. Ce praticien, à qui j'offris une quantité de cet onguent, avait alors en traitement deux personnes affectées de la teigne, d'une apparence assez grave. Quelques jours après, il vint m'annoncer la guérison complète de ses deux malades, et m'assura qu'il ne doutait nullement que toute personne affligée de ce mal n'en obtint le même succès.

Le bruit dc cette double guérison s'étant répandu, cet onguent vint chez nous de plus en plus en vogue. Il est à ma connaissance que depuis lors d'autres praticiens ont fait usage avec le même succès de ce remède; l'un d'eux a eu la complaisance de me communiquer le mode de son application.

D'abord il fait laver, tous les jours une fois , la tête avec une dissolution de savon blanc dans de l'eau tiède; puis il fait frictionner très-légèrement avec une petite quantité de cet onguent, le matin et le soir, les parties affectées, à l'aide du doigt ou avec un morceau de drap. Son application est ordinairement accompagnée d'une cuisson légère, mais qui ne dure pas plus de deux à trois minutes. Lorsque le commencement de la maladie ne date pas de longtemps, la guérison en est d'autant plus prompte. Les croûtes tombent ordinairement après le quatrième ou le cinquième jour de son traitement ; alors la peau a un aspect luisant, est d'une couleur rouge vive. On continue encore la friction jusqu'à ce qu'il ne subsiste plus aucun indice du mal.

Mainte fois des personnes sont venues me demander des remèdes contre la teigne, autres que celui de l'application de la calotte agglutinative pratiquée par des religieuses, ne voulant pas, disaient-elles, voir torturer leurs enfants. D'un autre côté, ainsi que je l'ai déjà observé, il arrive quelquefois que des praticiens les y envoient , soit par répugnance pour le traitement ordinaire, soit parce qu'ils ne connaissent pas d'autres moyens préconisés pour la guérison. C'est dans le double but de soulager des malheureux et d'être utile à mes confrères, que j'ose réclamer de la Société de pharmacie d'Anvers la publicité pour la formule de mon onguent : outre que sa préparation est très-simple, son emploi ne cause aucune douleur.

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On fait liquéfier sur un feu doux, l'axonge, la suie, le beurre, la cire, ensemble avec l'huile d'olives; on laisse cuire ; après quelque temps on retire le mélange du feu ; on ajoute l'esprit-de-vin et le goudron en remuant sans discontinuer; puis on laisse à moitié refroidir, on ajoute les jaunes d'œuf préalablement bien battus, et on agite jusqu'à complet refroidissement. (Journal de pharmacie d'Anvers.)

PRÉPARATIoN DE L'ATRoPINE A L'AIDE DU cHLoRoFoRME.—M. BUssy a présenté à l'Académie des sciences, au nom de M. Rabourdin, pharmacien à Orléans, une note sur la préparation de l'atropine à l'aide du chloroforme. Voici le procédé d'extraction du principe actif de la belladone, que M. Rabourdin soumet à l'Académie.

On prend de la belladone fraîche au moment où elle commence à fleurir ; après l'avoir pilée dans un mortier de marbre et soumise à la presse pour en extraire le suc, on chauffe celui-ci à 80 ou 90 degrés cent. pour coaguler l'albumine et on filtre. Quand le suc ainsi clarifié est froid, on y ajoute 4 grammes de potasse caustique et 50 grammes de chloroforme par litre ; on agite le tout pendant une minute, et on abandonne au repos. Au bout d'une demi-heure, le chloroforme chargé d'atropine est déposé, ayant l'aspect d'une huile verdâtre ; on décante le liquide surnageant, qui est remplacé par un peu d'eau. Celle-ci est décantée à son tour et remplacée par d'autre, jusqu'à ce qu'elle en sorte limpide; on recueille alors la solution du chloroforme dans une petite cornue tubulée ; on distille au bain-marie jusqu'à ce que tout le chloroforme soit passé dans le récipient. Le résidu de la cornue est repris par un peu d'eau acidulée d'acide sulfurique qui dissout l'atropine en laissant une matière résinoïde verte; la solution filtrée passe incolore. Il suffit, pour avoir l'atropine à l'état de pureté, d'y verser un léger excès d'une solution de carbonate de potasse, de recueillir le précipité et de le dissoudre dans l'alcool rectifié. Cette solution donne, par son évaporation spontanée, de beaux groupes aiguillés d'atropine.

A défaut de plante fraiche, on peut se servir d'extrait officinal bien préparé. 50 grammes d'extrait de belladone , obtenus avec le suc dépuré de cette plante, ont été dissous dans 100 grammes d'eau distillée ; la solution filtrée fut additionnée de 2 grammes de potasse caustique et de 15 grammes de chloroforme après l'avoir agité une minute et laissé en repos pendant une demi-heure. Le chloroforme chargé d'atropine était déposé ; le liquide surnageant a été décanté et remplacé par de l'eau qui a été renouvelée trois fois. La solution chloroformique recueillie sur un verre de montre, pesait 11 grammes (c'est donc 4 grammes de chloroforme perdus pendant les manipulations). Cette solution, abandonnée à l'air libre, s'est rapidement évaporée, laissant une masse cristalline verdâtre formée presque entièrement par de l'atropine. Reprise par de l'eau acidulée d'acide sulfurique et précipitée après filtration par une solution de carbonate de potasse, le précipité recueilli pesait 0gram. 16 centig. Ce précipité s'est entièrement dissous daus l'alcool rectifié, et a donné, en s'évaporant spontanément, de belles aiguilles d'atropine groupées en aigrette.

L'auteur croit ce mode de traitement de la belladone susceptible de se généraliser en s'appliquant à une foule de substances renfermant des alcalis organiques. S'il ne devient pas un moyen économique de préparation de ces produits, du moins servira-t-il , dans quelques cas , à estimer promptement la richesse de certains produits commerciaux.

PRoPRIÉTÉ DÉsINFECTANTE DU CHLoRoFoRME.

M. AUGEND, de Constantinople, a envoyé à l'Académie des sciences de Paris un mémoire sur une nouvelle propriété du chloroforme qui, suivant lui, établirait entre l'éther et le chloroforme une ligne de démarcation bien tranchée. Il s'agit de la propriété de désinfecter les matières organiques. Voici l'expérience qu'il rapporte à ce sujet : Si l'on prend trois flacons à large ouverture, bouchés à l'émeri ; qu'on verse dans le premier quelques gouttes d'éther, dans le second quelques gouttes de chlorosorme, et qu'on laisse le troisième tel quel ; si on place dans chacun d'eux un morceau de chair musculaire de bœuf, qu'on les bouche et qu'on les abandonne ainsi pendant l'été, voici ce qu'on observe : la viande de bœuf, colorée en rouge-brun dans son état normal, passe, à vue d'œil, au rouge-vermeil par la vapeur de chloroforme mêlée d'air dans le second flacon, tandis que l'éther n'y produit aucun changement. Au bout d'une semaine de contact, les résultats sont beaucoup plus tranchés encore : la viande conservée dans l'air a peu changé de couleur ; celle qui a été conservée dans la vapeur de chloroforme a pris une teinte de viande bouillie. Si on ouvre les flacons, on remarque que la viande conservée telle qu'elle est putréfiée exhale une odeur horrible ; que le

même phénomène a lieu en présence de l'éther ; mais que rien n'est changé dans l'odeur de la viande chloroformée, à part la saveur sucrée et l'odeur propre au chloroforme. M. Augend a constaté qu'il suffisait de 1/200"° de chloroforme pour s'opposer complétement à la décomposition d'une masse de chair musculaire fraîche. Ce qui est non moins remarquable, c'est la facilité avec laquelle la vapeur de cette substance traverse les tissus les plus épais. L'action la plus apparente du chloroforme, nonseulement sur la chair musculaire, mais encore sur le péricarpe charnu des semences et des fruits, c'est une contraction immédiate de la fibre ou du parenchyme qui fait écouler les sucs aqueux au fond du vase où l'on opère. L'auteur rapporte une série d'expériences faites sur un grand nombre de substances animales, desquelles il résulte que dans l'état actuel la propriété anti - septique du chloroforme peut être utile aux anatomistes qui veulent conserver pendant quelque temps des pièces d'étude. Il pense qu'il pourrait notamment rendre service dans le cas où une personne ayant été victime d'un assassinat ou d'un empoisonnement, on aurait intérét à garder pendant un certain temps le cadavre pour des recherches de médecine légale.

Médecine légale.

RELATIoN MÉDICo-LÉGALE DE L'AssAssINAT DE LA CoMTEssE DE GoERL1Tz, AccoMPAGNÉE DE NoTEs ET DE RÉFLExIoNs PoUR sERvIR A L'HIsTOIRE DE LA COMBUSTION HUMAINE sPoNTANÉE, par MM. AMBRoIsE TARDIEU; professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, médecin des hôpitaux, etc., et X. ROTA, docteur en médecine de la Faculté de Paris, membre de la Société de médecine d'Athènes. (Suite. Voir notrc cahier d'octobre, p. 565.) . 12. Les objets placés près du corps en combustion, et faciles à s'enflammer, ont été souvent ménagés. Cette circonstance s'explique facilement, puisque la flamme, dans les combustions spontanées, ne s'élève pas beaucoup audessus d'un pouce. De là le fait fréquemment observé de la combustion du linge ou du lit immédiatement en contact avec la personne brûlée, d'une chaise ou d'une commode distantes d'un pouce, etc. Dans le cas présent, la majeure partie du secrétaire brûla avec son contenu, et le feu s'étendit jusqu'au tiroir qui était à trois pouces du sol. Il n'y a donc aucune analogie

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