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On voit qu'il correspond dans sa constitution à la triéthylamine de M. Hoffmann et aux bases de M. Paul Thénard. Dans un travail postérieur (1) MM. Loewig et Schweitzer reviennent sur le corps intéresant qu'ils ont découvert pour décrire quelques-unes des combinaisons qu'il peut former. Son point d'ébullition est situé à 158°,5 à la pression de 750mm. Sa densité de vapeur a été trouvée égale à 7,458. La densité calculée et rapportée à 4 volumes est de 7,499. Le stibéthyle se combine à la température - ordinaire avec l'oxygène, le soufre, le sélénium et les corps halogènes. La combinaison se fait avec dégagement de chaleur, et les composés obtenus correspondent tout à sait aux composés que forme un radical mi·néral, comme le potassium par exemple. Il · est facile de les transformer les unes dans · les autres par double décomposition. · Un équivalent de stibéthyle se combine avec 2 équivalents d'oxygène, de soufre, de - sélénium. Dans certaines circonstances deux équivalents d'éthyle se séparent du stibéthyle, , et il se forme alors un radical C"H*Sb= AeSb capable de se combiner à 5 équivalents d'oxygène, de soufre, de chlore, etc. Ce nouveau radical qui a reçu le nom d'é- thylstibyle fera l'objet d'une communication prochaine de MM. Loewig et Schweitzer. Oxyde de stibéthyle. La masse sirupeuse et transparente qui se forme par l'oxydation lente du stibéthyle à l'air est l'oxyde de stibéthyle qui renferme C"H*Sb,O*= SbAeO*. La poudre blanche, insoluble dans l'éther, qui se forme en même temps, est l'acide éthylstibilique C'H*Sb,O*. Pour préparer l'oxyde de stibéthyle, on peut abandonner à l'évaporation spontanée une dissolution alcoolique de stibéthyle. Le résidu est repris par l'éther qui dissout l'oxyde de stibéthyle qu'il faut purifier par plusieurs dissolutions de ce liquide. Il est pur lorsqu'il n'est ni coloré, ni troublé par ·l'hydrogène sulfuré. Un autre procédé de préparation de l'oxyde de stibéthyle consiste à traiter le sulfate d'oxyde de stibéthyle par la baryte, à évaporer le liquide filtré au bain-marie, et à le reprendre par l'alcool. Ce véhicule dissout une combinaison d'oxyde de stibéthyle et de baryte qu'il est facile de décomposer par un courant de gaz carbonique. · Après avoir séparé par le filtre le carbonate

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de baryte, on obtient l'oxyde de stibéthyle pur par l'évaporation de la solution alcoolique. Enfin l'action de l'oxyde de mercure sur le stibéthyle fournit également un moyen d'obtenir à l'état de pureté l'oxyde de stibéthyle. Ce corps se présente sous la forme d'une masse visqueuse, limpide et transparente, n'offrant aucun indice de cristallisation. Il se dissout très-facilement dans l'eau et dans l'alcool, un peu dans l'éther. Sa saveur est très-amère, mais il n'est nullement vénéneux. A l'air l'oxyde de stibéthyle n'éprouve aucune altération. Il n'est pas volatil. Chauffé dans un tube bouché, il dégage des vapeurs blanches inflammables, et laisse un résidu de charbon et d'antimoine. Cependant la plus grande partie de l'antimoine passe avec les produits de la distillation. Le potassium réduit l'oxyde de stibéthyle en séparant le stibéthyle. L'acide nitrique concentré le décompose avec déflagration. L'acide sulfurique concentré le dissout sans altération. Le gaz chlorhydrique sec le décompose avec formation d'eau et de chlorure de stibéthyle. Les acides chlorhydrique, bromhydrique et iodhydrique gazeux opèrent instantanément la même décomposition. L'hydrogène sulfuré le décompose sans le précipiter : en évaporant la solution saturée de gaz sulfhydrique, on obtient des cristaux de sulfure de stibéthyle. Nitrate d'oxyde de stibéthyle.—On obtient ce sel en saturant l'oxyde de stibéthyle par l'acide nitrique, ou en dissolvant le stibéthyle dans l'acide nitrique étendu. Cette dissolution a lieu avec dégagement de vapeurs rutilantes et non sans qu'une petite quantité de stibéthyle ne soit décomposée avec formation d'oxyde d'antimoine. En évaporant la dissolution à laquelle on a eu soin d'ajouter un excès d'acide nitrique, on obtient le nitrate cristallisé. Par une trop grande concentration au bain-marie, ce sel se sépare en gouttes huileuses qui se rassemblent au fond du vase et se prennent en masse cristalline par le refroidissement. Par l'évaporation spontanée, il cristallise en beaux prismes rhomboïdaux facilement solubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool et à peine solubles dans l'éther. Les dissolutions sont acides et possèdent une SaV0UlI° aIIlCI'0, Le nitrate d'oxyde de stibéthyle fond à 62°,5 en un liquide incolore qui se prend à 57° en une masse blanche cristalline. Quand on le chauffe, il brûle avec déflagration comme un mélange de salpêtre et de charbon. L'acide sulfurique concentré en sépare l'acide nitrique, et l'acide chlorhydriquc cn sépare du chlorure de stibéthyle

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Sulfure de stibéthyle. — Le soufre se combine directement avec le stibéthyle pour former une combinaison cristallisée, la mieux définie de toutes celles que forme ce radical. Pour le préparer les auteurs recommandent de faire bouillir une dissolution éthérée de stibéthyle avec des fleurs de soufre desséchées. La dissolution éthérée filtrée se prend par le refroidissement en une masse d'aiguilles blanches et soyeuses. L'odeur de ce composé est désagréable et rappelle celle du mercaptan, sa saveur est amère et un peu sulfureuse. Il se dissout facilement dans l'eau, l'alcool et l'éther. Il fond à 100° en un liquide incolore qui cristallise par le refroidissement. Le potassium le réduit avec formation de stibéthyle.

La solution aqueuse de ce sulfure précipite tous les sels métalliques et se comporte, en général, comme une solution de sulfure de potassium. La composition du sulfure de stibéthyle se représente par la formule

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partie à 100°. Au delà de cette température ils se décomposent en dégageant des vapeurs blanches épaisses. L'iodure de stibéthyle est réduit par le potassium et décomposé par le chlore et par le brome. L'acide azotique en déplace l'iode. L'acide sulfurique concentré en dégage de l'acide iodhydriquc ct de l'iode avec formation d'acide sulfuT6tlX.

Bromure de stibéthyle. — Lorsqu'on ajoute du stibéthyle à du brome, chaque goutte s'enflamme au moment de son contact avec le brome. Pour préparer le bromure de stibéthyle, il faut mêler des dissolutions alcooliques de brome et de stibéthyle. En ajoutant de l'eau, le bromure se précipite sous la forme d'un liquide incolore . et dense.A l'état de pureté ce liquide a une densité de 1,953 à + 17° et se prend à — 10° en une masse blanche, cristalline. Insoluble dans l'eau, il se dissout facilement dans l'alcool et dans l'éther. Il est inflam-. mable et ne se volatilise pas sans décomposition. Sa composition se représente par la . formule

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Enfin, les auteurs pensent avoir obtenu.

du cyanure de stibéthyle en mélangeant des

dissolutions de cyanure de mercure et de

sulfure de stibéthyle. Ils reviendront sur ce composé dans un prochain mémoire. A. WURTz.

(Journal de pharm. et de chimie.)

RECHERCHEs sUR LEs HUILEs QUI sE PRoDU1sENT PAR L'ACTIoN DE L'ACIDE sULFURIQUE sUR DIFFÉRENTs vÉGÉTAUx; par M. J. STENHOUSE.—Lorsqu'on distille du son avec de l'acide sulfurique étendu on obtient, comme sait, parmi les produits de la distillation une substance neutre, le furfurol. Ce corps reste dissous en grande partie dans l'eau qui passe dans le récipient. Les propriétés de cette substance, découverte il y a trente ans par M. Doebereiner, ont été étudiées avec soin par MM. Fownes et Ca, hours. M. Stenhouse en a repris l'étude. Il la prépare par le procédé suivant. Environ 16 kilogrammes de son deblé sont introduits avec 10 kilogrammes d'acide sulfurique étendu dans 20 kilogrammes d'eau, dans une grande bonbonne à trois tubulures, telles qu'on les emploie dans la fabrication de l'acide nitrique. Dans ce mélange on fait passer pendant seize à dix-huit heures un courant de vapeur d'eau. Le liquide qui passe à la distillation et qu'il est facile de condenser constitue une solution faible de furfurol. On le rectifie à plusieurs reprises de manière à fractionner le liquide en 2 parties par chaque distillation. Lorsqu'on a obtenu ainsi une solution concentrée de furfurol, il suffit d'y ajouter du sel marin pour que l'huile se sépare. En employant les quantités indiquées plus haut, M. Stenhouse a obtenu environ 560 grammes de furfurol. Il a observé que ce produit est toujours mélangé avec une certaine quantité d'acétone et avec une huile aromatique qui possède un point d'ébullition beaucoup plus élevé que le furfurol. Cette huile aromatique s'oxyde très facilement, en se résinifiant. Lorsqu'on la mélange avec quelques gouttes d'acide chlorhydrique, nitrique ou sulfurique concentrés, on obtient immédiatement une coloration pourPre magnifique. Quelques rectifications suffisent pour séparer cette huile du furfurol. Lorsqu'on substitue au son de blé dans la préparation du furfurol d'autres matières végétales, comme des tourteaux de graine de lin, les parties ligneuses de noix de coco, ou le bois d'acajou, on obtient égalementdu furfurol en quantité plus ou moins grande. Mais en soumettant des végétaux inférieurs comme les algues à la distillation avec l'acide sulfurique, on n'obtient plus de furfurol, mais une substance isomérique avec cette huile et que M. Stenhouse désigne sous le nom de fucusol. Le fucusol pur est incolore, mais se colore au bout de quelques jours à l'air et à la lumière en jaune et puis en brun.sa densité est de 1,150 à 15°,5, tandis que celle du furfurol est de 1,1656 à la même température. Il bout entre 171 à 172°. le point d'ébullition du furfurol est situé à 166° (162°,5 d'après MM. Cahours et Fownes). Il exige 14 parties d'eau pour se dissoudre. Il colore la peau en jaune et lorsque les parties jaunes sont humectées avec de l'aniline elles se colorent en rose. En général, le fucusol se distingue du furfurol Par une moins grande stabilité.

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Enfin M. Stenhouse a pu obtenir aussi le composé correspondant à la furfurine, cette base artificielle isomérique avec la furfuramide, et prenant naissance par l'ac tion de la potasse sur cet amide. M. Slenhouse prépare la fucusine en faisant bouillir pendant vingt minutes ou une demiheure la fucusamide pure avec une solution de potasse moyennement concentrée. la fucusine brute que l'on obtient ainsi présenle une consistance molle et pâteuse. On peut la tirer en fils, même à la température de 10°, et M. Stenhouse n'a pas réussi à la faire cristalliser sans l'avoir combinée préo lablement avec l'acide nitrique. Le nitrale de fucusine purifié par la cristallisation ! été dissous dans l'eau, puis décomposé par l'ammoniaque. La fucusine s'est séparée avec lenteur de la solution ammoniacaleo a cristallisé sous forme de petits cristaux aplatis et étoilés. La fucusine ne se dissout à la température de 8° que dans 2o p. d'eau. Elle est moins soluble dans l'alcool aqueux que la furfurine elle-même.So composition se représente par la formule.

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SUR LA MATIÈRE coLoRANTE DU MoRINDA CITRIFoLIA; par M. TH. ANDERSON. — La matière qui a fait le sujet de cette recherche a été importée depuis longtemps des Indes en Angleterre sous le nom de sooranjée, dans le but de remplacer la garance par la teinture. Mais tous les fabricants ont reconnu l'impossibilité de s'en servir. M. Anderson a constaté que cette substance était la racine du morinda citrifolia, et a soumis à un examen chimique la matière colorante qu'il renferme principalement dans son écorce, et à laquelle il donne le nom de morindine. Pour extraire cette matière colorante de l'écorce pilée, il suffit de la faire bouillir avec de l'alcool de force moyenne et de filtrer la liqueur bouillante. La dissolution colorée en brun rouge laisse déposer par le refroidissement la plus grande partie de la matière colorante en flocons bruns qui sont un mélange de morindine et d'une petite quantité de matière colorante rouge. Les derniers extraits donnent un produit d'un jaune beaucoup plus pur, composé presque uniquement de morindine.A l'aide de cristallisations répétées dans l'alcool à 50 pour 100, et à la fin dans de l'alcool additionné d'un peu d'acide chlorhydrique, on parvient à obtenir la morindine tout à fait pure. Elle se présente alors en fines aiguilles, d'un jaune de soufre et d'un éclat soyeux. Elle est peu soluble dans l'alcool froid, mais beaucoup plus dans l'alcool bouillant, surtout s'il est étendu. Elle est très-peu soluble dans l'alcool absolu, et tout à fait insoluble dans l'éther. L'eau froide n'en dissout que sort peu, mais se colore cependant en jaune; l'eau bouillante la dissout facilement et la laisse déposer par le refroidissement en une masse gélatineuse, qui n'offre aucun indice de cristallisation. Les alcalis la dissolvent avec une couleur rouge orangé, l'acide sulfurique concentré avec une couleur pourpre, mais en l'altérant; car l'eau précipite de cette dissolution des flocons

jaunes complétement insolubles dans l'eau qui forment avec l'ammoniaque une dissolution violette. L'analyse de la morindine a donné des résultats qui s'accordent parfaitement avec la formule C**H**O*, mais l'auteur n'a analysé aucune combinaison pour fixer son poids atomique ; il indique cependant que la dissolution de morindine donne naissance à des précipités rouges dans les sels de chaux, de baryte, de strontiane et de plomb. Cette formule établit une relation entre la morindine et le pourpre de garance sublimé qui, d'après M. Schiel, a pour formule C'H*O* ou C**HoOo et renferme par conséquent un équivalent d'eau de plus que la morindine. Lorsqu'on chauffe la morindine, elle fond en un liquide d'un brun foncé, puis entre en ébullition, dégage une vapeur d'une belle couleur rouge, et laisse un abondant résidu charbonneux. L'auteur a donné le nom de morindone au produit sublimé. Il est insoluble dans l'eau, mais soluble dans l'alcool et l'éther. ll se dissout dans les alcalis et dans l'acide sulfurique concentré avec une belle couleur violette. Son analyse conduit à la formule C*HoOo qui paraît le rapprocher du rouge du garance CoH'O°. Quelques essais faits par l'auteur pour teindre des étoffes avec la morindine et avec les mordants ordinaires ont complétement échoué, ce qui confirme bien l'opinion des teinturiers. Avec une étoffe de coton préparée comme pour recevoir le rouge de Turquie, il a obtenu une teinture solide, d'un rouge brun foncé, mais dont la nuance n'a aucune beauté. Cette matière parait être très-employée dans les Indes pour teindre le coton en rouge, mais la couleur obtenue est plus estimée pour sa solidité que pour sa beauté. (Ann. der Chem. und Pharm. et Journ. de Pharm. et de Chimie.)

RECHERCHEs sUR L'APIINE ; par MM. de PLANTA et WALLACE. — On sait que M. Braconnot a découvert dans le persil une substance à laquelle il a donné le nom d'apiine. MM. de Planta et Wallace ont repris l'étude de cette substance qui se rapproche beaucoup de la pectine par ses propriétés

Pour la préparer ils ont traité, par l'eau bouillante, 55 livres de persil recueilli avant l'époque de la floraison. La décoction filtrée à travers une toile s'est prise par le refroidissement en une gelée verte, qui a été lavée à l'eau froide et desséchée au bain-marie. L'apiine impure ainsi obtenue a été traitée à plusieurs reprises par l'alcool. Elle s'est prise, par le refroidissement en une gelée verte. L'alcool en a été distillé jusqu'à ce qu'il ne restât plus qu'une bouillie verte qui a été fortement exprimée. Le résidu coloré en blanc verdâtre a été lavé par un peu d'alcool et puis digéré et bouilli avec de l'éther jusqu'à ce que ce liquide ne lui enlevât plus rien. Pour achever la préparation il ne restait plus qu'à dessécher la substance dans le vide.

L'apiine pure se présente sous la forme d'une poudre ténue complétement incolore, sans odeur ni saveur. De 100° — 180° elle ne change pas de poids. A 180° elle fond rapidement et se prend par le refroidissement en une masse vitreuse, cassante et jaunâtre. De 200°-210° elle commence à se décomposer. Elle ne laisse à l'incinération qu'un très-faible résidu (0,15 pour 100). L'apiine fondue se redissout avec la plus grande facilité dans l'eau bouillante, et cette solution se prend en gelée par le refroidissement. Elle se dissout très-difficilement dans l'eau froide, car il faut 8500 p. d'eau froide pour dissoudre une partie d'apiine. L'eau bouillante la dissout facilement, et des dissolutions même très-étendues de (1000 à 8500 parties d'eau pour 1 d'apiine) possèdent la propriété de se prendre en gelée par le refroidissement. Tandis qu'il faut 589 parties d'alcool froid pour dissoudre 1 p. d'apiine, l'alcool chaud la dissout très-facilement. Il est même à remarquer que le point d'ébullition d'une solution alcoolique saturée d'apiine est plus élevé que celui de l'eau.

La solution d'apiine est colorée en rouge de sang par le sulfate de protoxyde de fer. La sensibilité de cette réaction qui n'avait pas échappé à M. Braconnot est telle, qu'il faut dissoudre l'apiine dans 8500 p. d'eau pour la faire disparaître. La dissolution alcoolique est précipitée en jaune intense par une solution alcoolique d'acétate de plomb. Avec l'iode elle ne donne pas la réaction caractéristique de l'amidon.

Les analyses que les auteurs ont faites avec l'apiine conduisent pour cette substance à la formule

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