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mais les intervalles sont beaucoup moins longs, et, dans certains cas, les femmes ne sont jamais entièrement exemptes d'écoulement ; de là, comme conséquence presque inévitable, l'épuisement et la débilité ; l'appauvrissement du sang entraine un état cachectique de toute l'économie ; le système nerveux est profondément entrepris, et les palpitations de cœur tourmentent beaucoup la malade. Il y a en même temps une dépression générale des facultés morales; les organes digestifs finissent par s'embarrasser, et la dyspepsie se montre sous ses mille formes, gastralgie, pyrosis, etc., etc. Fréquemment, il s'y joint une irritation spinale; la malade, durant les courts intervalles de la ménorrhagie (quand il y en a), se plaint de douleurs sourdes dans la région du bassin, avec une sensation de pesanteur et comme de chute de l'utérus. Assurément, un remède capable de mettre un terme à cet enchaînement de souffrances, serait un bienfait pour la thérapeutique. En pareilles circonstances, j'ai employé en vain les diverses préparations de fer et de plomb, concurremment avec les acides minéraux ; ils procurent seulement une amélioration temporaire. Mais l'oxyde d'argent est le seul remède qui mérite ici quelque confiance ; et, dans tous les cas où je l'ai administré, il a toujours produit des effets satisfaisants. Je sais que des médecins qui ont expérimenté cet agent sont d'avis qu'il est inférieur aux préparations de fer dans les cas où la tendance à l'hémorrhagie dépend d'une condition anémique de toute l'économie. Telle est l'opinion du docteur Lane; et c'est avec toute la déférence que je dois à une si haute autorité que j'exprime une opinion toute contraire. Dans cette forme de ménorrhagie, la véritable indication est d'arrêter la sécrétion anormale, source de l'épuisement de l'économie; et, dans toutes les circonstances, c'est ce qui est le plus à désirer. Si nous parvenons à remplir cette indication, nous aurons préparé les voies pour l'emploi des préparations ferrugineuses, et pour le succès de toutes les prescriptions hygiéniques propres à restaurer la santé générale. Mon expérience sur l'oxyde d'argent me porte à penser que sa principale action s'exerce sur la circulation capillaire, et particulièrement sur le système capillaire de l'utérus, et qu'il jouit d'une influence spécifique sur le système utérin. Il agit en outre sur le système nerveux comme un tonique doux et non irritant. Il est superflu d'ajouter que ce serait un moyen inutile, sinon nuisible, dans les

pertes utérines qui dépendent de lésions organiques. Il ne doit jamais être prescrit dans les cas où l'inflammation se montre très-vive; mais lorsque l'inflammation a été apaisée par les moyens antiphlogistiques , alors on peut l'administrer avec d'excellents résultats. J'ai l'habitude de le prescrire à de plus fortes doses qu'on ne fait d'ordinaire. Les seuls effets pathologiques que j'aie observés par suite de son administration à la dose de 2 grains (10 centigr.), deux ou trois fois par jour, sont un sentiment de malaise dans les gros intestins, quelquefois avec de légères coliques et du ténesme. Un lavement anodin dissipe aisément ces symptômes, qui, le plus souvent, ne doivent pas même occuper le praticien. La dose ordinaire, quand on veut en continuer l'usage pendant un assez long temps, est de 112 grain à 1 grain (2 centigr. 112 à 5 centigr.), deux ou trois fois par jour, selon les circonstances ; il convient de le combiner toujours à une petite quantité d'opium ou de morphine. L'oxyde d'argent noircit les selles. Je joins ici quelques-uns des cas les plus importants dans lesquels je l'ai employé. OBs. I.— octobre 1847.— Mistriss T..., mère de trois enfants, avait joui antérieurement d'une bonne santé, sauf quelques légers symptômes de dyspepsie.Depuis six mois, elle était sujette à un flux menstruel immodéré qui l'avait beaucoup affaiblie; la débilité était arrivée à ce point qu'elle ne pouvait faire aucun exercice sans avoir des palpitations de cœur avec un sentiment de suffocation. Anorexie, constipation; anémie générale, bien qu'à un degré léger ; douleurs dans la région pelvienne ; menstruation irrégulière, fréquente et abondante, à intervalles de huit ou dix jours, mais elle ne pense pas être jamais entièrement exempte d'écoulement sanguin; du reste, pas de douleurs pendant la menstruation. Je prescrivis les pilules suivantes :

2 Oxyde d'argent...xij gr. : (60 centig.)

Poudre d'opium.........jgr. : (5 centig.)

Pour 12 pilules-une le matin une seconde le soir.

De plus, un lavement pour tenir le ventre libre.

Je la revis trois jours après; elle avait pris 6 grains d'oxyde d'argent; l'écoulement avait diminué. Elle se sentait mieux qu'elle n'avait fait depuis six mois; l'appétit était revenu, le ventre libre. - Prescript. : continuer les pilules; régime doux, un peu d'exercice.

Le sixième jour, elle avait pris toutes ses pilules ou 12 grains d'oxyde; la perte avait entièrement cessé ; elle se sentait aussi bien que jamais; les symptômes de dyspepsie avaient totalement disparu, et la santé générale était fort améliorée. On cessa les pilules, en recommandant une alimentation généreuse. Elle a eu dcpuis ses règles comme en état de santé, à des périodes régulières, sans aucun retour de l'hémorrhagie, et elle jouit maintenant d'une santé excellente. OBs. II. — Mistriss", âgée de 58 ans, d'une bonne constitution, mère de cinq enfants, dont le dernier est âgé de 5 ans, jouissait d'une santé généralement bonne. Pendant huit ou dix mois, la menstruation se montra irrégulière, accompagnée de vives douleurs dans le dos avec un sentiment de pesanteur dans le bassin ; les douleurs du dos continuaient avec plus ou moins d'intensité durant l'intervalle des règles; cellesci revenaient tous les dix ou quinze jours sans donner lieu à une perte de sang trop abondante, duraient deux ou trois jours ; suivies dans l'intervalle d'un très-léger écoulement vaginal. Toutes les autres fonctions se faisaient bien. Je prescrivis des ventouses sur le rachis, le repos, et, matin et soir, une des pilules suivantes :

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Elle prit ces pilules dans l'intervalle des règles. Je la revis quand les 6 pilules eurent été prises, et la trouvai déjà beaucoup mieux; elle se plaignait moins des douleurs du dos; et la sensation de pesanteur dans le bassin avait presque entièrement disparu. Je prescrivis des pilules nouvelles, avec un lavement au besoin pour obtenir des selles ; et je ne la revis que quinze jours plus tard. Alors, elle avait eu ses règles après un intervalle de vingt jours ; il n'y avait aucun écoulement vaginal, nulle douleur dans le dos; la santé générale était excellente. Le traitement fut arrêté, et je cessai de lui donner des soins désormais inutiles.

OBs. III. — Septembre 1847. — Molly, femme de couleur, d'une saine et robuste constitution, âgée de 42 ans, avait eu plusieurs enfants; elle fut brusquement attaquée, sans cause appréciable, d'une perte abondante. Quand je la vis, le sang sortait du vagin comme un courant; le pouls était faible, la femme fort effrayée ; jusque-là, la menstruation avait été régulière. Je lui prescrivis immédiatement les pilules suivantes, à prendre une toutes les demiheures jusqu'à mon retour.

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Je la revis au bout d'une heure; elle avait pris deux de ces pilules; la perte avait diminué; elle était calme et tranquille. Je fis prendre la troisième pilule. Je revins le soir; l'hémorrhagie avait complétement cessé. Le lendemain matin, la femme se portait à merveille. Je prescrivis un régime substantiel et cessai de la voir.

Ce dernier cas est une variété rare de ménorrhagie, la ménorrhagie pure idiopathique; l'observation est d'un haut intérêt en ce qu'elle montre l'efficacité extraordinaire de l'oxyde d'argent. On a vu qu'il avait été donné ici à la dose de 2 grains à la fois, et que cette dose avait été répétée à très-courts intervalles. Il ne s'en suivit aucun mauvais effet; et l'action thérapeutique a été rapide et assurée.

OBs. IV.—27 février 1849.—Mistriss", d'un tempérament nerveux, avait été, pendant quelque temps, d'une santé délicate; elle fut prise tout à coup, sans cause appréciable, de douleurs dans les reins et dans la portion inférieure de l'abdomen, rapidement suivies d'une perte considérable. Elle était fort effrayée ; le pouls petit et rapide ; la peau baignée d'une sueur froide, avec des douleurs intermittentes dans les reins et l'hypogastre. Elle avait eu ses règles le 1er janvier; elles étaient revenues dix jours seulement avant la perte, et n'avaient duré que deux jours. On prescrivit les pilules suivantes :

2| Oxyde d'argent....... gr. vj (30 centig.) Acétate de morphine. gr. 118 (6 milligr.)

Poudre de réglisse.... q. s.

Pour trois pilules ; à prendre une immédiatement et les autres à une demiheure d'intervalle. (Mon ami, le docteur Hutton se chargea alors de cette malade, et c'est à lui que je suis redevable de la suite de l'observation.) Après avoir pris deux de ces pilules, l'hémorrhagie avait grandement diminué; la malade était calme et tranquille. La troisième pilule fut prise; le soir, la perte avait presque entièrement cessé; les douleurs du dos et du bas-ventre étaient apaisées. On suspendit tout traitement. Le 28, le ventre est libre, les selles même un peu liquides; la malade accuse des douleurs dans le gros intestin avec de légères coliques et du ténesme. Prescript. : une pilule d'opium en se couchant. 1er mars. Ellc a dormi toute la nuit ; plus de douleurs nulle part; léger écoule

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ANÉvRIsME DE L'ARTÈRE PALATINE ANTÉRIEURE (sUPÉRIEURE pour les Fr.) par le D" Bird Herapath. Les anévrismes de l'artère palatine supérieure se présentent rarement à l'observation, c'est pourquoi nous allons extraire de la Lancette anglaise, deux cas des plus remarquables. Un dentiste, nommé Castle, de NewYork, avait fait une partie de râtelier pour compléter l'arcade dentaire supérieure de la mâchoire d'un M. C.... Au bout de quelques semaines, ce M. C... réclame les soins du chirurgien dentiste : une petite vésicule s'était formée au milieu de la voûte palatine, où la plaque d'or, qui supportait les fausses dents, prenait son point d'appui. Cette vésicule s'était insensiblement accrue, avait atteint la grosseur d'un gros pois, ayant l'apparence d'une tumeur hémorrhoïdale, pour la couleur. Au premier abord le chirurgien crut avoir affaire à une simple vésicule bulleuse, etc., provenant de la pression de l'appareil. Il n'y avait aucune pulsation : il coupa cette petite tumeur avec des ciseaux courbés sur le plat. — Au même instant, un flot de sang coula abondamment per saltum, comme dans l'anévrisme. — Le chirurgien et le patient furent effrayés de cet incident, auquel ni l'un ni l'autre n'étaient préparés. Le chirurgien dentiste se rappelait, étant étudiant, avoir vu le trou palatin antérieur, par anomalie, placé au centre du palais, au lieu de l'être entre les deux incisives supérieures. — La connaissance de cette déviation anatomique , fut pour lui d'une grande importance. Le résultat prouva qu'il avait jugé juste : le trou palatin antérieur était placé au milieu de la voûte du palais. — Alors il s'expliquait très-bien, la formation de ce sac anévrismal par la pression de la plaque du râtelier. Voici alors le moyen qu'il employa pour arrêter l'hémorrhagie : il tailla un morceau de liége en forme de X, qu'il introduisit vers l'extrémité de la canule d'un fin trocart. Cette extrémité fut placée dans l'orifice du trou palatin antérieur, puis ce morceau de liége fut poussé par une tige de fer à la place désignée où il forma bouchon : l'hémorrhagie cessa à l'instant. Quatre jours

après cette opération , le bouchon tomba, et le malade ne se ressentit plus de rien. M. Bird Herapath, chirurgien (Lancette Angl. p.46, t. II), rapporte aussi un cas d'anévrisme de l'artère palatine survenue chez un garçon âgé de 14 ans. — Il portait une petite tumeur rouge et gonflée à la voûte palatine, de la grosseur d'une noisette, la joue de ce côté était gonflée— on eût dit un abcès. La première dent molaire était gâtée et branlante, l'extraction en fut faite.— La petite tumeur fut piquée, un peu de pus en sortit, mêlé à du sang.— On ne suspectait aucunement la présence d'un abcès;— vers le soir, le douleur s'était augmentée. — Le chirurgien incisa plus profondément la tumeur, le sang en jaillit avec force et par saccade.—Alors on comprit qu'on avait affaire à une tumeur anévrismale qui avait d'abord été prise pour un abcès. Afin d'arrêter l'hémorrhagie qui s'était déjà plusieurs fois renouvelée, le chirurgien établit sur la tumeur une compression, par le moyen d'un gros bouchon, taillé supérieurement pour s'adapter au plancher du palais — où, après avoir été entouré de linge, il fut fixé fortement par un bandage qui passait au-dessus de la tête.— A neuf heures du soir, lors de la consultation, on ne constata plus d'hémorrhagie, le bandage compressif fut enlevé au bout de 5 heures. - La petite tumeur fut soigneusement examinée et on se convainquit que c'était l'artère palatine supérieure qui avait concouru à former cette tumeur. Le chirurgien était décidé à passer une ligature, en cas que l'hémorrhagie se fût renouvelée- ou à faire l'application du cautère actuel. - La perte de sang, qui avait été considérable chez ce jeune malade, amena un délire assez alarmant.— La tumeur diminua graduellement pour disparaître tout à fait. Il est évident qu'on ne peut jamais être assez circonspect lorsqu'on fait l'examen des tumeurs de la région palatine, quoiqu'il soit en général bien rare d'y rencontrer autre chose que des abcès.— C'est l'excuse dont se sert ce chirurgien pour se mettre à l'abri du blâme d'avoir été trop prompt à y plonger sa lancette.

CAs REMARQUABLE D'UN ABcÈs QUI s'EsT FoRMÉ DANs LEs vÉsIcULEs sÉMINALEs; MoRT PAR sUITE DE LA PERFoRATioN DE LA vEssIE, ET EXTRAVASATION DU PUS DANS LA CAVITÉ DE L'ABDoMEN ; AUToPsIE; par M. le docteur MlTCHELL HENRY. — Un matelot, âgé de 20 ans, fut admis à l'hôpital de Middlesex, le 19 décembre 1849, avec les symptômes de la maladie de la hanche, pour des douleurs très-fortes dans les reins du côté gauche. Des urines épaisses et rares causaient de la douleur en passant par l'urèthre. Il y avait fièvre, pouls accéléré et petit, constipation, langue chargée. Des sangsues furent appliquées à l'aine, à l'estomac ; on donna l'opium, le calomel et le colchique : tout cela diminua un peu la douleur pour quelque temps, puis elle redevint plus forte. Le lendemain, les urines étaient chargées de pus, ce que le malade avait déjà trois semaines auparavant obscrvé par intervalles. Il n'avait jamais eu de gonorrhée ni de difficulté à uriner. Le 22, la fièvre augmenta; huit onces de sang furent tirées du bras, ce qui procura quelque soulagement. Vers le soir, il s'écoula du sang avec les urines, malgré l'acide gallique qui fut donné pour l'arrêter. Le 29, survint une violente diarrhée; des douleurs dans l'abdomen survinrent aussi. Des sangsues et des potions calmèrent ces symptômes, mais le 5 janvier suivant, la douleur abdominale revint et environ 12 heures après, le patient mourut dans une longue agonie et en pleine connaisSaIlCC, Autopsie. L'abdomen est rempli d'une grande quantité de pus provenant évidemment de l'abcès et non de la péritonite. Le péritoine du foie et des intestins était enflammé; les autres organes étaient sains mais pâles. La vessie, qui contenait du liquide purulent, était perforée par un ulcère grand comme une pièce de 50 centimes ; elle fut enlevée ainsi que le pénis, les testicules et les reins, pour un examen minutieux. L'origine du pus n'était pas encore connue. La colonne vertébrale, le bassin, l'articulation à gauche de la hanche, origine de la douleur, furent soigneusement examinés, sans résultats quant à l'origine du pus. A la fin on découvrit les restes d'un grand abcès dans la place de la vésicule séminale gauche, qui avait été à peu près détruite par la suppuration. Cet abcès avait percé la vessie par une ouverture circulaire pour y décharger sa suppuration ; le péritoine, qui se réfléchit sur la vessie de ce côté, avait aussi été percé, et par là le pus s'était dirigé vers la cavité abdominale et avait ainsi amené les suites fatales de la péritonite. Les causes qui ont produit cet abcès sont restées inconnues. La perforation de la vessie devait avoir existé longtemps avant la mort. L'époque à laquelle le péritoine a été atteint, doit avoir suivi de bien près l'hémorrhagie par l'urèthre qui produisit bientôt l'inflammation abdominale. Ainsi les vésicules séminales, quoique

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non exemptes de maladies, sont rarement affectées d'inflammation aiguë donnant lieu à des symptômes reconnus pendant la vie. M. Cock, de l'hôpital Grey, a ajouté une observation d'abcès des vésicules séminales qui a été diagnostiqué pendant la vie,traité par la ponction faite par le rectum; le soulagement fut instantané. Le malade guérit bien ; les symptômes étaient en tout point pareils à ceux détaillés plus haut. 0n remarque particulièrement la douleur dans et autour de l'articulation de la hanche. (The Lancet, p. 26, n° 11.)

PRoLAPsUs DU coL UTÉRIN PENDANT L'accoUcHEMENT. — Les cas de prolapsus de l'utérus avec sortie du col au dehors de la vulve, sont assez rares pour qu'on lise avec intérêt l'observation suivante, qui so trouve consignée dans une thèse soutenue a la Faculté de Paris par M. Seguin :

Madame M...., âgée de vingt-sept ano, eut une première grossesse, pendant lo premiers mois de laquelle le col se présenlo à la vulve, disparut dans les mois suivanlo et ne gêna nullement l'accouchement, quo se fit à terme. Deux ans après, une nouvelle grossesse étant survenue, la sortie du co eut lieu de nouveau, et comme elle produi* sait de la gêne, une sage-femme crut bien faire en appliquant un pessaire, qui ne fut supporté que deux jours, et provoqua un avortement. Depuis cette époque, madamo M.... resta sujette à des chutes de matrico qui la fatiguaient beaucoup, lorsqu'ellefo sait une course un peu longue; enfin, elle devint enceinte pour la troisième fois, ! entra à la clinique d'accouchement le o octobre 1849, à huit mois et demi de son terme.Une tumeur cylindrique, longue ! cinq centimètres et de treize de circonso rence, apparaissait hors de la vulve, c'es* à-dire que l'on constatait une descente do matrice avec issue du col et renversement de sa face interne, qui devenait exlero M. Cazeaux, chargé du service, jugea qu'! n'y avait rien à faire. Le col s'allongeao se tuméfia un peu par le fait de l'œdéo des parties prolabées. Le 5 novembre, lo eaux s'écoulèrent sans douleur. Celleo devinrent énergiques à dix heures du soo Le col était d'abord comme avant le tra" au dehors de la vulve; quand vint l'expulsion de la tête, il se dilata à la vue et" le dernier obstacle à l'accouchement, quo fit à trois heures du matin. Le fœtus " vivant, pesait deux mille deux cent quatrevingt-dix grammes. Le lendemain, " col, resté au dehors de la vulve était plus moi on le fit rentrer dans le vagin; la malade garda le repos horizontal, et quand elle sortit un mois après, il fallait, pour atteindre le col, introduire dans le vagin les deux premières phalanges de l'indicateur.

On remarquera dans ce fait, que les tentatives de réduction du col et l'application d'un pessaire, ont été suivies d'avortement

dans une grossesse ; que dans la grossesse suivante, l'accouchement s'est terminé heureusement, quoique le col n'eût point été réduit ; et que le repos horizontal après les couches, a guéri la malade, au moins momentanément, de sa chute de matrice. ' (Journ. de médecine et de chirurg. prat.)

Chimie médicale et pharmaceutique.

SUR LE sTIBÉTHYLE, NoUvEAU RADICAL oRGANIQUE RENFERMANT DE L'ANTIMoINE; par MM. LOEWIG et SCHWEITZER, — MM. Loewig et Schweitzer ont mis à profit les observations intéressantes de M. Frankland sur la décomposition facile de l'éther iodhydrique par différentes substances pour faire réagir cet éther sur l'alliage d'antimoine et de potassium. Ils préparent cet alliage en calcinant à une très-haute température un mélange intime de 5 parties de tartre brut avec 4 parties d'antimoine. En prenant la précaution de laisser refroidir le creuset très-lentement, ils obtiennent ainsi un alliage cristallin renfermant environ 12 pour 100 de potassium, et qui s'oxyde assez lentement à l'air pour qu'il soit possible de le pulvériser, surtout si l'on a soin d'ajouter un peu de sable. L'éther iodhydrique réagit avec une grande violence sur cet alliage. Pour modérer la réaction, il est nécessaire d'ajouter du sable, d'opérer sur de petites quantités et d'employer un grand excès d'alliage. On place cet alliage dans un petit ballon, et on l'humecte avec l'éther. La réaction se manifeste aussitôt; la chaleur qui se dégage fait volatiliser une certaine quantité d'éther iodhydrique. Dès que ces vapeurs se sont dégagées, on adapte au petit ballon un appareil de condensation construit de la manière suivante : c'est une large éprouvette dans laquelle on introduit un ballon rempli en partie d'alliage de potassium et d'antimoine. Le bouchon qui ferme cette éprouvette est percé de trois trous. Le premier donne passage à un tube qui amène de l'acide carbonique sec au fond de l'éprouvette, un second tube laisse échapper le gaz carbonique, tandis qu'un troisième recourbé et plongeant dans le ballon récipient livre passage aux vapeurs qui doivent s'y condenser. On chauffe le petit ballon dans lequel la réaction entre l'éther et l'alliage s'accomplit rapidement lorsqu'on chauffe avec une lampe à esprit-de-vin. Aussitôt qu'elle est terminée, on remplace le petit

ballon par un autre, et on continue ainsi jusqu'à ce qu'il se soit rassemblé dans le ballon récipient une quantité suffisante de liquide. On laisse reposer pendant quelques heures, et puis on rectifie ce liquide dans le ballon même en employant une disposition analogue à celle qui vient d'être décrite. Il est nécessaire, dans toutes ces opérations, d'éviter avec soin l'accès de l'air. Le produit ainsi obtenu constitue un liquide limpide, très-mobile et fortement réfringent. Il possède une odeur alliacée désagréable mais assez fugace. A 29° il ne se solidifie pas encore. Une baguette qui en est imprégnée répand à l'air des fumées épaisses, et au bout de quelque temps la goutte finit par s'enflammer et brûle avec une flamme blanche éclatante. Il tombe au fond de l'eau sans s'y dissoudre. L'alcool et l'éther le dissolvent parfaitement. Lorsqu'on fait arriver lentement la vapeur de ce corps dans un ballon de manière à empêcher l'inflammation, les vapeurs épaisses qui se forment se condensent pcu à peu de manière à former un corps blanc et pulvérulent, et en même temps il se condense une masse transparente incolore, visqueuse, soluble dans l'éther, tandis que ce corps pulvérulent y est insoluble. Celui-ci se dissout dans l'eau et possède les caractères d'un acide faible. Ses dissolutions ont une amertume comparable à celle du sulfate de quinine. Chauffées elles se coagulent et prennent la consistance de l'empois, et finalement elles se dessèchent en une masse friable et porcelanée. L'acide nitrique froid et étendu n'exerce aucune action sur le stibéthyle, mais lorsqu'on chauffe la liqueur il y a oxydation et dissolution. La liqueur évaporée fournit de beaux cristaux transparents et incolores. D'après les analyses des auteurs on peut cnvisager le corps qu'ils appellent stibéthyle comme de l'hydrogène antimonié dans lequel les 3 équivalents d'hydrogène ont été remplacés par 5 équivalents d'éthyle CoH". La formule du composé est donc

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