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arrêter l'extension de la fausse membrane. comme preuves à l'appui, une décoction
A cet égard, ils sont d'une efficacité aussi aqueuse de couenne et des couennes conser-
nulle que les saignées et les sangsues. Ce vées depuis 1842 par son procédé dans l'cau
pendant ils peuvent être utiles dans le trai éthérée.
tement du croup; mais c'est quand la mé Ce principe immédiat, ajoute-t-il, qui,
thode substitutive est restée insuffisantc, et hors du corps vivant, contribue à la forma-
que le mal a gagné les cananx aériens. Dans tion , dans le sang, de pseudo-membranes
ce cas, les efforts de vomissement peuvent si compactes et si remarquables, ne doit se
faciliter l'expulsion des fausses membranes. trouver dans le fluide nourricier d'un hom.
Voilà le seul rôle dévolu au vomitif. Comme me à la diète que dans des circonstances
moyen de s'opposer à la propagation de la assez exceptionnelles pour caractériser un
diphthérite, M. Trousseau le répète, le vo elat que nous appellerons inflammatoire ou
milif n'a aucunement la propriété qu'on lui phlegmasique. L'existence, dans le sang
suppose. Il en est ainsi du vésicaloire, qui d'un homme à la diète, du principe qui
possède en outre l'immense inconvénient donne par ébullition de la gélatine, sera le
d'offrir un nouveau champ aux fausses signe physique de l'élément phlegmasique
membranes, et de constituer quelque chose ou inflammatoire. Dans aucune maladie, il
de sort gênant, s'il faut en venir à l'ouver ne se révèle avec plus de netteté que dans
ture de la trachée.

le rhumatisme articulaire aigu.
(Journ. de méd. el de chirurg. pral.) Mais ce n'est pas à dire pour cela que

l'élément phlegmasique soit isolé et indé

pendant de tout autre élément morbide ini. CONSIDÉRATIONS SUR LA PATHOGÉNIE ET LA tial dans le rhumatisme articulaire. Ainsi THÉRAPEUTIQUE DU RHUMATISME ARTICULAIRE que l'a rappelé M. Martin-Solon, les maniAIGU ET SUR LA COUENNE INFLAMMATOIRE ; par

festations de l'élément rhumatismal peuvent, M. BOUCHARDAT. Il existe dans la à différentes périodes de la vie d'un rhumamaladie qu'on désigne communément sous tisant , se montrer parfaitement isolées. Ce le nom de rhumatisme articulaire aigu, des qu'il importerait donc, ce serait de pouvoir éléments morbides très-distincts qui peu. préciser, par des expériences, l'influence vent exister simultanément ou isolément, des divers éléments morbides sur la marche qui peuvent alternativement dominer ou et la terminaison des phlegmasies; c'est ce étre amoindris. Dans certaines conditions que M. Bouchardat a cherché à faire pour du rhumatisme articulaire aigu , l'élément le rhumatisme articulaire. pblegmasique se révèle par des signes in Voici comment il s'exprime sur ce sujet : contestables. L'un des plus importants est On peut donc, dans le rhumatisme comme l'existence de la couenne inflammatoire. dans une autre maladie inflammatoire, séC'est sur l'importance de ce caractère que parer, peser l'élément phlegmasique existant M. Bouchardat appelle l'attention de l'Aca- dans la couennc inflammatoire fournie par démie.

le sang. Mais comment pourrait-on caractéLa couenne inflammatoire renferme trois riser l'élément rhumalique ? Doil-on désiprincipes immédiats, suivant M. Bouchar

gner sous ce nom une matière qu'on puisse dat : 1° une matière identique avec l'albu inoculer et peser, ou un état parliculier de mine pure qui se dissout dans de l'eau certains organes ? Pour la forme la plus oracidulée à un millième et qu'il désigne sous dinaire du rhumatisme articulaire aigu, le nom d'albuminose; 2° une substance in c'est à cette dernière opinion qu'il faut s'arsoluble dans cette cau acidulée, présentant rêter. une grande analogie avec la substance ca Adoptant ce résultat de l'observation, que ractéristique de l'épiderme et des produc- le rhumatisme articulaire aigu, comme la tions épidermiques ; 3u enfin la matière qui, pneumonie et comme d'autres maladies aipar son ébullition dans l'eau, fournit de la guës des membranes, peut être déterminé gelatine; c'est elle qui caractérise la couenne par un refroidissement subit, M. Boucharinflammatoire, qui la différencie de la fi- dat se pose celle question : Quel peut être brine, qui ne renferme que les deux pre- l'effet sur l'économie vivante d'un refroidismières substances, et qui lui donne une sement subit? grande importance pathologique.

Des sécrétions ou générales ou partielles, M. Bouchardat rapporte une série d'ex- parmi lesquelles il faut placer en première périences qui lui paraissent ne devoir lais- ligne celle des différentes parties de la peau, ser aucun doute sur l'existence, dans la peuvent être immédiatement supprimées ou couenne inflammatoire du rhumatisme arti- modifiées par un refroidissement subit. Les culaire aigu, du principe qui, par son ébul. éléments principaux ou caractéristiques de lition dans l'eau, donne naissance à la gé- l'exhalation cutanée, peuvent se développer latine. Il met sous les yeux de l'Académie, anormalement dans d'autres tissus ou suc

d'autres membranes, ou seulement ne pas est surlout caraetérisée par la présence se produire. Ces innombrables appareils dans le sang d'un principe organique qui qui fonctionnent continuellement dans l'é- lui communique des propriétés plastiques conomie vivante, et dont les sécrétions, al- si prononcées , que la formation de fausses ternativement acides ou alcalines, nous ré- membranes doit être aussi facile que le jeu vèlent l'existence, peuvent être considérées régulier des fonctions doit se trouver encomme des piles dont les pôles peuvent se travé. renverser sous l'influence d'une vive pertur Toutes choses égales d'ailleurs, les larges bation ou sculement cesser momentanément saignées, répétées à de courts intervalles, leur action régulière. On comprend alors devront être beaucoup plus efficaces que de sans peine comment certaines membranes, faibles émissions sanguines. Mais ce qui qui sont continuellement lubréfiées par des parait moins solidement établi, c'est : 1° la liquides alcalins, peuvent se trouver en parfaite innocuité pour l'avenir des malacontact avec des liquides dont l'acidité ne des, de ces larges saignées répétées à de dépasse pas celle de la sueur ou celle même courts intervalles ; 2° leur utilité pour s'opdu tissu musculaire. Eh bien! à la tempé poser aux graves complications qui menarature du corps de l'homme, celle modifi cent un malade atteint fortement de rhumacalion, qui paraît n'avoir aucune impor tisme articulaire. tance, suffit cependant pour que les tissus SULFATE DE QUININE.

Le sulfate de qui donnent, à l'ébullition, de la gélatinc, quinine, administré contre le rhumatisme soient profondément modifiés. J'ai, en effet, articulaire aigu , est un grand et puissant établi que des membranes étaient pour ainsi remède qui, bien manié, peut élre aussi dire dissoutes à la température de + 38 de- efficace qu'aucune autre méthode thérapeua grés, lorsqu'on les plongeait dans de l'eau tique ; mais son administration n'est pas n'ayant pas une réaction acide aussi grande aussi facile qu'on serait tenté de le croire. que celle de la sucur. Suivant les constitu A doses altérantes, son utilité n'a jamais tions individuelles, ces perversions de sé paru évidente; à doses élevées, l'influence crétions pourront se produire habituelle ioxique du sulfate de quinine ne saurait aument chez le même individu , soit dans les jourd'hui être mise en doute. membranes des articulations, soit dans celles Pour administrer le sulfate de quinine de l'appareil respiratoire, et le refroidisse avec sécurité et efficacité contre le rhumament alors donnera lieu, suivant les condi. tisme articulaire aigu, voici les règles et les tions, soit au rhumatisme articulaire, soit précautions qu'il conviendrait d'adopter. à une pleuro-pneumonie ; et ce seront ces La dose doit êire assez élevée pour produire conditions spéciales, cet état particulier, un trouble passager dans l'économie vivante, qui constituera ce que nous nommons l'élé et ne pas atteindre les limites où il y a un ment rhumatique.

danger réel à courir. De 1 à 2 grammes Examinant ensuite les cas où l'élément dans les vingt-quatre heures, voilà la quanrhumatique, parfaitement distinct, comme tité qui convient le plus généralement à 10 on vient de le voir, de l'élément inflamma homme adulte. Il faut fractionner avec soin toire, peut se trouver compliqué d'un ou de les doses et surveiller allentivement, à plusieurs autres éléments morbides, M. l'aide du réactif des alcalis végétaux, si la Bouchardat cherche à déterminer à quels quinine est régulièrement et convenablesignes on peut distinguer l'élément gout ment éliminée par l'appareil urinaire. La teux, par exemple, de l'élément rbumati. préparation qui doit être préférée est le que. Le caractère de l'élément goutteux, sulfate soluble, mais sans acide en excès. pour lui, sera un excès d'acide urique dans Le sulfale de quinine, convenablement l'économie, qui se révèle souvent par la administré, abrége la duréc et diminue présence de concrétions spéciales dont la l'intensité des douleurs du rhumatisme arnature chimique et la pathologie sont faciles ticulaire aigu. Est-il aussi efficace pour préà déterminer, et qui se révèle aussi par venir les complications? On manque de dol'efficacité d'un traitement bien dirigé. cuments suffisants pour résoudre celle ques.

La deuxième partie de l'argumentation tion. de M. Bouchardat est relative à la valeur DIGITALE. SCILLE. - COLCHIQUE. comparée des principaux traitements pré La digitale, la scille et le colchique modiconisés pour combattre le rhumatisme arti. fient la marche du rhumatisme en causant culaire aigu. Voici en quels termes il résume une vive perturbation dans l'économie, et son jugement sur chacune des principales particulièrement dans l'appareil circulaméthodes en usage :

toire; mais comme leur supériorité n'est ÉMISSIONS SANGUINES.

On comprend pas encore démontrée, comme leur admisans peine combien les émissions sanguines nistration est beaucoup plus difficile à répourront être utiles dans une maladie qui gler que celle du sulfalc de quinine, parce

que ou leurs préparations ne sont pas uni- la marche de la maladie; on peut même formes, ou leur élimination ne peut être arriver vite à en faire supporter à un rhurégulièrement suivie, etc., nous n'en dirons matisant des doses assez élevées. Cependant pas davantage.

il ne faut pas insister trop longtemps sur NITRATE DE POTASSE. Le nitrate de leur usage, pour ne déterminer aucun dépolasse, convenablement administré, est, rangement durable du côté de l'appareil de comme M. Martin-Solon l'a établi, d'une in- la nutrition. conlestable utilité dans le rhumatisme arti VÉSICATOIRES. — Les grands vésicatoires, culaire.

appliqués sur les articulations, paraissent, Dans quelles conditions et à quelle dose théoriquement surlout, cfficaces dans le le nitre est-il un poison pour l'homme ? rhumatisme articulaire aigu, lorsqu'on peut quelles sont les précautions qui doivent di. remplir ces deux indications : 1° les appliriger son administration à haute dose? Il quer à l'époque la plus rapprochée possible résulle des expériences et des observations du début de la maladie; 2° leur donner une rapportées par M. Orfila, et de mes recher- étendue et une activité suffisantes pour que ches propres, que la présence, dans le sang la révulsion soit proportionnelle au mal que d'un homme, du nitrale de potasse en l'on veut combattre. quantité suffisante (de 20 à 30 grammes),

(Abeille médicale.) peut déterminer la mort. Cependant l'expérience démontre qu'on a pu utilement et saus aucun danger, administrer 40 et même DU DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DES DIVERSES 60 grammes et plus de nitrate de potasse ESPÈCES DE PARALYSIES GÉNÉRALES, A L'AIDE à un rhumatisant dans les vingt-quatre DE LA GALVANISATION LOCALISÉE; par M. A. heures. Mais trois conditions sont nécessai. BRIERRE DE BOISMONT. - La paraly. res pour que la sécurité soit complète : la sie générale des aliénés si bien décrite par première, que le sel soit dissous dans une MM. Bayle et Calmeil paraissait avoir dégrande quantité d'eau (2 ou 3 litres); la finitivement pris place dans le cadre nososeconde, que les doses soient également logique, lorsque les travaux de MM. Bailréparties dans les vingt-quatre heures; la larger et Lunier sont venus jeter le doute troisième, que l'appareil sécréteur de l'u dans les esprits, en établissant que la pararine fonctionne bien, et que le nitrate de lysie générale élait une affection indépenpotasse soit facilement éliminé de l'écono- dante du désordre de l'espril, qu'elle pouvait mie : ce qui revient à dire qu'il n'en faut exisler seule, et que le plus ordinairement pas plus de 20 grammes à la fois dans l'ap. elle se montrait la première dans les cas pareil circulatoire.

d'aliénation. Tout en reconnaissant qu'il TARTRE STIBIÉ. — (Au point de vue de fallait faire deux divisions de la paralysic la lolérance) est-il vrai que, dans certaines générale des aliénés dont l'une, plus nomconditions morbides, l'économie animale breuse et réellement caractéristique, compuisse supporter sans danger des doses prendrait les paralytiques avec délire ambiélevées de médicaments énergiques qui, tieux, ou portant sur l'exagération du moi, dans d'autres circonstances, pourraient dé et l'autre, beaucoup plus restreinte, renterminer des accidents? Les expériences des fermerait les paralytiques avec démence contre-stimulistes à cet égard, ont été mal simple; j'ai soutenu avec MM. Calmeil, exécutées et plus mal interprétées. Quand Foville, Parchappe, Bayle, etc., que la paon sait prendre à un malade une substance ralysie générale des aliénés, par ses sympénergique, si on veut agir avec vigueur, il tômes, sa marche, ses causes, sa nature, faut déterminer avec soin les conditions de l'âge et le sexe des individus qu'elle attal'absorption et de l'élimination ; il faut, en quait, n'en constituait pas moins une maun mot, connaitre la quantité qui peut, dans ladie spéciale.· Désirant élucider cette un moment donné, exister impunément à question, j'ai entrepris une série de recherl'élat soluble dans la circulation. Il se peut ches de concert avec mon ami, le docteur qu'un rhumatisant puisse supporter dans Duchenne, de Boulogne, et je n'ai pas tardé la circulation, sans accident, de plus gran- à acquérir la conviction qu'il y avait eu de des doses de nitrate de potasse, de iartre singulières confusions sur ce sujet. Un prestibié, qu'un homme en santé; mais aucune mier résultat, auquel nous ont conduits expérience précise ne le démontre, et c'est nos expériences à l'aide de la galvanisation un ordre de recherches entièrement neuf, localisée, c'est qu'il y a deux espèces de malgré les affirmations de l'école italienne. paralysie générale, qui doivent différer

Opiacés. -- Pour certains sujets, les complétement par leur nature et leur opiacés constituent un ordre de moyens siége. très-utiles pour combattre la douleur, et ils La première espèce de ces paralysies gépeuvent avoir une influence heureuse sur nérales progressives sans aliénation a pour

caractères distinctifs de présenter un affai gressive des aliénés; M. Duchenne et moi blissement, une diminution, une abolition avons répété en septembre dernier nos de l'irritabilité et de la contractilité mus expériences sur les malades paralytiques culaires d'autant plus prononcés que la placés dans nos établissements. Les trois maladie est plus ancienne. Cette altération individus qui en ont été le sujet étaient peut commencer par un muscle, un mem paralytiques à des degrés différents ; le bre, puis elle envahit successivement toutes premier n'avail que du bégaiement interles parties, et gagne également la langue. mittent, le deuxième était à la seconde péDans plusieurs cas, l'autopsie, faite avec riode, mais considérablement amaigri; le le plus grand soin, n'a révélé aucun dés troisième, paralytique depuis plusieurs anordre dans le cerveau, la moelle épinière, nées, se lenait difficilement sur les jambes malgré l'ancienneté de l'affection,

et ne pouvait plus répondre. Chez lous Parmi les faits de ce genre, nous cite les trois, l'irritabilité et la contractilité rons sommairement l'observation suivante : musculaires existaient à un degré marqué. Une dame voit d'abord le membre supé Nous avons recommencé ces expériences le rieur gauche, puis l'inférieur, et successi 13 novembre, à Bicêtre, en présence de vement ceux du côté opposé, perdre leur M. Delasiauve, médecin de cet hôpital, et force; les doigts se contractent et il leur de ses élèves ; des malades ont été pris au devient difficile de tenir les objets; la mar hasard parmi les plus avancés, les plus anche n'a lieu que d'une manière incomplète ciens et ceux qui gardaient le lit depuis et ne peut s'effectuer sans le secours d'un plusieurs mois; l'irritabilité et la contracbras. La paralysie gagne la langue, et la tilité musculaires ont été constatées chez malade ne prononce plus qu'avec lenteur les six malades examinés; deux étaient aret hésitation les mots qui se présentent à rivés à un haut degré d'amaigrissement et son esprit. La sensibilité est conservée, même d'atrophie, surtout dans les extrémil'intelligence est intacte, la maladie re lés inférieures. Presque tous ces malades monte à plus d'un an. Les fonctions diges laissaient aller sous eux; on peut donc tives s'exécutent bien, les urines et les ma avancer, comme un sait constant, que dans tières sécales peuvent être retenues. L'ap les paralysies générales avec aliénation pareil électrique ne délermine aucune mcntale, il y a conservation de l'irritabicontraction dans les membres inférieurs. lité et de la contractilité musculaires. Il se Le jambier antérieur, les péroniers, les rencontrera sans doute des faits où ces fléchisseurs restent immobiles sous l'in propriétés se manifesleront, quoiqu'il n'y fluence du courant. Le phénomène se re ait pas encore de signes d'aliénation, mais marque à un degré un peu moins marqué il ne faut pas perdre de vue qu'il existe dans les muscles des membres supérieurs; dans cette maladie trois ordres de symptóles muscles du tronc ne se contractent que mes, que, par conséquent, la sensibilité et faiblement. Nous pourrions joindre à cette la motilité peuvent être seules alteinles, et observation celle d'un malade qui a suc l'intelligence n'être altérée que longtemps combé dans le service de M. Andral, avec après. M. Delasiauve nous a rapporté tous les symptômes d'une paralysie géné l'exemple remarquable d'un individu qni rale progressive sans aliénation, qui s'élait resta deux ans à l'hôpilal, présentant seuledéclarée depuis plus d'un an : chez lui, ment les signes propres à la paralysie gél'irritabilité et la contractilité musculaires nérale, puis les symplômes caractéristiques électriques étaient complétement anéanties, de la folie apparurent en 24 heures. Enfin, quoiqu'il pût encore exécuter des mouve il peut survenir dans les paralysies des ments. La connaissance resta intacte jusqu'à aliénés des paralysies progressives qui se la fin. L'autopsie, faite avec le plus grand ront liées à la maladie de la moelle épisoin, sous les yeux de M. Andral ne révéla nière. aucune altération, et l'examen microscopi Relativement au siége de la paralysie géque auquel se livra M. Lebert ne montra nérale, il nous est impossible d'admettre aucun dérangement dans les nerfs. qu'il puisse être constamment localisé dans

En résumant ces faits et beaucoup d'au les centres nerveux. Il y a pour nous, d'atres analogues, mais qui doivent être rap près l'observation , des paralysies générales portés à des causes différentes, on peut éta qui sont sous la dépendance de la moelle blir qu'il y a des paralysies générales épinière, d'autres du grand sympathique; progressives sans aliénation qui sont ca quelques-unes qui sont périphériques, pluraetérisées par l'affaiblissement, la diminu- sieurs qui ne se lient à aucune lésion apprétion, l'abolition de l'irritabilité et de la ciable des centres nerveux ; un certain contractilité musculaires. Il était intéres nombre qui dépendent de la maladie du sant d'opposer à ces résultals ceux fournis cervcau. Nous avons insisté sur ces diffépar l'examen de la paralysie générale pro rences dans unc lellre adressée à M. le doc

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leur Verga, rédacteur de la Gazetle médico- drachmes, renfermés dans un flacon bien lombarde, et qui a paru dans ce journal.

bouché (1). En définitive, on peut donc considérer

Neuf doses ont été administrées à neuf comme un fait établi dans la science , qu'il malades, affectés du ver solitaire, par MM. existe deux grandes divisions de la paraly- les docteurs Marshall-Hall, Todd ct Budd. sie générale, dont l'une, celle des paralyti. Chez tous ces malades le ver a été lué ques aliénés, conserve à tous les degrés et expulsé. l'irritabilité et la contractilité musculaires,

Le médicament a été donné le malin, tandis que l'autre, celle des paralysies sans

avant le déjeuner, moment le plus savoraaliénation, voit ces deux propriétés s'allé- ble, car alors l'intestin grêle où se trouve rer, s'affaiblir, se perdre à mesure que l'al le ver est moins rempli, lc lạnia plus à tération fait des progrès.

découvert, et plus exposé à l'action du La paralysie générale progressive des l'anthelmintique. aliénés présente à son lour deux variétés,

On a laissé infuser la poudre pendant 10 la première, beaucoup plus nombreuse, est minutes, dans 314 de pinte d'eau chaude. celle qui frappe les individus dans la force Celte infusion, après avoir été agitée, a de l'åge, et dont le principal désordre in- été administrée en une seule fois. tellectuel est caractérisé par la folie ambi

Un des malades du Dr Todd était unc tieuse, l'exagération du moi; la seconde femme avancée dans sa grossesse, elle renplus limitée , alleint particulièrement les dit à peu près la moitié de la dose, l'autre individus avancés en åge, et offre pour

moitié qui resta dans l'estomac suffit pour troubles intellectuels les symptômes de la

tuer le ver. démence, et spécialement l'affaiblissement

Les deux autres patients auxquels ce et la perte de la mémoire.

médecin avait donné le kousso, n'éprouLe siège de la paralysie générale ne doit vèrent que quelques maux de tête, etc. pas être localisé comme il l'a été jusqu'alors;

Le docteur Budd fait toujours prendre, la ce grand désordre fonctionnel peut dépen- veille, à ses malades une poudre de Sedlitz dre de lésions fort diverses du système ner

ou une dose d'huile de ricin, afin de vider veux dont toutes les parties nous paraissent les intestins et d'exposer le ver solitaire solidaires.

à toute l'action du remède. C'est une pré(Union médicale.) caution qu'il faut toujours prendre lors

qu'on veut donner des remèdes contre le

tænia. EMPLOI DU KOUSSO CONTRE LE TOENIA, A

lladministre, après l'ingestion du kousso, L'HÔPITAL DU KING'S COLLEGE; par le Dr

de l'huile de ricin, pour expulser le tænia. BUDD. — Nous avons déjà fait connaître

Il faut agir de même après l'emploi de la les premiers essais du Dr Budd, dans notre térebenthine, qui irrite les reins lorsqu'on

la laisse séjourner dans les intestins. cahier de juin, p. 589; l'article suivant confirmant pleinement les premiers résul- malades, qui avait employé différents re

La nommée Sarah Wheeler, une de ses tats obtenus, nous le communiquons à nos

mèdes contre le tænia, n'était jamais parlecteurs envers lesquels nous avions, du

venue à s'en débarrasser complétement; reste, pris l'engagement de publier la suite

c'est le kousso, qu'elle a pris le 11 avril, des expériences du Di Budd.

qui l'a entièrement guérie, car depuis celle Le kousso, autrement dit le Brayera anthelmintica parce que c'est le Dr Brayer, époque elle n'a plus ressenti aucun des

symptômes produits par le lænia. qui le premier a fait connaitre en Europe

Le Dr Budd cite encore un cas curieux les vertus de cette plante, qui croît en

dans lequel le lænia résista à tous les Abyssinie , est classé parmi les rosacées ;

moyens, le malade rendit plusieurs cette plante atteint la hauteur d'un chêne, et

aunes de ce ver, à la suite du choléra. portede forts bouquets de très-petites fleurs

Le kousso le débarrassa totalement de ce d'un gris påle ou rose. Les fleurs sont parasite. Dans tous les cas où le kousso a employées par les habitants de l'Abyssinie élé prescrit à l'hôpital, la tête du tenia contre le lenia, maladie qui est commune

ou l'anneau de la tête a été recueilli, ce qui dans ce pays. Le kousso est parvenu au docteur Budd, sous forme de poudre

fait supposer que l'animal a été tué.

Ce médicament est actif ; dans un seul brune, ressemblant à du jalap, ayant l'o

cas, le malade fut deux jours à expulser le deur de la scammonée, faiblement amère

ver solitaire; - chez tous les autres malaau goût, et un peu nauséabonde. On ne peut se procurer cette substance

des, l'expulsion eut lieu le même jour, et que chez M. Boggio pharmacien, 13, rue Neuve-des-Petits-Champs à Paris, qui de

(1) M. Hooper droguiste, 7, Pall. Moll East,

vend ce médicament 16 schillings aux hôpitaux mande 40 francs pour chaque dose de 4 112 et 20 s. au public, chaque dose.

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