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sance presque mathématique, glissent nombre de fois sur les fièvres intermittentes, sur la syphilis et sur la sensibilité. Que dis-je ? ils glissent ! Quel est celui d'entre nous qui ne les a pas vu amener une recrudescence d'accidents et engendrer une perturbation dangereuse! eh bien ! les revers de ces différents agents ont-ils jamais eu la puissance d'en faire proscrire l'usage en thérapeutique ? Non. Il en doit être de même à l'égard de l'électricité.

I. Influence de l'électricité sur la contractilité musculaire.

Ce serait de ma part une grave imprudenee que de chercher à expliquer les effets du fluide électrique, appliqué sur nos différents organes : aussi je tiens moins à les expliquer qu'à en classer les résultats. Ainsi il est évident pour tout le monde que l'électricité a sur notre contractilité musculaire un effet presque toujours certain. Il la tonifie, il l'accélère, au point qu'on a pu, à l'aide de l'électricité, faire opérer des mouvements à des cadavres et simuler à l'aide du galvanisme l'action vitale complétement éteinte. 1° Comme stimulant de la contractilité musculaire, l'électricité peut devenir efficace dans toute paralysie générale ou partielle indépendante de lésion organique. OBs. I. Paralysie de la langue, électropuncture. Succès. — Une sœur du couvent de Bon-Secours (garde-malades), svelte, d'un tempérament nerveux, d'une santé délicate, fut atteinte subitement, après plusieurs nuits de fatigues, d'une paralysie de la langue telle, que l'organe, resté légèrement sensible, était totalement privé de mouvement. M. Récamier consulté proposa l'électro-puncture. Je me servis de la pile à auge, dont j'acidulai très-peu le liquide conducteur; je m'armai des aiguilles de platine, et, pour m'en faciliter l'introduction dans l'organe paralysé, la malade fut contrainte de prendre sa langue avec ses doigts, tant elle était devenue immobile. Je plaçai d'abord l'une des aiguilles à la base de la langue, en dessous, et l'autre à sa pointe, en dessus ; puis, au milieu de la séance, je les changeai de place et je les mis aussi profondément qu'il me fut possible, l'une sur le bord droit, l'autre sur le bord gauche. Les aiguilles une fois placées, je les mis en rapport avec les fils conducteurs ; je tâtai d'abord la susceptibilité de la malade en opérant avec un simple courant de 4 couples ; puis j'augmentai graduellement jusqu'à 8, 9, 10. Je n'ai point été au delà. Je procédai par chocs et par saccades,

suivant la règle que j'aimentionnée.A chaque coup, la langue tressaillait, et après une séance de 15 minutes, elle avait déjà récupéré un peu de mouvement. Sept à huit séances me suffirent pour obtenir une complète guérison. OBs. H. Paralysie de l'avant-bras, électro-puncture. Succès. — Un fermier de la Normandie, après avoir labouré lui-même un ehamp d'une vaste étendue, fut pris dans la main droite d'un engourdissement qu'il attribua d'abord à la fatigue; mais le lendemain, loin d'être diminué, l'embarras du bras et de la main lui parut plutôt augmenté. Au bout de quelques jours, point d'amélioration; il consulte le médecin du lieu, qui ordonne des frictions camphrées et fait couvrir le membre de flanelle. Quelques jours après, non-seulement le fermier ne pouvait rien tenir de petit, mais il ne pouvait même plus signer ; c'est dans cet état qu'il vint à Paris et que je le soumis à l'électro-puncture. Je plantai l'une des aiguilles au-dessus du coude, en face du nerf cubital, puis pendant la séance, qui fut de 18 à 20 minutes, je plaçai mon autre aiguille au bout de chaque doigt, successivement, en observant de la laisser un peu plus longtemps au bout de l'index et au bout du pouce. Les premières secousses furent assez vives, bien que je n'eusse employé que 10 couples; mais peu à peu le système nerveux s'y accoutuma, et je pus aller à 14 et 16 couples. Pendant toute l'opération, le tressaillement des muscles était visible et la sueur perlait à la peau. Enhardi par les premiers bénéfices, je répétai l'électro-puncture jusqu'à deux fois par jour, et au bout de 6 jours, le malade quittait Paris parfaitement guéri. OBs. IH. Déviation de la face, électropuncture. Succès.—Une fermière de Picardie fut prise à la suite d'un refroidissement, d'une fluxion dentaire, après laquelle persista une déviation de tout le côté gauche de la face. Appelée à Paris par un de nos confrères et prise en pension chez lui, elle eut à subir différents traitements qui n'amenèrent aucun bénéfice. Enfin clle vint chez moi sans m'avertir de l'arrangement qu'elle avait fait avec un autre médecin ; je lui proposai l'électro-puncture, et dès la première séance, la face se retrouva un peu redressée; j'en donnai trois autres et l'amélioration était manifeste; mais tout à coup arriva chez moi le confrère courroucé, me reprochant tout crûment de lui avoir soustrait sa malade ; il y mit tant de mauvaise humeur que je refusai de terminer moi-même un traitement qui semblait avoir de grandes chances de succèsJ'ai perdu la malade de vue.

OBs. IV. Paralysie faciale, électro-puncture. Succès. — M. H" a 46 ans; retiré à la campagne, il y fut atteint d'une congestion cérébrale partielle qui fit craindre une apoplexie et obligea à des saignées abondantes et à des dérivatifs énergiques. Ces soins conjurèrent toute menace apoplectique, et quelques mois plus tard , M. H" venait à Paris chercher pour les vacances un de ses enfants qui se trouvait au collége; M. H. était en bonne santé; mais il lui restait de son accident une déviation de l'un des côtés du visage. Je lui proposai l'électro-puncture; je placai l'une des aiguilles en devant de l'oreille, au niveau du tronc facial, et je plaçai l'autre cinq minutes au front, cinq minutes à la joue, cinq minutes au menton. Peu de temps après l'opération je faisais prendre un bain de pieds bien chaud pour dériver la stimulation momentanée, que j'avais pu produire sur le centre cérébral. M. H" n'est resté que peu de jours à Paris, mais quelques séances avaient suffi pour redresser presque entièrement le visage; si bien que le malade, enchanté du résultat, emporta une pile à auge et tout ce qui lui était nécessaire pour continuer son traitement à la campagne, où il a été complétement guéri. 2° Par son efficacité sur la contraction musculaire, l'électricité peut devenir vomitive ou purgative. J'ai fait remarquer que, dans l'électrisation par courants, on avait deux courants d'électricité différents : un courant d'électricité positive et un courant d'électricité négative. Pour reconnaitre de quel côté est le courant positif et de quel côté est le courant adverse, je mouille les deux extrémités des fils conducteurs, je fais mettre la machine en mouvement, mais doucement, discrètement en quelque sorte, car je porte les deux extrémités des fils préalablement mouillées à mes deux joues ; le fil qui s'y fait sentir le plus vivement est le conducteur de l'électricité positive, l'autre est le courant négatif. C'est tâter l'électricité comme une repasseuse tâte le fer chaud dont elle veut se servir. Or, quand on veut agir sur la contractilité musculaire du tube digestif cette précaution est fort importante. En effet, si l'on applique le pôle positif à la partie inférieure du tube digestif, à l'anus, si en même temps on met le pôle négatif en contact avec la bouche, les courants électriques, activant les mouvements péristaltiques de l'appareil digestif, accélèrent la digestion et amènent la défécation. Si, au contraire appliquant le pôle négatif à I'estomac et le pôle positif à la bouche, on accélère des courants, on arrive à détermi

ner un mouvement antipéristaltique qui détermine le vomissement. Deux fois j'ai vaincu par l'électricité, ainsi appliquée, des constipations opiniâtres, mais je n'ai point eu l'occasion de l'employer comme vomitif. M. le docteur Andrieux paraît en avoir retiré plusieurs fois des avantages marqués : aussi s'écriet-il, après les avoir annoncés : « quel moyen » précieux dans les cas d'empoisonnement par les narcotiques , pour débarrasser le tube intestinal des matières vénéncuses qu'il renferme sans exercer sur lui une action souvent nuisible comme les vomitifs. » 5° L'électricité peut devenir emménagogue. Certes quand le retard des règles tient à un sang trop riche ou trop appauvri, je doute que l'électricité puisse en provoquer ou plutôt en déterminer l'apparition. Il existe alors une cause générale qu'il faut combattre, soit par la saignée, soit par l'emploi des ferrugineux; mais quand l'aménorrhée provient d'une atonie spéciale de l'utérus, les courants électriques y obvient à coup sûr. M. Lallemand, de Montpellier, m'a dit qu'il avait par l'électricité ramené bien des fois, séance tenante, des règles en retard depuis plusieurs mois. Le médecin anglais, le docteur La Baume, qui a écrit sur le galvanisme un livre si plein d'observations pratiques , prétend avoir combattu souvent avec succès l'aménorrhée et sans inconvénients. Seulement, dans l'emploi du galvanisme, le docteur La Baume était guidé par un systéme que voici : » Il partait de cet axiome que toute lésion possible provient d'une lésion ou d'une atonie du système digestif, et pour combattre l'aménorrhée par l'électricité, il en concentrait toute l'action sur l'estomac. Il prétend avoir bien souvent réussi à la guérir par ce moyen. » Quant à nous, nous n'avons employé l'électricité que sur l'utérus même. Quand il s'agit de jeunes filles , je fais coucher la malade tout habillée sur un lit de repos, je fais placer, vers la masse lombaire, une plaque préalablement mouillée et attachée à l'un des fils conducteurs ; je fais promener l'autre parune personnetierce sur la paroi abdominale, au-devant de l'utérus et dans les deux creux inguinaux : par ce moyen on parvient à éviter toute espèce d'inconvénients. Une fois j'ai obtenu les règles sur une jeune fille, de 19 ans, qui n'était ni pléthorique ni chlorotique. Une autre fois , j'ai abouti à des accidents hystériques que je mentionne, afin de démontrer qu'il faut dans ces sortes d'opérarations procéder avec des précautions extrêmes. Enfin, une autre fois, je me suis

arrêté à temps pour ne pas être la cause involontaire d'un avortement. Il s'agissait d'une grossesse dissimulée. L'électricité appliquée comme moyen thérapeutique à l'atonie de l'utérus, pourrait être d'un grand secours, ce me semble, dans les accouchements dont le travail se ralentit, et dans ces hémorrhagies terribles qui suivent quelquefois la sortie du fœtus. M. Baudelocque parait en avoir eu l'idée ; mais je n'ai vu dans aucun ouvrage le récit circonstancié de l'application (1). 4° Enfin l'influence de l'électricité sur la contractilité musculaire me semble avoir de nombreuses applications possibles, mais dont je n'ai point été encore appelé à faire l'expérience. Dans l'asphyxie, M. Leroy-d'Etiolles, en faisant contracter le diaphragme d'une part, en rendant au système pulmonaire son élasticité momentanément étouffée de l'autre, dit en avoir retiré de bons résultats. Bien plus, le même confrère, en nous racontant des expériences qu'il avait luimême dirigées, nous rapporte que, quand on présentait à une portion d'intestins les fils extrêmes de la pile, les contractions étaient portées au point de la réduire au volume d'une plume à écrire ; si bien que, si une anse était isolée par une ligature, elle restait immobile , tandis que les parties voisines se contractent avec force, d'où l'auteur conclut que l'électricité pourrait être utile dans les cas d'invagination par engouement, et qu'elle concourait peutêtre à favoriser la réduction des hernies étranglées.

II. Influence de l'électricité sur le système nerVeUlX.

Je répète ce que j'ai dit un peu plus haut. C'est que ma classification de l'influence électrique, employée comme médicament, est tout arbitraire et que je ne l'ai mise en avant que pour grouper, de façon à les faire mieux retenir, les résultats obtenuS. Si l'on a bien pesé tout ce qui précède, on a compris a priori l'influence que l'électricité peut avoir sur notre système nerveux. Je dois avouer tout de suite que la crainte des commotions sur le cerveau m'a enmpêché jusqu'à ce jour d'employer l'électricité contre certaines affections cérébrales, évidemment névralgiques. Ainsi je n'ai osé l'employer ni contre les migraines ni contre les aliénations passives. J'ai la conviction cependant qu'elle pourrait être utilement essayée; mais j'ai porté la prudence jusqu'à la timidité, à tel point que lorsqu'il (l) Nous avons publié dans notre cahier de septembre, page 248, une observation d'application

m'est arrivé de faire passer des courants électriques tout près du centre cérébral, voyant les douleurs de tête qui en étaient résultées, j'ai prescrit, pour l'intervalle des séances, des bains courts et doux, avec affusion d'eau tempérée sur la tête, afin de dissiper la congestion céphalalgique. Mais ce que je n'ai point osé, des praticiens distingués l'ont tenté et employé avec succès. J'ai lu avec le plus vif intérêt la relation d'une visite faite à un établissement formé à Aversa, en Sicile, où plusieurs centaines de personnes ont été guéries de la folie par l'application du galvanisme, et je crois opportun de reproduire ici l'observation de notre confrère, M. Fabré-Palaprat, observation faite sur luimême, à l'occasion de l'électro-puncture employée contre une maladie nerveuse (spasme extatique périodique) dont l'auteur a été affecté pendant de longues années, et décrite par Pinel dans le dictionnaire en 60 volumes. « Je m'étais résigné à mon sort, écrit-il, après avoir raconté sa maladie et toutes les médications par lesquelles il avait cherché inutilement à la combattre, lorsque je conçus l'idée de porter par le moyen de l'acupuncture l'action galvanique le plus directement possible vers le cerveau que je considérais comme le siége principal de ma maladie... Le 25 janvier 1825 une aiguille fut placée des deux côtés du crâne dans la région du cervelet; l'une et l'autre aiguille traversaient le périoste et s'appuyaient sur l'os même. Je fus galvanisé par commotions. A chaque coup que je recevais, il me semblait que le mal était ébranlé jusqu'à sa racine. » Le bienfait de cette médication parut d'abord à peu près nul ; mais le malade ne perdit pas courage, et malgré de nouveaux accès, le docteur Fabré-Palaprat continua : « Je me galvanisai, dit-il, durant un mois : ma confiance dans ce moyen était si grande; je considérais tellement les commotions comme une ancre de salut que je les portais quelquefois à l'excès... Le troisième mois après le commencement de ce traitement, je n'éprouvais aucune apparence de mal ; au lieu de mes accès, je ressentais seulement un malaise; un jour j'eus un écoulement de sang par le nez. Depuis cette époque, les accès n'ont plus reparu. " On comprend que notre honorable confrère soit devenu un zélé partisan de l'électro-puncture. 1° Siimulation de la moelle épinière. Si je n'ai point osé faire passer les courants électriques à travers le centre cérébral, je

du galvanisme pour réveiller la contractilité de l'utérus.

n'ai point hésité à les diriger sur la moelle épinière, et tout récemment encore je viens d'en obtenir deux succès. OBs. V. Prodrômes d'une altération de la moelle épinière. Quatorze séances d'électromagnétisme. Succès. — M. M..... a 48 ans; il est d'unc stature moyenne, d'un embonpoint médiocre, d'un tempérament nerveux et résistant. Il a eu cependant une enfance délicate; sa jeunesse a été l'époque d'accès multipliés. Son âge mûr a été secoué par une vie des plus actives. Courtier de commerce dans une de nos principales villes, il a poussé la fatigue jusqu'à l'extrême ; obligé de faire ses affaires en plein air, c'est-à-dire en restant exposé aux mille variations de température, il a passé des journées sur ses jambes et sans manger. Joignez à cela les préoccupations inhérentes aux affaires commerciales, des pertes à supporter, une nombreuse famille à soutenir, et vous aurez une idée de toutes les causes qui avaient amené les accidents suiVanls. Sentiment de constriction vers la ceinture. - Constipation habituelle. — Douleurs vives, mais passagères. — Espèce d'éclairs parcourant par instants les membres inférieurs. — Marche vacillante. Les pieds parfois semblaient marcher sur des vessies. Je le soumis aux courants électro-magnétiques dégagés par l'appareil de Clarck. A la première séance, j'appliquai une plaque mouillée au-dessous de la première vertèbre cervicale, l'autre aux dernières vertèbres lombaires, et je mis la machine en mouvement. Les secousses furent données doucement et je les fis se succéder pendant 8 à 10 minutes. Après cette opération, le malade se sentit un peu étourdi. Aussi, à la seconde séance, comme les bras ne participaient en rien aux accidents éprouvés, j'éloignai les courants et leur action de l'encéphale, j'appliquai une des plaques à la masse lombaire, tantôt à droite tantôt à gauche de la colonne, puis l'autre plaque fut attachée alternativement à la plante de chaque pied. Dès cette seconde opération qui dura quinze minutes, le malade se sentit plus ferme sur ses jambes. Le troisième jour, j'appliquai une des plaques dans le dos et l'autre au creux de l'estomac, puis tout le long de la ceinture, région où, comme je l'ai dit, le malade éprouvait sans cesse un sentiment de constriction. Le bénéfice fut notable, et en alternant ainsi pendant l'espace de quatorze séances la pose de mes plaques, c'est-à-dire en les mettant tantôt aux pieds, tantôt au creux de l'estomac, en gardant du reste, toujours une dans le dos, j'ai obtenu une guérison complète que consolidera, je l'espère, un

meilleur régime hygiénique et quelques bains courts et doux avec affusion de la tête et du visage. OBs. VI. Symptômes hémiplégiques. Difficulté de la marche, Courants électriques. Bons résultats. — M. H" de Nancy, vint à Paris l'année dernière avec une consultation effrayante de son médecin qui avait diagnostiqué un ramollissement cérébral. M. H" est blond, sanguin, d'un embonpoint assez prononcé. Le pouls donnait les signes d'un sang couenneux et enflammé ; nous jugeâmes qu'il s'agissait d'une méningite et d'une myélite subaiguës, méconnues par les médecins qui l'avaient traité ; je lui fis une saignée exploratrice qui nous donna un sang couenneux. Enhardi par cette épreuve, je fis une, deux et jusqu'à trois saignées de deux ou trois verres à boire, et le malade, qui se sentait plus fort au fur et à mesure que je lui tirais du sang, entra dans une transpiration abondante qui amenda tous les symptômes effrayants qui l'avaient fait si légèrement condamner. Cette année, il nous est revenu avec quelques-uns des symptômes que nous avions si avantageusement combattus par la saignée : jambes lourdes, fourmillements dans les mains, douleurs dans tout le côté gauche du corps, tête et parole un peu embarrassées.Je revins par reconnaissance à la saignée et à la transpiration. Quand le malade sortit de son lit, il était mieux, mais il conservait de l'embarras dans les jambes, au point qu'il se traînait avec une canne et paraissait boiter. Il vint chez moi et je le soumis aux courants électro-magnétiques comme dans l'observation précédente. Le bénéfice fut tel qu'à sa rentrée à l'hôtel, la maîtresse du logis cria au miracle, et lui fit sur sa transformation des compliments sincères, qu'il me rapporta tout joyeux le lendemain. A côté de ces deux succès, je crois nécessaire de mentionner un échec, d'autant mieux que je n'ai point abandonné la partie et qu'il me reste encore l'espérance. OBs. VII. M. X" a 55 ans : depuis 4 ans déjà, marche vacillante, constipation tellement opiniâtre que les gardes-robes n'arrivent qu'à force d'aloès, urines involontaires, pesanteur douloureuse au rectum et constriction du fondement. Chose bizarre! ces accidents sont en quelque sorte intermittents, ils s'exagèrent de deux jours l'un, ce qui fait que le malade dit qu'il a son bon et son mauvais jour. Chose à noter encore, dans le danger, dans les grands partis à prendre, soutenu en quelque sorte par une force d'âme que maintes circonstances ont parfois rendue nécessaire, M. X" marche sans broncher et oublie toutes ses douleurs. J'ai employé les courants électriques comme je l'ai décrit plus haut, mais sans 'aucun avantage ; j'ai fait plus : j'ai tenté de combattre la constipation en introduisant dans le rectum une boule métallique supportée par une tige isolée et communiquant avec le pôle positif de mon appareil, j'appliquai la plaque conductrice du courant négatif à l'estomac, je n'ai pas même obtenu de gardes-robes. J'ai l'intention d'agir par les aiguilles après avoir vaincu par la cautérisation une hypertrophie de la prostate qui complique cette douloureuse situation. Les antipériodiques n'ont eu aucuns résultats avantageux. 2° Stimulation des filets nerveux.—Nonseulement l'électricité par courants stimule puissamment l'action de la moelle épinière ct des différents filets nerveux qui s'y rattachent, mais elle agit sur des filets nerveux isolés, et elle en devient un important modificateur. On comprend que deux courants mis en présence à distance et à la suface du corps doivent suivre pour se réunir et se recomposer la route des organes qui ont pour l'électricité une affinité toute particulière, et qui en sont par conséquent les conducteurs privilégiés. Les conducteurs privilégiés des courants électriques sont les filets nerveux; qu'on l'explique par une théorie particulière, ou qu'on ne l'explique pas du tout, le fait est incontestable. — Et je rappellerais aux incrédules les grenouilles de galvanisation et les expériences faites par Magendie au collége de France. OBs. VIII. Névralgie frontale; succès instantané. — Madame D", femme frêle, éminemment nerveuse, âgée de 42 ans, était atteinte d'une affection utérine dont je n'ai point à m'occuper dans ce travail; mais au milieu du traitement de cette maladie, survint un épisode de névralgie qui me fit employer l'électro-puncture. Madame D" était sujette aux névralgies faciales, et elle arriva un jour avec une douleur au front telle, qu'elle en aurait volontiers crié : une chose surtout la désolait, c'est qu'elle pensait garder cette névralgie 12 ou 15 jours suivant son habitude. J'appliquai une aiguille au-devant de l'oreille, je plaçai l'autre au milieu du front et je les mis en contact avec deux courants assez forts (quinze couples). Après quatre ou cinq commotions, la malade jeta un cri et tomba en syncope. Je l'étendis sur un eanapé, et je la fis facilement revenir. Au milieu de tout ce désordre la névralgie fut mise en déroute. Je m'attendais à un re

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tour ; mais la guérison fut stable et complète. OBs. IX. Névralgie uréthrale, électromagnétisme; succès. — Agé d'une cinquantaine d'années, occupant une place éminente dans la magistrature, M"" est svelte, grand, nerveux et d'une santé qui a rarement souffert ; il y a deux ans, cependant, les urines devinrent tantôt fréquentes, tantôt intermittentes et toujours plus ou moins difficiles. Plus tard, dans l'intervalle des émissions, il éprouva, dans les fosses naviculaires, une démangeaison qui lui fit craindre d'avoir la pierre. Il consulta notre confrère, M. Civiale, qui le sonda et qui déclara qu'il ne constatait rien.On lui conseille tout un traitement préservatif qu'il suit avec persévérance, mais sans amélioration. On lui propose une dilatation quotidienne faite à l'aide de bougies d'assez gros volume; il s'y soumet et n'en devient que plus malade. M. Récamier consulté, à son tour, considéra cette affection comme une névralgie uréthrale, et proposa l'électro-magnétisme. Je me servis de l'appareil de Clarck : à l'un des fils conducteurs j'attachai une tige de cuivre légèrement arquée, couverte de résine et terminée par une boule de la grosseur d'une noix. Je fis asseoir le malade sur cette boule, de manière à ce qu'elle fût en contact avec le périnée ; puis je lui mis dans la main l'autre conducteur terminé par une plaque de cuivre dont le contour était garni de soie. Après avoir mouillé la plaque, ce fut le malade lui-même que je chargeai d'en faire l'application sur l'extrémité du gland. Quant à moi, je m'occupai de la rotation de l'instrument et j'eus la précaution de graduer l'intensité des courants électriques. La séance fut d'une demi-heure; je la renouvelai tous les matins pendant dix ou douze jours de suite. Je laissai ensuite reposer le malade qui se trouvait déjà beaucoup mieux ; et, quelque temps après, douze nouvelles séances servirent à compléter sa guérison. OBs. X. Névralgie vésicale, électro-magnétisme ; succès. — M. C", brocanteur, âgé de 54 ans, était depuis plusieurs années atteint d'une maladie vésicale qui semblait devoir l'obliger à abandonner son état. — Les urines étaient si fréquentes que, dans les ventes et dans sa boutique, il était obligé de se déranger sans cesse; il avait usé de bien des médecins et d'un plus grand nombre encore de remèdes. On avait traité sa maladie comme un catarrhe, comme un rhumatisme, comme un reste de syphilis, etc. Le besoin fréquent qu'il avait d'uriner

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