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Société des Soiences médicales et naturelles de Bruxelles.

Bulletin de la séance du 16 septembre.

Président : M. NoLLET. Secrétaire : M. HENRIETTE.

Sont présents : MM. Gripekoven, Van den Corput, Pigeolet, Dieudonné, Nollet, TBougard, Joly, Leroy, Mouremans et Henriette.

La correspondance comprend : 1° Une circulaire par laquelle la Société de médecine de Liége engage la Compagnie à émettre son avis sur une brochure de M. le docteur Dresse relative aux devoirs du corps médical en tout ce qui concerne la politique et les questions sociales.— Renvoyé à l'examen d'une commission composée de MM. Mouremans, rapporteur, Joly et Bougard, COIIlIIlISSail'CS.

2° Une lettre de M. le docteur Tribes, de Nimes, qui en faisant parvenir un rapport sur l'épidémie du choléra qui a sévi à Nîmes, sollicite le titre de membre correspondant. — Renvoyé à l'examen d'une commission composée de MM. Pigeolet, rapporteur, Dieudonné et Hcnriette, comIIllSSalI'CS.

5° Un travail manuscrit de M. d'Harveng, docteur en médecine à Écaussinesd'Enghien, intitulé : Cas remarquable de calcul intestinal. Ce travail et le calcul qui y était joint sont renvoyés à l'examen d'une commission composée de MM. Joly, rapporteur, Mouremans et Leroy, commisSalI'0S,

Ouvrages présentés.

1. Ueber die totale Resection der beiden Oberkiefer, von Dr Heyfelder. Stuttgart, 1850, in-8°. 2.Annuaire de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, vol. in-18. Bruxelles, 1850. 5. Mémoire adressé à M. le préfet de la Charente, sur l'épidémie de variole grave qui a frappé la commune de Nersac. Brochure in-8°. 4. Regie Terme d'Acqui, par le docteur Trompeo. Br. in-8°. 5. Traité pratique et raisonné de l'emploi des plantes médicinales indigènes, par F. J. Cazin. Boulogne et Paris, 1850, 1 vol. in-8° et atlas. 6. Des moyens de recueillir et d'utiliser les engrais qui se perdent dans les grands centres de population, au détriment de la salubrité et de l'agriculture; par J. P. Schmit. Liége, 1850, volume in-8°.

7. Des commissions médicales et des conseils médicaux de discipline, par D. De Jumné. Gand, 1850, in-8°. 8. Mémoire sur la fracture de l'apophyse coronoïde du cubitus, par H. Kühnholtz. Montpellier, 1845, in-8°. 9. Réflexions de Floriano Caldani sur l'anatomie appliquée à la peinture, traduites de l'italien et accompagnées d'un avant-propos et de notes sur le même sujet par H. Kühnholtz. Montpellier, 1845, in-8°. 10. Du manifeste de l'hippocratisme moderne de M. Cayol, par H. Kühnholtz. Montpellier, 1845, in-8°. 11. Du buste d'Hippocrate en bronze antique de la Faculté de médecine de Montpellier, et de son inscription : Olim Coüs nunc Monspelliensis Hippocrates, par le docteur H. Kühnholtz. Montpellier, 1849, in-8°. 12. Kort overzigt van de weêrgesteldheid gedurende het jaar 1849, door J. J. Bruinsma, in-8°. 15. Manuel d'hygiène à l'usage des habitants des campagnes, par M. Sweron. Malines, 1850, in-8°. 14. Névralgie oculaire épidémique observée à Téniet-el-Haad (province d'Alger), par E. L. Bertherand. Alger, 1850, in-8°. 15. Rapport sur l'épidémie de choléramorbus qui a régné à Nîmes pendant les mois d'août, de septembre, d'octobre et de novembre 1849, par le docteur E. Tribes. Nîmes, 1850, in-4°. 16. Annales de la Société de médecine de Liége. Tome IV, 2"° fascicule. 17. Intérêts sociaux, devoir du corps médical de prendre part à la politique, aux questions sociales et à l'élaboration des lois, ou mission générale du corps médical, par J.-H. Dresse. Liége, 1848, in-8°. 18. Annales du Conseil de salubrité publique d'Ixelles.Tome I°r, Bruxelles, 1850, vol. in-8°. 19 à 52. Divers journaux de médecine et recueils scientifiques périodiques. M. Mouremans fait un rapport verbal sur une brochure de M. le docteur Helin dit Colson, intitulée : Du croup. Il conclut à ce que des remercîments soient votés à l'auteur et au dépôt de son opuscule à la bibliothèque de la Compagnie. Cette conclusion est adoptée. M. Dieudonné donne lecture au nom de M. Rieken, absent, d'un rapport sur les ouvrages du docteur Berthold, intitulés : 1° Beobachtunqen über das quantitative Verhaltniss der Nagel-und-Haarbildung beim Menschen ; Uber den Aufenthalt lebender Amphibien im Menschen, et sur l'ouvrage de M. le docteur Heyfelder, intitulé : Ueber die totale Resection der beiden Oberkiefer.

Le rapporteur conclut à ce que des remerciments soient adressés à M. Berthold et à ce que son nom soit inscrit parmi ceux des candidats au titre de membre correspondant, et en ce qui concerne M. le professeur Heyfelder à ce que la Société lui envoie un diplôme de membre honoraire en remplacement de celui de membre correspondant. La première conclusion est adoptée et la compagnie exprime le regret que son règlement ne lui permette pas d'accorder à M. Heyfelder une nouvelle distinction honorifique, dont il est d'ailleurs si digne à tous égards.

L'assemblée décide enfin que le rapport de M. Rieken sera publié dans le Journal de la Société.

SOCIÉTÉ DES SCIENCES MÉDICALES ET NATURELLES DE BRUXELLES.

PRoGRAMME DES QUESTIoNs PRoPosÉEs PoUR LE CoNCoURs DE 1851 .

Première question. — Faire connaître les maladies qui exercent principalement leurs ravages dans la ville de Bruxelles ou dans toute autre partie importante de la province du Brabant (un canton au moins), en donner la statistique, en exposer les causes et indiquer les moyens d'en diminuer la fréquence, d'annihiler ou d'atténuer leurs funestes effets. Le prix consiste en une médaille d'or de la valeur de 500 francs. N. B. Le canton de Perwez reste en dehors du concours. La Société a décidé dans sa séance du 2 septembre que cette question figurera pour la dernière fois au programme. Deuxième question. — Cette question est laissée au choix des concurrents, pourvu qu'elle embrasse un sujet quelconque du domaine de la médecine, de la chirurgie ou de la tocologie (art des accouchements.) Troisième question. — Cette question est également laissée au choix des concurrents, mais elle devra embrasser un sujet quelconque du domaine des sciences naturelles ou pharmaceutiques. En laissant aux concurrents la liberté de traiter tel sujet qui leur conviendra, la Société croit cependant pouvoir appeler plus spécialement leur attention sur la question suivante : Quelle est l'influence des phénomènes atmosphériques et célestes sur la végétation en général, et en particulier sur les plantations de pommes de terre ? Les observations devront être faites

quatre fois dans les 24 heures, de six en six heures, et s'étendre du 1er avril 1851 jusqu'au 1er septembre de la même année.

Le prix pour les deuxième et troisième question consistera en une médaille de la valeur de 100 francs ; mais une médaille de 500 francs est réservée à l'auteur du meilleur travail sur la question relative aux influences atmosphériques sur la végétation.

CONDITIONS DU CONCOURS.

Les membres titulaires et les membres honoraires de la Société résidant à Bruxelles ou dans la banlieue, sont seuls exclus du concours. Les mémoires devront être écrits lisiblement en français ou en latin, et être remis (franco) avant le 1er juillet 1851, à M. le docteur Henriette, secrétaire de la Société, rue Montagne Sainte Elisabeth, 5. Les mémoires qui traiteront de l'influence des phénomènes atmosphériques sur la végétation, devront être remis avant le 1er novembre 185 l . Ils devront être accompagnés d'un billet cacheté, contenant le nom, les qualités et le domicile de l'auteur, et portant sur l'enveloppe la même devise ou épigraphe que celle placée en tête du mémoire. Les mémoires dont les auteurs se seraient fait connaître directement ou indirectement , et ceux qui parviendraient au secrétariat après l'époque fixée, ne seront pas admis à concourir. Bruxelles, le 9 septembre 1850.

Le secrétaire de la Société, J. HENRIETTE, doct.

L1Ts ET CoUssINs HYDRosTATIQUEs. — Les médecins anglais recommandent avec le plus grand empressement, pour les malades alités, les coussins hydrostatiques qui sans doute sont de la plus grande utilité dans les cas où il faut craindre l'effet d'un décubitus prolongé. M. Hooper conseille pour ces confections le caoutchouc vulcanisé sans drap. On peut renouveler l'eau au moyen d'un robinet et d'un entonnoir, et en changer la température à volonté. Le lit hydrostatique d'Arnott (hydrostatic ou floating bcd) se vend chez MM. E. Spencer et C°, à Londres, Billiter-Street, n° 18, et Fenchurch-Street, n° 116, au prix de 8 à 9 livres sterling ; le coussin hydrostatique de Sampson pour les alités, chez Philp et Whicker, James-Street, n° 76, au prix de 15 à 50 shillings. (Voir : Deutsche Klinik, 1850, page 124.)

DE MEDECINE.

( NOVEMBRE 1850.)

I.-MÉMOIRES ET OBSERVATIONS.

UN MoT sUR LE DIAGNosTIC DE LA PARALYSIE CÉRÉBRALE ET DE LA PARALYsIE DÉPENDANTE DE LA MoELLE ÉPINIÈRE; par le docteur F.-C. DoNDERs, professeur à l'Université d'Utrecht, membre correspondant de la Société.

Si l'on tranche la tête à un animal, à une grenouille par exemple, il demeure tranquille et sans mouvement, car la volonté ne peut plus exercer son influence sur les muscles du tronc et des membres. Les muscles ont cependant conservé leur ton (tonus), leur irritabilité, et une irritation exercée à la peau, se traduit par un mouvement réflexe ; c'est au moyen des nerfs sensitifs que l'irritation est communiquée à la substance grise de la moelle épinière, laquelle la transmet aux nerfs du mouvement. Si l'on détruit la moelle épinière, en promenant par exemple à travers le canal rachidien d'une grenouille une fine aiguille à tricoter, l'animal reste également immobile, car alors la volonté, bien qu'existante encore, ne peut plus être transmise aux muscles du tronc et des membres. Ces expériences, que chacun peut facilement répéter, prouvent que la volonté est sous la dépendance du cerveau, que le ton, l'irritabilité musculaires et les mouvements réflexes se trouvent sous celle de la moelle épinière.

Dans les deux cas il y a paralysie ; mais celle-ci est différente dans sa manière d'être, et cette différence correspond à la différence de siége de la lésion. Dans le premier cas, l'irritabilité musculaire et les mouvements réflexes persistent et c'est dans le cerveau qu'il faut chercher la lésion ; dans le second, ils sont tous deux détruits en même temps que le mouvement volontaire, et la moelle épinière a cessé de fonctionner. Voilà les bases sur lesquelles Marshall Hall a fondé la distinction de la paralysie dépendant d'une lésion cérébrale de celle qui survient à la suite de la lésion de la moelle épinière. Si la lésion, cause de la paralysie, a son siége dans le cerveau, les mouvements réflexes persistent et les muscles conservent leur ton; ce qui n'est plus le cas si c'est dans la moelle épinière elle-même que se trouve la cause de la paralysie : on dirait alors que les cordons nerveux sont eux-mêmes lésés dans leurs fonctions, qu'ils sont ou fortement comprimés, ou coupés. Au point de vue phy

siologique, ce principe n'est pas douteux ; les lois, sur lesquelles se fonde cette distinction, ont été établies d'une manière incontestable par les recher

ches de Marshall Hall, de J. Müller et de Van Deen. D'autres recherches ont suffi

samment démontré que ces lois sont applicables aux animaux qui occupent le

haut de l'échelle animale, par conséquent rien ne nous empêche de les appli

quer à l'homme. Marshall Hall a, du reste, communiqué une foule de faits qui

prouvent que l'irritabilité et le mouvement réflexe persistent dans le membre

paralysé, quand la cause de la paralysie a son siége dans le cerveau, et qu'ils

ne disparaissent que lorsque la cause siége dans la moelle rachidienne ou dans

les nerfs eux-mêmes. Marshall Hall va plus loin : il prétend que ces phéno

mènes non-seulement sont conservés dans le membre paralysé, mais encore

qu'ils s'y montrent même d'une manière plus évidente que dans le membre

sain. Cette augmentation de l'irritabilité musculaire dans les membres para

lysés se manifesterait déjà lorsqu'on administre la strychnine, puisque, dans

la plupart des cas, c'est dans ce membre qu'on observe d'abord des contrac

tions spasmodiques. Ségalas pense que ce fait est facile à expliquer : « Il est facile de concevoir, dit-il, que les muscles sains, soumis à la fois à l'empire du cerveau et à l'action du poison, résistent à celle-ci plus que les muscles paralysés qui, soustraits à l'influence cérébrale, ne sont plus commandés que par le poison. » Ollivier (d'Angers) (1) a fait remarquer à ce sujet que cette explication ne rend nullement compte des douleurs violentes qui se déclarent, à l'occasion de l'administration de la strychnine, dans les parties paralysées,

sans que les parties saines éprouvent le moindre trouble. Marshall Hall ne se contente pas non plus de cette explication : selon lui, l'augmentation de l'irritabilité musculaire pourrait être attribuée au défaut d'influence de la volonté sur une certaine partie de la moelle rachidienne, de même qu'on voit diminuer cette irritabilité par des mouvements volontaires prolongés (lassitude). Spiess (2) en donne une explication qui concorde assez avec celle de Ségalas, sans être cependant aussi vague. Lorsqu'il y a, dit-il, mouvement volontaire, on a la force d'opposer la volonté aux phénomènes de réflexion et aux contractions involontaires, et c'est pour cette raison seule qu'ils se montrent moins dans le membre qu'on meut volontairement. Je pense cependant que Spiess n'a signalé ici qu'une seule des causes de ces phénomènes et l'objection d'Ollivier (d'Angers) demeure dans toute sa force; d'ailleurs j'ai observé moimême que lorsqu'on administrait la strychnine, les contractions convulsives se montraient seulement dans le membre paralysé, même pendant le sommeil, et alors bien certainement la volonté ne s'opposait pas aux mouvements.

Il y a quelque chose de juste dans ces explications, car elles signalent une

cause vraie, mais elles pêchent parce qu'elles sont trop exclusives : nous verrons d'ailleurs que, prises ensemble et réunies, elles nous paraissent encore insuffisantes.

(1) Traité de la moelle épinière, page 861. (2) Physiologic des Nervensystems, mit besonderer Beriicksichtigung pathologischer Zustande. 1844. S. 207.

L'augmentation de l'irritabilité musculaire paraît aussi se manifester par une excitation galvanique légère des muscles paralysés, et dans plusieurs des faits communiqués par Marshall Hall on a pu déterminer des mouvements réflexes dans le membre paralysé par des irritations produites à la peau et qui, répétées sur le membre sain, restaient sans influence. Quoi qu'il en puisse être de l'explication de ces phénomènes d'irritabilité exagérée, les observations faites sur les individus malades concordent si bien, dans les faits communiqués par Marshall Hall, avec les résultats de la physiologie expérimentale, qu'il est très-difficile de ne pas admettre la distinction qu'il a établie entre la paralysie cérébrale et celle qui reconnaît pour cause une lésion de la moelle. J'examinerai ici brièvement quelles sont les raisons d'une si grande divergence d'opinion entre Marshall Hall, Reid, Todd, Duchenne et autres auteurs. D'abord, au point de vue physiologique, je dois examiner la question si réellement l'irritabilité est augmentée par la séparation de la moelle épinière du cerveau. Si l'on mesure le degré d'irritabilité d'après la facilité avec laquelle de légères irritations produisent des contractions, on a sans doute raison ; mais si le degré d'irritabilité doit indiquer celui de l'action de la moelle épinière, alors je dois positivement soutenir le contraire. Le ton, le degré restant de contractilité des muscles, donnent la mesure de cette action ; ils diminuent rapidement après la cessation de l'influence cérébrale. Il est possible que chez les animaux que l'on décapite ou chez lesquels on sépare la moelle épinière du cerveau, il est possible, disons-nous, que , dans les premiers moments, une irritation exercée à la surface de la moelle coupée, produise une augmentation de ton ou d'irritabilité; mais ceux-ci diminuent bientôt dans les muscles, et ainsi vient aussi à cesser l'action de la moelle : c'est ce dont on peut facilement se convaincre par les expériences. Sans la substance grise de la moelle il ne peut y avoir de ton pour les muscles qui reçoivent leurs nerfs de cette partie; aussi le degré de ton est déterminé par le degré d'action de la substance grise, mais cette action elle-même reçoit secours de deux côtés ; du côté du cerveau, par les fibres se dirigeant vers le centre, qui, comme toutes les fibres nerveuses, sont toujours en action et sur lesquelles la volonté ne peut avoir d'autre influence que d'en augmenter l'action ; du côté de la périphérie, par les fibres sensitives se dirigeant vers le centre, qui fonctionnent également toujours, sont excitées par les influences extérieures, et dans lesquelles des excitations plus fortes ne provoquent qu'une augmentation d'action. Vient-on maintenant à briser la connexion qu'ont les parties centrales de la moelle, affectées au mouvement, soit avec le cerveau, soit avec la périphérie au moyen des nerfs sensitifs, alors il en résulte nécessairement une diminution d'action, qui se manifeste dans le ton des muscles.Aussi voyons-nous ce ton décroître à l'instant où la volonté cesse de pouvoir régir les mouvements, comme si les nerfs sensitifs avaient été coupés. C'est ce qui explique eomment, lors d'un épanchement de sang dans le cerveau, le ton diminue avec

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