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principes généraux; tandis que le sophisme ne s'alimente que de conjectures, d'idées abstraites et erronées, se complaît dans des expressions que réprouve le sens commun et s'insinue traîtreusement jusque dans le sanctuaire. La chimie appliquée à la pathologie, à la thérapeutique, etc., leur a toujours été un auxiliaire peu fructueux, quelquefois même dangereux et doit en être bannie dans beaucoup de cas, parce que tout ce qu'elle nous enseigne n'est le plus souvent qu'illusion, déception et obscurité. Les mathématiques ne peuvent s'adapter à la question qui nous occupe, attendu que les lois qui régissent les corps inorganiques diffèrent de celles qui président à la matière animée. Le solidisme, l'humorisme etc., reposent sur des lois encore mal assurées et trop obscures pour que le médecin ait en eux une entière confiance. Nous ne parlons point de l'alchimie, des systèmes bizarres et extravagants que nous avons esquissés; la raison nous dit assez le cas que nous devons en faire. Soyons observateurs sans idées préconçues; ne dédaignons pas l'empipirisme sans pourtant rejeter le dogmatisme, ayons une théorie, qui est une production du génie qui voit la nature telle qu'elle est et qui raisonne d'après l'observation. Il n'y a que le médecin praticien et observateur qui seul puisse la créer. Mais les rêves ne sont pas des théories, ce ne sont que des systèmes qui tous expriment le fruit de l'imagination qui les fait plier et agir selon son caprice. La pratique ne peut reposer sur une fiction, ce serait de l'empirisme de la plus mauvaise espèce. (La fin au prochain N°.)

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DE L'ÉLECTRICITÉ EN THÉRAPEUTIQUE, par

stimulation des étincelles que cet instruM. le Dr JULEs MASSÉ.

ment lui permet d'employer; un autre ne

Le praticien qui vient de parcourir les différents travaux publiés sur l'électricité employée en thérapeutique, tombe dans une étrange perplexité ! il éprouve une sorte d'éblouissement intellectuel et l'embarras d'un homme qui,]demandant conseil à un aréopage de savants, entendrait répondre oui et non, avec la même conviction et la même ardeur. Effectivement on reste effrayé des opinions contradictoires que l'on rencontre dans ces divers ouvrages. Que de théories, que d'explications, que de procédés opératoires ! Pour les uns, l'électricité est la panacée universelle ; pour les autres c'est un fluide mystérieux, dont il faut laisser l'étude à la physique, mais que le bon sens et la prudence défendent d'employer en médecine. Celui-ci n'a de confiance que dans la machine électrique et dans les bains électriques et la

comprend que l'électro-puncture et l'effet des courants électro-chimiques que cette méthode met à sa disposition; un troisième ne voit que la galvanisation cutanée et les secousses musculaires qu'elle imprime ; un quatrième ne veut entendre parler que de l'appareil électro-magnétique et des merveilles qu'on en obtient tous les jours. Celuici, avec MM. Andral et Ratier, déclare que l'électricité est, en thérapeutique, un moyen souvent dangereux, et, la plupart du temps insignifiant, un moyen qui impressionne vivement les malades par I'emploi des instruments qu'il nécessite, et qu'en résumé, il ne deviendra jamais d'une application vulgaire, parce qu'il est difficile d'une part de se faire une idée des précautions nécessaires pour en assurer le succès, et que de l'autre le prix des appareils s'opposera toujours à ce que les médecins puissent

généralement se les procurer. Celui-là, avec M. le docteur Fabré Palaprat, trouve que l'électricité peut être d'un si grand secours dans la thérapeutique qu'elle compte des succès, et dans la cataracte, et dans la syphilis et contre le tœnia. Un autre, avec M. La Baume, après avoir plaisanté sur l'électro-puncture de chinoise origine (ce sont les Chinois qui nous ont donné l'idée de l'acupuncture, et M. de Sarlandière qui le premier l'a fait servir à l'introduction des courants électriques), un autre dis-je, prétend que l'électricité est une si grande ressource offerte au praticien, que, grâce à ce nouveau moyen, non-seulement il a guéri les scrofules, le scorbut, les maladies mercurielles, mais qu'il a obtenu des succès incontestables dans les inflammations purulentes et jusque dans la phthisie. C'est à peine si, au milieu de toutes ces voix passionnées s'élèvent quelques paroles graves et consciencieuses comme celle de M. le docteur Andrieux : « Dans l'état actuel des connaissances, l'électricité produite par différents appareils peut être introduite dans le domaine de la thérapeutique, non pas comme un moyen spécifique, applicable à tous les cas sans distinction, mais comme un agent physique extrêmement puissant, dont les effets peuvent être prévus, calculés, modifiés et dirigés avec plus de facilité et de précision que ne le peuvent être la plupart des médicaments connus. » Le professeur Rostan, depuis l'article qu'il publia en 1825 dans le Dictionnaire de médecine, est revenu sur des craintes que lui avait tout d'abord inspirées ce nouveau moyen thérapeutique et il l'emploie même souvent; M. Guérard, dans son article du Dictionnaire en 30 vol., article beaucoup plus scientifique que pratique, ne paraît pas ajouter une bien grande confiance aux usages thérapeutiques de l'électricité. « Cet agent si remarquable d'ailleurs, nous dit-il, a éprouvé le sort de tous ces remèdes qui, à l'époque de leur apparition, ne trouvent aucune maladie rebelle et néanmoins ne tardent pas à tomber dans le plus grand discrédit. » Pour mon compte je crois qu'une grande partie des insuccès doit être attribuée, soit à l'inopportunité de l'application dumoyen, soit à l'inexpérience des expérimentateurs. Depuis près de douze ans, j'ai employé l'électricité toutes les fois que son usage m'a paru suffisamment indiqué, et j'ai pensé intéresser mes confrères en leur racontant les résultats que j'en ai obtenus. Attaché depuis longues années à M. le professeur Récamier, c'est lui qui, dans mes tentatives, m'a servi d'appui et de guide : c'est sous son inspiration, sous sa direction,

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4° Enfin d'un tube en zinc façonné de manière à entrer librement dans ce dernier vase tubulaire.

Le cylindre en charbon et le tube en zinc sont munis l'un et l'autre à leur partie supérieure d'une oreille en cuivre destinée à attacher les fils conducteurs.

Pour mettre cette pile en action, on verse dans le vase en verre de l'acide nitrique coupé d'un quart ou d'une moitié d'eau; on en verse seulement un quart de la capacité, à cause des autres objets que ce vase doit contenir; puis on y place le cylindre de charbon; on remplit le vase en terre d'eau contenant un dixième d'acide sulfurique et on l'introduit dans le cylindre à charbon ; cnfin, au milieu de ce dernier récipient on

plonge le tube de zinc et l'électricité se dégage immédiatement. J'ai employé cette pile pendant trois ou quatre mois. Elle a un avantage énorme, c'est qu'elle ne coûte que cinq francs et que, par conséquent, elle met l'électricité à la portée de toutes les bourses. Mais elle a des inconvénients : elle ne fournit qu'un courant assez faible; elle s'use vite. En trois ou quatre mois, en opérant 50 ou 40 minutes par jour, j'ai été obligé de renouveler trois fois mon cylindre de charbon ; ensuite les acides employés peuvent se répandre et brûlent alors tout ce qu'ils touchent; enfin, quand on a fini de se servir de cette pile, il faut bien vite transvaser les acides, opération fort délicate; puis il est urgent de laver à grande eau et d'essuyer chacune des pièces de l'appareil, opération fort ennuyeuse.

lI. LA PILE A AUGE.

La pile à auge est une boîte de chêne, allongée, mastiquée à l'intérieur, garnie de plaques carrées de cuivre et de zinc soudées l'une à l'autre, posées de champ, disposées par couples parallèles et placées de telle sorte qu'il reste entre chaque couple un vide plus ou moins considérable, des interstices à peu près égaux.

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Pour mettre cette pile en action, on remplit les vides, les interstices, d'eau contenant environ un vingtième d'acide chlorliydrique ou nitrique. C'est ce que les physiciens appellent la sauce. Des expérimentateurs recommandent de ne remplir la cuve qu'aux quatre cinquièmes de sa hauteur et d'avoir soin d'essuyer le bord supérieur des plaques et de la cuve. Je n'ai point reconnu que cette précaution fût indispensable. Quant au degré d'acidité de l'eau qui doit servir de véhicule à l'électricité, je la dose d'ordinaire en la goûtant, c'est-à-dire que j'en agis comme lorsqu'on veut faire de la limonade sulfurique; je plonge le doigt dans le liquide acidulé et je le porte à ma langue ; suivant le degré d'âpreté que la langue percoit, je juge que ma sauce est fort ou faiblement aiguisée. Si

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je veux des courants énergiques, j'acidule assez fortement. Dans le cas contraire, j'emploie une eau à peine sapide. Les conducteurs de la pile se composent de deux plaques de cuivre qui se placent dans les interstices humectées. En haut de ces plaques est un prolongement percé d'un trou, et c'est à ce trou que s'attachent les fils métalliques. Cette pile a des avantages. Le premier c'est de n'être pas d'un prix fort élevé : elle coûte 1 franc par couple, et une pile de 20 à 25 couples est de force à fournir l'électricité nécessaire pour la plupart des opérations. Le second est de permettre à l'opérateur de graduer la force des courants qu'il veut employer. J'ai déjà indiqué l'influence de la sauce et de son acidité, mais le nombre des couples qui séparent

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les conducteurs sert d'un régulateur bien la susceptibilité du sujet électrisé et le beplus certain. On commence par 4,5,6 cou- soin de la maladie en traitement. ples et l'on va à 7, 8, 10,20, etc., suivant

Mais cet instrument a aussi ses inconvé courants arrivent à leur plus haute Po "nients. Ainsi, il nécessite encore l'emploi sance. d'acides corrosifs; la conservation de la pile oblige encore , après qu'on s'en est 2servi, à des soins minutieux : il faut trans- vaser la sauce, il faut laver à grande eau et essuyer la pile et les plaques conductrices ; enfin, les plaques de zinc et de cuivre arrivent promptement à s'oxyder et alors avec | B une lame de couteau on est contraint de les gratter et de les polir.

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III. APPAREIL DE CLARCK.

L'appareil de Clarck est composé d'une masse d'acier fortement aimantée, près de Maquelle sont mises en rotation deux bobines de fil isolé, bobines, qu'en physique, on appelle multiplicateurs; l'axe sur lequel 0 9 tournent ces bobines est le réservoir de l'électricité dont elles se chargent. Des commutateurs et des conducteurs disposés versent les courants à droite et à gauche. N |

Le premier avantage de cet appareil est N de ne nécessiter aucune préparation. et c'est à cause de cette circonstance que j'ai cru pouvoir en abréger la description.

Le second est de permettre de graduer la force des courants électriques qu'il pro- cure : 1° plus la masse aimantée est rapprochée des multiplicateurs, plus les courants dont ils se chargent deviennent vigoureux. Une vis de rappel sert à approcher ou à éloigner la masse aimantée des bobinesmultiplicateurs ; 2° plus le mouvement de rotation est rapide, plus la décomposition magnétique s'accélère, plus les courants acquièrent d'intensité; 5° enfin, à la masse aimantée s'adapte un morceau de fer doux qui la fait travailler sans cesse afin d'en conserver toute l'énergie, car chacun sait L'appareil Breton est une boîte portao que l'aimant exige un travail continuel. garnie d'un côté d'une manivelle qu'il fo Or, ce morceau de fer soutire à la masse tourner, de l'autre d'un bouton qu'on to aimantée une partie de sa force; si dans le ou qu'on enfonce, suivant que l'on o moment de l'opération on l'enlève, les diminuer ou accélérer les courants. Co

Les inconvénients de cet appareil son! ! de coûter 5 ou 400 fr.. de peser 50 ou 40 kilogrammes et d'être d'une structure tro peu portative.

IV. APPAREIL BREToN FRÈREs.

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