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2° Que la paroisse de St.-Nicolas se trouve, au contraire, dans des conditions de salubrité beaucoup plus favorables ; 5° Qu'il y a, en somme, possibilité d'améliorer ce déplorable état de choses, mais qu'il y a beaucoup à faire à cet effet ; 4° Que, considérées sous le point de vue pratique des moyens à employer pour neutraliser ou détruire les funestes influences que nous avons signalées, les localités et les habitations vicieuses peuvent être rangées en trois catégories ou classes dont nous croyons la distinction fort utile et que nous allons successivement indiquer. 1r° Catégorie. Une immense quantité des habitations des pauvres ne se trouvent dans un état d'insalubrité que par l'incurie des pauvres eux-mêmes et par celle de leurs propriétaires. La surveillance active et le zèle des maîtres des pauvres que nous avons eu si souvent l'occasion de signaler ne feront certes pas défaut pour combattre la première, pour peu qu'ils soient secondés et encouragés par quelque coopération active de la part de l'autorité. La principale mesure à prendre par celle-ci consisterait à stimuler, et au besoin à forcer par les moyens qu'elle a à sa disposition, la paresse et souvent l'avarice des propriétaires à faire plus exactement les petites réparations d'entretien comme recrépissage, badigeonnage, peinturage, entretien des toits, des plafonds, des planchers, du dallage des allées, du pavage des cours, etc., etc. Tous les frais seraient ici à la charge des propriétaires des maisons. Parmi les demeures dont il a été question dans le courant de ce travail, nous remarquons entre autres comme appartenant à cette 1"° catégorie. Dans la paroisse de Finisterre : les N° 10 et 12, rue du Promoteur, les N" 6 et 7 allée de la Porte-Bleue, les maisons de l'impasse dite Allée de Gulick rue de Schaerbeek, etc., etc. Dans la paroisse de St.-Nicolas : les N°"6 petite rue de la Violette; 8, impasse Tête-de-Bœuf, 2, Allée des Roses; 2 impasse des Veaux; 5, rue des 5 Pigeons; 16, rue du Pont d'Uccle, etc. Dans la paroisse de Caudenberg: les N° 27 et 29 rue des Armuriers et beaucoup d'autres. 2° Catégorie. Une grande mais moindre quantité de demeures pauvres of. frent des vices de construction ou de situation qui les exposent à une humidité constante, à des émanations malfaisantes, à une distribution fautive et insuffisante d'air et de lumière, etc., etc. Ces diverses causes d'insalubrité venant se joindre à celles produites par la malpropreté, l'encombrement des individus et la misère, il en résulte une seconde classe d'habitations bien plus pernicieuses que les premières et pour l'assainissement desquelles des moyens plus énergiques et une intervention plus directe de la commune deviennent nécessaires. A la vigilance et au zèle des maîtres des pauvres pour l'entretien de l'ordre et de la propreté intérieures doit venir en aide une surveillance sévère de la police pour l'entretien de la propreté des rues, du lavage des égouts et de l'enlèvement des immondices, etc. Au propriétaire incombent, outre l'entretien ordinaire de sa propriété, la reconstruction de partie ou de la totalité de celle-ci lorsqu'elle menace ruine, quelquefois seulement la reconstruction, le déplacement de latrines, d'égouts vicieux, le percement de quelques croisées nouvelles, la suppression de quelques cloisons, etc., etc. A la commune appartient cette fois, non-seulement de donner l'éveil et le stimulant qui manque souvent au propriétaire de ces sortes de demeures en lui adressant des avertissements, ou en le menaçant au besoin de les faire fermer; mais aussi de prêcher par l'exemple en s'exécutant elle-même tout d'abord. Car c'est à elle à construire des égouts nouveaux, à empêcher la stagnation des eaux sales, à entretenir la voie publique en bon état de pavage, à établir en nombre suf. fisant les pompes et les fontaines publiques pour une large distribution d'eau saine, et enfin à faire tout le nécessaire pour donner, surtout aux pauvres, beaucoup d'air sain et de soleil. A cette seconde catégorie se rattachent , dans la paroisse de Finisterre : l'égout qui passe derrière les maisons à N° impairs rue du Damier, l'impasse N°5 rue Pachéco, la Petite rue du Nord et le Putje, etc., etc. Dans la paroisse de Caudenberg : la cour de l'Ange, l'impasse du Cygne, les N" 2, 5 et 4 rue des Trois Têtes, le trou St. Roch, etc., etc. Dans la paroisse de St. Nicolas : Néant. 3" catégorie. — Enfin, une troisième catégorie comprend les localités et les demeures où tout est défectueux et où j'ai signalé un défaut complet d'air et de lumière, une humidité permanente, une absence complète de ventilation, et où, pour surcroît de toutes les mauvaises conditions, se trouve toujours une accumulation excessive de la population la plus misérable. Ce sont là les véritables foyers où couvent et se développent et d'où se répandent sur le reste de la population ces terribles fléaux, typhus, fièvres de mauvaise nature, choléra, etc., etc. C'est ici qu'il faut trancher dans le vif : ce ne sont plus quelques réparations, ou changements d'intérieur ; ce ne sont plus quelques percées ventilatoires dont il s'agit.Ce sont des maisons, parfois des séries entières de maisons qu'il faut faire démolir pour purifier des couloirs infects, élargir des rues trop étroites et ouvrir des espaces où l'air et le soleil puissent arriver et vivifier des agglomérations de demeures, comme j'en ai signalé et décrit plusieurs. C'est dans cette troisième catégorie que nous rangerons, dans la paroisse de Finisterre : l'impasse 89, dite porte d'Eppekens, rue de Schaerbeek, les maisons N° 8 et 9 de l'impasse aux Blés, même rue, l'allée de Dieghem, même TUe. Dans la paroisse Saint-Nicolas : néant. Dans la paroisse de Caudenberg : les N" 6, 19, 25, 55 et 55 rue Nuit et Jour, l'impasse des Radis, même rue. Continuant mes considérations générales, il résulte encore de la revue que

je viens de faire des demeures des indigents des 5 paroisses :

5°Que plusieurs des améliorations que j'ai indiquées et dont les propriétaires supporteraient seuls les frais, peuvent être obtenues par des moyens à la facile disposition des autorités, comme refus de secours et obligation de quitter les demeures insalubres; il serait à désirer qu'on s'occupât immédiatement et d'abord de celles-là. L'administration générale des hospices et des secours et l'administration communale n'ont qu'à s'entendre et à agir de concert pour obtenir de grands et bienfaisants résultats sans dépenser une obole.

6° Que, quant aux améliorations qui nécessiteraient l'intervention pécuniaire de la commune, il y en a de si urgentes et quelques-unes de si peu coûteuses qu'on devrait également y procéder sans retard, et surtout sans attendre le résultat des investigations auxquelles se livrent en ce moment les Comités de salubrité, institués par la sollicitude si éclairée de M. le ministre de l'intérieur dans tous les grands centres de population. Ces comités sont sans doute appelés à rendre de grands services, mais l'achèvement de leurs travaux demandera encore beaucoup de temps, et il n'y en a pas à perdre, car le choléra nous menace tous les jours.

Ici se terminent les observations que m'ont suggérées les visites des demeures des pauvres confiés à mes soins, en 1848.Quelques-unes des améliorations que j'ai indiquées comme urgentes, auront peut-être déjà été faites par les propriétaires, car plusieurs mois se sont écoulés depuis mon investigation, mais la plupart et les principales restent certainement encore à effectuer.

La seconde partie de ce travail, espèce de statistique médicale pour 1848 des pauvres des trois paroisses que je dessers, prouvera combien la malpropreté, les vices et l'insuffisance de l'air, de la lumière et de l'insolation, l'humidité et l'encombrement aidés par une nourriture malsaine et souvent insuffisante, par le froid et une foule d'autres causes délétères , ont influé sur la production des maladies. Nous verrons les scrofules et leurs nombreuses formes, le carreau, le rachitis, la phthisie, les rhumatismes en permanence dans ces localités que j'ai désignées comme les plus malsaines et décimant constamment leur population étiolée et agglomérée à l'excès. Les observations nombreuses que j'ai recueillies sous ce rapport viendront encore donner plus de poids à la nécessité des améliorations que j'ai indiquées, comme possibles et comme urgentes.

DEUXIÈME PARTIE.

: Statistique médicale de 1848 pour les pauvres des paroisses de Finisterre, de Saint-Nicolas et de Saint-Jacques sur Caudenberg.

Les tableaux qui vont suivre sont le résultat de l'annotation journalière des maladies pour lesquelles mon secours a été invoqué, en qualité de médecin des pauvres, pendant toute l'année 1848, auprès des 962 ménages des paroisses de Finisterre et de St.-Nicolas ; et de plus, pendant les derniers six mois, auprès des 268 ménages de celle de St.-Jacques; car je n'ai été chargé du service médical de cette paroisse qu'à dater du 1" juillet 1848. Cette statistique roule donc sur un total de plus de 4,000 individus pour les six derniers mois de l'année et sur 5,200 seulement pour les six premiers. Un premier tableau nous offrira d'abord l'aperçu général de ces maladies groupées par ordres énumérés successivement d'après la fréquence des affections qui les composent. Les quatre colonnes suivantes indiquent quelle a été la fréquence relative de ces maladies chez les deux sexes et à deux époques différentes de la vie : depuis la puberté et avant la puberté. J'ai classé sous les désignations générales : hommes et femmes, les sujets de la première catégorie, et sous celles de garçons et filles ceux de la seconde. D'autres colonnes sont consacrées à l'indication du nombre de malades qui ont été envoyés à l'hôpital, et à celle du nombre des décès à domicile qui sont parvenus à ma connaissance et pour lesquels j'ai délivré les déclarations réclamées par l'état civil. Plusieurs tableaux particuliers donneront les mêmes indications pour chaque ordre de maladies dont la fréquence ou d'autres motifs ont attiré mon attention spéciale, et indiqueront de plus les époques pendant lesquelles je les ai le plus fréquemment observées. D'autres offriront la réunion de quelques-unes de ces maladies pour en tirer des inductions qui me serviront à établir des faits généraux qui me paraissent importants. Finalement un dernier tableau nous présentera d'un eoup d'œil les nombreux travaux d'un médecin des pauvres à Bruxelles pendant un exercice annuel. Chaque tableau sera suivi de quelques considérations qui en seront les conséquences naturelles et qui expliqueront les motifs en vue desquels il a été dressé. Ces tableaux auraient pu être plus complets et plus instructifs. C'est ainsi qu'une plus nombreuse division des âges aurait eu pour effet utile de faire ressortir la fréquence relative de certaines maladies non-seulement chez les enfants avant et après la dentition, mais aussi chez les pubères, les adultes et les vieillards dans les deux sexes. L'indication des professions, des rapports de température, d'électricité, d'hygrométrie, des vents dominants, etc., etc., avec les maladies régnantes, aurait pu fournir des données fort utiles aussi. Mais ces détails m'eussent entraîné trop loin et m'auraient rendu impossible, ce travail que j'ai dû resserrer dans les limites que je m'étais tracées d'avance. Aussi suis-je loin de le présenter comme modèle; mais tel qu'il est, je pense qu'il pourra donner une idée des résultats de pareils travaux rédigés annuellement pour toutes les paroisses. De leur réunion et de leur examen comparatif découleraient évidemment des conséquences de la plus haute utilité pour la police médicale et l'hygiène de la classe indigente. Rien ne serait plus facile que la critique au point de vue scientifique des classifications tout à fait arbitraires que j'ai adoptées.Aussi n'ai-je pas la pré

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