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sont tuméfiées, souvent granuleuses; l'infiltration de leucocytes et de globules rouges occupe très-nettement les parties périphériques de plusieurs acinis.

Dans plusieurs points, on observe de véritables abcès renfermant des leucocytes et des cellules hépatiques granuleuses libres dans une cavité en général trèsirrégulière, s'étendant entre plusieurs acinis et siégeant le long des rameaux interlobulaires de la veine porte. En d'autres points, au contraire, l'infiltration des leucocytes est plus bornée, mais toute la partie périphérique des acinis voisins présente des cellules hépatiques tuméfiées granulograisseuses.

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23 octobre 1871.

M. VULPIAN distingue, dans la communication de M. Demarquay, des faits qui sont très-intéressants et l'interprétation qui est contestable. M. Demarquay semble inférer de ses expériences qu'il existe une large communication entre le canal médullaire des os et le système veineux général. Or, les recherches anatomiques n'ont en aucune manièrerévélé de différence entre le système vasculaire des os et celui des autres parties du corps.

M. DEMARQUAY n'a pas affirmé qu'il y eût une communication; il a dit seulement que les choses se passaient comme si cette communication existait, ou qu'il y eût une membrane extrêmement mince cédant à la simple pression de la seringue d'Anel. Sans doute il est difficile de pénétrer dans le canal médullaire sans produire d'effraction, et c'est pour cela que M. Demarquay taraude le fémur à la partie inférieure. S'il y avait effraction, le liquide sortirait par la partie inférieure; or, c'est par la partie supérieure qu'on le voit se répandre sous forme de jet.

M. VULPIAN a observé des faits qui montrent l'influence des plaies des os pour la production de l'ostéo-myélite. Dans des expériences qu'il a faites avec Flourens,

M. Vulpian a déterminé cette maladie en broyant la substance médullaire dans le canal médullaire des os longs du chien. Or, le chien est un des animaux les plus réfractaires à la suppuration et à l'infection purulente, ainsi que l'a dit M. Bouley.

M. CHAUFFARD ne s'explique les faits d'ailleurs très-intéressants de M. Demarquay qu'en admettant la pénétration par effraction du liquide des injections. Si, en effet, il existait une communication directe du canal médullaire des os avec la circulation générale, il suffirait d'établir une ligature à la racine d'un membre pour que la tension du sang fit affluer ce liquide dans le canal médullaire, ce qui n'est pas.

M. RICHET pense que l'injection de M. Demarquay pénètre dans les cellules du tissu spongieux où le réseau veineux de l'os prend naissance. Il n'est donc pas étonnant que l'injection se répande de là dans tout le système veineux, de même qu'en injectant le réseau lymphatique périphérique d'une partie du corps on injecte tout l'emsemble du système.

M. GIRALDES dit qu'il faut tenir grand. compte, dans des expériences semblables à celles de M. Demarquay, de l'absorption par le système lymphatique. Les recherches les plus récentes des anatomistes ont montré que les vaisseaux lymphatiques existent en plus grande abondance qu'on ne le croyait, et dans des organes où on ne les avait pas encore soupçonnés. Quand on examine les poumons d'individus morts d'infection purulente, de variole, de rougeole, de scarlatine, et que l'on observe à la surface de ces organes des réseaux vasculaires gorgés de sang, ces réseaux ne sont pas autre chose que des réseaux lymphatiques. La même disposition existe dans toutes les autres parties du corps. Les expériences de Follin sur le tatouage, celles de Lacauchie, ont prouvé, d'ailleurs, la grande puissance d'absorption du système lymphatique.

Les expériences de M. Demarquay ne contredisent, du reste, en rien, suivant M. Giraldès, le fait de l'infection purulente par l'absorption de matières septiques, fait qui résulte des recherches entreprises, non-seulement en Allemagne, mais encorc en Italie et en Angleterre.

M. COLIN croit, comme M. Richet, que M. Demarquay a injecté directement, dans ses expériences, le tissu vasculaire des os. Il est impossible de trépaner un os sans

ouvrir ses vaisseaux. Si l'on trépane un os à l'une de ses extrémités et qu'on injecte une solution de cyanure jaune de potassium et de fer; si l'on dépouille ensuite la surface de cet os de son périoste et qu'on l'arrose avec une solution de persulfate de fer, on voit à l'instant cette surface prendre uue coloration bleue intense, due à la pénétration rapide de la solution cyanurée dans les vaisseaux ouverts.

De même on ne peut expliquer la pénétration du cinabre dans le système veineux général que par des ouvertures vasculaires artificielles à travers lesquelles entre la matière injectée par M. Demarquay. L'absorption des matières solides réduites à l'état de division extrême, de la poudre de charbon, par exemple, n'est rien moins que démontrée même par les expériences de M. Osterlen. On peut très-bien expliquer, suivant M. Colin, l'infection purulente à la suite de l'ostéo-myélite, par la pénétration du pus dans les veines, grâce à des solutions de continuité de ces vaisseaux produites par l'inflammation.

M. DEMARQUAY répond à M. Colin que le liquide de ses injections n'a pu pénétrer directement dans les vaisseaux par la rai son bien simple qu'il n'y a pas dans les os de vaisseaux veineux capables de recevoir l'extrémité de la seringue d'Anel. Trèscertainement le liquide a été injecté dans le canal médullaire.

A M. Giraldès M. Demarquay répond qu'il n'a pas eu à s'occuper de l'absorption par les vaisseaux lymphatiques des os, attendu que ces vaisseaux n'existent pas, au dire des meilleurs anatomistes, en particulier de M. Sappey. D'ailleurs, il a toujours vu le liquide injecté sortir par les veines.

A M. Richet M. Demarquay fait observer que, dans ses expériences, il s'est assuré qu'il injectait son liquide, non dans le tissu aréolaire, mais dans le canal médullaire, et cela sans pression, sans violence, ce qui rend infiniment probable, sinon absolument certaine, la pénétration de ce liquide, sans effraction, dans le système veineux des os. M. Demarquay ne veut rien conclure de ses expériences au point

de vue histologique; il se borne à présenter des faits dignes d'attention.

A M. Vulpian M. Demarquay répond que, lui aussi, a produit l'infection purulente, chez des lapins, en broyant la moelle dans le canal médullaire des os. Les expériences de Flourens et de M. Vulpian concordent donc avec celles de M. Demarquay pour montrer l'influence de l'ostéo-myélite dans l'infection purulente, puisqu'il résulte de ces expériences que, en produisant de toutes pièces l'ostéo-myélite par le traumatisme direct de la moelle des os, on donne naissance à la pyohémie. Ces résultats rendent encore plus intéressantes les expériences dont M. Demarquay vient de communiquer les résultats à l'Académie, puisqu'elles démontrent la perméabilité des os et le libre passage, dans le système circulatoire général, d'éléments figurés mélangés avec des liquides injectés dans le canal médullaire des os. Ces résultats rendent plus probable la pénétration dès globules de pus de l'ostéo-myélite dans le système circulatoire.

M. RICHET fait observer que M. Demarquay a dit lui-même qu'il taraudait les os à leur extrémité inférieure; or, il est impossible qu'en agissant ainsi, il n'ait pas ouvert les cellules du tissu aréolaire et injecté directement son liquide dans le réseau veineux.

M. CHAUFFARD insiste sur l'objection capitale qu'il a déjà faite à l'interprétation donnée par M. Demarquay des résultats de ses expériences. La pénétration du liquide injecté n'a pu se faire que par effrac tion vasculaire, soit au dehors, soit au dedans du canal médullaire, sans quoi il faudrait admettre entre le canal et le système veineux général une communication que repoussent toutes les notions d'anatomie et de physiologie.

M. DEMARQUAY répond qu'il ne se charge pas de mettre d'accord les résultats de ses expériences avec les notions plus ou moins certaines de l'histologie; mais il affirme de nouveau avec énergie qu'il est assuré d'avoir poussé ses injections dans le canal médullaire, et non pas dans les cellules du tissu spongieux.

IV. VARIÉTÉS.

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A Paris l'état sanitaire est plus satisfaisant que ne permettaient de l'espérer les tristes événements dont cette ville a été le théâtre. Jamais, depuis plusieurs années, le chiffre de la mortalité n'était deseendu aussi bas; mais il convient de remarquer que depuis longtemps la capitale de la France n'a été aussi désertée, et si le nombre des décès a notablement diminué, c'est que le chiffre de la population a considérablement décru. La variole est à peu près éteinte; la fièvre typhoïde ne compte pas un nombre fort élevé de décès. Mais, bien qu'il y ait décroissance également dans les chiffres de mortalité par suite de diarrhée et de dysentérie, les affections catarrhales des voies digestives et les diarrhées cholériformes continuent à se montrer en assez grand nombre à Paris.

- A Londres, la diarrhée a produit pendant l'une des précédentes semaines plusieurs centaines de décès. Cette mortalité considérable, qui n'est nullement en rapport avec la moyenne habituelle, a causé des appréhensions telles que les autorités anglaises ont jugé nécessaire de prendre, dès maintenant, des mesures sévères afin d'éviter, s'il en est temps encore, l'importation du choléra. Les différents comités sanitaires de la métropole se sont réunis, sous la présidence du docteur Buchanan, et ont décidé de soumettre à la quarantaine tous les navires de provenance suspecte. Les mêmes mesures ont été prises à Marseille.

D'après un rapport du docteur Lankas

ter, de Londres, la variole, qui a aujourd'hui presque entièrement cessé à Londres, a entraîné la mort de plus de 5,000 personnes; défiguré ou marqué environ 100,000 individus et occasionné à peu près 100,000 livres sterl. de frais.

Le dixième de cette somme, employé avec intelligence au début de l'épidémie, eût vraisemblablement suffi pour en arrêter la marche.

A Berlin, l'épidémie variolique fait un grand nombre de victimes et la maladie révêt en général un caractère très-pernicieux. Lc tiers environ des individus atteints succombent.

Plusieurs cas de trichinose ont été observés à Görzig (Anhalt) et à Stassfurth.

Quant au choléra qui avait paru se ralentir dans sa marche au nord de l'Allemagne où il avait éclaté d'abord, la maladie a repris une activité nouvelle depuis ces dernières semaines. Le nombre des cas observés en Prusse, depuis le début de l'épidémie jusqu'au commencement d'octobre, s'est élevé à 6,615, sur lesquels 3,627 décès.

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ment d'affirmer qu'il n'en existe pas davantage à Trieste et à Vienne.

De Brousse, le choléra a été importé à Constantinople, où il règne actuellement avec force. Le mal, que l'on avait d'abord espéré pouvoir arrêter dans sa marche, s'étend aux environs et fait des progrès rapides. L'intensité du fléau est telle que sur 708 personnes composant la colonie anglaise de Stamboul, 33 déjà ont succombé au choléra.

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L'épidémie ayant réapparu à Sulina, aux bouches du Danube, des mesures quarantainaires ont été prises à l'égard des navires arrivant de ce port.

La quarantaine a été également imposéc aux navires venant du Golfe persique où toutes les villes du littoral sont infectées par le cholêra. Les ports de Shangah, Rasoul, Rhyma et Botka sont décimés par le fléau. On y compte environ 70 victimes par jour. La scarlatine qui, jusqu'à ces derniers temps était inconnue dans l'Inde, y a été importée depuis quelques mois par les troupes anglaises arrivées d'Europe.

- En Amérique, plusieurs cas de choléra ont été observés à Halifax, où il a été importé par le navire « Franklin » venant de Stettin. Ce navire avait eu plusieurs Dr VAN DEN CORPUT.

cas de choléra à bord.

Éphémérides médicales.

5 octobre 1638.

Jean Columbanus (du Colombier) de Bruxelles est promu à Louvain docteur en médecine.

13 octobre 1715.

Mort de Nicolas Malebranche, l'illustre auteur des Recherches de la vérité, » né à Paris en 1658.

Année 1546.

Une épidémie de fièvre typhoïde règne à Harlem et en Provence.

Fondation par Cosme II, grand-duc de Toscane, de l'Université de Florence.

Jérôme Fracastor parle dans son Traité : de contagione, de la transmissibilité de la phthisie pulmonaire.

12 novembre 1649.

Institution, à Bruxelles, du Collegium medicum dont la direction fut confiée au

docteur Pierre Merstraten, médecin juré de la cité, comme préfet, et au docteur L. Overdatz, comme syndic. Année 1547.

Les orangers sont importés de la Chine en Portugal, d'où ils furent ensuite répan dus dans toute l'Europe méridionale et dans le Nord de l'Afrique.

Fondation, par le cardinal de Lorraine, de l'Université de Rheims.

Rétablissement, par Jacques VI, de l'Université de Glascow en Ecosse.

Les Alde impriment, à Venise, la célèbre collection intitulée: Medici antiqui omnes. Dr v. D. C.

NECROLOGIE.

La Société royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles vient de nouveau d'être cruellement éprouvée par la mort inattendue de l'un de ses membres les plus estimés, M. le professeur FRANCQUI, enlevé prématurément à la chaire de chiie qu'il occupait avec distinction à l'Université de Bruxelles, par une apoplexie cérébrale. D'un esprit prompt et vif, ami de la controverse et jaloux de ses connaissances, il avait su conquérir dans la science une place honorable. Il était membre effectif de la Société royale des sciences médicales et naturelles, depuis le 4 juillet 1864.

Une foule considérable se pressait à ses funérailles, où plusieurs discours ont été prononcés. Nous avons reproduit dans le Bulletin de la séance. p. 464, les adieux qui ont été prononcés sur sa tombe par M. le professeur Thiry, au nom de la Société des sciences médicales.

Parmi nos membres correspondants nous avons cu le regret de perdre M. le docteur V. VANDEN BROECK, élu le 5 octobre 1840, et Mme LIBERT, de Malmédy, la célèbre botaniste, élue membre correspondant depuis le 4 septembre 1837.

A cette liste funèbre nous devons ajouter encore les noms de MM. les docteurs SCHULTZ - SCHULTZENSTEIN, MITSCHERLICH, VoorHelm-SCHNEEVOOGT, professeur à l'Athenæum d'Amsterdam, et VRANCKEN, ancien professeur de pharmacologie à l'Université de Louvain.

DE MÉDECINE.

(DÉCEMBRE 1871.)

I. MÉMOIRES ET OBSERVATIONS.

ÉTUDES SUR LA STATISTIQUE MÉDICALE DE LA VILLE DE MUNICH; par le docteur CARLOS WIBMER. Traduites par le docteur E.-L. BERTHERAND, d'Alger.

De nos jours la statistique appliquée à la médecine a conquis à juste titre un haut degré d'intérêt. La ville de Munich ayant accru son importance nonseulement comme capitale d'un État considérable, mais surtout en raison de l'augmentation de sa population en ces dernières années, il était à propos de faire connaître dans tous ses détails le mouvement de cette population sous les points de vue statistique et médical; et comme les calculs statistiques sont défectueux quand ils ne se basent que sur une ou deux années seulement, l'auteur de cet ouvrage a pris à tâche de réunir les faits relatifs à une période de dix années, 1860 à 1869 inclusivement. Ce travail pénible a fourni - comme on pourra le voir par les conséquences auxquelles il a conduit des résultats très-dignes d'attention, en se basant scrupuleusement sur la vérité et l'exactitude des chiffres et des données, éléments si fréquemment trompeurs dans les études de ce genre.

-

Cet ouvrage se divise en trois parties : la première concerne les naissances; la seconde, les décès; la troisième, les principales maladies et les causes de mortalité.

Naissances par rapport au chiffre de population.

Dans les dix années qui se sont écoulées de 1860 à 1869 inclusivement, il y a eu à Munich 60,623 naissances, savoir :

I.

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donnant une moyenne annuelle de 6,062 5/10 naissances.

La population de Munich, qui en 1860 était estimée à 137,095 âmes, s'élevait en 1869 à 177,000: la population moyenne de ces dix années s'éva

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