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« Messieurs,

» Il n'y a pas quinze jours, la Société royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles perdait un de ses membres les plus distingués. Il y a quinze jours, nous rendions les derniers devoirs au savant professeur de l'école vétérinaire de l'état, à M. Defays. - Aujourd'hui nous assistons aux funérailles de M. J.-B. Francqui, le vaillant professeur de chimie de l'Université libre.

» Au nom de la Société des sciences médicales et naturelles, dont celui que nous pleurons en ce moment était membre, permettez-moi de prononcer quelques paroles d'adieu devant cette tombe qui, dans un instant, va se refermer pour toujours.

» Des voix autorisées vous ont dit ce qu'était Francqui comme homme, comme citoyen et comme professeur. Je crois qu'il appartient à l'organe de la Société des sciences médicales et naturelles de vous le faire apprécier comme savant.

» La Société ne comptait pas de membre plus zélé que Francqui; aussi, personne mieux que lui ne se rendait compte des devoirs qui lui étaient imposés en raison des positions qu'il était appelé à remplir; ce que vous avez vu qu'il étaît à l'Université, au Conseil provincial, il l'était au sein de

notre Société qu'il aimait et à laquelle il avait accordé son activité et son dévouement.

>> Il aimait la science avec passion, elle était pour lui un culte, il lui avait voué toute sa vie; c'est assez dire que, dédaignant toute préoccupation intéressée, il n'avait qu'un but, le progrès de la belle science, objet de ses prédilections et à laquelle il initiait de nombreux élèves avec une ardeur qui, jamais, ne s'est démentie.

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Francqui était un chercheur infatigable; homme de progrès, il ne se bornait pas à la besogne facile de parcourir les sentiers battus; animé d'une noble ambition, il prétendait se frayer des voies nouvelles et laisser après lui quelques traces de son passage. Il n'ignorait ni les obstacles ni les difficultés qu'il devait nécessairement rencontrer; mais qu'étaient les difficultés et même les déboires pour un travailleur dont le but unique était le triomphe de la vérité.

>> Il procédait par voie expérimentale; l'analyse était sa méthode favorite. Les faits, pour lui, n'avaient de valeur que pour autant qu'il les eut examinés dans tous leurs détails; alors seulement, il en déduisait les conclusions logiques et naturelles et formulait des principes destinés à occuper, dans la science, une place légitime.

courant

» Dans l'expression de sa pensée il était sobre de phrases sans jamais cesser d'étre clair et précis. — D'une grande honnêteté scientifique, il n'affirmait rien qu'il ne pût démontrer. Parfaitement au du mouvement scientifique moderne, il n'hésitait jamais à rendre justice à ceux qui en étaient dignes ni à condamner les opinions et les principes qu'il croyait erronés.

» Voilà, en résumé, sous quel aspect Francqui s'est révélé dans ses publications, voilà comment il s'est révélé dans les travaux qu'il a soumis au jugement de la Société des sciences médicales et naturelles et dans

les discussions qu'il y a soutenues.

› Vous comprenez, Messieurs, que la mort d'un tel homme doit laisser parmi nous un grand vide; vous le comprendrez d'autant mieux, que nous aussi, comme tous ceux qui ont eu le bonheur d'avoir

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des rapports avec lui, nous avons su apprécier l'aménité et la franchise de son caractère, la délicatesse et la tolérance de son esprit, et enfin sa grande bonne foi et surtout sa modestie qui n'avait d'égale que son talent. Vous ne vous étonnerez pas dès lors, si dans la Société savante dont je suis en ce moment l'interprête, il ne comptait que des amis.

& Pourquoi faut-il qu'une implacable mort soit venue nous l'enlever si inopinément, et à un âge où il lui était permis d'entrevoir un si brillant avenir?

» Nous tous, Francqui, nous conserverons précieusement ton souvenir et nous ne cesserons de nous rappeler, en nous en inspirant, ta vie si pleine d'honneur, de probité et de travail.

>> Adieu Francqui, adieu! »

La correspondance comprend : 1° Lettre de M. van den Corput, informant la Société que, s'absentant pour plusieurs scmaines, il ne pourra assister à la séance; 2o lettre de M. le docteur Joseph De Smeth, qui remercie la Société de lui avoir décerné le titre de membre effectif; 5o lettre de MM. Donders, d'Utrecht, qui remercie la Société de lui avoir accordé le titre de membre honoraire ; 4o et 5o mêmes lettres de MM. Paget, de Londres, et Frerichs, de Berlin; 6o lettre de M. Malek, de Varsovie, qui remercie la Société de lui avoir accordé le titre de membre correspondant; 7o même lettre de M. Marchal, de Mondelange; 8 lettre de M. le docteur Duchenne, se

crétaire général de la Société de médecine pratique de Paris, qui sollicite l'échange du Journal avec le Bulletin de cette Société. Adopté; 9o M. le docteur Gloner, de Luxembourg, adresse à la Société un travail manuscrit, suite du Répétitoire de thérapeutique, article Variole; 10o Il est fait hommage à la Société, de la part des auteurs, des ouvrages suivants : a) Manuel pratique des appareils modelés, etc., par M. le docteur Merchie. Renvoi pour examen à M. Thiry; b) Quelques considérations pratiques sur le diagnostic et le traitement des maladies organiques du cœur, par le docteur Hippolyte Barella. Renvoi pour analyse à M. Crocq; c) Du rétrécissement végétant ou polypeux du canal de l'urèthre, etc., par le docteur Louis Gallez; 11° M. Th. Belval, pharmacien à Bruxelles, fait hommage d'une brochure intitulée : De l'organisation de l'hygiène publique en Belgique. Renvoi pour examen à M. Martin.

La Société a encore reçu 12 une brochure intitulée : Sull' alcoolismo acuto, considerazioni del cav. dottor Ezio Castoldi. Renvoi pour analyse à M. Delstanche; 13 Archiv der deutschen Gesellschaft, etc. Renvoi pour examen à M. De Smeth. Ouvrages présentés :

1. Manuel pratique des appareils modelés, ou nouveau système de déligation, par le docteur Merchie. Bruxelles, H. Manceaux, 1872.

2. Du rétrécissement végétant ou polypeux du canal de l'urèthre considéré chez l'homme et chez la femme, par le docteur Gallez. Bruxelles, H. Manceaux, 1871.

3. Quelques considérations pratiques sur le diagnostic et le traitement des maladies organiques du cœur, par le docteur Barella. Bruxelles, H. Manceaux, 1872.

4. Archiv der deutschen Gesellschaft für Psychiatrie und gerichtliche Psychologie. 1870-71, viertes Heft.

5. Sull' alcoolismo acuto, considerazioni del cav. dottor Ezio Castoldi. Milan, 1871.

6. Acefalia tetramerica, lettera del dottor Sapolini, etc. Milan, 1870.

7. Bozzetto neurologico circa il nervo vidiano o ricorrente di Meckel, lettera del dottor Sapolini. Milan, 1871.

8. Mémoires de l'Académie de médecine. Paris, 1869-70.

9. Diagnostic général du chancre syphilitique, par le docteur Alfred Fournier, leçon recueillie et rédigée par M. Gripat, interne des hôpitaux. Paris, 1871.

10. Aarsberetning fra Institutet for Svensk medicinsk Gymnastik, af Ca. Ma. Nycander. Kjobenhavn, 1865.

11. Etudes sur les maladies et la mortalité de l'armée hollandaise, par le docteur Bertherand. Alger, 1870.

12. Etude sur l'hydrate de chloral et le Henri Byasson et Antonin Follet, pharmatrichloracétate de soude, par le docteur cien. Paris, 1871.

13. Rétrécissements uréthraux. Uréthrotomie interne et nouveaux uréthrotomes, par Ch. Horion. Bruxelles, H. Manceaux, 1872.

14 à 105. Divers journaux et recueils scientifiques périodiques.

La parole est à M. Marchant pour donner lecture de son rapport sur le travail de M. Gloner.

M. MARCHANT. Messieurs, M. le docteur Gloner, de Luxembourg, vous a adressé,

il y a déjà quelque temps, un travail manuscrit intitulé : Répétitoire de thérapeutique de quelques maladies internes, que vous avez renvoyé à l'examen d'une commission composée de MM. van den Corput, rapporteur, Janssens et moi.

Notre honorable collègue M. van den Corput m'ayant prié, avant son départ, de le remplacer comme rapporteur de ce travail, j'ai l'honneur de m'acquitter de cette mission.

Comme vous avez pu le voir par la lecture de la partie du Répétitoire de thérapeutique déjà insérée dans les numéros de septembre et d'octobre de notre journal, ce travail a pour objet de mettre en regard les uns des autres les différentes médications préconisées par divers auteurs dans une maladie donnée. Le manuscrit déjà assez volumineux de M. Gloner traite de huit maladies. Ce sont l'apoplexie, le croup, la dysentérie, la fièvre typhoïde, la néphrite albumineuse, la pneumonie croupale, la phthisie, la syphilis. Enfin il vient de nous adresser une notice répétitoire sur la variole.

Le travail entrepris par M. Gloner lui a demandé de longues et laborieuses recherches; il a suivi, pour toutes les maladies que je viens de vous citer, un même plan. Celles qui ont déjà été publiées suffisent pour vous mettre à même d'apprécier tout le travail.

J'ai l'honneur de vous proposer, Mes sieurs, au nom de votre Commission, d'accorder à M. le docteur Gloner le titre de membre correspondant.

M. CROCQ. Je n'ai pas une idée bien nette du but de l'ouvrage de M. Gloner. J'ai vu que c'est un assemblage contradictoire d'opinions de différents auteurs sur le traitement de certaines maladies que M. Gloner se plaît à mettre en regard de manière à produire des effets assez bizarres. Ainsi, d'après certains auteurs, la saignée peut guérir de l'apoplexie, et d'après certains autres elle tue indubitablement le patient, et ainsi de suite.

Je demanderai au rapporteur s'il voit comme conclusion quelque chose de pratique ou de scientifique dans l'ouvrage de M. Gloner. Pour ma part j'y vois quelque chose de pittoresque et ma science ne se contente pas de ces choses-là.

M. MARCHANT. Il est regrettable que le travail de M. Gloner ne renferme pas plus d'esprit critique. Cependant je le considère comme pouvant être très-utile pour le prati

cien, en lui remettant en mémoire les différentes médications suivies par les auteurs les plus recommandables.

M. CROCQ. Il y a plus je vois dans cet ouvrage quelque chose de nuisible. Si vous voulez me voir en contradiction avec moimême, rien n'est plus facile, et M. Gloner, en appliquant sa méthode, pourra, d'après mes écrits passés et futurs, me mettre en contradiction continuelle. Ainsi, selon moi, la saignée constitue un moyen efficace, radical, dont on ne peut se passer dans le traitement de la pneumonie aiguë. Voilà une proposition que je pose comme étant l'expression de mon opinion.

Le tartre stibié constitue aussi un agent de traitement des plus efficaces. En troisième lieu, l'acétate de plomb à haute dose constitue un excellent moyen de traitement de la pneumonie. En quatrième lieu, l'alcool constitue un excellent moyen à employer dans la pneumonie aiguë.

Voilà plusieurs opinions que je professe à la fois, et me soutiendrez-vous, en les énumérant ainsi, que je ne sais ce que je dis?

Nullement, car ce que je prétends, c'est que dans des circonstances déterminées ces moyens si différents que je viens d'indiquer peuvent tous être employés d'une manière efficace dans le pneumonie aiguë et que tous au contraire sont mauvais lorsqu'ils sont employés à tort et à travers. Et cependant, s'emparant de ce que je viens de dire, on pourra me mettre en contradiction avec moi-même, parce que l'on ne connaîtra pas les motifs physiologiques qui me guident.

A ce point de vue je dis que le travail de M. Gloner n'est pas utile et j'ajouterai même qu'il est nuisible. Il peut influer sur l'esprit de beaucoup de médecins et les conduire au scepticisme médical, ce qui serait à déplorer, car celui qui ne croit plus à rien négligera bien souvent l'application des moyens par lesquels il aurait pu soulager ses malades et peut-être leur sauver la vie. Cet ouvrage peut encore, chez les hommes chez lesquels la conscience, le sentiment de l'honnêteté, ne sont pas bien profonds, les précipiter dans l'homoeopathie

A mon avis donc, cet ouvrage de M. Gloner ne peut présenter qu'un intérêt de curiosité et je serais par conséquent loin de vouloir lui décerner des éloges.

M. THIRY. Il est certain que l'observation de M. Crocq est fort juste. Je crois néanmoins qu'il serait bon que M. Gloner,

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M. JANSSENS. Messieurs, parmi les nombreuses publications scientifiques italiennes dont il a été fait hommage à notre Compagnie et que vous avez renvoyées à mon examen, j'ai choisi aujourd'hui, pour vous en rendre compte, un nouvel opuscule de notre infatigable confrère, M. le professeur Fr. Rizzoli. Ce travail est intitulé Gastrotomie dans un cas extraordinaire d'anus contre nature établi à la région ombilicale.

Chacune des publications du savant chirurgien de Bologne se distingue, ainsi que vous avez eu bien souvent occasion de le constater, par une originalité qui témoigne tout à la fois du génie inventif, de la profonde sagacité de notre confrère, ainsi que de son incomparable habileté manuelle. L'observation dont j'ai à vous entretenir aujourd'hui, vient confirmer une fois de plus la réalité de ces mérites qui ont placé M. Rizzoli au premier rang des chirurgiens de notre époque.

Voici l'exposé du fait clinique qui a fourni à M. Rizzoli l'occasion d'un nouveau succès opératoire.

Giovanni Ruggeri, né dans la banlieue de Bologne, tailleur de profession, avait été atteint, vers l'àge de 17 ans, d'une maladie intestinale qui, après avoir offert au début les symptômes de l'entérite, avait rapidement cédé à l'action de quelques purgatifs. Quatorze mois plus tard, le sujet constata la présence d'une petite tumeur à la région ombilicale; cette tumeur, d'abord incommode, devint douloureuse et s'accrut progressivement en faisant saillie sous la peau; au bout d'un mois elle avait acquis le volume d'un petit œuf de poule. La fluctuation étant devenue manifeste, on y pratiqua une incision qui donna issue à du pus d'abord sanguinolent, puis séreux et fétide : néanmoins, quelques jours suffisent pour cicatriser l'incision. En temps, la peau de la région sus ombilicale se tuméfiait et ne tardait pas à s'ulcérer

même

spontanément en laissant s'écouler une matière putride semblable à celle qui était issue de la tumeur précédente; quelques jours plus tard, cette ouverture laissait sortir des pellicules et des grains de raisin, quelques heures seulement après que le malade avait mangé une grande quantité de ces fruits; les matières fécales ne tardèrent pas à suivre la même voie en même temps que les garde-robes devenaient de moins en moins copieuses par les voies naturelles. Un traitement palliatif apporta du soulagement à cette grave infirmité, mais pour peu de temps; aussi, cinq mois après l'établissement de cet anus artificiel, le jeune Ruggeri obtint son admission dans le service clinique du professeur Rizzoli.

Convaincu par l'examen des matières évacuées que la lésion avait son siége dans le gros intestin, notre confrère put s'assurer, au moyen de la sonde, que l'ouverture externe de l'anus anormal communiquait avec un canal creusé dans l'épaisseur de la paroi abdominale sur une longueur de quatre à cinq centimètres, et dirigé de dehors en dedans, de haut en bas; ce canal débouchait près de la cicatrice dont il a été fait mention ci-dessus, dans la cavité du péritoine où s'étaient accumulées, sur un espace très-étendu, des matières fécales que l'on put faire sortir à l'aide de pressions bien ménagées. Cette ouverture ayant été agrandie par une dilatation graduée, de manière à permettre l'introduction du doigt, M. Rizzoli put constater directement la présence d'une anse de l'intestin grêle dilatée par des gaz et adhérente à la portion de péritoine que revêt le muscle droit du côté gauche; dans sa partie postérieure, la cavité dont il s'agit était limitée par une portion étendue du gros intestin, et supérieurement par des anses intestinales agglomérées et adhérentes les unes aux autres. Le canal d'émission de cette cavité fut fendu à l'aide du bistouri guidé sur le doigt, en vue de faciliter la sortie des matières fécales, mais ce résultat n'ayant été obtenu que d'une manière incomplète, le chirurgien se décida peu après à ouvrir l'abdomen sur un point qui fût en communication plus directe avec l'ulcère intestinal. Des injections, pratiquées par le rectum, avaient démontré que celui-ci siégeait dans la partie inférieure du gros intestin; en conséquence, M. Rizzoli pratiqua, dans l'épaisseur des parois abdominales, un peu au-dessus du pubis, une contre-ouverture

longue d'environ quatre centimètres, qui permit l'évacuation d'une grande quantité de matières fécales mélangées de pus, qui occupaient cette cavité morbide. Les deux ouvertures devinrent, du reste, bientôt insuffisantes, et notre confrère jugea plus convenable de fendre dans une étendue de sept centimètres la portion de paroi abdominale qui séparait les deux orifices : grâce à cet expédient, l'accumulation des matières fécales dans le ventre ne put plus s'effectuer. D'autre part, il devenait nécessaire de s'occuper de l'ouverture morbide de l'intestin : l'auteur parvint à s'en rendre compte par l'exploration digitale pratiquée à la fois du côté de la plaie et du côté de l'intestin; il eut aussi recours à l'otoscope de Brunton, modifié par Hinton, à l'aide duquel il éclaira la cavité stercorale et put constater postérieurement, à gauche et en bas, dans le gros intestin, l'existence d'un pertuis ayant les dimensions d'un centime. Cet orifice fut ensuite cautérisé à plusieurs reprises au moyen de la pierre lunaire montée sur un porte-caustique caché. Grâce à ce mode de traitement, la cavité se rétrécit rapidement et la lésion si grave dont Ruggeri avait été atteint se réduisit à un canal fistulaire très-étroit, à peine incommode, siégeant un peu au-dessus du pubis, à l'extrémité d'une cicatrice épaisse mesurant neuf centimètres de long.

L'affection si grave dont nous venons de retracer sommairement les péripéties principales, paraît avoir été produite par la présence d'une petite arête de poisson que M. Rizzoli trouva fixée sur le rebord de l'ulcération intestinale. Ce n'est pas sans raison que savant professeur de Bologne insiste sur la singularité de cette observation, surtout à cause de ce fait qu'une ulcération du rectum a permis aux matières fécales de s'épancher dans la cavité de l'abdomen et d'y séjourner sans compromettre la vie, pour se frayer un passage à travers un anus contre nature dans la région ombilicale. Ajoutons qu'il n'est pas moins intéressant de constater l'innocuité d'une incision prolongée du péritoine déjà envahi par l'inflammation et accoutumé au contact de substances aussi hétérogènes et irritantes que le sont les matières fécales.

En regard de l'observation remarquable dont vous venez d'entendre l'analyse, je crois opportun, Messieurs, de vous signaler un autre cas de gastrotomie opéré naguère par notre zélé correspondant,

M. le professeur Scarenzio, de Pavie. Celui-ci en a fait l'objet d'une lettre adressée à M. Rizzoli, et insérée dans la Rivista chirurgica de Milan.

Cette seconde opération de gastrotomie a été pratiquée dans un cas d'étranglement intestinal interne chez un homme âgé de 31 ans, qui avait été atteint d'une hernie inguinale étrangléc, réduite par M. Scarenzio àu moyen du taxis. Les symptômes d'étranglement s'étant reproduits sans trace de hernic à l'extérieur, M. Scarenzio a eu recours à l'opération suivante :

Il commença par inciser les couches extrêmes de l'ouverture inguinale externe en descendant sur une étendue de 6 centimètres vers le scrotum. Le cordon ayant été dénudé, il remonta vers l'anneau à la distance de deux centimètres et découvrit le sac herniaire flétri et s'efforça de l'attirer au dehors en tirant sur le cordon, mais en vain. Il incisa alors la paroi supérieure et externe du canal inguinal dans le but de reconnaître l'état du collet du sac qu'il trouva libre. Alors, pour procéder plus aisément dans ses recherches, à l'aide d'un bistouri boutonné, guidé sur le doigt, il divisa la paroi abdominale dans une étendue de six ou sept centimètres, parallèlement à l'axe crural. Cette plaie lui permit de porter le doigt sur les anses intestinales qui occupaient la fosse iliaque et de constater ainsi, à une profondeur de neuf ou dix centimètres, l'existence d'une bride ayant la forme d'un cordon lisse et reliant plusieurs anses intestinales entre elles. Cette bride fut coupée au moyen de l'entérotome. L'opérateur s'assura, en attirant au dehors plusieurs anses, que l'intestin n'offrait pas de gangrène. Tous les symptomes d'étranglement se dissipèrent après cette opération, et le malade obtint sa guérison complète.

J'ai l'honneur de vous proposer, Messieurs, d'adresser des remercîments à notre savant collègue M. Rizzoli, pour son intéressante communication et de déposer honorablement son travail à la bibliothèque.

Ces conclusions sont mises aux voix et adoptées.

La parole est à M. Sacré, pour faire rapport sur deux mémoires manuscrits de M. le docteur Ledeganck.

M. SACRÉ. Messieurs, M. le docteur Ledeganck, de Bruxelles, nous a fait parvenir deux mémoires manuscrits, à l'effet d'obtenir le titre de membre effectif de notre Société.

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