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mentation ou putréfaction. Comme exemple des désodorants, on peut mentionner le chlorure de manganèse et le sulfate de protoxyde de fer. Parmi les antiseptiques, on compte le chlorure de mercure, le chlorure de zinc, lc chlorure de sodium, l'acide arsénieux, quelques-unes des huiles essentielles, l'acide carbolique ou phénique et l'acide crésylique. Les désinfectants sont de deux classes: ceux qui, agissant par oxydation, détruisent les substances organiques en donnant naissance à l'infection (comme le permanganate de potasse, le chlorure de chaux, l'acide nitrique), et ceux qui, agissant comme le montre M. le docteur Samson, par leur présence, ne subissent eux-mêmes aucune décomposition, mais semblent empoisonner ou rendre inoffensifs les germes des maladies. A

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Ce tableau montre clairement que les seuls vrais antiseptiques sont les acides carbolique et crésylique, et les résultats s'accordent avec ceux obtenus par M. William Crookes, F. R. S., le docteur Angus Smith. F. R. S., et le docteur Samson. Quant aux deux acides, leur action se continua jusqu'à ce que les solutions d'albumine et de colle carbolique et crésylique fussent devenues sèches.

cette classe appartiennent le camphre, les acides sulfureux et carbolique. Il est bien entendu que les substances ci-dessus désignées ne possêdent pas exclusivement les propriétés de la classe à laquelle je les ai rapportées; mais je crois que leur caractéristique prédominante est bien celle que je leur ai assignée.

Dans le but de démontrer les assertions du paragraphe qui précède, j'ai fait deux séries distinctes d'expériences : la première consiste à placer dans des bouteilles non bouchées des solutions d'albumine et de colle de farine. A ces solutions j'ajoutais en diverses proportions quelques-unes des substances actuellement préconisées comme antiseptiques; le tableau suivant montre les résultats obtenus :

Il en résulte que, si l'on a seulement besoin de désodorisants pour éloigner la mauvaise odeur d'une masse quelconque de matière dans un état de décomposition ou de putréfaction, on peut les employer avec avantage: tels sont le chlorure de manganèse, le chlorure de chaux, le sulfate de fer et le permanganate de potasse, mais que s'il s'agit de prévenir la décomposition des matières organiques (et dans mon opinion c'est le but qu'il fant atteindre, car il vaut mieux prévenir que guérir), les deux seules substances vraiment effi

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caces sont les acides carbolique et crésylique.

Comme il est bien connu que les produits de la putréfaction des matières organiques facilitent la décomposition des substances appartenant à la même classe qu'elles, quand on les place dans leur proximité (l'atmosphère servant sans doute au transport des germes), j'ai fait les expériences suivantes dans le but de déterminer celles des substances sus-mentionnées qui possèdent au plus haut degré la puissance de détruire de semblables germes et de prévenir la putréfaction des substances animales. Au fond d'un flacon à large goulot, je plaçais des quantités connues de chacun des antiseptiques, et je suspendais au-dessus d'eux, par un fil, un morceau de viande saine; alors, par un examen de chaque jour, il devenait facile de déterminer avec certitude laquelle des viandes devenait gâtée ou pourriè. Le tableau qui suit donne les résultats obtenus.

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Examen microscopique d'extraits faits de teintures officinales. MM. Deane et Brady ont, il y a déjà quelque temps, publié d'intéressantes observations sur l'analyse microscopique appliquée à la pharmacie, et ont observé qu'après un certain temps de préparation les teintures, et en particulier celle de belladone, de ciguë, de digitale et d'opium, renfermaient des cristaux caractéristiques, dont le nombre augmente graduellement avec le temps, Les teintures de cascarille, de Buchu, de quinquina, de noix vomique et de rhubarbe n'ont donné aucune trace de cristaux, après dix-huit mois de conservation, M. J. Ellwood, qui a répété les expériences de MM. Deane et Brady. Un fait curieux a été observé par M. Ellwood sur l'opium: ayant traité cette substance par l'éther, et ayant fait un extrait aqueux avec le résidu, il a trouvé rapidement des cristaux trèsbeaux en forme de plume, sans aucune trace de cristaux prismatiques de la narcotine. (Ibid.)

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-

16 jours.
19 jours.

ne se gåta pas, mais sécha et devint très-dure.

idem. idem.

(Journal de pharmacie et de chimie.)

Note sur l'huile de colza; par MM. A. WURTZ et E. WILLM. En faisant passer dans l'huile de colza un courant de vapeur d'eau à la température de 116 à 120 degrés, on entraîne un principe odorant et acre, sans saponifier sensiblement l'huile, inconvénient qu'entraînerait l'emploi de la vapeur d'eau fortement surchauffée. Un lavage avec une solution faible et chaude de carbonate de soude enlève d'ailleurs les traces d'acide gras, qui ont pu se former ou qui ont pu préexister dans les huiles de mauvaise qualité. La séparation du savon formé présente quelques difficultés. (Ibid.)

Pourrie.

4 jours. 19 jours.

21 jours.

Huile de faine.

Cette huile, retirée des graines du fagus sylvatica, est peu employée au Canada pour faire du savon, car celui-ci, qui est gris sale et jaunit à

25 jours. 25 jours.

à

Principe vénéneux du cicuta virosa, M. A. H. van Ankum dit que la cicutine ou huile retirée de la ciguë dissout le soufre et le phosphore comme l'essence de térébenthine. Son pouvoir rotatoire au polarimètre est à droite et aussi marqué que celui d'une plaque de quartz de 0,00142 d'épaisseur. Il n'a pas pu trouver la présence de l'alcaloïde volatil dans les racines de ciguë, comme on le dit dans les ouvrages classiques. C'est en vain qu'il a cherché à obtenir cet alcaloïde au moyen de l'alcool et de l'éther; il est du reste entièrement difficile d'obtenir chimiquement pur le principe toxique, qui lui a paru cependant être neutre. (Ibid.)

l'air, est graisseux et mou; il a en outre l'inconvénient de perdre en quelques mois, par la dessiccation, une grande quantité de son poids. Le docteur Wetherboe lui a trouvé à + 16o un poids spécifique de 0,9225; l'huile se solidifie à + 2o; 100 parties d'alcool à 90° en dissolvent 4 parties. Sa composition est : carbone, 79,77; hydrogène, 10,57; oxygène, 9,12, avec un léger résidu. (Ibid.)

Sur le busha. Le busha est une boisson qui paraît posséder au plus haut degré la propriété enivrante; aussi, d'après le docteur Palm (Some narcotics used by the inhabitants of Central Asia, Pharmac. Zeitschrift für Russland, no 4, 1870), les autorités militaires russes ont-elles été obligées d'en prohiber l'usage à leurs troupes, qui le préféraient à tout autre spiritueux, ce qui les rendait impropres au service en peu de temps. Les Kirghis préparent le busha de la manière suivante : On réduit en pâte le millet avec de l'eau, on le délaye dans une plus grande quantité d'eau ou quelquefois de lait de jument, et on le place dans des vases de terre, soi

gneusement bouchés, qu'on enfouit ensuite pendant une dizaine de jours; on décante et l'on verse dans des bouteilles de verre, qu'on bouche bien et qu'on laisse debout quelques jours. Ce liquide est verdâtre et laisse déposer un sédiment épais; quand il est à point, il pétille et jaillit hors de la bouteille; le busha est aigre, alcoolique, et laisse un arrière-goût désagréable qui dénote la présence du fusel oil. Bien que fabriqué avec des substances innocentes, il n'en a pas moins une action très-marquée sur l'économie, ce qui tient sans doute à la présence dans l'alcool d'acides gras et de leurs alcools ou fusel oil, ainsi que des acides acétique, lactique et valérianique. (Ibid.)

Composition de l'iva (Achillea moschata). Le docteur A. V. Planta-Reichenau ayant récolté la plante avant la floraison et sans sa racine, l'a réduite en poudre grossière et l'a distillée jusqu'à ce qu'il n'y ait plus production d'essence; la décoction aqueuse a été évaporée en consistance d'extrait. Le résidu du traitement par l'cau a été séché et soumis à l'action de l'alcool jusqu'à ce que celui-ci n'ait plus donné de goût amer; la plus grande partie de cet alcool a été retirée par distillation. L'huile essentielle d'Achillea mo

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schata, que l'auteur nomme waol, est vert bleuâtre, avec une odeur particulière, non désagréable, et une saveur qui rappelle la menthe poivrée. Elle commence à bouillir à + 170o, et distille en grande partie entre 180° et 210o, en laissant un résidu résineux brun foncé, non amer, insoluble dans l'alcool absolu, mais facilement soluble dans l'éther et l'essence de térébenthine. Rectifiée, l'huile est jaunâtre, d'une odeur agréable, avec une saveur amère chaude, poivrée; sa composition est C48 H0 O'. M. Planta-Reichenau a retiré du traitement par l'alcool un principe, qu'il nomme ivaine, dont la composition est CH2O, jaune, de consistance térébenthineuse, insoluble dans l'eau, et communiquant à l'alcool une saveur amère persistante. L'extrait aqueux, traité par l'alcool, lui a donné l'achilleine CH3N2030, alcaloïde rouge-brun, amorphe, friable, très-hygroscopique, très-soluble dans l'eau, difficilement soluble dans l'alcool absolu, insoluble dans l'éther. (Il a trouvé que dans l'Achillea millefolium, le principe amer, que Zanoa n'avait pu se procurer

pur, était identique à l'achilléine.) Il n'en a pas étudié les sels. Par l'ébullition prolongée de l'achilléine avec des acides dilués, M. Planta a obtenu la formation de sucre, d'un principe volatil aromatique et une poudre brun-foncé non amère, insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool qui prend une saveur aromatique, et à laquelle il a donné le nom de achilletin CH17 NO3. M. Planta a également retiré du traitement par l'eau un principe aromatique amer, la moschatine CHNO". Les cendres de l'iva ont donné une très-petite quantité de sulfate de chaux et de magnésie, et beaucoup d'alcalis et de chlorures. L'acide nitrique sépare du résidu les carbonates surtout de chaux, et l'acide phosphorique un peu de magnésie. Le résidu consiste en charbon et beaucoup de silice. On sait que l'iva (Achillea moschata) jouit depuis des siècles, en Suisse, d'une grande renommée sous le nom d'herbe de la dame des forêts (Wildfraïlein-Kraut), comme tonique et stomachique.

(Ibid.)

Hist. nat. médicale et pharm.

Origine botanique de l'encens. Ce produit, qui a été attribué par les divers auteurs à un grand nombre de plantes différentes, puisque Linné le rapportait au Juniperus Lycia, Bruce au Boswellia papyrifera, Colebrooke au Boswellia thurifera, et Bennett au Plos leu floribunda, a été l'objet de recherches intéressantes de M. George Birdwood, qui les a fait connaltre à la Société Linnéenne de Londres (t. XXVII, p. 3). Il résulte de ses recherches et de l'étude qu'il a faite de plantes rapportées vivantes de Somali par M. Carter, qui les avait déposées au jardin de la Société d'horticulture de Bombay, que l'encens de Somali est fourni par deux espèces non encore décrites et auxquelles il a donné les noms de Boswellia Carterii bhun dajiana. C'est par une erreur, qui s'explique par la voie suivie par les importateurs, que le produit important connu sous le nom d'encens dans le commerce a été attribué au Boswellia thurifera et glabra, de l'Inde, et au Boswellia papyrifera de l'Abyssinie : ce sont bien des plantes à exsudation résineuse, mais elles ne donnent pas l'encens du commerce.

(Journ. de pharm. et de chimie.)

Sur le sylphium d'Arrien. Il n'est peut-être pas de plante, indiquée par les anciens, sur laquelle on ait plus disserté que le Sylphium. Quelques auteurs ont pensé devoir le rapporter au Prangos pabularia, Lindl., ombellifère des régions froides de l'Himalaya et du Cachemir, où elle sert presque exclusivement à la nourriture des chèvres, moutons et yaks. Moorcroft's travels in Cashmere and Bockhara.) Ses graines se vendent dans les bazars du nord de l'Inde, sous le nom de Fiturasalyon. Il n'est pas probable que les auteurs qui rapportent le Sylphium au Prangos aient raison, mais cette plante est intéressante, car elle pourrait, sans doute, être introduite facilement en Europe pour servir à la nourriture de nos troupeaux; en effet, elle croît dans les licux les plus arides, sous un climat très-froid et sans demander aucun soin de culture. (Vigne, Personal narrative of a visit to Chuznee Cabul and Afganistan). Le docteur OErsted ayant examiné des monnaies cyrénaïques sur lesquelles le fruit du Sylphium est représenté en forme de cœur, en a conclu qu'il ne pouvait être rapporté au Thapsia sylphium, qui est toxique pour les animaux, mais qu'il devait être produit par une espèce qu'il nomme Narthex Sylphium et qu'il pense devoir se retrouver au sud de Barka. Bien que le fruit du Narthex Sylphium, OErsted, se rapproche beaucoup de celui du Narthex asa fœtida, Falconer, il y aurait une grande différence dans les propriétés résineuses des deux plantes. (Ibid.)

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Falsifications, etc.

Note sur les falsifications de la chicorée par la tourbe ; par M. TH. SWARTS, professeur à l'Université de Gand. La chicorée, comme toutes les substances qui entrent pour une large part dans l'alimentation de l'ouvrier, a été, pour certains industriels avides, l'objet des falsifications les plus diverses, les plus éhontées, et l'on trouve dans les ouvrages spéciaux des indications nombreuses sur ces diverses sophistications et sur les manières de les reconnaître. Il en est une toutefois qui semble avoir échappé jusqu'ici aux investigations des chimistes, et qui n'est relatée dans aucun des ouvrages que j'ai eu l'occasion de consulter je veux parler de l'addition de poudre de tourbe à la poudre

de chicorée. Cette fraude semble être l'apanage exclusif de nos Flandres, et doit s'y pratiquer sur une assez vaste échelle, si l'on tient compte de la grande consommation de chicorée que l'on y fait (1). Si l'on considère, d'autre part, qu'il y a des négociants qui ne vendent que de la tourbe moulue; que des quantités considérables de cette matière sont envoyées à la mouture; et que le peuple accuse ouvertement la tourbe d'être la substance étrangère que l'on incorpore dans la chicorée et la désigne sous les dénominations significatives de terre à chicorée ou terre à tubac, on pourra aisément juger de l'importance de cette fraude.

Il était donc désirable, au point de vue de la moralité industrielle et de l'intérêt des classes laborieuses qui trouvent dans la chicorée un succédané du café, de découvrir une méthode permettant de reconnaître la tourbe mélangée à cette denrée. J'ai été appelé par la justice à résoudre ce problème. Ayant eu à examiner une grande série d'échantillons fortement suspects, et saisis chez des fabricants où l'on avait également découvert de la tourbe en quantité considérable, j'ai été amené à trouver un procédé qui me paraît assez convenable, et que j'ai l'honneur de soumettre au jugement de l'Académie.

La chicorée est la racine torréfiée et moulue du Chicorium intybus. Elle a été l'objet de nombreux travaux, non-seulement à cause des falsifications qu'on lui fait subir, mais aussi parce qu'elle sert fréquemment à falsifier le café en poudre. Qu'il me soit d'abord permis de rappeler ici les principaux résultats sur lesquels il convient de s'appuyer dans la recherche des sophistications à l'aide de la tourbe, dont cette substance peut être l'objet.

Une première indication est fournie par la teneur en cendres. Une chicorée pure, séchée à 100°, laisse de 4 à 6,5 pour 100 de résidu à l'incinération. Tous les auteurs sont d'accord sur ce point (2). J'ai fait moi-même plusieurs déterminations de cendres en opérant sur de bonnes chicorées du commerce, et je suis arrivé au même résultat, c'est-à-dire à une teneur de 6 à 6,5 pour 100. Mais en opérant sur

(1) La consommation annuelle de la chicorée en Belgique s'élève à dix millions de kilo grammes.

(2) Voir Bolley, Manuel d'essais et de recherches chimiques, 666. Hassall, Adulterations detected, 135. Heuzé, Plantes industrielles, I, 134.

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Je crois pouvoir conclure de ces chiffres que la teneur moyenne et normale d'une chicorée bien préparée, et exempte de terre adhérente, est de 4 pour 100 de cendres; et que les 2,5 pour 100 supplémentaires constituent une espèce de tolérance accordée aux fabricants pour le sable qui peut adhérer aux racines. Toute chicorée qui laisse plus de 6,5 pour 100 de cendres doit être considérée comme défectueuse, soit par suite d'une trop forte torréfaction, soit qu'on y ait laissé ou introduit un excès de matière terreuse, soit enfin qu'on l'ait falsifiée par une substance riche en cendres, comme c'est le cas pour plusieurs

tourbes.

La question de la richesse en cendres de la chicorée, examinée d'une manière générale, me paraît plus importante qu'elle ne semble au premier abord. Quelques fabricants, en effet, travaillent des racines fortement chargées de boue; et sous prétexte que le lavage des racines n'est pas entré dans la pratique industrielle, et que les fibrilles, la terre, etc., que la dessiccation détache des cossettes, ont été payées comme chicorée, ils ajoutent à la racine proprement dite, toute les matières que les tourailles en avaient séparées. De cette façon, la proportion de cendres peut s'accroître considérablement, sans que pour cela il y ait falsification proprement dite mais il n'est pas moins vrai que le client est induit en erreur sur la valeur réelle de la marchandise, et qu'une concurrence peu loyale est

(1) On entend par chicorée semoule ou tapioca, les grains grossiers de chicorée que le blutoir sépare de la poudre fine. Ces grains sont ainsi séparés des particules terreuses adhérentes à la racine, et excluent toute fraude par addition de substance pulverulente étrangère.

faite à des fabricants qui travaillent des racines micux nettoyées. Il serait désirable, au point de vue de la moralité industrielle, et dans l'intérêt des consommateurs, que cette question fut jugée, et que, comme en France (2), une disposition réglementaire vînt fixer la quantité maxima de matière terreuse qu'une chicorée peut laisser à l'incinération, sous peine d'être considérée comme falsifiée. Les fabricants eux-mêmes auraient tout avantage à tirer de là: car un excès de cendres éveille plutôt le soupçon de falsification que l'idée de fabrication défectueuse.

La racine de chicorée contient une quantité considérable de matière extractive, que la torréfaction transforme en une sorte de caramel. Une chicorée bien préparée cède à l'eau de 57 à 65 pour 100 de matière soluble. Mes expériences confirment ces résultats j'ai observé cependant qu'il est assez long et difficile d'expulser les dernières traces d'humidité de la matière extractive ainsi obtenue, et qu'on arrive plus sûrement au résultat en épuisant la chicorée sur un filtre taré et en pesant le résidu séché à 100. L'appareil à filtration rapide de M. Bunsen rend ici des services précieux.

*

La poudre de chicorée est une substance assez hygroscopique. Les marchands qui la débitent en paquets admettent que la poudre sèche absorbe de 12 à 13 p. 100 d'humidité, et font leurs pesées et leurs prix en conséquence. La quantité d'humidité qu'une chicorée abandonne à la dessiccation et celle qu'elle reprend ensuite lorsqu'on l'expose à l'air humide, peuvent donner par conséquent des indications utiles sur son degré de pureté.

Enfin, la structure microscopique de la racine de chicorée est assez caractéristique: on y distingue aisément de grandes cellules remplies de granulations, et des vaisseaux scalariformes.

Si nous examinons maintenant la tourbe, nous arrivons à des résultats bien différents. La tourbe, comme on le sait, est un combustible fossile résultant de la transformation de divers végétaux cryptogamiques au sein des eaux. Son caractère le plus saillant est fourni par l'odeur particulière qu'elle répand lorsqu'on la brûle. Ses

(2) Une instruction du 25 juillet 1853, publiée par le ministre de l'agriculture et du commerce, porte que la chicorée en poudre est pure quand elle ne donne pas au delà de 5 à 6 pour 100 d'une cendre grisâtre, après avoir été incinérée.

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