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l'économie humaine. Elles traversaient l'étoffe, mais étaient pourtant un peu plus marquées sur la face tournée vers le corps que sur la face extérieure de la chemise, bien que celle-ci fût plus blanche et moins sale que l'autre. La disposition de l'ourlet venait, outre la manière dont était tachée la chemise, aider à la distinction des faces intérieure et extérieure de ce vêtement. Toutes ces taches empesaient légèrement l'étoffe, mais les petites plus que la grande ; bien que l'empèsement de celle-ci fût manifeste, les plis de la toile se conservaient davantage une fois formés au niveau des taches que sur les portions non tachées. La grande tache avait en outre de sa teinte grisâtre un ton sale, que n'avaient pas les petites et qui la rendait plus foncée qu'elles. Un peu sur le côté de la grande tache, mais sur elle-même et à la face du pan de chemise qui est tournée vers le corps on voyait des taches irrégulières ou maculatures, d'un brun ou gris-verdâtre, sale, comme des maculatures d'excréments ;elles étaient minces, ne formant pas ou presque pas croûte. Elles étaient au nombre de trois principales longues de 8, 15 et 25 millimètres, de largeur moindre et variable dans les divers points de leur étendue ; elles étaient réunies par des traînées irrégulières de même aspect, semblant formées par le frottement de la substance des taches principales pendant qu'elles étaient encore fraîches. Leurs bords étaient dentelés, comme ceux des empreintes laissées sur un linge plissé par une substance colorée. Après avoir constaté ces diverses dispositions extérieures des taches, nous en avons découpé un certain nombre que nous avons ensuite séparées en deux moitiés, afin de soumettre l'une à l'examen microscopique, et l'autre à l'action des réactifs chimiques. Examen à l'aide du microscope de la substance des taches pâles, présumées de nature spermatique. Nous avons découpé en lanières étroites les portions de l'étoffe portant chacune celles de ces taches dont nous voulions déterminer la nature à l'aide du microscope. Nous les avons ensuite fait tremper par une de leurs extrémités dans autant de verres dc montre contenant un peu d'eau distillée. Au bout d'une heure ou deux, l'eau ayant mouillé lentement le linge par imbibition et capillarité, les taches se sont gonflées, sont devenues un peu saillantes à la surface de l'étoffe, fait qui pour être vu exigeait bcaucoup d'attention. En même temps elles sont devenues plus

brillantes qu'elles n'étaient et les taches grises et pâles, soupçonnées de nature spermatique, ont pris un peu l'aspect gélatiniforme ou muqueux. Nous avons alors raclé chaque tache avec la lame d'un bistouri propre, pour enlever la substance tapissant l'étoffe et celle qui avait pénétré par imbibition entre ses fils. Nous avons ensuite séparément pour chaque tache, soumis à l'examen microscopique la matière enlevée. Le microscope nous a montré dans la substance obtenue comme il vient d'être dit, un certain nombre de filaments présentant tous les caractères de ceux qui composent les fils de chanvre. Entre eux nous avons aperçu facilement une grande quantité de substance homogène, à peine grisâtre, transparente, telle qu'on en trouve dans le sperme et autres matières muqueuses d'origine animale. Elle se présentait soit en flocons à contours sinueux, tels que nous les avons représentés dans le dessin annexé au présent rapport, soit en couches plus étendues interposées aux filaments entrecroisés. Nous avons vu en même temps un grand nombre de corps très-petits, filiformes, pâles, grisâtres, longs de 5 centièmes de millimètre, larges d'un millième de millimètre, terminés par un renflement ou tête à contour plus foncé, ovoïde en forme de poire aplatie, longue de 5 millièmes de millimètres. Ces caractères sont ceux que possédent les spermatozoïdes, éléments caractéristiques du sperme et on ne les trouve dans aucune autre humeur provenant du corps humain. Ils étaient aussi nombreux et aussi rapprochés que dans le liquide spermatique, tel qu'il se trouve lorsqu'il vient d'être rejeté par éjaculation. Ils étaient entiers, flexibles, et il n'y en avait qu'un fort petit nombre qui fussent brisés par les manœuvres de la préparation. Ayant ajouté à celle-ci une goutte d'acide acétique étendu, nous avons vu la substance d'aspect muqueux dans laquelle étaient plongés les éléments caractéristiques du sperme, se dissoudre et ces spermatozoïdes rester intacts et plus nettement apercevables encore qu'ils n'étaient auparavant. Nous avons en outre trouvé dans la matière des taches placées sous le microscope, quelques rares cristaux prismatiques, allongés, terminés en pointe, qui nous ont offert les caractères des cristaux de phosphate de magnésie. Ces cristaux, comme ou le sait, se déposent souvent aussi dans le sperme pendant son refroidissement après qu'il a été rejeté par éjaculation. Nous y avons également aperçu quelques globules de mucus, et quelques cellules polygonales, aplaties, pourvues d'un noyau, telles que sont les cellules de l'épithélium du canal de l'urèthre; éléments qui se trouvent souvent entraînés en petit nombre pendant l'éjaculation. Ces éléments étant tous de ceux qu'on trouve dans le sperme, et accompagnant ici les filaments microscopiques, appelés spermatozoides qui caractérisent essentiellement le sperme ; ceux-ci existant en aussi grand nombre que dans le liquide fécondant et fourni exclusivement par les voies génitales de l'homme arrivé à l'âge de puberté, nous en avons conclu que : Les taches grises, pâles, soumises à notre examen, comme pouvant être de nature spermatique, sont en effet composées par les éléments caractéristiques du sperme, tels qu'on les trouve dans du sperme refroidi ou desséché après l'éjaculation. Nous avons en outre trouvé mélangés à ces éléments : 1° des grains microscopiques, irréguliers, foncés, tels que ceux qu'on voit dans la plupart des poussières d'origine étrangère au corps humain ; 2°quelques rares grains d'amidon, tels que ceux qu'on trouve à la surface de beaucoup d'étoffes blanchies et dans beaucoup de poussières ; 5° des cellules polygonales, minces, plissées, transparentes, sans noyaux, presque sans granulations, semblables à celles qui se détachent incessamment de la surface épidermique du corps humain et qui restent pour la plupart adhérentes aux vêtements appliqués directement sur la peau. Examen à l'aide du microscope des tades brunâtres irrégulières accompagnant les précédentes, mais qui offraient les caractères ortérieurs des tachcs de matières fécales. Placée sous le microscope, la matière de ces taches nous a présenté les éléments trouvés dans les taches pâles et décrits précédemment comme éléments du sperme. Mais nous y avons rencontré une quantité bien plus considérable des corpuscules microscopiques suivants : , l° Des granules verdâtres irréguliers a angles mousses ou à contour sinueux, tels qu'en renferment la bile et les matières locales auxquelles s'est mélangé le liquide biliaire. 2o Des cellules et des trachées des tissus Végétaux, telles qu'en renferment la pluPort des substances végétales qui servent d'aliment à l'homme et qui restent dans *s matières fécales qu'elles concourent à constituer. o° Des globules et des gouttelettes jauos, réfractant fortement la lumière, so

lubles dans l'éther et offrant tous les caractères des globules et gouttes de graisse qu'on retrouve aussi en certaine quantité dans les matières fécales. 4° Enfin nous y avons trouvé un certain nombre de corps microscopiques, ovoïdes, longs de 7 centièmes de millimètre environ, pourvus d'une paroi homogène transparente, assez épaisse, d'un contour extérieur un peu bosselé et d'une cavité régulière remplie par un contenu granuleux, grisâtre. Ces corps offraient tous les caractères essentiels des œufs des vers intestinaux appelés ascarides lombricoïdes, qu'on trouve également dans les matières fécales des individus qui sont affectés de la présence de ces vers intestinaux. Par cet examen nous avons été amené à conclure que les taches grisâtres irrégulières, considérées dans le rapport du précédent expert, comme provenant d'un suintement naturel aux parties génitales de la femme, ne renferment pas les éléments caractéristiques de ces mucosités, tous reconnaissables au microscope ; qu'elles renferment les principaux éléments propres aux taches formées par les matières fécales ; que ce sont des taches réellement formées par des matières fécales, provenant de l'anus essuyé par la chemise après la défécation; que les éléments de ces taches sont mélangés à ceux du sperme, soit que le liquide spermatique ait été projeté sur elles, soit, au contraire, que la portion de chemise tachée par le sperme ait été ensuite tachée elle-même par les matières fécales. En outre : 1° de l'usure moindre du pan de la chemise qui portait ces taches d'excréments, comparativement au pan opposé qui n'avait pas de taches pareilles ; 2° De la nature de ces taches réellement formées par les éléments des matières fécales et non par ceux des mucosités provenant des voies génitales de la femme, nous avons été amené à conclure que : Le pan de la chemise qui porte ces taches ainsi que celles de nature spermatique, n'est point le pan du devant de la chemise, mais le pan postérieur, contrairement à ce qu'indique le rapport, d'après la supposition que ces taches grisâtres foncées sont de nature muqueuse. Étude des réactions chimiques que nous ont présentées les taches soumises à l'examen des experts. — Bien que les caractères précédemment décrits ne nous laissassent pas de doutes sur la nature des taches que nous avions à étudier, puisque nous y avions trouvé les éléments mêmes qui composent l'humeur spermatique dans le corps humain, nous les avons soumises aux réactions chimiques indiquées comme servant à distinguer les unes des autres les diverses sortes de taches suspectes; pour cela nous nous sommes servi des portions de linge tachées que nous avions mises de côté dans ce but. (Voyez Lassaigne. Observations sur quelques réactions que présentent les taches spermatiques avec les taches albumineuses et autres taches analogues. Annales d'hyg. et de méd. légale. Paris, 1858, in-8°, t. X, p. 405, et Journ. de méd., de chir. et de pharmacol., t. XXVII, p. 464.) La chaleur des charbons incandescents agissant d'assez loin pour ne pas roussir l'étoffe au lieu de produire une coloration jaune nankin foncé sur les taches, ainsi que cela a lieu lorsqu'on opère sur un linge blanc taché de sperme, a produit une teinte jaune nankin peu sensible. Ce fait peut être attribué à la teinte sale de tout le pan de la chemise portée depuis longtemps, qui présentait les taches soumises à notre examen. Le sous-tartrate cupro-potassique qui, appliqué sur les taches spermatiques des linges blancs, les colore en gris-bleuâtre, a coloré celles que nous étudions en violet un peu pâle d'une manière très-sensible, comme il colore les taches d'albumine ; cc fait peut être attribué à ce que, ces taches étant placées près de taches de matières fécales, la partie liquide de celle-ci, qui est muqueuse et albumineuse, s'est infiltrée nécessairement dans l'étoffe ; en se mélangeant ainsi au liquide spermatique, clle en a modifié et masqué les réactions chimiques sans en changer pourtant, en quoi que ce soit, les éléments caractéristiques que nous avons décrits. . L'acide azotique à 40° a fait passer au jaune paille les taches spermatiques les plus éloignées des taches de matière fécale; cette couleur, d'abord peu sensible à cause de la teinte pâle de l'étoffe, s'est prononcée davantage par l'action de la chaleur. Cet acide a, au contraire, taché en jaune tirant sur l'orangé les taches de même aspect que les précédentes, que le microscope nous avait fait reconnaître comme de nature spermatique, mais qui, se trouvant près des taches de matières fécales, avaient dû être imbibées par leur portion liquide muqueuse et albumineuse. En résumé, l'emploi des réactifs chimiques ne nous a fourni aucune preuve nouvelle concernant la nature des taches dont le microscope nous avait montré directement les éléments anatomiques constitutifs. Cela est dû au mélange par infiltration

dans l'étoffe de la partie liquide des taches voisines, dont le microscope nous avait fait reconnaître la superposition par places, en nous montrant les éléments du sperme mélangés à ceux des matières fécales dans certains endroits de l'étoffe tachée. Ce mélange qui n'est pas rare dans les cas d'expertise du genre de celle-ci, ôte beaucoup de leur valeur aux caractères tirés de la coloration que prennent les taches au contact de certains réactifs. Ces caractères, auxquels quelques auteurs attachent encore une certaine importance, n'en ont pourtant aucune à côté de ceux qui sont tirés de la présence des spermatozoïdes. La présence de ceux-ci est si exclusivement caractéristique du liquide séminal, qu'on peut dire d'origine spermatique toutes les taches qui en renferment et on ne peut les affirmer telles qu'autant que leur existence a été constatée. D'autre part, les caractères tirés de la coloration ne peuvent être constatés qu'autant que les taches se trouvent sur un linge blanc ; on ne peut pas produire cette coloration lorsque les taches se trouvent sur des étoffes colorées; c'est ce qui est arrivé récemment à l'un de nous (M. Robin) lors d'une expertise dans laquelle l'unique tache à examiner siégeait sur un pantalon de laine grise ; or, en procédant comme il a été dit plus haut, les spermatozoïdes et les autres éléments du sperme ont été découverts avec autant de netteté que sur le liquide séminal frais. Conclusions. Des résultats de notre examen nous avons été amené à conclure : Que les taches grises, pâles, dont la chemise est recouverte en plusieurs endroits, sont de nature spermatique et offrent tous les caractères et la disposition des taches provenant d'éjaculation spermatique. Que les taches brunâtres foncées, moinslarges et moins nombreuses que les précédentes et mélangées à elles, surtout au niveau de la plus grande, sont constituées par des matières fécales, telles qu'il peut s'en échapper volontairement ou involontairement de l'anus d'un enfant. Que la nature de ces taches, leur situation sur la face intérieure du pan de la chemise qui est le plus sale et le moins usé, montrent qu'elles se trouvent sur le pan de derrière de la chemise. Que par suite, les taches de sperme qui leur sont mélangées existent aussi à la face tournée vers le corps du pan de derrière de la chemise et non sur le pan du devant de cette chemise. Que lesdites taches qui sont de nature

spermatique peuvent avoir été produites contre le pan de derrière de la chemise, par une éjaculation amenée par le frottement de la verge en érection, entre les deux cuisses d'un enfant vêtu de cette chemise dont le pan de devant aurait été seul relevé. Que les trois petites taches spermati

ques que nous a présentées le pan du devant de la chemise, à la face tournée vers le corps, peuvent avoir été produites par du sperme resté sur les cuisses de l'enfant ou par contact du pan de derrière principalement taché. (Annales d'hygiène publique et de médecine légale, avril 1860.)

III. ACADÉMIES ET S0CIÉTÉS SAVANTES.

Société des Sciences médicales et naturelles de Bruxelles.

Bulletin de la séance du 4 juin.

Président : M. DIEUDoNNÉ. Secrétaire : M. VAN DEN CoRPUT.

Sont présents : MM. Bougard, Daumerie, Dieudonné, Crocq, Pigeolet, Gripekoven, Leroy, Parigot et Van den Corput. Le procès-verbal de la séance du mois de mai est lu et adopté. La correspondance comprend : 1° une lettre de M. Schoonbroodt, docteur en sciences naturelles et pharmacien à Liége, qui adresse à la compagnie un travail manuscrit Sur la conversion du sucre en une substance analogue à la protéine. — Renvoyéàl'examen de MM. Leroy, Gripekoven etVan den Corput. 2° Une lettre par laquelle M. Loncke, pharmacien à Ypres, consulte la Société sur l'utilité que pourrait présenter un ouvrage qu'il se propose de publier. 5° Une lettre du même, envoyant à titre de spécimen un chapitre de son ouvrage, intitulé : Dissertation sur l'individualité du régétal. Renvoyé à l'examen de MM. d'Udekem, Van den Corput, Leroy et Parigot. 4° Une lettre de M. le docteur Guibert, membre correspondant à Louvain, qui fait hommage à la Société de quelques exemplaires d'une brochure qu'il vient de publier. — Remercîments. 5° Une lettre de M. le docteur J. De Windt, d'Alost, qui soumet à la compagnie un travail manuscrit Sur une épidémie de diphthérie qui a régné à Alost en 1858 et 1859.—Renvoyé à l'examen de MM. Bougard, Henriette et Pigeolet. 6° Une lettre de M. le docteur Sacré, de Bruxelles, contenant la relation d'un cas de métrorrhée séreuse. — L'assemblée or

donne l'insertion de cette communication au Bulletin de la séance et vote des remerciments à M. Sacré. Voici cette lettre :

« MoNsIEUR LE PRÉsIDENT,

« A l'occasion de la discussion qui s'est élevée à la Société des Sciences médicales et naturelles de Bruxelles, à propos du rapport de M. Crocq sur l'ouvrage de M. le D" Chassinat , j'ai l'honneur de vous communiquer le fait suivant, qui me paraît offrir quelque intérêt. » La dame X..., âgée de 52 ans, s'est accouchée au mois de novembre 1858 d'un enfant à terme et bien portant. La grossesse et l'accouchement n'ont été entravés par aucun accident. » Enceinte pour la deuxième fois, elle éprouva plusieurs métrorrhagies légères pendant les deux premiers mois. Le 26 septembre 1859, parvenue au sixième mois de sa grossesse, elle était tranquillement assise, lorsque tout à coup elle se sentit inondée par un flot de liquide : elle crut à une métrorrhagie très-abondante, mais bientôt le liquide incolore qui coulait sur le plancher, vint la détromper. » Peu d'instants après cet accident j'examinai cette dame et je pus constater qu'il s'était écoulé une quantité considérable d'un liquide incolore, d'une odeur fade. Point de contractions utérines ni de dilatation du col ; les mouvements du fœtus sont très-actifs. Je fis transporter la dame dans son lit. — Pendant trois jours l'écoulement persista avec assez d'abondance pour que deux draps de lit, pliés en seize et renouvelés quatre fois en vingt-quatre heures, fussent mouillés d'outre en outre. » Repos absolu ; diète peu sévère. Le quatrième jour le ventre a sensiblement diminué de volume ; les mouvements du fœtus sont ressentis plus bas et plus près de la ligne médiane ; l'écoulement est beaucoup moindre. Après huit jours de repos au lit, la malade s'est levée, est descendue et a bientôt repris son régime habituel ou à peu près. Pendant tout ce temps l'écoulement a persisté ; il a eu lieu une ou deux fois en vingt-quatre heures jusqu'au 16 octobre , et la quantité du liquide évacué par jour peut être approximativement évaluée à un peu plus d'un quart de litre. » Le 16 au soir survinrent des frissons répétés, suivis bientôt de douleurs abdominales intermittentes, qui se continuèrent pendant toute la nuit. » A 5 heures du matin je trouvai la dame X... très-agitée ; les douleurs sont devenues très-vives et se répètent à des intervalles de cinq minutes. Le col présente une dilatation grande comme une pièce de

cinq centimes. Les bruits du cœur du fœtus

sont très-faibles et se succèdent avec une grande rapidité. » A 10 heures du matin expulsion d'un fœtus mort qui se présentait par les fesses. Il ne s'est point formé de poche des eaux et il ne s'est écoulé que peu de liquide après l'avortement. » J'ai examiné les enveloppes fœtales avec M. le docteur Isidore Buys, et nous n'avons trouvé aucune déchirure autre que cclle qui avait livré passage au fœtus. » La membrane amniotique est recouverte duns toute son étendue d'une couche de fibrine, d'un blanc jaunâtre, épaisse d'un millimètre et très-facile à détacher. Quoique la membrane amniotique soit normalement dépourvue de vaisseaux sanguins, elle nous a paru manifestement injectée, et nous n'avons pas hésité à considérer la couche fibrineuse comme un exsudat inflammatoire. — En examinant au microscope la matière exsudée, je n'y trouve que des granulations, sans aucune trace de globules sanguins. » Je laisse à la Société le soin de décider d'où est provenu ce liquide qui s'est écoulé en si grande quantité pendant 20 jours. — Cependant, la terminaison fâcheuse de la grossesse, le peu de liquide amniotique qui s'est écoulé au moment de l'avortement, l'absence de la poche des eaux et l'exsudat inflammatoire qui recouvrait la face interne et la membrane amniotique, me font croire que ce liquide provenait de l'intérieur de celle-ci. »

7° Une lettre de M. le docteur Loneux, d'Herenthals, conçue dans les termes suiVantS :

« Un]simple mot de réponse sur la discussion qui a eu lieu à la Société des Sciences médicales et naturelles de Bruxelles, dans la

séance du 2 avril 1860, relativement à la thérapeutique du choléra. • Je commencerai par présenter à la Société mes remercîments d'avoir donné à mon mémoire sur le choléra la place d'honneur dans son excellent journal, et d'avoir porté mon nom sur la liste des candidats au titre de membre correspondant. » Quelques membres de laSociété ont paru douter de la véracité de ce que j'ai écrit dans mon petit travail. Il leur a semblé qu'une statistique qui donne 21 cas de guérison sur 25 malades, était si inconcevable qu'elle ne pouvait être que le résultat d'une erreur. » J'ai l'honneur de répondre et d'affirmer que je n'ai commis aucune erreur dans la rédaction de ma notice, que ma statistique est l'expression de la vérité tout entière. Au commencement du mois d'octobre 1859 l'autorité supérieure nous a envoyé, par l'intermédiaire de l'administration communale, un état à remplir, afin de constater l'intensité que le choléra a eue ici et la marche progressive ou décroissante qu'il a suivie. Or, j'y ai inséré les 25 cas de choléra confirmé, que j'ai eu l'occasion de traiter, c'est-à-dire 17 femmes et 8 hommes, dont 21 guérisons et 4 morts. Rien n'était plus facile à l'administration communale que de contrôler mon état. De plus, il est de notoriété publique ici que j'ai parfaitement réussi dans le traitement du choléra. D'ailleurs, je le demande à

tout praticien consciencieux, quel intérêt .

aurais-je à altérer la vérité dans une affaire d'une aussi grande importance et d'une aussi grande conséquence pour la pauvre humanité souffrante ? » Le seul but que j'ai eu en publiant mon mémoire, c'est d'appeler l'attention de mes confrères sur le traitement du choléra asiatique, au moyen des opiacés combinés avec les préparations de cannelle. Si j'ai amplement réussi à l'aide du traitement que je préconise, c'est, comme l'a dit l'honorable président M. Dieudonné, que je suis arrivé à temps dans la plupart des cas, et que les préparations opiacées employées étaient de bonne qualité. Or, il n'en est pas toujours ainsi. Tout le monde sait que le laudanum de Sydenham est sujet à se décomposer et à présenter alors un médicament infidèle. J'en appelle là-dessus à la bonne foi de messieurs les pharmaciens, membres de la Société.Aussi, si quelquesuns de mes confrères ont l'occasion de traiter le choléra et qu'ils veuillent bien employer la méthode que j'ai suivie, je leur donne le conseil de se défier du laudanum liquide de Sydenham, d'user du lau

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