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pêchent de la confondre avec les corps bleus que forme l'acide chlorhydrique lorsqu'il agit, sous l'influence de l'oxygène, sur les substances albumineuses. Après avoir prouvé qu'au moyen de la chlorophylle altérée on peut reproduire, par des réactions assez simples, une matière jaune et une matière bleue qui par leur mélange donnent la teinte verte des feuilles, j'ai pensé qu'il fallait aller plus loin et séparer directement les deux substances colorées qui existent dans les feuilles : en un mot, réduire le corps vert en matière jaune et en matière bleue. J'ai pu encore réaliser cette décomposition : en soumettant en effet au mélange d'acide chlorhydrique et d'éther la chlorophylle obtenue au moyen de l'alcool, on voit la teinte verte brunir d'abord et se dédoubler ensuite en phyllocyanine qui colore en bleu la liqueur acide et en phylloxanthine qui donne à l'éther une belle teinte jaune. Cette expérience curieuse peut être faite soit avec de la chlorophylle, soit avec des feuilles vertes desséchées. Je mets sous les yeux de l'Académie des liquides jaunes et bleus produits dans les circonstances que je viens de faire connaître. Après avoir examiné la substance verte des feuilles et les corps qui en dérivent, il était intéressant de comparer cette matière avec la substance jaune qui se trouve dans les jeunes pousses et principalement dans les feuilles étiolées. Il m'a été facile de reconnaître que, dans ces différentes circonstances physiologiques, la substance jaune des feuilles se trouve exactement dans le même état que celle qui résulte de la décomposition de la chlorophylle : j'ai pu l'extraire au moyen de l'alcool et la transformer partiellement en matière bleue sous la double influence de l'éther et de l'acide chlorhydrique. Les feuilles étiolées soumises à l'action des vapeurs acides prennent rapidement une belle coloration verte; il existe donc des rapports très-simples entre les corps qui donnent aux feuilles leur coloration verte et ceux qui les colorent en jaune. Les feuilles qui jaunissent en automne

(1) Dans cette première communication, je suis loin d'avoir épuisé toutes les questions intéressantes qui serattachent à la coloration des feuilles : comme l'a fort bien dit M. Chevreul. il sera utile de déterminer la nature de la substance rouge qui préexiste ou qui se forme à un certain moment dans plusieurs espèces de feuilles; cette matière colorante me parait identique avec celle qui existe dans un grand nombre de fleurs roses ou rouges.

Je me propose également de rechercher si la phyllocyanine et la phylloxanthine n'ont pas été

ne contiennent plus de phyllocyanine, et sont colorées uniquement par la phylloxanthine : en traitant ces feuilles jaunes par l'alcool et soumettant cette liqueur à la double action de l'éther et de l'acide chlorhydrique, je n'ai pas produit de traces de phyllocyanine, tandis que la substance jaune est restée en dissolution dans l'éther. On voit donc que la phylloxanthine est beaucoup plus stable que la matière bleue; c'est elle qui apparaît en premier lieu dans les feuilles et qui se retrouve encore dans les feuilles qui tombent : cette persistance de la substance jaune empêche que laphyllocyanine devienne apparente dans l'organisation végétale. Tels sont les faits nouveaux que je me proposais de soumettre à l'Académie dans cette première communication sur la chlorophylle ; qu'il me soit permis de les résumer en quelques mots : 1° La substance verte des feuilles peut donner naissance à une matière bleue et à une matière jaune (1). 2° Ces substances colorantes contractent avec l'alumine des combinaisons insolubles dans lesquelles j'ai pu faire varier l'affinité de l'oxyde métallique pour la matière organique. 5° La matière bleue de la chlorophylle est plus altérable que la substance jaune : sous des influences variées elle peut perdre sa couleur bleue et la reprendre ensuite. 4° L'étude de ces phénomènes de décoloration m'a permis de dédoubler la matière verte des feuilles en bleu et en jaunc et de fixer ces couleurs dans deux liquides différents qui, ne pouvant plus se mélanger entre eux, empêchent la substance verte de se reproduire. 5° Comparant la couleur jaune des feuilles étiolées avec la couleur verte des feuilles insolées, j'ai démontré que le corps qui résulte de la décoloration de la phyllocyanine et que les réactifs produisent si facilement, existe dans l'organisation végétale ; il précède la matière verte; il se trouve dans les jeunes pousses et dans les feuilles étiolées : il se colore immédiate

modifiées par les réactifs que j'ai employés, et si elles existent réellement dans les végétaux : dans ce dernier cas, ces corps colorés se trouvent-ils en simple mélange ou en combinaison entre eux ? Pour résoudre ces points importants de chimie végétale, j'aurai particulièrement recours à l'action de la lumière qui, sous l'influence de la chlorophylle naturelle, donne naissance, comme on le sait, à des phénomènes fort remarquables : j'ai # reconnu, avec le concours de M. E. Becquerel, que la phyllocyanine possède comme la chlorophylle une phosphorescence rouge.

ment en bleu sous l'influence des vapeurs acides ; ces substances colorées présentent donc entre elles des relations très-simples et dérivent probablement du même princpe. En communiquant à l'Académie ces faits nouveaux qui me paraissent éclaircir plusieurs points de la chimie végétale, je suis heureux de reconnaître que, dans ce travail,j'ai trouvé de nombreuses applications des principes que nous devons à notre illustre doyen de la section de chimie, M. Chevreul : j'ai compris avec quelle raison il recommande aux chimistes de n'avoir recours à l'analyse élémentaire que lorsque les corps sont obtenus dans un état de pureté absolue, et de revenir souvent à l'analyse immédiate organique, trop négligée aujourd'hui. C'est ainsi en effet que la chimie conservera son caractère de science naturelle, et qu'elle pourra résoudre des questions générales dont l'importance ne sera contestée par personne. (J. de pharmacie et de chimie, avril 1860.)

ExTRAIT D'UN MÉMoIRE sUR LE sULFATE BIrAsIQUE DE cUIvRE ET sEs DÉRIvÉs, par M. li0UCHER, pharmacien-major de preInière classe. — On n'est pas parvenu jusqu'ici à préparer le sulfate bibasique de cuivre. Si l'on maintient, pendant plusieurs heures, le sulfate neutre de bioxyde de cuivre dans un creuset de platine à une température rouge sombre, il se transforme en un corps jaune orangé amorphe et pulvérulent comme le sulfate anhydre, d'où il provient, et qui résiste ensuite à l'action de la température à laquelle il a pris naissance. Le sulfate neutre devient ainsi sulfate bibasique en perdant exactement la moitié de son acide sulfurique. Pour éviter la décomposition du sulfate bibasique, il est bon d'employer le sulfate de cuivre en cristaux qui ne touchent aux parois du creuset que par des points limités de leur surface.Vers la fin de l'opération, le creuset est découvert de temps en temps pour permettre aux dernières vapeurs d'acide sulfurique de s'échapper.

M. Roucher a exécuté six expériences pour établir la composition de ce sel et le calcul l'a conduit à la formule :

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L'eau bouillante décompose le sulfate bibasique de cuivre et le convertit en 1 équivalent de sulfate neutre qu'elle dissout et 1 équivalent de sulfate tribasique contenant 2 équivalents d'eau. Si l'on projette dans l'eau froide le sulfate bibasique réduit en poudre fine, en ayant le soin d'agiter continuellement le liquide, afin d'éviter l'échauffement de la masse au fond du vasc, et si l'on a le soin de filtrer le liquide aussitôt que le sel a pris une teinte verte uniforme, le sous-sel insoluble est du sulfate quadribasique trihydraté ; il reste dans la liqueur du sulfate neutre. Si le sulfate bibasique est simplement ajouté à l'eau et abandonné à lui-même au fond du liquide, il s'échauffe assez vivement et le sulfate quadribasique formé tout d'abord passe en partie à l'état de sulfate tribasique. Dans ces deux cas, l'action de l'eau froide se complique d'une circonstance nouvelle ; il se forme du sous-sulfate de cuivre qui se dépose sous la forme de cristaux d'un beau vert, quand on évapore la liqueur jusqu'au delà de son point de saturation à 100°. Les cristaux microscopiques ainsi précipités appartiennent au troisième système. Ce sont des prismes ou des octaèdres à base rhomboïdale, analogues par conséquent à la brochantite. On obtient encore plus vite et plus aisément ce corps en introduisant de l'oxyde de cuivre brun dans une solution froide de sulfate de cuivre neutre, jusqu'à ce que l'oxyde refuse de se dissoudre ; le liquide qui surnage est ensuite filtré et évaporé, et l'on obtient ainsi des croûtes cristallines d'un vert très-vif, adhérentes au fond de la capsule. M. Roucher a analysé ce sel et il l'a trouvé composé de 6 équivalents d'acide sulfurique et de 17 équivalents d'oxyde de cuivre sous deux états différents d'hydratation. On peut aussi considérer ce sel comme une combinaison de sulfate triba sique hydraté et de sulfate bibasique.

Dans la préparation du sel précédent, l'oxyde de cuivre brun, en excès dans la liqueur cuivrique, acquiert promptement l'aspect d'une poudre très-ténue, d'un bleuvert très-pâle et grisâtre. Cette poudre, lavée à l'eau froide et desséchée sur la chaux et l'acide sulfurique, a pour formule :

7SO*, 18CuO,28HO.

(Journal de pharmacie et de chimie, avril 1860.)

MÉTHoDE PHoToCHIMIQUE PoUR RECoNNAiTRE LEs ALCALIs FIxEs ET LEs TERREs, par M. CARTMELL.— On sait, depuis longtemps déjà, que les alcalis fixes portés dans la flamme d'un corps en combustion communiquent à cette flamme des couleurs particulières qui peuvent servir à les distingner; mais on sait aussi qu'une seule trace de soude mêlée aux autres alcalis masque leurs couleurs spéciales et s'oppose, par cela même, à leur constatation. Dans un mémoire inséré au Philosophical Magazine, M. Cartmell vient de faire connaitre un moyen nouveau de parer à cet inconvénient. Il consiste à observer la coloration non plus directement et à l'œil nu, mais par l'intermédiaire de mileux colorés jouissant de la propriété d'éteindre complétement certaines couleurs et de laisser passer certaines autres avec toute leur intensité. Etant donné un mélange de potasse, de soude et de lithine, si on porte ce mélange dans la flamme et si on observe directement la couleur qu'il communique, il est impossible de rien distinguer, le phénomène dû à la soude absorbant les deux autres par sa nature spéciale ou par son intensité. Mais si on interpose entre l'œil et la lumière une solution simple d'indigo, toute la couleur jaune due à la soude est complétement interceptée, et on n'aperçoit plus que les teintes violette et rouge dues à la potasse et à la lithine. S, au lieu d'une solution simple d'indigo, on emploie comme intermède un verre bleu foncé de cobalt, on arrête tout à la fois les rayons colorés venant de la soude et de la lithine, et la seule teinte qu'on puisse apercevoir est la teinte violette due à la potasse. M. Cartmell n'a pas encore trouvé de milieu qui , étant complétement opaque par rapport à la soude et à la potasse, fût absolument transparent par rapport à la

lithine : d'où résulte qu'il n'a encore aucun moyen de séparer la couleur due à cette base et de l'observer à l'état isolé ; mais il parvient à en constater la présence par un simple examen comparatif. Il prend deux fils de platine qu'il place à côté l'un de l'autre dans la flamme, l'un ayant à son extrémité du sulfate de potasse chimiquement pur, l'autre ayant l'échantillon qu'il s'agit d'examiner, et il observe les deux colorations à travers la solution d'indigo qui éteint la soude. S'il y a de la lithine mêlée à la potasse, et si sa proportion n'est pas inférieure à 1/200, on voit une différence très-marquée dans la couleur des deux flammes : celle qui contient de la lithine est d'un rouge beaucoup plus brillant. Voici, du reste, le résumé des caractères distinctifs pour les trois alcalis : La flamme observée directement et sans l'intermédiaire d'aucun milieu coloré a-telle une couleur jaune bien prononcée, c'est que le mélange alcalin renferme de la soude. Paraît-elle violette lorsqu'on l'observe à travers un verre bleu foncé de cobalt, c'est qu'indépendamment de la soude le mélange examiné renferme de la potasse. Enfin , observée à travers la solution d'indigo, offre-t-elle une coloration rouge plus brillante que celle que présente le sulfate de potasse bien pur, c'est que la lithine entre dans le mélange et que sa proportion surpasse 1,200 du poids de la potasse. La solution d'indigo se prépare très-facilemcnt en ajoutant de l'eau à l'acide indigotique ordinaire des laboratoires jusqu'à ce qu'on ait atteint le point où une flamme intense de soude paraît légèrement violette à travers une couche de cette solution ayant cnviron 1 centimètre d'épaisseur. Le verre bleu de cobalt est un verre d'une couleur extrêmement foncée. Mais, en répétant ses expériences, M. Cartmell a vu qu'on réussissait tout aussi bien en superposant deux verres bleus ordinaires, de manière à obtenir le même degré de concentration. Avant d'employer ces verres, il faut déterminer préalablement quelle est la limite de la petite quantité de potasse, mêléc à la soude ou à la lithine, qu'ils peuvent manifestement indiquer. La première condition pour les expériences de ce genre étant d'avoir une flamme incolore, ou tout au moins aussi peu colorée que possible, M. Cartmell a eu recours à la lampe de Bunsen, qui donne une lumière d'un bleu excessivement pâle. et qui, en tout cas, ne renferme la moindre trace ni de jaune, ni de rouge. L'introduction dans cette flamme d'une grande quantité de soude ne doit avoir d'autre effet, quand on l'observe à travers la solution d'indigo, que de rendre un peu plus brillant le bleu qui appartient à la flamme elle-même.

La meilleure manière d'introduire les substances dans la flamme est de les déposer en pâte sèche à l'extrémité d'un fil très-fin de platine. Elles forment bientôt une perle fondue à l'extrémité de ce fil, et produisent plus nettement les phénomènes de coloration. C'est sous la forme de sulfates qu'il convient mieux de les essayer. Les sulfates sont, en général, moins volatils que les chlorures, et la couleur qu'ils produisent est, par cela même, plus permanente. On augmente d'ailleurs l'intensité du phénomène en humectant la substance avec un peu d'acide chlorhydrique, après l'avoir maintenue quelques instants au feu de réduction, et en la plaçant de nouveau dans la partie extérieure de la flamme.

Séparation des terres alcalines.

Malgré la couleur si sensible que le chlorure de strontium communique à la flamme de l'alcool, il est très-difficile de reconnaitre, par ce moyen, de très-petites quantités de strontiane mêlées à la baryte et à la chaux. L'action de la flamme et des milieux colorés permet d'y parvenir avec facilité. Si on suppose un mélange de chaux, de baryte et de strontiane, et si on l'introduit dans la flamme incolore de la lampe de Bunsen, on peut, avec une certaine habitude, distinguer les trois couleurs produites, parce qu'elles n'apparaissent pas simultanément, mais successivement.Ainsi on aperçoit d'abord le vert de baryte, puis bientôt après le rouge brillant de la strontiane, puis enfin la flamme sombre et à peine visible de la chaux. Toutefois, s'il y a beaucoup de chaux ou de strontiane mélée à la baryte, la couleur rouge des deux premières substances se manifeste tout d'abord, et le vert de la baryte ne peut étre aperçu distinctement qu'en faisant passer le fil sur lequel la substance est supportée de l'intérieur à l'extérieur de la lamme, et réciproquement, pendant tout le temps de l'observation. De même, si la proportion de chaux est considérable par rapport à celle des deux autres substances, elle peut modifier leurs couleurs propres au point de les rendre insensibles et insaisissables. · L'emploi des milieux colorés, appliqué

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Du moment que les couleurs produites par deux substances sont différentes, si l'on trouve un milieu coloré qui soit complémentaire par rapport à l'une des deux couleurs, c'est-à-dire qui forme avec elle de la lumière blanche, il est évident que ce milieu ne pourra être complémentaire par rapport à l'autre, et qu'il pourra tout au plus modifier sa coloration sans la détruire. Il en résulte que si on introduit dans la flamme deux substances douées chacune d'une action colorante spéciale, mais difficile à distinguer à cause du mélange inévitable des couleurs qu'elles produisent, on parviendra à les reconnaître en éteignant l'une des couleurs par l'emploi du milieu coloré, qui en forme le complément, et l'autre couleur deviendra par cela même plus sensible et plus manifeste. M. Kirchoff a déterminé quels étaient ceux des rayons du spectre qui étaient absorbés par les milieux employés par M. Cartmell ; il a vu que la solution étendue d'indigo n'absorbait que les rayons rouges sombres qui avoisinent et bordent les rayons oranges; il a reconnu de même que la solution d'indigo employée pour distinguer les alcalis laissait passer tous les rayons compris de AaB et de EaC des lignes de Frauenhofer, tandis que le verre bleu de cobalt livrait passage aux rayons compris de A à a et de F à H des mêmes lignes. (Journ. de chim. médic., janvier 1860.)

ExPÉRIENCES RELATIvEs AUx GÉNÉRATIoNs DITEs sPoNTANÉEs, par M. PASTEUR. — Dans ce travail, M. Pasteur s'est attaché d'abord à l'étude microscopique de l'air. Au moyen d'un aspirateur à eau continu, il fait passer de l'air extérieur dans un tube où se trouve une petite bourre de cotonpoudre. Ce coton arrête une partie des corpuscules que l'air renferme. En le dissolvant dans un petit tube avec un mélange d'alcool et d'éther, et laissant reposer vingtquatre heures, toutes les poussières se rassemblent au fond du tube où il est facile de les laver par décantation, sans aucune perte. On fait alors tomber les poussières dans un verre de montre où le restant du liquide s'évapore promptement. Il est facile d'examiner au microscope les poussières ainsi recueillies et de les soumettre à divers réactifs.

On reconnaît ainsi qu'il y a constamment dans l'air commun, en quantités variables, des corpuscules dont la forme et la structure annonccnt qu'ils sont orga

nisés. Il est très-vrai, ainsi que M. Pouchet l'a reconnu pour la poussière ordinaire, que, parmi les corpuscules, il y a des granules d'amidon, mais il y en a comparativement un très-petit nombre. Il est facile de le prouver en délayant dans une goutte d'acide sulfurique concentré la poussière de l'air recueillie comme il vient d'être dit. Les granules d'amidon se dissolvent en quelques instants, et la plupart des autres corpuscules ne sont nullement altérés sous leurs formes et leurs volumes. Beaucoup même résistent plusieurs jours à l'action de l'acide sulfurique concentré.

Il y a donc dans l'air, à toutes les époques de l'année, des corpuscules organisés; sont-ce des germes féconds de productions végétales ou d'infusoires ?

Pour résoudre cette question, M. Pasteur a employé la méthode suivante, qui paraît démonstrative :

Dans un ballon de 500 centimètres cubes environ , il introduisit 100 à 150 centimètres cubes d'une eau sucrée albumineuse formée dans les proportions suiVantes :

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Le col esfilé du ballon communique avec un tube de platine chauffé au rouge, on fait bouillir le liquide pendant deux à trois minutes, puis on le laisse refroidir complétement. Il se remplit d'air brûlé à la pression ordinaire. Puis on ferme à la lampe le col du ballon.

Le ballon, placé dans une étuve à une température constante de 28 à 52 degrés, peut y demeurer indéfiniment sans que son liquide éprouve la moindre altération. Après un séjour d'un mois à six semaines, on l'adapte, au moyen d'un caoutchouc, sa pointe étant toujours fermée, à un appareil disposé comme il suit : 1° Un gros tube de verre dans lequel on place un bout de tube d'un petit diamètre, ouvert à ses extrémités, libre de glisser dans le gros tube et renfermant une portion d'une des petites bourres de coton chargée des poussières de l'air ; 2° un tube en T, muni de trois robinets ; l'un des robinets communique avec la machine pneumatique, un autre avec un tube de platine chauffé au rouge, le troisième avec le gros tube dont il vient d'être question.

Alors, après avoir fermé le robinet qui communique au tube de platine, on fait !° vide. Ce robinet est ensuite ouvert de faço! à laisser rentrer peu à peu dans l'apporo

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