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selle près de la fracture; dans le mois d'août, il en sortit plusieurs esquilles. La guérison s'est opérée au mois d'octobre.

Le cas grave et compliqué que nous venons d'exposer s'est terminé heureusement et n'a laissé qu'un peu de difformité, en arc-boutant légèrement le bras en dehors, à l'endroit de la fracture; et un peu de raideur à l'articulation scapulo-humérale, inconvénients qui n'empêchent pas les mouvements du bras et n'apportent aucun obstacle à ce que le patient puisse exercer son métier de tailleur, qu'il a choisi après sa guérison, comme étant le plus propre à son état pathologique.

Le traitement, il est vrai, fut long; il réclama nos soins presque pendant toute une année, la consolidation se fit longtemps attendre; mais à ce prix, il serait à désirer qu'on pût conserver tous les membres soumis aux rudes épreuves que subit celui de notre blessé; nous devrions l'attribuer, en grande partie, au défaut de connaissance d'un appareil plus approprié pour immobiliser le membre; si la méthode amovo-inamovible, le bandage amidonné du professeur Seutin (dont les immenses bienfaits dans les fractures graves et compliquées ne sont plus à contester) avait été connue, nul doute que la guérison ne se fût effectuée plus tôt et que nous eussions épargné beaucoup de souffrances et de peines à notre malade.

Ce fait peut présenter son côté utile, en ce sens qu'il établit une nouvelle preuve que le chirurgien ne doit recourir à l'instrument tranchant que comme dernière ancre de salut, quand son tact médical lui donne la conviction que l'ablation d'un membre peut seule sauver le blessé.

La chirurgie a depuis longtemps senti les avantages d'une médication expectante dans les terribles lésions qui n'offrent souvent d'autre ressource que la soustraction d'un membre. Déjà, en 1754, Boucher, de Lille, avait publié un mémoire dans lequel il signalait la légèreté impardonnable avec laquelle on pratiquait l'amputation, et tâchait de rappeler les praticiens à une conduite opposée, en leur montrant combien, dans les cas douteux, étaient immenses les ressources de la nature, aidées par un traitement convenable.

Néanmoins ces préceptes, appuyés par l'observation et l'expérience, furent peu ou point suivis. A quoi l'attribuer. Était-ce parce qu'ils accordaient une foi aveugle à leur jugement, ou bien, qu'ils mettaient trop peu de confiance dans la force médicatrice de la nature?

Aujourd'hui, au contraire, la chirurgie conservatrice fait sans cesse des progrès; les annales de la science nous fournissent des faits en assez grand nombre, qui prouvent que bien des personnes ont conservé des membres dont la séparation du corps avait été décidée par des chirurgiens estimés.

L'expectation en chirurgie est le plus grand bienfait pour les blessés, quand elle est dirigée par des mains habiles et qu'elle est secondée parune thérapeutique sage, quoique énergique, qui sache prévenir et combattre les accidents consécutiss et s'arrêter quand elle juge ses moyens infructueux.

Le docteur Metzig, de Lissa, vient encore de corroborer cette opinion dans un

opuscule, dont il a fait hommage à l'Académie, en 1858, intitulé « Contre les amputations après les lésions graves » ouvrage dans lequel cet auteur fait å bon droit l'apologie de la méthode amovo-inamovible du savant professeur Seutin, dans le traitement des fractures les plus graves et des lésions traumatiques articulaires, et où il engage les médecins à être sobres d'amputations dans ces sortes de blessures, méthode que le célèbre professeur, dont nous avons parlé plus haut, avait déjà établie et défendue avec le talent qu'on lui connait, avant que cet ouvrage fût présenté à l'Académie de Belgique.

II. REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE.

Médecine et Chirurgie.

De L'ALIMENTATION COMME MOYEN CURATIF mieux digéré à l'un ou l'autre de ces états. DANS LA FIÈVRE TYPHOÏDE. Si nous en ex En outre, la plupart des malades adultes ceptons MM. les professeurs Bouillaud et reçoivent de 150 à 150 grammes de vin de Forget, de Strasbourg, la plupart des mé- quinquina, ce qui porte à un demi-litre et decins les plus haut placés par leur talent souvent à un litre la quantité de vin que et leur expérience ont abandonné la théra- le malade boit dans les vingt-quatre heures, peutique de l'inflammation dans le traite- dès le début et pendant tout le cours de ment de la fièvre typhoïde. La réaction son affection. Si l'on ajoute l'usage quotiqui s'est faite contre les doctrines de l'é dien de 60 à 70 centigrammes de sulfate cole anatomique, à l'égard de cette fièvre, de quinine, de quelques verres d'eau de ne se traduit plus seulement par l'abandon Scdlitz chaque fois que les selles deviendes antiphlogistiques ; elle a généralement nent rares et le météorisme un peu marpour principaux agents de médication les que, de cataplasmcs glacés lorsque le cas purgatifs et les toniques; et aujourd'hui est très-grave, on aura une idéc complète même voici M. Monncret, médecin de l'hô du traitement que M. Monneret applique pital Necker, qui, non content de soutenir à la fièvre typhoïde. Quant au traitement les forces de ses malades pour gagner du des complications, il ne diffère pas de celui temps, considère, à l'exemple de M. Trous- qui est généralement adopté par tous les seau, l'inanition comme la cause des acci- médecins. Ces complications sont rares dents graves qui se manifestent dans le d'ailleurs chez les malades ainsi traités, cours de la dothincntérie et oppose login particulièrement celles qui peuvent surgir quement à l'autophagie dangercuse à la du côté de l'intestin, telles que les hémor. quelle une diète sévèrc condamnait les rhagies, les perforations, les entéro-colites. malades, le bénéfice d'une alimentation M. Monneret ne se borne pas à nourrir saine et généreuse.

les malades avec le vin et le bouillon ; de Dès qu'un malade atteint d'unc fièvre très-bonne heure, vers le huitième ou typhoïde grave ou bénigne réclame ses dixième jour, il leur donne des potages et soins, M. Monneret le soumet, le premier des soupes trois ou quatre fois par jour, jour, à l'action de l'émétique administré à tout en continuant le vin de quinquina et dose vomitive, et il y revient quelquefois souvent de Bagnols à la dosc de 100 à 200 le second jour , lorsque les évacuations grammes. produites par le vomissement n'ont pas été « Il ne faut pas se dissimuler, dit-il, que assez abondantes. Le deuxième, le troi, le médecin le moins prévenu éprouve d'asième et le quatrième jour sont consacrés bord qnelque répugnance à faire boire du a l'emploi de l'eau de Sedlitz. Pendant ce vin et du bouillon à un malade qui a la lemps, on commence à faire prendre au bouche mauvaise, la langue sale, la diartalade trois ou quatre litres de limonade rhée, la fièvre et du délire ; inais si l'on froide, glacée même, à laquelle on ajoute veut y réfléchir, on ne tarde pas à se con25 ou 50 centilitres de bon vin par litre; vaincre qu'il n'existe aucune contre-indi. on accorde de plus deux ou trois tasses de cation à l'emploi des substances alimenbouillon chaud ou froid, suivant qu'il est taires. La fièvre, quoi qu'on en ait dit, ne

doit pas empêcher de soutenir les forces. qué que d'abord, pendant le premier sepEst-ce qu'on ne prolonge pas l'existence ténaire, les aliments ne font que s'opposer des phthisiques minés par la fièvre, en les à l'adynamic et neutraliser l'action incesnourrissant jusqu'à la période ultime ? sante de la maladie; puis une fois que le Est-ce qu'on ne met pas les malheureux, travail d'assimilation est plus régulier, consumés par une lésion viscérale organi- plus actif, la nutrition entraînée sur cette quc en état de résister longtemps, grâce à pente se fait avec une intensité telle, que une alimentation soutenue? Les chirur- l'amélioration se manifeste de la manière giens ont appris, quoiqu'un peu tard et la plus évidente : l'intelligence est plus aux dépens de leurs malades, que la dietc ferme; le sommeil plus long, plus paisible, est souvent pernicieuse après les grandes plus réparateur; la peau moins sèche comopérations ; un grand nombre de complica mence à s'humecter; les selles deviennent tions de tous genres viennent assaillir, plus régulières, l'urine plus abondante, les compromettre l'existence, si l'on ne se forces surtout renaissent d'une manière hâte de réparer les forces au moyen de sensible. Depuis qu'il a adopté ce mode de bouillon, de potage et de vin, et même d'a- traitement, M. Monneret assure n'avoir liments plus substantiels encore. »

observéque très-rarement des escarrhes au M. Monneret pense qu'il est du devoir sacrum, plus rarement encore des gand'un bon observateur de tenir compte des grènes soit externes, soit internes, ou ces sensations des malades et de savoir en tirer graves complications de broncho-pneumoparti lorsqu'elles fournissent quelques don- nies hémorrhagiques et hypostatiques, qui nées utiles à la thérapeutique. Or, la plu- sont toujours le résultat de l'intensité part des typhiques sentent le besoin de même de l'adynamie et surtout de l'inanimanger et ceux-là même qui sont tombés tion à laquelle on soumet les malades. Ce dans un tel état d'ataxo-adynamie qu'ils ne traitement s'oppose aussi, d'une manière peuvent plus rendre compte des sensations efficace, à la production des hémorrhagies qu'ils éprouvent, boivent avec grand plai- intestinales ou nasales; ou du moins il les sir et digerent facilement le bouillon et rend moins graves et moins rebelles aux le vin. Cet instinct est un guide que le més autres moyens de curation. Il n'est pas decin doit consulter. L'intégrité de l'esto douteux non plus à ses yeux que les permac dans la presque totalité des cas per- forations intestinales, les accidents céré. met d'ailleurs de comprendre pourquoi la braux, tels que le coma, le délire, les condigestion est à peine troublée. Aussi les vulsions, sont plus rares et moins intenses malades supportent-ils très-aisément le chez les malades qu'on nourrit, que chez bouillon de bæuf un peu fort, à la dose ceux qu'on astreint à une diète sévère, et d'un litre à un litre et demi, le vin à la chez lesquels tous les tissus s'amincissent dose de 50 centilitres à un litre et demi. et deviennent moins résistants par le fait Certains malades vomissent le bouillon, de l'inanition. tandis que le vin pur ou coupé passe bien. Pour aider l'action des substances aliOn découvre ces différences à l'aide de mentaires, M. Monneret se sert, pendant quelques tâtonnements. Dans tous les cas, les cinq ou huit premiers jours, d'une maaprès plusieurs jours, il est rare que l'es- nière continue ou intermittente, des boistomac ne s'habitue pas au contact de ces sons glacées et acidulées. Il lui a paru néaliments. M. Monneret dit avoir rencontré cessaire de n'administrer les réfrigérants cependant quelques sujets chez lesquels le chaque jour que pendant plusieurs heures, vin, le bouillon et même le potage, essayés afin de laisser aux organes abdominaux le successivement, n'étaient pas acceptés par temps de réagir. Une fois cet effet obtenu, l'estomac; des aliments solides pris en pe on a de nouveau recours à la limonade vitite quantité les remplaçaient avantageuse neuse glacée ou à du café froid mêlé à une ment. Le café réussit généralement moins certaine quantité d'eau sucrée. Des applibien ; toutefois, associé au vin et au bouil cations de cataplasmes glacés sur le ventre lon, il lui a paru rendre de grands services concourent à rendre cette médication plus dans la forme adynamique.

active. Du reste, dans aucun cas, excepté L'alimentation, outre la satisfaction lorsqu'il existe une complication bronchoqu'elle procure aux malades, ramène les pulmonaire, M. Monneret n'administre les sécrétions buccales, l'humidité de la langue boissons chaudes; elles sont toujours froidiminue la soif et dissipe les signes d'ataxo des ou à la température ordinaire. adynamie. La convalescence s'établit plus En terminant ce résumé, nous remarfranchement et plus vite; clle est très- querons que M. Monneret n'est pas le seul courte et nullement entravée par des com à préconiser l'alimentation dans la fièvre plications fâcheuses. M. Monneret a remar typhoide. Nous avons plusieurs fois exposé

les opinions de M. Trousseau sur ce sujet; ainsi à doses qui varient, suivant les sympmais hátons-nous de dire que le professeur tómes, pendant plusieurs jours, ou même organicien de la Charité, M. Piorry, ne le jusqu'à ce que la convalescence soit pleicède en rien sous ce rapport au professeur nement établic. Je suis bien convaincu que, vitaliste de l'Hôtel-Dieu. Dans une ré- gráce à ce traitement, et en y ajoulant cente leçon sur le sujet qui nous occupe, parfois des vésicatoires sur le cuir chevelu, M. Piorry a démontré que « le contact de j'ai obtenu dans cette maladie des effets la bile pure et des acidités gastriques est plus prompts et plus tranchés que ceux bien autrement dangereux et irritant que qu'auraient pu me fournir les traitements celui des aliments légers que l'on peut faire anciens. prendre. » M. Piorry s'élève avec force « Lorsque j'ai eu l'occasion d'adminiscontre la méthode d'exlinuution. Les règles trer l'iodure de potassium de bonne heure, pratiques relativement à l'alimentation ce médicament m'a paru, dans plusieurs dans l'entérite septicemique sont pour ce cas, arrêter les progrès de la maladie professeur :

on très-peu de temps, de sorte que nous D'accorder en général de la nourriture n'avons pas vu survenir les effets formiquand les malades en témoignent le désir dables de l'épanchement, le strabisme et et le besoin ;

les convulsions. Dans des circonstances De choisir celle que l'observation lui a moins favorables, lorsqu'une prostration appris être la plus convenable à la consti- profonde avait succédé à un violent moutution et la plus facilement digestible; vement fébrilc, et lorsque les soubresauts

De commencer par des doses faibles ; des tendons et les convulsions étaient sou

D'observer leurs résultats et de les aug vent les symptômes prédominants, j'ai vu, menter très-promptement, si l'expérimen- dans bon nombre de cas, l'administration tation journalière des effets produits per un peu large de l'iodure de potassium être met de le faire.

suivie d'amélioration et d'une guérison La circonstance d'une diarrhée abon- parfaite. » Dans ces cas ct dans d'autres dante n'empêche pas M. Piorry d'entrer plus avancés encorc, M. Coldstream a addès les premiers jours dans la voie de l'ali- ministré l'iodure à la plus haute dose, mentation, et, depuis qu'il prescrit ce ré- même à la dose de 20 centigrammes plugime, il a remarqué que la maladie est sicurs fois par jour, et chez des enfants de moins longue, la convalescence plus courte, quatre à luit ans. la mortalité faible. M. Piorry est convaincu M. Coldstream dit avoir également emen un mot que dans ces cas les aliments ployé avec avantage l'iodure de potassium sont d'une extreme utilité et surtout qu'ils dans les maladies aiguës de l'encéphale, ne nuisent jamais quand on en règle l'u- chez des enfants qui ne portaient pas l'emsage avec intelligence. (Bulletin de thérap. preinte de la diathèse scrofuleuse, et dans et Journ. de méd. ct de chir., avril 1860.) les convulsions qui suivent la dentition.

(Bulletin de thérapeutique et Gaz. hebd.

de médecine et de chirurgie, No 22.) NOTE SUR L'EMPOI DE L'IODURE DE POTASSICH DANS LE TRAITEMENT DES MALADIES DU CERSEAU CHEZ LES ENFANTS, par M. le docteur SUR LES PROPRIÉTÉS TILÉRAPEUTIQUES DU COLDSTREAM. L'auteur emploie de

Dans la séance du 7 mars 1860 puis longtemps l'iodure de potassium d'une de la Société des sciences naturelles et mémanière presque exclusive dans le traite dicales du Bas-Rhin, le professeur Albers ment des accidents de l'enfance que l'on a présenté à l'assemblée des feuilles de s'accorde à considérer comme créant une l'Erythroxylon Coca, nouvellement arrivées véritable tendance à l'hydrocéphale. « Dans de Bolivie, en insistant sur leurs caractères Tous les cas, dit-il, où la nature des symp-botaniques et chimiques. Selon lui, les fomes pouvait me faire croire que l'organe feuilles de coca doivent trouver leur place, central de l'innervation ou ses enveloppes parmi les substances qui excitent les sens, étaient affectés à un certain degré d'inflam entre le vin et le café; considérées comme ination strumeuse (cérébrite ou méningite agent thérapeutique, elles se rapprochent tuberculeuse), après avoir purgé modé- beaucoup, dans leur mode d'action, de l’orément les petits malades, et, dans quel- pium; mais elles sont cependant en grande ques cas, après avoir appliqué ou posé partie dépourvues des effets nuisibles de nombre de sangsues à la tête, j'ai l'habi- celui-ci. Elles favorisent la digestion au tude de prescrire l'iodure de potassium à lieu de la troubler et apportent très-peu de la dose de 5 à 15 centigrammes, toutes changements dans les sécrétions de la peau les trois ou quatre heures, et je continne et des reins. Les individus faibles et ner

COCA.

veux, et surtout les personnes âgées, s'en M. Aran l'a faite déjà plus de 250 fois, et trouvent extraordinairement bien. Le pro- jamais il n'a eu lieu de s'en repentir. Il n'y fesseur Albers a employé avec succès les a donc point de danger à tenter cette opéfeuilles de coca dans quelques cas de mé- ration qui soulage toujours et abrége de lancolic et il pense que leur usage sera

plusieurs mois la durée de la maladie. d'une grande utilité dans les affections Quelques autres cas d'inflammation de mentales avec dépression et atrophie com la plèvre ont fourni à M. Aran l'occasion mençante. Les feuilles de coca et leur dé- de dire un mot du traitement de la pleucoction sont en outre un excellent moyen résie. Cette phlegmasie guérit très-souvent pour entretenir la beauté et la santé des spontanément, surtout en été. Quand l'édents.

Dr D... !. panchement est modéré, M. Aran se borne (Elste Literar. Beil. zum Acrzll. Intelli- à prescrire le repos, la chaleur du lit, les genz-Blatte.)

boissons chaudes et la diète. Comme toutes

les maladies de la poitrine, celle-ci se réTRAITEMENT MÉDICO - CHIRURGICAL DE LA

sout d'autant plus vite que le malade est PLEURÉSIE. Le 11 mai, M. Aran a pra

dans de meilleures conditions de chaleur.

Un des amis de M. Aran, en voulant se tiqué la thoracentèse chez un jeune homme

soustraire à ces conditions importantes, a de vingt-quatre ans, qui portait un épan

cu trois rechutes en six mois. Y a-t-il de3 chement pleurétique énorme. A son entrée le malade avait la peau chaude, le

pleurésies qui exigent des émissions san

guines ? M. Aran a expérimenté, en pareils pouls à 88, la respiration à 32; il toussait

beaucoup; quant à l'épanchement dont cas, la saignée générale, et il a vu que, si l'origine remontait à quelques semaines, il l'épanchement baisse sous l'influence de était des micux caractérisés et refoulait en

cette médication, le liquide se reproduit. même temps le cæur et le foie. On s'est

Tout au plus est-il utile d'appliquer sur le

côté des ventouses scarifiées ou quelques contenté d'abord de mettre ce jeune homme à la diète, à l'usage des boissons chaudes,

sangsues. Bien souvent, il suffit pour en

lever la douleur de prescrire un sinapisme des juleps morphinés, traitement sinon expectant, du moins médiocrement actif.

ou une compresse imbibéc de chloroforme.

Si l'on a recours à ce dernier agent, il C'était le moyen de voir ce qu'allait devenir l'épanchement.

faut se rappeler que le chloroforme a une

action très-agressive, ct par conséquent M. Aran a vu quelquefois de vastes épanchements de ce genre diminuer sous

que chez les personnes à peau fine et délil'influence du repos et de la chaleur du

cate il ne faut pas employer une trop Jit. Mais ici il n'en fut pas ainsi, et la res

grande quantité de ce liquide. Un linge piration étant très-gênée, ce médecin s'est

fin et simple imprégné de chloroforme seudécidé à pratiquer la thoracentèse. L'opé

lement dans la partie qui se trouve en ration a été faite par le procédé de MM.

rapport avec le point de côté suffit par

faitement dans ce cas, pourvu que son Trousseau et Reybard, c'est-à-dire avec le trois-quarts et la baudruche, après une in

contact avec les parties malades soit assuré

par un bandage convenablement serré. cision préalable faite avec la lancelle en arrière du thorax, dans le septième espace

Mais dans la pleurésie, la douleur n'est intercostal. Il est sorti par cette ouverture

pas tout; celle-ci enlevée, l'épanchement 1,250 grammes de sérosité fibrineuse qui

reste; et c'est alors que l'art intervient

avec des diurétiques et des vésicatoires. s'est prise en massc. Le malade en a éprouvé un soulagement remarquable. Or, les diurétiques

, selon M. Aran, sont

infidèles et leurs effets éloignés et incerC'était le 11 mai. Lc 12, il disait : « Je ne

tains. Les vésicatoires valent mieux, quoitousse plus, je respire, je parle; » et pour

que M. Trousseau les ait déclarés inutiles. tant les résultats matériels de l'opération étaient très-minimes, car les fausses mem

Il est vrai que les résultats qu'ils donnent

ne sont ni rapides ni brillants; cependant branes empêchent que l'on ne vide complétement la poitrine, et d'une autre part,

on ne peut nier que les emplåtres vésicants

n'excrcent dans la pleurésie une action le liquide se reproduit partiellement et

salutaire, surtout lorsque leur application avec une grande rapidité. Quel bénéfice y a-t-il donc à faire cette opération? Il y en

est répéléc, et c'est un moyen qu'on sera

toujours heureux d'avoir à sa disposition a un très-positif; c'est d'abord de soulager

dans les cas peu graves où l'épanchement le malade, et ensuite de le mettre dans

ne sera ni assez considérable ni assez perdes conditions meilleures de curabilité :

sistant pour motiver la thoracentėse. nos remèdes ne sont que les auxiliaires de la nature. Quant à l'innocuité de la ponc

(Journal de médec. et de chirurg. prul., lion elle-même, elle est incontestable;

juin 1860.)

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