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montagneuses, telles que les Alpes Savoisiennes; enfin que le séjour de la campagne est plus favorable que celui des villes ; 5° que l'hiver est pour ces sujets la saison la plus dangereuse, que le printemps et l'automne sont moins dangereux et que l'été est la saison la moins dangereuse ; 4° que, en ce qui concerne la chance spéciale qu'ont de tels sujets, appartenant à la classe aisée, d'atteindre un âge moyen ou un âge avancé, il est à remarquer que c'est la première année de la vie qui présente le plus grand danger. Celui-ci diminue alors jusqu'à la 16° année et augmente ensuite rapidement de 17 à 20 ans; à partir de l'âge de 20 ans le danger augmente lentement jusqu'à la 40e année, où il s'accroît de nouveau rapidement. A l'approche de la soixantième année commence le plus grand accroissement du danger, lequel dès lors ne s'élève plus que très-peu jusqu'à l'âge de 75 ans. A cet âge le danger d'apoplexie commence à diminuer; 5° que la 48°, la 58° et la 66° année sont particulièrement dangereuses et que, par contre, la 46° et la 49° année offrent un danger extrêmement minime de mourir d'apoplexie ; 6° que le sexe masculin (Londres excepté) est en général plus menacé d'apoplexie que le sexe féminin et surtout de l'âge de 50 à 50 ans, tandis que jusqu'à la 20° année et ensuite à partir de la 60° année, le danger d'apoplexie est plus grand pour le sexe féminin ; 7° que, relativement à l'époque moyenne de la vie et au premier âge, le danger semble en général être plus grand pour les individus de la classe aisée que pour la population prise en masse ; 8° que le danger paraît augmenter pendant le règne de la fièvre intermittente, stationnaire ou pituiteuse ; 9° que les changements brusques de temps semblent augmenter le danger; qu'il en est de même pour la pluie, tandis que le brouillard (Londres) ne l'accroît pas régulièrement ; 10° que les diverses complications morbides augmentent le danger, toutes choses étant égales d'ailleurs. Dr D... É. (Geneeskundige Courant der Nederlanden, n° 25.)

INFLUENCE DE L'INToxICATIoN sATURNINE sUR LA coNcEPTIoN. C'est un fait extrêmement intéressant à plusieurs points de vue, particulièrement aux points de vue

(1) Il y a plus d'un an que M. Depaire a signalé, dans ce Journal (Cahier de juin 1859), un cas d'avortement par le carbonate de plomb. Nousmême avons observé plusieurs faits de ce genre et, tout récemment encore (12août) nous avons eu

de la pathologie, de l'hygiène publique et de la médecine légale, que l'influence de certains empoisonnements chroniques, tels que l'empoisonnement saturnin par exemple, sur la conception et sur ses produits, et la transmission héréditaire de quelquesuns de ses effets. La thérapeutique y est peut-être la moins intéressée de toutes les parties de la médecine, et cependant elle n'y est pas tout à fait étrangère, car de la connaissance de ce fait il découle la nécessité d'insister d'autant plus sur les moyens de traitement propres à combattre ce mode d'intoxication, que le sujet malade n'y est pas seul intéressé, ou qu'il l'est également dans sa personne et dans sa progéniture. On lira donc avec intérêt le résumé suivant des faits très-curieux que vient de constater un interne distingué des hôpitaux. M. Constantin Paul, relativement à l'influence de l'intoxication saturnine sur le produit de la conception (1). Frappé par l'observation d'une femme qui, après avoir eu successivement trois couches heureuses avant de s'exposer aux émanations saturnines, avait eu, depuis qu'elle s'était livrée à des travaux qui l'exposaient à ces émanations, dix autres grossesses, dont huit s'étaient terminées par des fausses couches et une par la naissance d'un enfant mort-né, M. Constantin Paul s'est livré, à dater de ce moment, à des recherches sur la proportion des avortements et des mort-nés chez les femmes qui manient le plomb, et il est arrivé aux résultats suivants : Sur 81 observations, recueillies pour le plus grand nombre chez des femmes, quelques-unes seulement chez des hommes, l'auteur a constaté l'influence de l'intoxication sur les enfants (que ce soit le père ou la mère qui ait subi cette intoxication), révélée : par des métrorrhagies chez les femmes qui ont eu une suppression des règles pendant un ou plusieurs mois, avec tous les signes qui font présumer une grossesse ; par des fausses couches de trois à six mois, par des accouchements prématurés, dans lesquels les enfants viennent morts ou mourants; par une mortalité audessus de la moyenne dans les trois premières années de la vie de l'enfant. Dans une première série d'observations, toutes relatives à des femmes occupées à polir des caractères d'imprimerie, et qui ont eu toutes des accidents saturnins plus

à donner des soins, pour une colique de plomb, à une dentellière, âgée de 20 ans, qui avait avorté peu de jours auparavant d'un fœtus de trois mois par suite de l'intoxication saturnine. Dr D... E.

ou moins sérieux, on voit : 4 femmes qui ont eu en tout 15 grossesses, sur lesquelles 10 avortements, 2 accouchements prématurés, 1 mort-né, 1 mort dans les vingtquatre heures, 1 seul enfant vivant; plus des métrorrhagies au nombre de trois chez l'une, fréquentes chez une autre. Dans une deuxième série, 5 femmes ont eu en somme 9 enfants à terme, avant de s'exposer à l'influence du plomb; aucune d'elles n'a eu jusque-là ni fausse couche, ni d'autres accidents de grossesse. Après que ces 5 femmes se sont exposées à l'action du plomb, il survient 56 nouvelles grossesses, sur lesquelles 26 fausses couches de deux à six mois, 1 accouchement prématuré, 2 mort-nés, et 5 enfants morts, dont 4 morts dans la première année. Une femme exerçant la même profession que les précédentes (polisseuse) était devenue 5 fois enceinte et avait fait 5 fausses couches. Elle quitte son état ; elle devient de nouveau enceinte après, et clle accouche à terme et heureusement d'un enfant bien portant et qui vit encore. Une autre série d'observations montre la même alternance dans le succès des grossesses, lorsqu'une femme vient à quitter et à reprendre à plusieurs reprises ses travaux. M. Constantin Paul a constaté la manifestation de la même influence provenant du père, quand c'est lui qui a manié le plomb. — Cette dernière catégorie renferme 7 observations comprenant ensemble 52 grossesses survenues pendant que le père était exposé à l'intoxication saturnine. Sur ces 52 grossesses, 12 enfants sont morts avant terme (11 avortements et l mort-né). Des 20 enfants venus au monde vivants, 18 sont morts dans la première année, 4 dans la deuxième, 5 dans la troisième, 1 seul au delà de ce terme. Enfin une dernière série montre que le fœtus peut mourir sous l'influence probable du poison saturnin, alors que soit par la minime quantité qui en a été absorbée, soit par le fait d'une immunité particulière de la mère, la dose étant plus ou moins considérable, il ne s'est manifesté chez elle aucun des symptômes ordinaires de l'empoisonnement. (Arch. génér. de méd. et Bullet. génér. de thérap., 15 juin 1860.)

ETUDEs CLINIQUEs sUR LE CHANCRE PRoDUIT PAR LA CONTAGION DE LA SYPHILIS SECONDAIRE ET sPÉCIALEMENT sUR LE CHANCRE DU MAMELON ET DE LA BoUcHE ; par M. J. ROLLET, chirurgien cn chef de l'Antiquaille, à Lyon. - Dans ce mémoire, M. Rollet apporte de

nouvelles preuves cliniques à l'appui de la doctrine de la contagion de la syphilis secondaire; et surtout il indique, d'une manière précise et tout à fait neuve et inattendue, la forme initiale sous laquelle se manifeste, chez le sujet contagionné, la syphilis ainsi transmise. Pour M. Rollet, que la matière contagieuse procède d'une lésion syphilitique secondaire ou d'une lésion primitive, peu importe ; la maladie qui se transmet commence toujours par son commencement, c'est-à-dire par le chancre syphilitique primitif. C'est pour cette raison, probablement, que la contagion de la syphilis secondaire a été si opiniâtrément niée par M. Ricord et son école : voyant la maladie commencer par un chancre, ils croyaient, mais à tort, qu'elle procédait toujours du chanCI'C. D'un autre côté, la contagion de la syphilis secondaire étant admise en principe (et aujourd'hui on ne peut se refuser à le reconnaître, puisque toutes les fois qu'on a convenablement inoculé la maladie à cette période on l'a trouvée éminemment contagieuse), on comprend combien de chancres primitifs doivent procéder de cette origine. L'auteur estime que la moitié environ des ulcères syphilitiques primitifs proviennent de la contagion des lésions syphilitiques secondaires : c'est toute une classe de chancres dont la provenance était restée jusqu'à ce jour méconnue. Toutefois il y a des régions où l'on rencontre plus particulièrement et presque exclusivement les chancres produits par la contagion de la syphilis secondaire : ces régions sont, chez l'adulte en général, la bouche, et chez les nourrices, le sein. Cette topographie élective, cette double localisation du chancre produit par la contagion de la syphilis secondaire, tient uniquement, ainsi que le fait remarquer l'auteur, à la grande fréquence des lésions syphilitiques secondaires, telles que plaques muqueuses, excoriations, ulcérations plus ou moins profondes, etc., dans la région buccale. Ces lésions syphilitiques buccales sont portées par le nourrisson au mamelon de la nourrice, où elles s'inoculent sous forme de chancre primitif, et entre adultes à la bouche, où elles se transmettent sous la même forme dans les rapports bouche à bouche, directs et surtout indirects, si communs dans l'usage habituel de la vie (ainsi par l'intermédiaire d'un verre, d'une cuiller, d'une pipe, d'un tube à souffler le verre, etc.). L'auteur étudie donc successivement le chancre mammaire et le chancre céphalique, lesquels résultent, dans la très-grande majorité des cas, de la contagion secondaire. Il y a bien aussi aux parties génitales de ces mêmes chancres; mais loin d'y prédominer comme au mamelon et à la bouche ils y sont au contraire en petite minorité. Le chancre mammaire a une très-grande importance au point de vue de la médecine légale. Quels sont les accidents qu'apporte en venant au monde l'enfant syphilitique? Des accidents secondaires. Et cependant ce qu'il transmet à la nourrice est un accident primitif, un chancre induré avec l'adénite sous-axillaire caractéristique. Au moins vaut-il la peine d'en être averti. Ce fait capital résulte clairement de tous les cas cités par M. Rollet. Non-seulement les observations qui lui sont personnelles (et elles sont très-nombreuses) ne laissent aucun doute sur ce point, mais même celles qu'il emprunte à tous les auteurs qui ont relaté des faits de contagion de la syphilis du nouveau-né à la nourrice (Diday, Bouchut, Bardinet, Cullerier, Lallemand, Borquillon, Fabre, etc.), sont pleinement confirmatives de son opinion. La lésion transmise à la nourrice, au mamelon, a, dans tous les cas, les caractères essentiels d'une lésion primitive, en un mot d'un chancre. La syphilis constitutionnelle éclate ensuite, à une époque qui est la même ici, qu'après le chancre primitif de toute autre région ou de toute autre proVCIlaIlCe. Le chancre céphalique ou buccal est extrêmement fréquent. On l'observe, relativement au chancre syphilitique des autres régions, dans la proportion de 4 à 100. Il comprend le chancre des lèvres, de la langue et des amygdales, qui forment la très-grande majorité ; en quelques cas plus rares de chancres des joues, du mentoin, du cuir chevelu, etc. Chose remarquable, dans la région céphalique on n'observe que très-exceptionnellement le chancre simple ou chancroïde : tout le monde est d'accord sur ce point. D'où vient cette grande prédominance du chancre induré dans cette région? L'auteur l'explique tout naturellement par le mode même suivant lequel s'opère, dans ces cas, la contagion. Ce qui existe à la bouche et qui se transmet dans les rapports normaux (qui sont en définitive les plus fréquents), ce sont des lésions syphilitiques ; ce qui doit résulter de cette transmission, c'est évidemment un chancre syphilitique, le chancre induré et non le chancroïde, pas plus que la blennorrhagie, lesquels sont avant tout des maladies des régions génitales. Le chancroïde et la blennorrhagie ne doivent se

montrer et ne se montrent en effet à la bouche qu'exceptionnellement,comme c'est exceptionnellement que s'opèrent les rapports anormaux susceptibles de les y inoculer. L'auteur a donc résolu, à propos du chancre céphalique, une véritable énigme scientifique, qui avait déjà frappé bien des observateurs, mais qu'aucun n'avait le moyen de résoudre, comme elle vient de l'être, avec autant de simplicité que de vérité. C'est au chancre céphalique que se rattachent les observations les plus intéressantes rapportées par M. Rollet. Non-seulement l'auteur a cité des faits nombreux de chancres céphaliques manifestement produits par la contagion de lésions syphilitiques secondaires; mais, à propos de quelques-uns de ces faits, il a soulevé et du même coup résolu une question d'hygiène publique qui intéresse à un haut degré certains de nos départements. Ainsi, plusieurs des observations de M. Rollet concernent des ouvriers verriers, occupés à souffler le verre les uns après les autres au même tube à insufflation ; c'est par l'intermédiaire de ce tube que la syphilis a pu se transmettre des uns aux autres. On comprendra l'importance de ces observations en apprenant que le soufflage du verre n'occupe pas moins de 2,000 ouvriers dans les deux départements du Rhône et de la Saône, et que, dans l'année pendant laquelle M. Rollet a fait ses observations, les tribunaux ont été saisis deux fois de questions relatives à des faits de transmission de la syphilis par ce mode jusque-là inconnu, lequel est en effet de nature à soulever de graves discussions de responsabilité. Quoi qu'il en soit, le mémoire que nous venons d'analyser très-brièvement est appelé à modifier profondément les idées généralement reçues en matière de syphilis, en même temps qu'il fait connaître des faits entièrement nouveaux, et fournit à la médecine légale et à l'hygiène des documents précieux qu'elles devront se hâter de mettre à profit. (Gazette médicale de Paris, N° 29.)

DE L'EMPLoI DU CHLoRURE DE zINc DANs LE TRAITEMENT DEs MALADIEs DE LA PEAU, par M. le D VEIEL, de Canstatt. — Après avoir employé pendant longtemps le chlorure de zinc, exclusivement à titre de caustique, contre le lupus et quelques affections analogues, lèpre vulgaire, éléphantiasis, tumeurs squirrhcuses peu volumi

neuses, M. Veiel en a étendu l'usage au traitement des ulcères chroniques des jambes, du sycosis, de l'eczéma chronique, etc. Il se sert soit d'une dissolution alcoolique (à parties égales d'alcool et de chlorure de zinc), soit d'une dissolution aqueuse (10 parties de chlorure de zinc et 10 d'acide chlorhydrique pour 500 d'eau), soit enfin du caustique solide en cylindres obtenus par fusion. Avec cette dernière forme, M. Veiel se propose, comme l'universalité des chirurgiens, d'obtenir une action caustique énergique. Il a surtout eu recours à ce moyen dans 15 cas de lupus, avec un résultat des plus satisfaisants. L'affection occupait une fois les ailes du nez, six fois la lèvre supérieure, quatre fois la joue et deux fois l'oreille. Voici comment M. Veiel appliquait le chlorure de zinc : Lorsque l'épiderme est détruit et remplacé par des croûtes plus ou moins épaisses, on les fait tomber à l'aide de cataplasmes émollients; dans les cas où l'épiderme est intact, on n'applique le chlorure le zinc qu'après avoir préalablement appliqué un vésicatoire et dénudé ainsi le derme. A l'aide d'un crayon de chlorure de zinc taillé en pointe, on pénètre profondément dans les tissus hypertrophiés ou surmontés de tubercules, de manière à porter le caustique sur tous les points affectés; on continue, en outre, cette opération dans un rayon de deux à trois lignes, tout autour de la lésion. Immédiatement après cette opération, la surface criblée de trous, assez analogue à un rayon de miel, laisse suinter un liquide sanguinolent, noirâtre, puis une sérosité d'une couleur moins foncée qui se concrète, au bout "le quelques heures, en une croûte lisse et serme. Vers le troisième ou le quatrième Jour, un pus séreux soulève les bords de rette croûte, et on lui donne issue à l'aide de quelques ponctions. Vers le sixième ou le huitième jour, la croûte se soulève sur ses bords, et peut être détachée par des *pplications de cataplasmes continuées Pondant plusieurs jours. Il est rarement "ccessaire de renouveler l'application du oustique plus de trois fois; toutefois, dans o cas où le tissu morbide a une grande "Paisseur, il faut y revenir beaucoup plus ouvent. Lorsque la surface suppurante, "ui succède à la chute des escharres, ne Prosente plus aucun bourgeon de mauvaise oture et s'est élevée au niveau des parossaines, on la recouvre de cataplasmes odant quelques jours, puis on la touche orement avec la solution alcoolique de orure de zinc tous les trois ou quatre lors. Lorsque les bords commencent à se

rétracter, on substitue la solution aqueuse à la solution alcoolique, et on continue à appliquer cette solution jusqu'à guérison complète. Le temps nécessaire pour obtenir ce résultat dépasse rarement trois ou quatre mois. M. Veiel se sert avec avantage de la solution alcoolique de chlorure de zinc pour guérir l'eczéma invétéré des paupières, des lèvres, des parties génitales, du pourtour de l'anus. La solution aqueuse guérit quelquefois des cas d'eczema solare ou impetiginodes qui ont résisté à tous les moyens usuels. La solution alcoolique enlève aisément les indurations qui restent parfois, à la suite du psoriasis, au coude, sur le dos et aux cuisses; il faut seulement, pour l'appliquer dans ces cas, avoir soin de faire disparaître les écailles qui recouvrent les points indurés. Il y a une forme de psoriasis palmaris, accompagnée d'indurations verruqueuses, douloureuses, qui ne cède qu'au chlorure de zinc solide, que l'on emploie après avoir préalablement enlevé l'épiderme à l'aide d'un vésicatoire. La solution aqueuse est très-utile dans les cas de sycosis et de favus, après dépilation préalable. Enfin M. Veiel l'a trouvée trèsutile dans certaines formes d'acné et d'excroissances verruqueuses de nature suspecte affectant le nez, les joues ou les lèvres. (Zeitschrift der Gesellschaft der Aertze zu Wien, et Arch. gén. de méd., août 1860.)

· DEs oPHTHALMIEs PRovoQUÉEs ET ENTRETENUEs PAR LE TRAvAIL DE LA PREMIÈRE ET DE LA sEcoNDE DENTITIoN, par TAVIGNOT. — Un caractère général est surtout commun à ces affections : c'est la tendance à la récidive, ou plutôt la répétition de la même maladie aux diverses périodes de l'évolution dentaire : c'est dans tous les cas une névralgie ciliaire provoquée par le travail d'évolution dentaire. Le traitement doit consister dans un débridement du tissu fibreux qui recouvre encore la dent, et dans l'application sur les yeux, pendant une heure le matin et une heure le soir, d'une compresse imbibée d'une solution aqueuse de belladone (4 gramm. sur 125 d'eau distillée), jointe à la prise trois fois par jour, par cuillerées à dessert, de la potion suivante : Julep gommé 125 gramm.; sulfate de quinine, 50 centigr. — Les collyrcs irritants sont plutôt nuisibles qu'utiles.

(Union médicale et Annales d'oculistique,

juillet 1860.)

DE LA CURE RADICALE DES TUMEURs ET FIsTULEs LACRYMALEs PAR LA PATE DE CANQUoIN, par GILLET DE GRAMMONT.— L'auteur décrit ainsi le procédé qu'il a emprunté à la cliniqne ophthalmologique du docteur Deval : incision méthodique du sac, lavage à l'eau froide. Quand l'écoulement de sang a cessé, on prend un cylindre de pâte de Canquoin n° 1, de la grosseur d'une plume de corbeau, préparé ad hoc; on en coupe un morceau long d'environ 8 ou 10 millimètres et on l'introduit par la plaie dans le sac. Le caustique ne tarde pas à agir, et le malade éprouve bientôt une douleur cuisante qui dure quelques heures et s'éteint graduellement. L'escarrhe présente une teinte gris-noirâtre, à bords parfaitement tranchés. La plaie est généralement entourée d'une auréole rouge et quelquefois un peu œdémateuse, qui pourrait à première vue en imposer pour de l'érysipèle ; mais c'est là simplement l'effet de la cautérisation. Toutefois il faut recommander aux malades d'éviter le froid ; car une inflammation érysipélateuse localisée pourrait être le résultat d'une imprudence. Après 12 à 18 jours l'escarrhe se détache, entraînant avec elle les détritus de la pâte, si l'on n'a pas eu soin de les enlever 12, 16 ou 24 heures après l'opération. — La pâte a une action d'autant plus lente, plus graduclle et plus efficace, et est en même temps d'autant moins douloureuse, qu'elle a été préparée plus longtemps à l'avance. (Gazette des hôpitaux et Annales d'oculis

tique, juillet 1860.)

DEs TACHES DE LA CoRNÉE ET DES MoYENs DE LEs FAIRE DIsPARAîTRE, par DE BOURROUSSE DE LAFFORE.— Le moyen conseillé par l'auteur consiste en des attouchements fréquents et longtemps continués des opacités par le crayon de nitrate d'argent. Il affirme avoir devers lui plus de cent exemples de guérisons complètes d'albugos anciens, qui n'ont été obtenues qu'après deux ou trois cents cautérisations, pratiquées à raison de trois par semaine. Ce traitement convient dans les opacités qui sont un produit froid, non enflammé, ayant depuis plus ou moins de temps succédé à des inflammations aiguës ou chroniques de la cornée. Vingt et une observations détaillées sont citées à l'appui de cette allégation. (Moniteur des Sciences médicales et Annales d'oculistique, juillet 1860.)

CoLLYRE AU sEsQUI-IoDURE DE MERCURE coNTRE LA KÉRATITE scRoFULEUsE. — Le doc

teur Polare, de Palerme, a employé ce médicament depuis 1826; et son disciple, le docteur Arcoleo, nous apprend que les résultats en ont été extrêmement favorables entre leurs mains. La proportion est de 6 décigrammes du sel pour 50 grammes d'eau distillée. On en instille une goutte entre les paupières, avec la barbe d'une plume ; et l'on en fait aussi quelques frictions autour de l'orbite. Les instillations seront répétées autant de fois par jour que les circonstances l'indiqueront. Le docteur Arata confirme par son expérience à l'hôpital de Pammatone, les affirmations que nous venons de rapporter. Il a surtout remarqué la tolérance extrême des malades les plus méticuleux pour l'emploi de ce collyre. C'est vraiment merveille, dit-il, que de voir avec quelle facilité s'y soumettent les enfants dont la répugnance aux instillations oculaires, en général, apporte tant de difficultés à ce genre de traitement. On n'a pas manqué d'expliquer le succès de cet agent par l'association qu'il renferme de deux principes à propriétés distinctes chacun : l'iode, agissant comme antiscrofuleux; le mercure, comme antiplastique. Nous, spécialiste, qui savons que tel ou tel composé iodo-mercuriel n'opère jamais que comme ioduré ou comme mercuriel, nous nous bornons à mentionner l'explication. (Gazz.delli ospedali di Genora et Gazette médicale de Lyon, N° 14.)

QUELQUEs MoTs sUR L'oPPoRTUNITÉ DE LA TRACHÉoToMIE DANs LE CRoUP, par le D' HENRIETTE. — Pendant nombre d'années notre estimable confrère n'avait eu quc des mécomptes avec la trachéotomie ; il avait opéré une douzaine d'enfants et n'avait pu réussir à en sauver un seul. Cette mauvaise veine avait fortement ébranlé sa confiance, mais depuis la fin de l'année dernière il a vu ses tentatives couronnées d'un succès tel que peu de praticiens pourraient en accuser un aussi heureux et aussi encourageant. En effet, sur huit enfants atteints de croup, il en a guéri quatre par la trachéotomie. Ce résultat remarquable est dû, suivant lui, à l'observance du précepte d'opérer aussitôt qu'on a reconnu qu'il n'y a plus rien à espérer du traitement médical, et il est persuadé, opinion qui a déjà été émise bien souvent, que les échecs dans l'application de la trachéoto: mie dépendent en général de la tardivité de l'opération. Voici comment M. Hen

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