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RLICHE

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Le Sujet de l'Ouvrage que j'ai l'honneur de presenter à VOSTRE MAJESTE', mérite par lui-même que vous daigniez lui accorder vostre protection Royale, a autorise la liberté que je prens de le faire paroistre fous vostre anguste Nom. C'est

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mis en paralléle avec le vostre, eu égard à un certain assemblage de choses qui rendent les Regnes illustres e mémorables, dont les unes ont signalé un-Regne, e les autres un autre; mais que je n'ai trouvérassemblées que dans le vostre seul.

Ce n'est point , SIRE, un éloge que je vous prépare : je fupplie, VOSTRE MAJESTE', de regarder ce que j'aVance comme une pure egune simple réfléxion d'un Historien, qui compare oe qu'il a la avec ce qu'il a , og de me permettre d'en justifier la verité par des faits dont toute l' Europe a esté témoin. Cette comparaisón que je vais faire ne diminuera rien de la gloire du Regne de vos plus illuftres Prédecesseurs, en relevant celle du vostre.

Il y a eu parmi eux des Conquérans: ils'y est trouvé de grands Politiques. Il y en a eu qui se sont distinguez par leur Religion er leur pieté. On en a s'appliquer à faire fleurir les beaux Arts dans l'Estat, à y cultiver,& àyfaciliter le Commerce,d'autres à éterniser leur Mémoire par les Ouvrages publics, & à relever la majesté de leur Trône par la magnificence de leur Maifon ego de leur Cour. Tous ces traits de grandeur que je rencontre, pour ainsi dire , épars çà e dans les Histoires dedivers Regnes, les écrivains qui feront l'Histoire du vostre, les y trouveront tous réünis.

On y verra, comme dans ceux de Clovis , de Charlemagne, de Philippe Auguste, de Charles VII. des Conquestes, des Batailles gagnées, des Villes forcées : des Conquestes , dis-je, non pas dans un pays tel que l'ancienne Germanie, une déroute de Barbares difsipez rendoit Charlemagne maistre d'une vaste estenduë de Forests ca de Campagnes,& de quelques Bourgades palissadées, les Vaincus venoient lui rendre leurs hommages ; mais dans des pays l'ennemi disputoit le terrein pied à pied, chaque pas coûtoit une Victoire; des Batailles gagnées , non pas sur des peuples qui n'avoient pour guide à la guerre que leur seule rocité naturelle, aisée à déconcerter par l'arrangement & par les marches régulieres dune Armée aguerrie: mais sur des troupes ausquelles les Nations les plus belliqueuses fournissoient à l'envi des Chefs les plus habiles & les plus experimentez : des Villes forcées que la Nature de l'Art sembloient avoir renduës imprenables ; et ce qui ne s'estoit point dans ces premiers fiécles de

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la Monarchie Françoise , de larges og profondes rivieres passées à la nage par des Armées à la vûë d'un ennemi préparé; mais effrayé au feul afpect d'une telle bravoure , cau vaincu ausi-tost qu'abordé. Que la rapidité de nos Héros d'autrefois auroit esté retardée, s'ils avoient eu des barrieres à franchir les unes sur les autres, telles que Mons, Valenciennes, Cambray , Saint Omer, Namur, Luxembourg , Philifbourg, tant d'autres ! Une Victoire faisoit alors un Conquerant ; mais aujourd'hui ce titre coûte beaucoup plus cher.

Si des Héros & des Conquérans nous passons à ceux de nos Rois qui ont excellé dans l' Art de regner, noftre Histoire nous presentera un modéle achevé de politique dans la personne de Charles V. surnommé le Sage , qui estant monté sur un Trône.

chancelant « ébranlé de tous costez par deux Rois * qui avoient 111. Roy formé le dessein de le renverser, trouva avec le temps la paCharles de tience, a par son habileté, le moyen de le raffermir, de conque

rir sur ces deux dangereux ennemis ; ce que la témérité de son Prédecesseur avoit perdu, de dissiper les factions , de réduire les factieux, o en restablisfant l' Autorité Royale dans tous les droits , de la maintenir, de la porter aussi loin qu'aucun des Rois qui l'avoient précedé.

On ne peut, SIR E, se représenter ces deux situations si différentes de ce grand Prince, qu'on ne se ressouvienne de celle Vous fútes durant vostre Minorité , eg de celle Vous vous establites peu à peu dès que vous commençâtes à gouvernerpar Vous-même, des mesures justes, ca des moyens que Vous employastes pour cet effet, dont le plus général fut le talent de Vous attirer d'abord l'eftime le respect de vos Sujets par une conduite tout paroissoit Grande Royal; talent qui n'est pas attaché à la Couronne, mais à la superiorité du génie de celui qui la porte, mais talent aussi necessaire au Souverain, qu'il est utile aux peuples.,

Mauvais Roy de Navarre,

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