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« netto, Melogno, Saint-Jacques, que pour em« pêcher l'armée autrichienne de se concerter « avec l'escadre anglaise, et pour pouvoir accou« rir au secours de Gênes, si l'ennemi se portait (( SUlI' cette ville, soit par mer, soit par le col de « la Bocchetta; qu'elle n'occupait pas Vado « comme une position défensive, mais comme « une position offensive, mais pour être à portée « de déboucher sur l'ennemi s'il se présentait « dans la rivière; qu'aussitôt que les Autrichiens « s'étaient portés sur Savone, il aurait dû mar« cher pour les combattre, pour empêcher qu'ils « ne s'emparassent de cette ville et ne lui inter« ceptassent sa communication avec Gênes; mais « que puisqu'il ne l'avait pas pu faire, 1°il eût « dû évacuer Vado pour appuyer sa droite sur « Saint-Jacques; 2° que lorsque, par le résul« tat de la journée du 25, l'ennemi s'était em« paré de Melogno et de la crête de Saint-Jacques, « il devait dans la nuit profiter de l'avantage « qu'avait obtenu à sa droite le général Laharpe, « pour évacuer Vado, et se servir des troupes « de Laharpe pour renforcer l'attaque sur Saint« Jacques et Melogno; elle eût été couronnée « d'un plein succès; 3° que lorsque, le 27, il « avait résolu d'attaquer Melogno, il était en« core temps de ployer sa droite, pour qu'elle « se trouvât à cette attaque, profitant du nou« vel avantage qu'elle avait obtenu le 26 sur la « gauche de l'ennemi; cette manœuvre eût en« core décidé de la victoire. » Ces dépêches, qui étaient écrites de main de maître, étonnèrent beaucoup l'état-major, qui cependant devina bientôt qui les avait dictées. Il y a dans la rivière du Ponent trois lignes qui couvrent le comté de Nice et barrent la rivière; la droite appuyée à la mer et la gauche à la crête supérieure des montagnes.La première de ces lignes est celle de Borghetto, la deuxième est celle de Monte-Grande, la troisième est celle de laTaggia.Napoléon avait reconnu depuis longtemps ces trois lignes, accompagné de l'adjudant-général Saint-Hilaire, brave et excellent officier qui, depuis, s'est couvert de gloire dans cent batailles, et est mort général de division sur les champs d'Essling. La ligne de Borghetto appuie sa droite sur la mer, au village de Borghetto, à une lieue de Loano, sur un mamelon qui domine toute la plaine de Loano; et sa gauche à un grand rocher isolé. Masséna fit construire sur ce rocher une redoute que l'armée appela le Petit-Gibraltar, en mémoire du fort Murgrave à Toulon. Elle était vis-à-vis le Champdes-Prêtres; de là on communique par des montagnes escarpées jusqu'aux hauteurs qui dominent Ormea, Loano, Rocca-Barbene; le monte Saint-Bernardo, Garessio, sont hors de cette ligne et appartiennent naturellementàl'ennemi; mais Ormea est couvert : cette ligne est extrêmement forte, son étendue est considérable, cinq ou six lieues; mais presque partout elle est inabordable : elle ne peut être attaquée que par la gorge de Sucarello où est le château de ce nom, qu'on arma; ce fut un excellent poste de bataille. Dans le courant de juillet, août et septembre, Devins projeta plusieurs fois d'at-. taquer cette ligne; il ne l'osa jamais sérieusement. De Sucarello, une ligne aboutit à Albenga, passant derrière le petit ruisseau de l'Arosoia; c'est une bonne position dans le cas où la partie de la ligne de Sucarello à Borghetto serait forcée. La position de Monte-Grande, qui s'attache au col de Pizzo et au col de Mezza-Luna et s'appuie à la mer derrière Saint-Lorenzo, est une ligne beaucoup moins bonne, mais encore trèsforte. Celle qui appuie sa droite à l'embouchure de la Taggia, son centre à Monte-Ceppo, et sa gauche à Monte-Tanardo et au col Ardente, d'où elle communique avec le col de Tende, est moins forte que celle de Borghetto, mais plus forte que celle de Monte-Grande. La première ligne couvre Oneille et toutes les positions de la rivière, d'Oneille à Borghetto. La deuxième

couvre Oneille et Ormea et tous les débouchés du Tanaro. La troisième couvre toute la partie de la rivière du Ponent, d'Oneille à Saint-Remo : cette ligne a cela de particulier qu'elle peut défendre Saint-Remo, et que, si on y est forcé, on peut évacuer cette ville et s'appuyer à Ospitaletto entreelle et Bordeghera, sans que la ligne soit moins bonne. L'ennemi peut tourner la première ligne en débouchant par la vallée du Tanaro, et en s'emparant du MonteAriol et menaçant alors de tomber sur le MonteGrande et sur Oneille; mais Ormea et le MonteAriol sont si près de la ligne, que les réserves peuvent servir à la défense de ces positions. Elle peut aussi être tournée par le col de Tende; mais ce serait changer le théâtre de la guerre; l'ennemi ne pourrait faire un si grand mouvement sans qu'on en fût instruit, ce qui permettrait de choisir le moment où ses troupes seraient en marche, pour attaquer et détruire ce qu'il aurait laissé devant la ligne de Borghetto. La deuxième ligne et surtout la troisième ont cela d'avantageux qu'elles ne peuvent pas être tournées par la vallée du Tanaro qui est en dehors; qu'elles se rattachent au col Ardente, c'est-àdire jusqu'au col de Tende; que le col Ardente et la Tanarda non-seulement concourent à la défense du col de Tende, mais même, le col de Tende forcé, prennent de revers, avant le défilé de Saorgio, la route qui conduit à Nice. A ne considérer donc que la seule défense du comté de Nice, la ligne de la Taggia serait la meilleure, parce que toutes les troupes seraient concentrées et à portée de défendre le col de Tende. ·

S VIII.

Le gouvernement jugea le commandement de l'armée d'Italie au-dessus des forces de Kellermann; il l'envoya en septembre commander l'armée des Alpes, et confia l'armée d'Italie au général Schérer qui commandait l'armée des Pyrénées-Orientales, devenue inutile par la paix conclue avec l'Espagne. Schérer mena en Italie un renfort de deux divisions de bonnes troupes. L'armée autrichienne avait été également renforcée; elle n'avait pas rempli dans la campagne de 1795 l'espérance de sa cour : mais cependant elle avait eu des succès importants ; elle s'était emparée de la position de Saint-Jacques et de Vado, interceptait Gênes et était en communication avec l'escadre anglaise.Au commencement de novembre, l'armée française occupait toujours la ligne de Borghetto avec cinq divisions; celle de gauche, sous les ordres du géné

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