Pagina-afbeeldingen
PDF

cents à trois mille toises. Depuis que les batteries d'Hières ont été ainsi armées, les Anglais n'y sont plus revenus, la même chose a eu lieu pour la Spezzia, et sur l'océan pour l'ile d'Aix, la Gironde, l'Escaut, et les rades de Brest. Les canons des vaisseaux tirent sur affûts marins, c'est-à-dire sous l'angle de 25°, la bande du vaisseau fait qu'ils tirent souvent sous celui de 43°. · Il n'est donc pas étonnant que les boulets des vaisseaux arrivent à terre, et que ceux des bat· teries de terre n'arrivent pas à la hauteur des navires; on se récrie alors sur la mauvaise qualité de la poudre, ce qui donne lieu à des soup, çons de trahison et de négligence. Il est donc bon que dans chaque batterie il y ait un ou deux affûts qui permettent de tirer sous l'angle de 43°, quoique ce tir soit incertain et de nul effet dans les cas ordinaires. Sur les côtes de la Méditerranée il n'y a que neuf bons mouillages pour les vaisseaux de ligne : 1° Le Bouc, qui est défendu par un fort; l'entrée en est très étroite; c'est le port du Rhône ; il doit être le chantier de construction de la Méditerranée; Toulon et la Spezzia doivent en être les ports d'armement.—2° Le mouillage de l'Estisat, au fond de la baie de Marseille, mauvais, que les escadres ne prennent que bien

rarement. Deux batteries sont cependant nécesl

[ocr errors]

saires, mais on peut ne les armer qu'à moitié; le besoin arrivant, en vingt-quatre heures l'armement serait complété.—3°Toulon...... 1°Trois batteries réunies en une seule au cap Cepet, et défendues par la tour de la Croix-des-Signaux ; par ce moyen, si l'ennemi s'empare de cette presqu'île, il ne peut pas se servir des pièces contre la rade, puisque le fort est à l'abri d'un coup de main ; cela dispense d'avoir, en temps de guerre, un camp dans cette presqu'île.2°Une batterie au cap Balaguier. 3° Une à celui de l'Éguillette; ce qui fait cinq batteries ou cent bouches à feu, indépendamment de quarante pièces de campagne, quinze de 6, quinze de 12, et dix obusiers de campagne à grande portée, pour la côte ouest des rades. Une batterie au pied du fort la Malgue, une à la grosse tour, une au cap Brun; ce qui fait trois batteries ou soixante bouches à feu, indépendamment de neufpièces de 6, neuf de 12, et six obusiers de campagne à grande portée, pour la côte est. Total : cent soixante bouches à feu. On ne parle pas des batteries sur les jetées, cela regarde l'armement de la place.—4° Iles d'Hières; le mouillage pour des vaisseaux de guerre est à l'île de Porteros; il y faut deux batteries.—5° Fréjus, deux batteries pour appuyer le flanc de la rade.—6° Le golfe Juan, trois batteries.—7° Villefranche, deux batteries.—8° Gênes, défendue par la ville.—9° La Spezzia, quatre batteries de première classe. En déterminant de même le nombre des batteries de deuxième et de troisième classe, en construisant les tours, on n'aura plus besoin de construire à la hâte des corps-de-garde et des magasins qui tombent en ruine en temps de paix. Les pièces, les boulets, les affûts, les armements seront renfermés dans les tours. En quarante-huit heures, toutes les côtes de France pourront être armées ou désarmées. Toutes les batteries pourraient même n'être armées qu'au tiers ou à la moitié, selon la nature de la guerre où l'on sera engagé, selon que l'ennemi serait plus ou moins maître de la mer, ce système serait permanent et fixe. Les pièces de 48 sont avantageuses pour la défense des rades comme Toulon, la SRezzia. On peut en mettre un tiers, c'est-à-dire que, sur les douze pièces de 36 qui composent une batterie, il est avantageux d'avoir quatre pièces de 48; ce qui ferait trente - deux pièces de 48 pour la défense de la rade de Toulon. Il n'est pas vrai que le calibre de 24 fasse contre les vaisseaux le même effet que celui de 36, ni que celui de 36 fasse le même effet que celui

de 48.

[merged small][merged small][merged small][ocr errors][merged small][ocr errors]

'Précis des événements qui ont eu lieu à l'armée d'Italie, depuis le commencement de la guerre et pendant les années 1792, 1793, jusqu'au siége de Toulon. — Napoléon dirige l'armée dans la campagne de 1794, prise de Saorgio, d'Oneille, du col de Tende, et de toute la chaîne supérieure des Alpes (avril 1794). —Marche de l'armée au travers de Montenotte ( octobre 1794 ). — Expéditions maritimes, combat de Noli (mars 1795). Napoléon apaise plusieurs insurrections à Toulon. — Il quitte le commandement de l'armée · d'Italie, il arrive à Paris (juin 1795). Kellermann battu se rallie dans la ligne de Borghetto (juillet 1795). — Bataille de Loano (décembre 1795). -

s Ie*. • * La guerre de la première coalition commença en 1792. Le général Montesquiou, commandant l'armée du midi, était chargé de la défense de toute la frontière, depuis Genève jusqu'à Antibes. La campagne s'ouvrit en septembre. De son camp de Cessieux, il se porta sur l'Isère, au fort Barreau, s'empara, en peu de semaines, de Chambéry et de toute la Savoie; les Piémontais se retirèrent au-delà des Alpes. Le lieute· nant-général Anselme, commandant une division de 1o,ooo hommes, était chargé de désendre le Var, depuis le camp de Tournoux, près du col d'Argentière, jusqu'à Antibes; l'amiral Truguet, avec neuf vaisseaux de guerre portant 2,ooo hommes de débarquement, croisait entre Antibes et Monaco. Le Var est une mauvaise ligne de défense : l'escadre française en menaçait les derrières; cela décida la cour de Turin ' à faire prendre à son armée une ligne de défense au revers des Alpes maritimes; la droite appuyée au Var et à ses affluents; le centre sur Lantosque, et la gauche à la Roya, en avant de Saorgio. Le 23 septembre, le général Anselme, instruit par l'amiral français que l'embossement de son escadre devant Nice en avait fait décider l'évacuation, et que l'armée piémontaise avait commencé son mouvement, passa le Var à la tête de 4,ooo hommes, s'empara de Nice, du fort Montalban et de Villefranche sans éprouver aucune résistance. Ces deux dernières

« VorigeDoorgaan »