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o 29° LÉGÈRE. •, 447 puyait à l'artillerie, placée sur la route qui conduit à la Corona; elle avait à sa gauche la 85" de bataille, qui se prolongeait du côté du lac. La 29" occupait, à elle seule, un espace de terrain si étendu que les trois bataillons, quoique sur la même ligne, étaient fort éloignés les uns des autres. L'ennemi s'avança le 24 jusqu'à Caprino, où il attaqua, le 25, deux heures avant le jour, du côté de la chapelle St-Marc. Les demi - brigades le repoussèrent plusieurs fois avec avantage. Il n'avait encore fait aucun mouvement de notre côté, et il était neuf heures du matin, lorsque la 85° fut attaquée sur sa gauche; alors plusieurs bataillons de Croates s'avancèrent sur nous en commençant la fusillade. Le 3 bataillon de la 29", qui était le plus près, fit d'abord un feu très vif; cependant la 85° avait déjà abandonné ses positions ; sa retraite fut si précipitée, que l'ennemi était déjà maître d'une éminence située derrière nous. Nous nous trouvons donc placés entre deux feux. Nous résistons un moment, et perdons beaucoup de braves : Guillier, capitaine de carabiniers, et Muller, sont tués; Marchi, notre chef, a la jambe cassée d'une balle. Nous nous retirâmes alors en désordre sur Rivoli, nous ne reprîmes nos positions que sur le soir, après neuf heures de combat.

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Le 26, la 29° se mit en marche sous les ordres de l'adjudant-général Veaux, pour attaquer l'ennemi à la Corona, où il s'était retiré. Le 1" bataillon passa par la Chapelle SaintMarc. Ceux - ci passèrent par Caprino, en gagnant les hauteurs. Ceux-ci arrivèrent à la Corona, toujours en chassant l'ennemi devant eux, sans qu'il présentât beaucoup de résistance. Le 1o bataillon en trouva davantage; les Autrichiens étaient embusqués dans un bois épais, d'où il était difficile de les faire sortir. Cependant le 1" bataillon vint à bout de son entreprise ; il mit en fuite l'ennemi. Moussard, chef de ce bataillon, est blessé mortellement ; Lebœuf, capitaine, l'est aussi. Les troupes de l'ennemi, qui avaient résisté à Saint-Marc, arrivèrent trop tard à la Corona pour pouvoir se retirer; elles furent faites prisonnières.Un corps considérable, qui venait sans doute à leur secours par l'escalier de l'Ermitage, tomba également entre nos mains, sans tirer un coup de fusil, de sorte que nous leur primes, dans cette seule journée, plusieurs milliers de prisonniers. Le nombre de leurs morts et blessés fut aussi considérable.

La 29° perdit, dans les trois batailles de la Corona, 4o tués, 6o blessés et autant de priSOIlIl1CTS.

Le lendemain de cette dernière attaque, la 29° reprit ses anciennes positions à Campadella, jusqu'à la nouvelle expédition du Tyrol. Claude Clément, chef de bataillon, vint prendre à cette époque le commandement de la demi-brigade. Au pont de Lavis, la 29°, sous les ordres du général Vial, passa seule la rivière à gué, culbuta 3,ooo Hongrois, les poursuivit à la baïonnette jusqu'à Saint-Michel, en leur faisant 9oo prisonniers. Elle perdit dans cette journée le citoyen Marse, brave capitaine de carabiniers. Le 12 ventose, la demi-brigade eut 17 officiers prisonniers de guerre à la fausse attaque de Fey. Le capitaine Chalut et le lieutenant Alix y furent blessés. La 29° cantonna à Pressana jusqu'au 1" germinal, jour auquel la division du général Joubert se mit en marche pour aller à l'ennemi. On l'attaqua dans ses mêmes positions du village de Fey et de Saint-Michel; il s'était singulièrement fortifié, néanmoins il fut forcé dans ses retran chements et obligé à la retraite. On lui tua près de 8oo hommes, et on fit plus de 2,6oo prisonniers. L'ennemi n'opposa pas de résistance les jours suivants; il nous attendit dans la gorge de Clausen, où nous eûmes, le 5 germinal, une vive

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affaire. L'ennemi y fut encore battu ; nous lui tuâmes beaucoup de monde, et lui fîmes 1,8oo prisonniers. Il se retira au-delà de Brixen. Le citoyen Matthieu , adjudant, et Martin, lieutenant, furent blessés. La division s'avança le même jour jusqu'à Brixen, d'où elle débusqua l'ennemi après un combat opiniâtre; on lui prit quantité de bagages et de provisions. Il eut un grand nombre de morts et de prisonniers. La demi-brigade bivouaqua surles hauteurs qui dominent cetteville, jusqu'au jour où elle fut attaquée par les habitants du Tyrol; elle réussit à les mettre en fuite, et se mit en marche le lendemain pour rejoindre les autres divisions de l'armée, dont elle était séparée. Elle poussa jusqu'à Villach, où elle séjourna quelque temps. La 29° bivouaqua en avant de cette ville; c'est là que nous apprîmes la suspension d'armes et les préliminaires de la paix.

JOURNAL

DU CINQUIÈME RÉGIMENT DE DRAGoNs.

Le 6 prairial an 4, le général en chef marcha à la tête des troupes contre les révoltés de Pavie. Le village de Binasco avait été enlevé la veille par les Français, mais les flammes qui l'avaient consumé n'avaient pas intimidé les rebelles, qui avaient réuni toutes leurs forces à Pavie et aux | environs. Le général en chef ordonna l'attaque sur trois colonnes; celle du centre, qui marchait sur la grande route, était composée de grenadiers commandés par le brave Lannes, et de trois détachemens de cavalerie, tirés du 5° et 15° dragons et du 24° chasseurs. | L'artillerie légère, commandée par le général Dommartin, marchait entre le détachement du 5° dragon et une compagnie de grenadiers; les carabiniers et les chasseurs à pied formaient deux colonnes latérales qui balayèrent les flancs de la grande route jusqu'à la ville. Les batteries furent dressées contre les positions à demi-portée de fusil ; après quelques

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