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chemin de Villa-Nova. Cet ordre est aussitôt exécuté. L'ennemi, qui ne nous voyait ni ne nous attendait, n'a pas même le temps de prendre les armes. Le brave Obert renverse d'un coup de sabre un officier autrichien qui allait mettre le feu à une pièce. L'ennemi tire onze coups de fusil et de canon, et fuit bientôt épouvanté, en nous laissant maîtres de sept pièces de canon, deux obusiers, trente-sept chariots ou caissons et cent cinquante chevaux ; on lui fait en outre beaucoup de prisonniers. L'adjudant-général Veaux, voyant ce qui se passait, nous fait suivre successivement par peloton le mouvement de l'avant-garde. Deux cents hommes seulement restent avec lui. Nous descendons au camp en battant la charge et poursuivant l'ennemi. Une partie de nos soldats emmènent les chevaux et les prisonniers, ce qui nous affaiblit beaucoup. Les autres se rassemblent et marchent ensemble sur Villa-Nova. Il paraît que l'adjudant-général Veaux n'était pas instruit que l'ennemi avait des forces supérieures dans ce village. Les compagnies qui avaient été envoyées pour lui couper la retraite de ce côté furent vivement repoussées : quatre bataillons hongrois se trouvent d'abord, à notre arrivée, rangés en bataille dans la petite plaine située entre la Chiesa et la montagne ; ils nous

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font un feu très-soutenu, et marchent ensuite sur nous avec le plus grand ordre. Nous nous reployons sur le camp pour avoir une position avantageuse. Le général Veaux croit qu'on se retire sur lui, et va s'emparer d'une hauteur encore plus éloignée; il se trouve enveloppé et trop séparé de nous pour que nous puissions le voir; il est fait prisonnier. Nous tenons ferme au camp pendant plus de deux heures ; mais le

chef de brigade Balleydier, ne pouvant plus re

cevoir d'ordre du général, ne sachant pas non plus ce qui se passait à Salo, et ne voyant venir aucun renfort, crut devoir se retirer du côté de la ville. Cependant la petite colonne qui était descendue à Salo avait tout le succès possible.Deux escadrons de houlans veulent intimider nos carabiniers en les chargeant; mais ceux-ci leur font rebrousser chemin, les serrent contre le lac, et les font tous prisonniers avec le général qui les commande; une partie de leur infanterie, n'ayant plus de retraite, met bas les armes. o Le général Guieux ne trouva pas prudent de rester dans la ville, il emmena au camp des Piémontais, les deux mille Autrichiens et les houlans qu'il venait de prendre. C'est dans cette position que nous le rejoignîmes, emmenant avec I. 28

nous une centaine de prisonniers que nous fîmes en revenant. Toutes les troupes bivouaquèrent au camp des Piémontais. L'ennemi occupait encore les positions de Thormini; nous l'y attaquâmes le lendemain à la pointe du jour. Il résista long-temps, mais nous parvînmes à le débusquer. Il est alors mis en déroute, nous lui tuons considérablement de monde, nous faisons plus de mille prisonniers et prenons trois pièces de canon, les seules qui, lui restaient. Il est constant, d'après le rapport des habitants du lieu et celui des prisonniers, que nous avons tué à l'ennemi plus de 5,ooo hommes, et blessé plus de 1o,ooo. La terre était partout jonchée de cadavres.De notre côté nous avons perdu dans les derniers combats 4 chasseurs morts, une quinzaine de blessés et 2o prisonniers. Nous avons encore campé quelques jours au camp de Thormini ; de là nous sommes partis pour nous rendre à la division Augereau, à Vallegio. Ensuite, nous vînmes camper à St-Michel, près Vérone. La demi-brigade occupa cette position jusqu'à l'époque où la division Augereau partit pour l'expédition du Tyrol. La 29° ne la suivit pas ; elle campa seule sous Vérone, avec un détachement du dixième de hussards et le dixième de dragons quibivouaquèrent en arrière

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de Saint-Michel. Le général Guillaume commandait à Vérone.

· Le 17 fructidor, l'ennemi, qui paraissait fort

éloigné, fit un mouvement qui le rapprocha de

cette place. Le 2o, il s'avança vers Saint-Michel.
Le général nous sit alors bivouaquer sur le rem-
part, pour être prêts à faire feu à son approche.
Un détachement de 4oo hommes s'empare du
fort, et nos compagnies de carabiniers occu-
"pent une redoute en avant de la barrière pour
soutenir deux pièces d'artillerie volante et un
· obusier qui battaient sur la route de Vicence.
L'on envoie quelques tirailleurs pour attirer
l'ennemi à portée de mitraille. Il donne dans le
piége. La cavalerie charge avec impétuosité sur
la route, et s'avance très près de la ville : alors
l'artillerie et les carabiniers firent ensemble un
feu très vif qui obligea les Autrichiens à rétro-
grader de l'autre côté de Saint-Michel. Le 2 I ,
l'ennemi se retira et fila sur Legnago. L'on en-
voya des découvertes à sa poursuite sans le ren-
COntrer. -
| Nous partimes de Vérone quelques jours
après, pour nous rendre du côté de Mantoue,
et forcer le général Wurmser à rentrer dans
cette place avec les débris de son armée. -
Nous partîmes de Castellara le 28 fructidor,
à deux heures du matin, pour attaquer l'ennemi

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vers Saint-George. Nous faisions partie de la division du général Masséna ; un bataillon de grenadiers marchait en tête de la colonne, et nous précédait à une certaine distance; la 32° de ligne nous suivait. Nos compagnies de carabiniers, les 4° et 17° d'infanterie légère, avaient filé sur la droite de la route quelque temps avant notre arrivée sur le terrain. L'on divisa alors la demi-brigade. Le premier et le deuxième bataillons passèrent sur la droite pour renforcer nos carabiniers et les demi-brigades légères, qui commençaient à ployer; le troisième bataillon était encore sans destination, lorsque le général Masséna lui donna l'ordre de se mettre en bataille sur la gauche de la route, pour soutenir un bataillon de grenadiers qui était chargé par les houlans. Cet ordre fut parfaitement bien exécuté; le bataillon fit un beau feu de file sur la cavalerie qu'il arrêta court. Mais les grenadiers ne se rallièrent pas. Le bataillon de la 29° se trouvait placé en avant d'un grand fossé ; il fit un mouvement pour passer en arrière, afin d'avoir plus de force contre la cavalerie. L'ennemi, voyant qu'on tirait avantage de cette position, se porta entièrement sur la gauche, et mous prit par le flanc. Le bataillon de grenadiers s'était rallié de ce côté; l'on y fit aussi passer la 32°, qui n'était pas encore déployée ;

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