Pagina-afbeeldingen
PDF

que de front que firent les Allobroges en inquiétant l'ennemi sur ses flancs. Le pays ne permettant pas de déployer aisément les colonnes, ne donnait pas la facilité d'attaquer tous sur le même point. La demi-brigade dans ce combat eut une vingtaine de blessés, notamment le citoyen Martin, sous-lieutenant, et trois carabiniers tués. La 29° se rendit le 3o du même mois au camp retranché sous Ceva, où elle fut exposée pendant quelques jours à la canonnade du fort. L'ennemi était encore en face de nous et occupait la plaine qui se trouve en avant de la place. L'on fit quelques fausses attaques pour l'inquiéter, tandis que la division du général Serrurier le forçait dans ses positions au-dessus de Mondovi; mais la retraite précipitée des Piémontais, fit marcher en avant; nous allâmes jusqu'à Alla, sans trouver de résistance, là nous apprîmes la paix avec le Piémont. . La brigade du général Rusca se dirigea alors vers le Pô. # · Elle suivait de très près les autres qui ne s'ar. , rêtèrent que lorsqu'elles eurent passé le fleuve au confluent de la Scrivia et du Pô. Les Piémontais furent forcés de nous abandonner quantité de magasins et de malades qu'ils n'avaient pu évacuer. Il y eut les jours suivants

quelques coups de fusils échangés d'une rive à ' l'autre, qui n'eurent aucune suite fâcheuse pour nous. Cependant nous filâmes bientôt du côté de Plaisance, où nos carabiniers qui étaient embataillonnés depuis deux jours avaient forcé le passage du fleuve. Le général Rusca se porta vers Borghetto. L'ennemi y avait laissé un corps de réserve, pour intercepter notre marche sur Lodi où était le ralliement de l'armée autrichienne. On se range en bataille en face de Borghetto. Deux pièces d'artillerie et nos tirailleurs mirent l'ennemi en fuite. Nous commencions à prendre du repos, lorsque deux heures après nous reçûmes l'ordre de partir pour Lodi. La division du général Augereau y était déjà rassemblée. L'on ne peut pas dire que nous nous y rendîmes au pas accéléré, car nos chasseurs entendant le bruit du canon, couraient de toutes leurs forces pour s'y trouver à temps. Aussitôt arrivés, nous nous formons lestement en colonmes serrées pour attaquer l'ennemi. Il était question de traverser le pont qui est sur l'Adda, et sous la fusillade la plus vive de l'armée ennemie, rangée en bataille de l'autre côté de la rivière. . Une batterie de douze pièces et quelques obusiers qui croisaient sur le pont et à portée de mitraille, était ce qu'il y avait de plus meurtrier.

Déjà le premier bataillon de carabiniers, composé des trois compagnies dela29°et de celles des Allobroges, avaient effectué le passage; mais ses forces n'étaient pas assez nombreuses pour faire abandonner à l'ennemi ses positions avantageuses. Philippe, un des capitaines de carabiniers, reçoit cinq balles ens'élançant un des premiers dans les redoutes (quoique estropié ce jeune et brave militaire est guéri de ses blessures). Tous nos carabiniers suivent l'exemple de Philippe, et font des prodiges de valeur. Coste, sergent-major, Fontaine, caporal, Vauché, carabinier, et quelques autres des plus intrepides, entrent enfin dans les retranchements où ils font un carnage affreux des Autrichiens. Coste, aussi ingénieux que brave, tourne précipitamment une de leurs pièces sur eux, y met le feu, et contribue à les mettre en déroute de ce côté. Cependant le général Rusca, à la tête de la 29° et des Allobroges, traverse le pont avec le plus grand ordre et le plus grand sang-froid. Malgré le feu de l'artillerie dirigé sur nous avec toute l'opiniâtreté possible, pas un soldat ne bouge de son rang Enfin notre arrivée au retranchement décide la victoire. L'ennemi, effrayé de tant de courage, se laisse forcer dans ses lignes et nous abandonne toute son artillerie. En vain veut-il se ménager une retraite en faisant avancer sa

cavalerie : nous nous formons en bataille et lui tuons beaucoup d'hommes et de chevaux. La déroute devient complète dans l'armée ennemie, nous en profitons pour la charger à la baïonnette avec l'impétuosité des Français; nous fîmes dans cette journée quantité de prisonniers. Elle nous coûta une vingtaine d'hommes tués et environ cinquante blessés. Gensain, adjudant-major, fut du nombre des morts. L'on poursuivit l'ennemi jusqu'à la fin du jour, et nous bivouaquâmes sur le champ de bataille. Après la bataille de Lodi, la 29° légère se rendit à Pavie où elle resta 8 à 1o jours; de là elle se porta à Milan, à Cassano, et successivement jusque sur les bords du lac de Garda, sans trouver d'ennemi à combattre. Le général Rusca fit occuper à ses troupes toutes les éminences qui dominent Salo. La 29° campa à Thormini, sur la rive gauche de la Chiesa. Les Allobrogesse prolongèrent sur la montagne qui était à notre droite, pour garder la gauche de Sabio. De sorte que nous te| nionsune ligne très étendue; mais il arriva à cette époque du renfort au général Rusca, la 27° légère que l'on caserna dans un château placé sur le bord du lac, et un bataillon de la 11° de ligne qui campa à Gavardo pour garder la route de Brescia et la gorge qui conduit dans le Tyrol. Cette position était la plus importante parce qu'elle tournait les autres. Tout resta dans le même ordre jusqu'au 1 1 thermidor.

Dans cetintervalle, le général Sauretvint prendre le commandement en chefde la brigade du général Rusca, appelée depuis division du général Sauret. Elle était au plus de 3,ooo hommes.

Le 1 1 thermidor 15,ooo Autrichiens arrivent sur Salo; le camp des Allobroges est d'abord attaqué à la pointe du jour. Le général Rusca s'y porte; aussitôt il est blessé grièvement. Il se retire à Salo, d'où il envoie nos trois compagnies de carabiniers qui étaient campées près du lac, pour renforcer les Allobroges; mais le chef de corps, après avoir résisté long-temps avec sa troupe, se reploie sur nous, et ne peut attendre le renfort des carabiniers : alors ces compagnies se trouvèrent cernées par les colonnes ennemies qui avaient déjà enveloppé la 27° dans le château où elle était casernée. Nos carabiniers retournent sur leurs pas; ils arrivent avec l'ennemi à Salo, et se battent long-temps à coups de crosse et de baïonnette contre les grenadiers hongrois pour se faire passage; enfin un grand nombre se fait jour ; une quinzaine restent morts sur le champ de bataille; quarante sont faits prisonniers : les autres se rallient au camp dit des Piémontais, où était le point de retraite de la division. • •

[ocr errors]
« VorigeDoorgaan »