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Lannes, qui, longeant l'Adige, devait attaquer l'ennemi de front, tandis que le 2°, aux oI lres du général Point, descendant dans la plaine sur la gauche, devait prendre le village par derrière et couper toute retraite à l'ennemi, qui se retirait sur Mantoue vers laquelle Provera avait déjà filé avec 6,ooo hommes : nos troupes se portèrent à l'attaque avec la confiance de la victoire. Les Impériaux furent culbutés au premier choc, ils perdirent2,ooo prisonniers, le reste fut mis en pleine déroute, poursuivi jusqu'à la nuit, et nous laissa 16 bouches à feu. Il n'y eut que le 2° bataillon de la demi-brigade qui donna dans cette affaire; les grenadiers s'y comportèrent avec distinction, et Ramond, qui les commandait, donna de nouvelles preuves de valeur. Plusieurs furent tués et un grand nombre blessés; le premier bataillon, arrivant au moment où la colonne de Lannes se battant mollement allaità son tour reculer devant l'ennemi, rassura par sa présence une troupe intimidée, et détermina la victoire sans éprouver aucune perte. Dans la nuit, les troupes que la poursuite de l'ennemi avait dispersées se réunirent à Anghiari; nous en partîmes le 29 pour marcher sur Provera, qui attaquait ce jour-là la Favorite,

et faisait tous ses efforts pour entrer dans Man#!

toue; il était secondé par les sorties de la garnison ; mais à notre arrivée à Castellare, nous apprîmes qu'il avait été battu. Aussitôt nous dirigeâmes notre marche sur Garemalo : à moitié chemin nous sûmes que tout avait mis bas les armes ou avait été massacré ; nous passâmes la nuit à Ronco-Ferrare. Nous en partîmes le lendemain matin et revînmes à Anghiari, en repassant par Castellare. Le 1o, la division s'étant rassemblée à Legnago, notre 3° bataillon se joignit aux deux autres; le 3o, nous fûmes à Este, et le premier pluviose à Padoue, où nous séjournâmes deux jours. Le 1 1, passant la Brenta, nous arrivâmes à Cittadella, le 14 à Castel - Franco, et le même jour à Trévise, où notre cavalerie chargea celle de l'ennemi , elle lui fit une quarantaine de prisonniers parmi lesquels un officier ; c'est dans cette ville que nous apprîmes la | reddition de Mantoue. | Le 25 pluviose, la division, sous le commandement du général divisionnaire Guieux, se retira de Trévise, le quartier-général fut établi à Castel-Franco, et la demi-brigade cantonnée à Bassano; le 7 ventose, nous revînmes à Trévise; la 51° fut placée à Porulugo, et à deux autres petits villages peu éloignés sur la gauche de cette ville, à peu près sur une ligne parallèle à la Piave.

DEUXIÈME CAMPAGNE.

On avait fait de part et d'autre de grands préparatifs pour l'ouverture d'une campagne, qui ne pouvait être que décisive; notre division avait été augmentée de la 43° demi-brigade.

Le 22 ventose, cinquième année, toute l'armée se mit en mouvement. La division Augereau, commandée en son absence par le général de division Guieux, passa la plaine à l'Hospitalette en présence de l'armée ennemie, qui, chargée par nos hussards et dragons, prit la fuite en nous laissant quelques prisonniers; malgré la rapidité et la profondeur de différents canaux que formait la rivière, l'infanterie, formée en colonnes serrées en masse, passa dans le plus bel ordre possible et sans aucun accident. Nous marchions après la quatrième demi-brigade; un grenadier de ce corps se noyait; une de nos vivandières se jeta aussitôt dans le courant et lui sauva la vie, en le prenant par les cheveux ; le général en chef, pour récompenser ce trait de courage et d'humanité, lui fit présent d'une somme et d'une médaille où était inscrit le nom du militaire sauvé; nous poussâmes jusqu'à Conegliano, où nous passâmes la nuit; la 51° était en réserve en arrière du parc d'artillerie. Nous coutinuâmes par Sacile et Pordenone, le 26, nous arrivâmes surlesbords duTagliamento, où nous · fûmes suivis de près par la division Bernadotte. Le Tagliamento est un torrent dont le lit a plus d'une demi-lieue de largeur: ses eaux, qui n'en couvrent la surface que dans les pluies extraordinaires, se divisent en 6 ou 7 canaux guéables. Bonaparte, après avoir lui-même sondé la rivière et reconnu les forces de l'ennemi, qui paraissait très déterminé à nous en disputer le passage, fit ses dispositions d'attaque ; une vive canonnade s'était engagée sur les deux rives et avait fait courir de grands dangers au général en chef dans sa reconnaissance. A midi les deux divisions formées en colonnes serrées par demi-brigade, se mirent en mouvement; Bernadotte tint la droite et Guieux la gauche; les grenadiers réunis à la cavalerie et à l'infanterie légère formaient l'avant-garde; le corps de bataille venait ensuite, et à quelque distance le corps de réserve. La 51° avec le 9° de dragons formait celle de la division, l'ordre de bataille était magnifique, et les mouvements des corps bien concertés; les soldats pleins de confiance entraient dans l'eau sans balancer, et se tenant tous par le bras y conservaient un parfait alignement. L'avant-garde seule culbuta l'ennemi, enfonça son centre et prit pied sur la rive; mais notre gauche allait être tournée, un corps d'infanterie et de cavalerie la débordait déjà et l'inquiétait en flanc avec deux pièces de canon et un feu de mousqueterie très fourni. On fit marcher sur ce point un bataillon de la 4o° qui seul ne pouvait que les tenir en échec ; notre 2° avec le régiment de dragons se précipita sur eux, on leur prit beaucoup de monde, on en surprit encore un grand nombre dans un fossé qui leur avait servi de retranchement : on s'empara des pièces. Nos 1o et 3°bataillons nous suivirent de près, et avantla nuit nous fûmes maîtres du village de gauche où l'ennemi s'était bien défendu. Les ténèbres le dérobèrent trop tôt à notre poursuite. Sa perte néanmoins fut très considérable, il eut quelques prisonniers et nous laissa bon nombre de bouches à feu ; nous eûmes 29 sousofficiers et soldats blessés, et deux tués. Après avoir passé le 27 sur le champ de bataille, nous allâmes le 28 à Palma, et passant outre, nous fûmes en avant de cette ville nous placer à la gauche de Bernadotte appuyé à Rissan. Le 3o

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