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terrain sur la chaussée de droite et de gauche, et nOuS repoussant sur ces deux points , ils tombèrent tout à coup sur nos deux bataillons, y mirent un grand désordre, leur firent passer le pont en partie, et s'en seraient bientôt emparés, si le premier bataillon, arrivant à l'instant au pas de charge, n'eût fait changer la face du combat ; ils furent culbutés et mis en pleine déroute. Leur artillerie d'Albaredo venait de se taire, et leurs tirailleurs cessaient de nous inquiéter : nous conjecturâmes qu'ils l'évacuaient; en esset une partie des nôtres s'y rendit et n'eut que le temps de faire quelques prisonniers. Toutes les forces, de part et d'autre, étaient amoncelées sur les deux digues du canal, depuis Arcole jusqu'à l'Adige. Le combat y était opiniâtre et sanglant. Pendant l'action, les différents corps de la division s'étant mêlés, et le terrain ne permettant pas de s'étendre, les plus braves étaient les seuls qui se portaient en avant, et qui, par leur audace et leurs efforts, débusquant l'ennemi, poussèrent jusque dans Arcole ; il semblait vouloir encore s'y établir, il persista quelque temps; mais pressé de tous côtés, il se détermina enfin à la retraite. On le poursuivit vivement jusqu'à la nuit ; 6oo hommes , qu'il avait laissés dans un château pour nous arrêter, furent faits prisonniers. La division de droite, qui en premier lieu s'était portée sur Vérone, faisant alors un mouVement rétrograde, nous attaqua dans Arcole, et tenta, mais vainement, de le reprendre; elle fut repoussée, après un combat qui se prolongea jusqu'à dix heures du soir. La perte des Impériaux dans ces trois journées mémorables fut énorme ; plusieurs drapeaux leur furent enlevés ( deux par notre demi-brigade), beaucoup de canons nous restèrent dans les mains avec 4ou 5,ooo prisonniers. La 51° laissa sur le champ de bataille 79 hommes, elle eut 238 blessés, 26 prisonniers de guerre. Outre le général de brigade Lannes et le chef de brigade Laffons, il y eut encore deblessés: le chef de brigade Berthollet, qui avait pris sa place,leschefs de bataillonMeinzviegetSoulès, le capitaine Girou, les lieutenants Simonet, Sicard, Bosse, Gayon , Didenhaffen ; Rey, adjudantmajor, reçut une forte contusion. Les capitaines Rhonat, Mouroux, le sous - lieutenant Quintin, moururent au champ d'honneur. Le lendemain 28 brumaire, la division, qui avait bivouaqué autour d'Arcole, dirigea sa marche sur Vérone, où elle arriva le même jour. Le 1" frimaire, montant sur les hauteurs de Santa-Anna, nous les nettoyâmes de quelques troupes ; et descendant le 2 frimaire dans la gorge sur la route par où l'ennemi faisait sa retraite, nous n'eûmes que le temps de lui prendre 4oo hommes environ; surpris dans le village sur lequel nous descendîmes, il nous laissa un équipage de pont auquel il mit le feu. Le 3 nous fûmes de retour à Vérone ; la demi-brigade fut cantonnée le 7 à Chievo sur l'Adige, au-dessus et à deux milles de Vérone ; le 22, un nouvel ordre nous fit descendre cette rivière ; le troisième bataillon resta dans cette ville, le deuxième à Zevio, et le troisième à Ronco. Le 1" nivose, le citoyen Meinzvieg fut promu au grade de chef de brigade. Les adjudants-majors Castex et Rey furent élevés à celui de chefde bataillon; en même temps, le général de brigade Point vint nous commander; depuis, la demi-brigade , détachée par bataillons , fut envoyée successivement à Roverchiara , Anghiani, Villa-Bartholomeo, Carpi et aux Écluses, se portant partout où l'ennemi paraissait former quelque entreprise. L'armée impériale se rapprocha de l'Adige. Le 18 nivose nos avant-gardes à Saint-Michel et Bevilaqua furent attaquées avec des succès divers; le 24, la 51° était, le premier bataillon à Villa-Bartholomeo, le deuxième à Carpi avec le général Point, le troisième à Roverchiara.A onze heures du soir, de fortes canonnades dirigées sur plusieurs points nous annoncèrent le projet formé par l'ennemi de passer l'Adige; il la passa en effet à Anghiari, pendant tque le deuxième bataillon était en marche pour se rendre dans cette partie dépourvue alors de toute défense; arrivé à la hauteur de Villa-Bartholomeo, il fut accueilli d'un feu d'artillerie qui détermina le général Point à s'arrêter, pour s'opposer au passage de l'ennemi, s'il osait le tenter dans cette partie. Mais voyant que c'était une fausse attaque, il partit presque aussitôt avec le second pour se rendre à Anghiari où l'on entendait aussi un feu d'artillerie terrible; nous étions encore à deux milles de Legnago, quand le général Augereau nous apprit que deux mille ennemis venaient de forcer le passage à Anghiari; ce point était faiblement gardé par quelques hommes de la 5° d'infanterie légère; ils trouvèrent peu de résistance. Le bataillon resta jusqu'au jour sous les murs de Legnago, notre 3° bataillon se trouvait à Roverchiara, au-dessus d'Anghiari, et par conséquent toute communication nous était · interceptée. Le général Bon venait d'arriver

et prit le commandement; aussitôt qu'il sut que l'ennemi avait effectué son passage , il ordonna au capitaine Crouzet de partir avec sa compagnie de grenadiers et deux autres, de tomber sur l'ennemi brusquement sans lui donner le temps de se reconnaître , et d'enlever le village; cet ordre fut exécuté avec intelligence et courage, et malgré des forces supérieures, Crouzet parvint à s'emparer de la presque totalité du village; mais déjà l'ennemi, fortifié à la tête du pont, avait coupé la chaussée et mis derrière en batterie deux bouches à feu, qui arrêtèrent l'impétuosité de nos troupes. Daunat, sous-lieutenant de grenadiers, y fut tué d'un coup de mitraille, un grand nombre de grenadiers subirent le même sort. Pendant ce temps les Autrichiens, s'étendant sur leur gauche, allaientenveloppernos trois compagnies, elles furent obligées de faire leur retraite.Trois fois nos troupes revinrent à la charge et trois fois elles furentrepoussées.Le lendemain un bataillon de la 4° demi-brigade se joignant au nôtre, on réattaqua l'ennemi, sans plus de succès. o

Cependant Augereau rassemblant à la hâte toutes les troupes bordant la ligne au-dessous de Legnago, en forme un corps de 3,2oo hommes qu'il divise en deux colonnes; il donne le commandement de la première au général

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