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bre. Il canonna vivement la tête du pont; le 29, le pont fut rompu. Le 3o novembre, les Autrichiens donnèrent l'assaut avec 6,ooo hommes. Le combat fut vif et opiniâtre. L'ennemi fut repoussé , laissant le tiers de son monde sur le champ de bataille, ou prisonnier. Le jeune Abbatucci, général de vingt-quatre ans, de la plus belle espérance , sortit à la tête de la garnison pour chasser les Autrichiens d'une lunette où ils voulaient se loger; il y réussit, mais il tomba blessé à mort. Le résultat de cet assaut fit suspendre le siége ; mais le 29 janvier, après la prise de Kelh, l'ennemi rouvrit la tranchée, et le 19 février la garnison capitula et repassa le Rhin. Le succès de ces deux opérations permit au prince Charles de prendre ses quartiers d'hiver, le long de la rive gauche, dans le Brisgaw et le pays de Bade, et de détacher de puissants renforts pour l'armé qui se réunissait derrière la Piave, et dont il prit le commandement en février. Elle était destinée à venger Beaulieu, Wurmser, Alvinzi, et à reconquérir Mantoue, La Lombardie et l'Italie. adopté par le gouvernement. Le but de cette invasion en Allemagne était 1° faire une diversion qui empêchât le cabinet de Vienne de tirer de nouveaux détachements de ses armées du Rhin pour en renforcer son armée d'Italie ; 2° détacher les princes du corps germanique de l'empereur, soumettre les princes de Bade, de Wurtemberg, de Bavière, accroître la confédération de la neutralité prussienne, de la Saxe et des princes du Nord qui n'y avaient pas encore adhéré; 3° nourrir la guerre en Allemagne, en tirer des contributions et des chevaux, afin de réorganiser l'infanterie, la cavalerie et l'artillerie, et employer les ressources de la république à créer une armée de réserve; 4° s'emparer des forteresses d'Ehrenbreitstein, de Mayence, de Manheim et de Philipsbourg, pour assurer les frontières du Rhin, et rendre disponibles, pour la fin de la campagne et pour la suivante, les troupes des blocus de ces places; 5° assurer les quartiers d'hiver des troupes françaises en Allemagne, et leurs positions, en s'emparant d'Ingolstadt et d'Ulm, afin de pouvoir, après la prise de Mantoue et au printemps de 1797, attaquer, de concert, du côté de l'Italie et de l'Allemagne, les états héréditaires. . Pour cela, il y avait deux choses à faire : Io bloquer strictement les places d'Ehrenbreit

* • S XII.

1" Observation. — La mauvaise issue de cette campagne doitêtre attribuée au plan d'opérations

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stein et de Philipsbourg, assiéger Mayence et Manheim; 2° couvrir les siéges et blocus par une forte armée, qui portât la guerre au milieu de l'Allemagne, et menaçât les états héréditaires. Cette forte armée aurait dû être de quatre corps, chacun de trois divisions d'infanterie, plusieurs brigades de chasseurs et hussards et une réserve de grosse cavalerie, formant 14o à 15o,ooo hommes. L'armée d'observation sur le Rhin devait être forte de trois corps, de sept divisions d'infanterie, plusieurs brigades de cavalerie, en tout 6o,ooo hommes; garder, avec son premier corps, fort de deux divisions, la Hollande, Dusseldorf, et bloquer Ehreinbreitstein; avec son deuxième corps, fort de trois divisions, assiéger Mayence; avec son troisième corps, de deux divisions, bloquer Philipsbourg et Manheim, garder Kehl et la tête du pont d'Huningue. Total général des deux armées, 2oo à 21o,ooo hommes; ces troupes existaient. Les armées du Rhin et de Sambre - et - Meuse, au commencement de la campagne, étaient de 16o,ooo hommes ; l'armée de Hollande, de 3o,ooo. On pouvait tirer 2o,ooo hommes de la Vendée et de l'intérieur de la France, où ils n'étaient pas nécessaires. Total 2 Io,ooo hommes. La tranchée devant Mayence devait être ou

verte le lendemain du jour où la place aurait été bloquée; juin, juillet, août, septembre, étaient suffisants pour prendre cette place, et il était même possible qu'avec le même équipage de siége, on eût encore le temps de prendre Manheim. Les places de Ehrenbreitstein et Philipsbourg n'auraient pas pu résister à neuf mois de blocus et auraient capitulé pendant l'hiver. La réunion de la grande armée aurait dû se faire sous les murs de Strasbourg, par la rive gauche du Rhin, dans le courant de février, mars et avril, par des mouvements masqués. On pouvait concevoir de grandes espérances d'une armée aussi considérable, qui eût passé le Rhin à l'improviste et se fût portée dans toutes les directions avec rapidité, écrasant les troupes dispersées pour la défense du fleuve ; les armées ennemies eussent abandonné le Rhin et se fussent concentrées sur le Danube. L'armée française eût occupé Ulm; de ce point, comme centre d'opérations, elle aurait manœuvré dans le Wurtemberg sur la Warnitz, sur le Lech et dans la Bavière, n'ayant qu'une ligne d'opérations sur Kelh, Neu-Brisach et Huningue; elle aurait pris ses quartiers d'hiver sur les frontières de la monarchie autrichienne , après avoir soumis et désarmé les princes du corps germanique.

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Le plan de campagne adopté à Paris fut conçu dans un esprit opposé : 1° les places ne furent point bloquées, ni assiégées, mais seulement observées de loin; 2° deux armées, sous les ordres de deux généraux indépendants l'un de l'autre, entrèrent en Allemagne par deux lignes d'opérations directement opposées ; elles marchèrent au hasard, sans concert, sans communications; elles furent repoussées sans avoir été battues en bataille rangée : cela provenait des faux principes militaires qui prévalaient alors. On avait observé que dans la campagne de 1794, où les ennemis étaient maîtres des places de Condé, Valenciennes, Landrecy et le Quesnoy, les Français avaient échoué dans diverses attaques directes sur le centre, et avaient réussi lorsqu'ils divisèrent leur armée en armées du Nord, et de Sambre-et-Meuse; en dirigeant l'une, celle de Pichegru, sur la droite de l'ennemi par Menin le long de la mer, et l'autre, celle de Jourdan, sur sa gauche par la Sambre. Le résultat du plan d'opérations avait été la conquête de ces places et de la Belgique; l'ennemi avait été rejeté au-delà de la Roer et du Rhin ; peu après les places de Flandre avaient successivement capitulé. Mais les principes qu'on se fit sur ces observations sont faux.Les succès de cette campagne,

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