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Pendant ce temps le général Férino, avec vingt-trois bataillons et dix-sept escadrons, le tiers de l'armée, après avoir traversé les montagnes de la Forêt-Noire, s'était emparé de Lindau et de Bregents sur le lac de Constance, où il avait laissé sept bataillons et trois escadrons, sous les ordres du général Laborde, pour observer les débouchés du Tyrol, et s'était avancé par Stockach, avec seize bataillons et quatorze escadrons, sur Memmingen. Le 13, le général Abattuci, qui commandait son avant-gaude, attaqua le corps de Mindelheim et en détruisit plusieurs régiments; après quoi il rejoignit l'armée du Rhin et forma sa droite sur le Lech.

S VIII.

Le général Moreau resta plusieurs jours sur son champ de bataille de Néresheim ; il marcha enfin sur Donawerth : mais il rétrograda sur Hochstet sans même envoyer un parti de cavalerie sur l'Altmulh, pour essayer d'opérer sa jonction avec l'armée de Sambre - et - Meuse. Cette hésitation, ces fausses manœuvres inspirèrent confiance à l'archiduc; il vit qu'il pouvait encore, ce qu'il n'espérait plus, s'opposer à la réunion des deux armées. Il laissa. derrière le Lech le général Latour avec trente batail

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lons, pour contenir et retarder les mouvements de l'armée du Rhin, et avec un détachement de 3o,ooo hommes, infanterie, cavalerie, artillerie, il passa le Danube et se porta sur la chaussée de.Nuremberg. Le 22 août, il attaqua Bernadotte dans sa position en avant de Neumarck, le poursuivit dans Lauf et Nuremberg, le jeta sur Forcheim. Le général Wartensleben se mit sur-le-champ en mouvement, et repassa la Naab. L'armée de Sambre-et-Meuse se retira sur Amberg et Sulzbach ; mais attaqué dans cette position, en front par Wartensleben, en flanc et sur les derrières par un détachement de l'armée du prince Charles, son général ne jugea pas devoir risquer une affaire sé-. rieuse. Sa retraite était devenue fort difficile; il avait perdu sa ligne de communication, la chaussée de Lauf à Nuremberg; il manœuvra à travers des montagnes et des chemins à peine praticables aux voitures; son artillerie, ses charrois en furent fort desorganisés. Ces marches précipitées et sans ordre influèrent sur la discipline de l'armée, qui, le 26, arriva à Forcheim, la gauche à Ébermenstadt, où elle séjourna le 28. Son général médita plusieurs opérations offensives, mais que la rapidité de la marche du prince Charles, les démonstrations offensives qu'il faisait sur ses derrières, ne lui

permirent pas d'exécuter : car déjà l'ennemi avait jeté une division sur Bamberg, avait porté l'alarme au quartier-général, mis le désordre dans les parcs et dans les administrations, intercepté la route de Bamberg à Schweinfurth, où l'armée ne put arriver, le 13 août, qu'en faisant pendant trois jours des marches forcées et après s'être ouvert le chemin à la baïonnette; elle séjourna dans cette ville, elle en avait besoin. Wurtzbourg était occupé par le général Hotze qui avec sa division bloquait la citadelle, où était enfermé le général Bellemont, commandant de l'artillerie, avec 8oo hommes; il était soutenu par la division Starray; l'archiduc avec le reste de l'armée était à une marche en arrière. Jourdan profita de cette dissémination de l'armée ennemie, et résolut de s'ouvrir la route de Wurtzbourg. Le 2 septembre avant midi, il se mit en marche; il attaqua, le lendemain 3, le prince Charles. Kray et Wartensleben arrivèrent pendant la bataille; ils lui opposèrent 4o,ooo hommes d'infanterie et 12,ooo de cavalerie. Les Français n'étaient que 3o,ooo ils perdirent la bataille. Ils avaient laissé la division Lefebvre à Schweinfurth. Jourdan fit sa retraite sur Arnstein et la Lahn, où il arriva le 1o septembre, ses troupes harassées de fatigue et fort démoralisées; il établit son quartier-général à

Wetzlar. Depuis le 22 août il avait eu à combattre les armées de Wartensleben et de l'archiduc qui offraient 68,ooo combattants; il n'en avait que 44,ooo. Arrivé sur la Lahn, il fit sa jonction avec Marceau et une division de 1o,ooo hommes, qui lui arriva de la Hollande; il se trouva alors supérieur à son ennemi. En quinze jours il avait perdu toutes ses conquêtes en Allemagne par le seul résultat des manœuvres de son ennemi, et par celui de la perte de la bataille de Wurtzbourg; mais tout pouvait se réparer encore, tout portait à croire que le sort de la campagne devait changer et se terminer en notre faveur. Il conçut bien ce qu'il avait à faire, mais il manqua d'activité et de résolution. Il se laissa prévenir sur la Lahn et rejeter au-delà ' du Rhin. Le brave Marceau fut tué au combat d'Altenkirchen ; Kléber et Colaud avaient été renvoyés de l'armée pourinsubordination.Il dissémina l'armée ; partie passa le Rhin, la division Lefebvre occupa le camp de Dusseldorf. Peu après Jourdan quitta le commandement; mais par une singularité difficile à expliquer, le directoire le remplaça par Beurnonville, homme à peine capable de remuer un bataillon. L'archiduc quitta les bords de la Lahn, avec 12,ooo hommes , pour se porter contre l'armée de Rhin-et-Moselle, qui était toujours en Bavière, laissant le général Wernech avec 5o,ooo hommes pour observer l'armée de Sambre-et-Meuse.

- S XI.

Le 23 août, douze jours après la bataille de Néresheim, l'armée française de Rhin-et-Moselle passa enfin le Danube, et se porta sur le Lech. Le général Desaix, formant la gauche, arrive vis-à-vis Rain à l'embouchure du Lech ; le centre, sous les ordres de Saint-Cyr, était à Augsbourg, et la droite, commandée par Férino, était vis-à-vis Landsberg. Le lieutenantgénéral Latour, chargé de défendre le passage du Lech, avait placé trois bataillons dans Ingolstadt, une division de huit bataillons, vingt escadrons, vis-à-vis Rain, défendant le bas Lech, et s'était placé avec quinze bataillons sur les hauteurs de Friedberg vis-à-vis Augsbourg; le corps de Condé formait la gauche vis-à-vis Landsberg. Le 24, le général Férino força le passageau gué de Hanstetten; Saint-Cyr passa au gué de Lech-Hausen en avant d'Augsbourg, et Desaix au gué de Langwied. Les ponts d'Augsbourg furent sur-le-champ réparés, et après une vive résistance, le général Latour fut chassé des belles positions de Friedberg; il laissa dixsept pièces de canon et 1,5oo prisonniers dans

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