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Ratisbonne : les deux armées étaient maîtresses de la rive gauche du Danube, elles pouvaient se considérer comme réunies. Le 2o, le général en chef, avec cinq divisions, se porta sur la Naab ; l'ennemi soutint un combat très chaud sur les hauteurs de Wolfering, mais il les évacua dans la nuit. Le 2 1 août, la position de l'armée de Sambre-et-Meuse était la suivante : le quartier-général à Amberg; cinq divisions (4o,ooo hommes) bordaient la Naab, ayant devant elles l'armée de Wartensleben ; sur la droite, à dix lieues, était détachée la division Bernadotte (7,ooo hommes), observant la route de Ratisbonne. Marceau , avec trois divisions (3o,ooo hommmes), bloquait Mayence, Ehrenbreitstein, et gardait le Mein. La Naab est 'une petite rivière qui se jette dans le Danube à une lieue au-dessus de Ratisbonne. La ligne d'opérations de l'armée de Sambre-et-Meuse était par Lauf, Nuremberg, Bamberg et Wurtzbourg; elle n'avait aucune communication avec l'armée du Rhin, quoique les deux armées fussent maîtresses de la rive gauche du Danube, et qu'elles fussent placées entre l'armée de l'archiduc et celle de Wartensleben : elle était à une marche des frontières de la Bohême. Les combats d'Amberg et de Wolfering avaient été très meurtriers. Le champ de bataille était resté aux Français; du reste, les pertes dès deux armées avaient été à peu près égales; le nombre des prisonniers de part et d'autre n'avait pas dépassé 2 à 3oo hommes. C'étaient les seuls événements, et par eux-mêmes insignifiants, qui eussent eu lieu depuis le départ de Francfort.

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L'armée du Rhin avait passé le Necker le 22 juillet, et suivait le prince Charles par les deux chaussées de Gmünd sur la gauche et de Goppingen sur la droite ; ces deux chaussées, qui suivent, la première la vallée de la Rembs, et la seconde la vallée de la Wils, traversent les montagnes de l'Alb, appelées les Alpes wurtembergeoises. Les mouvemens de l'armée du Rhin furent lents, ce qui fit penser au prince Charles qu'elle n'était pas décidée à agir sérieusement au-delà du Necker, et lui firent prendre position sur le plateau de Weissenstein. Mais le 23 juillet, Desaix, étant arrivé à Gmünd, poursuivit l'épée dans les reins l'arrière-garde ennemie, et engagea un combat à Aalen, où il fit 5oo prisonniers.Le même jour, St-Cyr, qui débouchait par la chaussée de droite, arriva à Heydenheim sur la Brentz. Le 5 et le 8 août, des combats

. d'avant-garde eurent lieu avec des succès variés et la perte de quelques centaines d'hommes. Le contingent saxon abandonna l'armée autrichienne, et retourna en Saxe. Cependant le prince Charles, considérant que les armées françaises n'étaient séparées que par trois marches et allaient opérer leur jonction sur l'Altmulh, se décida à risquer une bataille pour s'y opposer. Son arrière-garde devint son avant-garde ; il la poussa à Eglingen, où elle fut attaquée par les Français, qui la culbutèrent et lui firent 3 à 4oo prisonniers : mais le 1 1, à la pointe du jour, toute l'armée autrichienne déboucha sur huit colonnes. L'armée française était en avant de Neresheim, où elle occupait un front de huit lieues; elle avait présents quarante-huit bataillons et soixante-six escadrons (45 mille hommes). Duhesme, avec 6 mille hommes, formait la droite, appuyé à la Brentz, à deux lieues du Danube ; Taponier était au centre, ayant neuf bataillons sur les hauteurs de Dunstelkingen, trois à Dischingen un peu en arrière. Baupuy formait la gauche en avant de Schweindorf. Delmas, avec 8 mille hommes, formait l'avant-garde; il était à Bop· fingen. Les trois colonnes de gauche de l'archiduc débouchèrent, deux par Dischingen et Dillingen, et attaquèrent en front et en queue Duhesme, le séparèrent du centre et le jetèrent une marche en arrière, dans le temps que la troisième, commandée par le général Frœlich, passait le Danube à Ulm, et prenait l'armée française par derrière. Le quartier-général français, les parcs, les administrations, furent chassés d'Heydenheim ; ils se sauvèrent sur Aalen. Ainsi, dès le commencement de la bataille l'armée française était tournée, coupée, avait perdu sa ligne d'opérations; le désordre était dans ses parcs et réserves. Ce résultat était quelque chose; mais les trois colonnes qui avaient été employées pour l'obtenir, se trouvant à trois lieues du champ de bataille, ne pouvaient prendre part à l'action. Les deux colonnes de droite débouchèrent par la chaussée de Nordlingen, passèrent entre l'avant-garde et la gauche, et attaquèrent l'extrémité de la ligne de bataille où commandait le général Gazan ; les trois colonnes du centre qui formaient l'attaque · principale, dirigée par l'archiduc en personne, étaient fortes de dix-neuf bataillons et de vingtquatre escadrons ; elles débouchèrent d'Aufhausen, culbutèrent les postes de St-Cyr, qui ne s'attendait pas à une attaque aussi brusque, et occupait encore la position où il s'était trouvé la veille au soir en terminant le combat d'Églingen. Il les rallia sur les hauteurs de Dunstelkingen ; tous les efforts de l'archiduc furent vains pendant tout le reste de la journée pour forcer ces positions.De part et d'autre, la perte fut de 6 à 7 mille hommes. A la nuit, l'archiduc reploya sa droite sur le chemin entre Nordlingen et Donawerth au camp de Mœrdingen, et sa gauche à Dillingen sur le Danube. Le centre coucha sur son champ de bataille ; une petite colonne française reprit Heydenheim et rétablit les communications de l'armée, ce qui décida Moreau à rester sur le champ de bataille pour ramasser ses blessés, préparer sa retraite, ou marcher en avant, suivant les renseignements ultérieurs qu'il recevrait. Il était vainqueur, l'armée de Sambre-et-Meuse avait déjà passé la Rednitz et paraissait se diriger par Amberg sur Ratisbonne; elle avait plusieurs marches sur le prince Charles, qui, n'ayant pas réussi, dans la journée du 1 1, à culbuter l'armée française et à la jeter dans les défilés des montagnes de l'Alb, n'avait plus un moment à perdre pour ne pas se trouver enveloppé ; il fit sa retraite dans la nuit, regardant la jonction des deux armées comme faite, et renonçant à s'y opposer, puisqu'il leur abandonna la rive gauche du Danube, la Warnitz, l'Altmulh, et repassa le Danube et le Lech ; la campagne paraissait perdue pour les Autrichiens. • ,

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