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le gouvernement français n'avait pas eu la sagesse d'ordonner. Moreau, qui était à Paris, n'eut que le temps de se porter à Strasbourg. Toutes les troupes cantonnées sur la Moselle, la Sarre et la Meuse, se mirent en mouvement, et le premier juin les hostilités recommencèrent.Sur ces entrefaites, les nouvelles de la bataille de Lodi, · du passage du Mincio, de labataille de Borghetto, de l'investissement de Mantoue, de l'arrivée du quartier-général de l'armée française à Vérone, ayant ses avant-postes sur les montagnes du Tyrol, firent changer les dispositions de la,cour de Vienne. Cette armée, disait-on, cheminait à vol d'oiseau, aucun obstacle ne l'arrêtait ;il était important de réprimer son audace Wurmser reçut ordre de se porter en Italie avec 3o,ooo hommes de l'armée du Haut-Rhin, afin de servir de réserve aux débris de l'armée de Beaulieu, qui se reformait dans le Tyrol, la Carinthie et la Carniole; de pouvoir marcher au secours de Mantoue, avant que cette place n'eût succombé; et de reconquérir les états héréditaires de la Lombardie, dont la conservation importait davantage que des conquêtes hasardeuses en France. L'empereur réunit, sous le commandement de l'archiduc, ses deux armées du Rhin, lui ordonna de ne pas commencer les hostilités, de laisser subsister l'armistice. Mais cet ordre

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vint trop tard, seulement deux heures avant que les hostilités commençassent.L'archiduc, affaibli du détachement de Wurmser, renonça à tous les projets de conquêtes qu'il avait conçus, et borna son ambition à défendre le passage du Rhin et à couvrir l'Allemagne. Il avait sous ses ordres : 1°l'armée du Bas-Rhin, sous le général d'artillerie Wartensleben, et les feld-maréchauxlieutenants Kray, Werneck, Hotze, Graber, Colloredo-Mels, Staader et Lindt; sa force était de cent un bataillon, 71,ooo hommes d'infanterie, cent trente escadrons, 22,7oo hommes de cavalerie; total, 93,7oo hommes, avec lesquels ildevait fournir aux garnisons d'Ehrenbreitstein, de Mayence, de Manheim; 2° l'armée du HautRhin sous le commandement du général d'artillerie Latour, après le départ de Wurmser, et sous ceux des feld-maréchaux-lieutenants Starray, Frœlich, le prince de Furstemberg, Reuss, Riesch et le prince de Condé.Sa force était de çinquantehuit bataillons, 65,ooo hommes d'infanterie ; cent vingt escadrons, 18,ooo hommes de cavalerie, total 83,ooo hommes : les forces totales de l'Autriche, sur le Rhin, étaient ainsi de 176,7oo hommes au mois de mai; mais le départ de 3o,ooo hommes de cette armée pour l'Italie, sans compter le premier détachement de 6,ooo hommes, réduisirent à 15o,ooo hommes l'armée de l'archiduc. Les deuxarmées françaisesréunies comptaient plus de 15o,ooo combattants. Celle de Sambre-et-Meuse était de 65,ooo hommes d'infanterie, 1 1,ooo de cavalerie, total 76,ooo hommes; celle de Rhin-et-Moselle, 71,ooo hommes d'infanterie, 6,5oo de cavalerie, total 77,5oo hommes.La première était divisée en trois corps, la gauche sous Kléber, formée par les divisions Collaud et Lefèbvre, était sur la droite du Rhin, à Dusseldorf; le général en chef Jourdan était dans le Hunsdruck, avec le centre formé par les divisions Championnet, Grenier et Bernadotte; la droite, sous les ordres de Marceau, était composée de sa division et de celle de Poncet; le général Bonnaud commandait la réserve. L'armée de Rhin-et-Moselle était formée en trois corps; Desaix commandait la gauche, il avait les divisions Baupuis et Delmas; Saint-Cyr commandait le centre, divisions Duhesme et Taponnier; Ferino commandait la droite, divisions Laborde et Tharreau ; le général Bourcier commandait la réserve de cavalerie. |

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S III. "

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, | . | Le premier juin, Kléber partit de Dusseldorf avec son corps d'armée, fort de vingt-quatre bataillons et de vingt escadrons, arriva le 2 sur la Sieg, passa cette rivière après un combat d'avant-garde, enleva la position de Ukerath; le 4, il attaqua le prince de Wurtemberg, campé avec un corps de 15,ooo hommes sur les hauteurs d'Altenkirchen, le battit, lui prit 2,ooo hommes, quatre drapeaux, douze pièces de canon et se porta sur la Lahn. Le général en chef Jourdan passa le Rhin à Neuwied et joignit sa gauche sur la Lahn. Marceau leva son camp de Bergelfed et se porta devant Mayence. Le prince Charles tira un détachement de 8,ooo hommes du Haut-Rhin et marcha sur l'armée de Sambre-etMeuse. Il attaqua le 15 juin, battit à Wetzlar la division Lefebvre, lui prit un drapeau et sept canons; Jourdan abandonna le projet qu'il avait annoncé de livrer bataille le 17 juin, il se mit de tous côtés en retraite. Il repassa le Rhin sur les ponts de Cologne et de Neuwied, avec UlInGo partie de son armée, dirigeant Kléber sur Dusseldorf. Poussé vivement par Tennemi ce géneral fut obligé de recevoir, le 19 juin, à Altenliirchen, un combat dont il se tira avechonneur; et sans éprouver une perte sensible, il regagna sa position de Dusseldorf. '

Lorsque Wurmser avait mis en marche son détachement pour l'Italie, ilavait resserré sa position, placé sa gauche au Rhin, à la petite ville de Franckenthal qu'il avait retranchée, et sa droite aux montagnes. Moreau le fit attaquer par Desaix et Saint-Cyr; le premier manœuvra entre le Rhin et les montagnes; le second par Hombourg et Deux-Ponts. Le 15 juin, après un combatassez chaud, l'arrière-garde autrichienne fut culbutée et obligée de se retirer dans la tête du pont de Manheim; elle perdit un millier d'hommes, mais ce petit succès n'équivalait pas à l'échec qu'éprouvait, pendantce temps, l'armée de Sambre-et-Meuse.

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Le gouvernement françaissentit enfin que les manœuvres de Moreau sur la rive gauche du Rhin, n'étaient d'aucun secours à l'armée de Sambre-et-Meuse; il lui ordonna de passer le Rhin : le 24 juin, à deux heures du matin, Desaix, avec 2,5oo hommes, s'empara de l'île d'Erlhen-Rhin, et dans le courant de la matinée, enleva Kehl; il prit 8oo hommes et douze pièces de canon. Le soir, il commença à construire un

pont de bateaux, qui fut achevé le 15 à midi. - » • • - / *. Dans cette journée, ces deux divisions, la réserve 3 - 7

de cavalerie, le quartier-général et une division

de Férino, passèrent sur la rive droite ; total

4o,ooo hommes. Le général Saint-Cyr, avec ses

deux divisions, resta sur la rive gauche, vis-à-vis

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