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juillet au premier août Napoléon marcha avec les divisions Augereau et Masséna sur Brescia, où il arriva à dix heures du matin. La division ennemie, instruite que l'armée française débouchait sur elle par toutes les routes, se retira en toute hâte. En entrant dans Brescia, elle y avait trouvé 5oo malades, mais elle y resta si peu et fut contrainte d'en sortir si précipitamment, qu'elle n'eut pas le temps de reconnaître ses prisonniers ni d'en disposer. Le général Despinois et l'adjudant-général Herbin, chacun avec quelques bataillons, se mirent à la poursuite de l'ennemi sur St.-Ozetto et les débouchés de la Chiese; alors Napoléon avec les deux divisions Augereau et Masséna retourna, par une contremarche rapide, du côté du Mincio sur la Chiese, d'où ces deux divisions étaient parties pour soutenir leurs arrière-gardes, qui, par cette contremarche, devinrent leurs avant-gardes.

S VI. .

Le 2 août Augereau, à la droite, occupa Montechiaro; Masséna, au centre, campa à Ponte-diSt.-Marco, se liant avec Soret qui, à la gauche, occupa une hauteur entre Salo et Dezenzano, faisant face en arrière pour contenir la droite de Quasdanowich déjà désorganisée; cependant les arrière - gardes qu'Augereau et , Masséna avaient laissées sur le Mincio s'étaient retirées devant les divisions ennemies, qui avaient forcé le passage de cette rivière. Celle d'Augereau, qui avait ordre de se réunir à Castiglione, quitta ce poste avant le temps, et revint en désordre joindre son corps. Le général Valette, qui la commandait, fut destitué devant les troupes, pour n'avoir pas montré plus de fermeté dans cette occasion. Quant au général Pigeon, avec l'arrière-garde de Masséna, il gagna en bon ordre Lonato et s'y établit. L'ennemi profitant de la faute du général Valette s'empara de Castiglione le 2 et s'y retrancha. Le 3 eut lieu la bataille de Lonato; elle fut donnée par les deux divisions de Wurmser qui passèrent le Mincio sur le pont de Borghetto, celle de Liptay en était, et par la division de Bayalitsch qu'il avait laissée devant Peschiera, ce qui, avec la cavalerie, formait un corps de 3o,ooohommes; les Français en avaient 2o à 23,ooo. Le succès ne fut pas douteux. Wurmser avec les deux divisions d'infanterie et la cavalerie qu'il avait conduite à Mantoue, non plus que Quasdanowich, qui était déjà en retraite, ne purent s'y trouver. A l'aube du jour l'ennemi se porta sur Lomato qu'il attaqua vivement; c'est par là qu'il prétendait faire sa jonction avec sa droite sur la

quelle, du reste, il commençait à concevoir des inquiétudes. L'avant-garde de Masséna fut culbutée, Lonato pris. Le général en chef, qui était à Ponte-di-St-Marco, se mit à la tête des troupes. Le général autrichien s'étant trop étendu, toujours dans l'intention de gagner sur la droite, afin d'ouvrir ses communications avec Salo, fut enfoncé par le centre, Lonato repris au pas de charge, et la ligne ennemie coupée. Une partie se replia sur le Mincio, l'autre se jeta sur Salo; mais prise en front par le général Soret qu'elle rencontra, et en queue par le général St-Hilaire, tournée de tous côtés, elle fut obligée de mettre bas les armes.Si les Français furent attaqués au centre, ils attaquèrent à la droite. Augereau aborda la division Liptay qui couvrait Castiglione, et l'enfonça après un combât opiniâtre, où la valeur des troupes suppléa au nombre. L'ennemi éprouvabeaucoup de mal, perdit Castiglione et se retira surMantoue, d'où lui arrivèrent les premiers renforts, mais seulement quand la journée fut finie. La division Augereau perdit beaucoup de braves dans cette affaire opiniâtre; l'armée regretta particulièrement le général Beyrand et le colonel Pourailly, officiers très distingués.

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S VII.

Quasdanowich eut nouvelle, dans la nuit, de l'issue de la bataille de Lonato ; il avait entendu tout le jour le canon : sa position était très embarrassante; sa jonction avec le corps principal de l'armée devenait impossible. Il croyait d'ailleurs que les divisions françaises qui avaient manœuvré contre lui le 2 étaient toujours à sa suite, ce qui lui faisait paraître l'armée française immense; il la voyait partout. Wurmser avait, de Mantoue, dirigé une partie de ses troupes vers Marcaria, à la poursuite de Serrurier : il lui fallut perdre du temps pour les faire revenir sur Castiglione. Le 4 il n'était pas en mesure : il employa toute la journée à rassembler ses corps, à réorganiser ce qui avait combattu à Lonato, et à réapprovisionner sonartillerie. Napoléon, sur les deux ou trois heures après-midi, reconnut la ligne de bataille que prenait l'armée autrichienne : il la trouva formidable ; elle présentait encore 25 ou 3o,ooo combattants. Il ordonna de retrancher Castiglione ; il rectifia la position qu'avait prise Augereau, qui était vicieuse, et partit pour Lonato, afin de veiller en personne au mouvement de toutes ses troupes qu'il devenait de la plus haute

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importance de réunir dans la nuit autour de Castiglione. Toute la journée, Soret et Herbin d'un côté, Dallemagne et St.-Hilaire de l'autre, avaient marché à la suite des trois divisions ennemies de la droite, et de celles coupées du centre à la journée de Lonato, et les avaient poursuivies sans relâche, faisant des prisonniers à chaque pas; des bataillons entiers avaient posé les armes à St.-Ozetto, d'autres à Gavardo, d'autres enfin erraient incertains dans les vallées voisines. 4 à 5,ooo hommes instruits par des paysans qu'il n'y avait que 1,2oo Français dans Lonato, y marchèrent dans l'espoir de s'ouvrir un chemin vers le Mincio. Il était cinq heures du soir, Napoléon y entrait de son côté, venant de Castiglione ; on luiamena un parlementaire ; il apprit en même temps que des colonnes ennemies débouchaient par Ponte-di-St-Marco, qu'elles voulaient rentrer dans Lonato et sommaient cette ville de se rendre; cependant il était toujours maître de Salo et de Gavardo; dès-lors il était évident que ce ne pouvait être que des colonnes perdues qui cherchaient à se frayer un passage. Il fit monter à cheval son nombreux état-major, se fit amener l'officier parlementaire, et lui fit débander les yeux au milieu de tout le mouvement d'un grand quartier-général. « Allez dire à votre général, lui dit

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