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vements du Tyrol; il se rendit en toute hâte à Castel-Novo , où il plaça son quartier-général; . dans ce petit bourg, il était à portée des montagnes, de Montebaldo et de Vérone. Le 29 au matin il apprit que la Corona était attaquée par une armée; que les troupes légères de la division Mezaros débouchaient sur les hauteurs de Vérone sur la rive gauche de l'Adige ; que des colonnes nombreuses descendaient par la Rocca-d'Anfo. Dans le courant de la nuit les nouvelles se succédèrent à toutes les heures : | on sut que Joubert, attaqué à la Corona, avait . résisté tout le jour, mais que le soir il s'était replié sur le plateau de Rivoli que Masséna occupait en force; que les lignes nombreuses des feux des bivouacs autrichiens couvraient le pays entre le lac de Garda et l'Adige; que sur les hauteurs de Vérone, toute la division de Mezaros avait rejoint ses troupes légères; que du côté de Brescia, Quasdanowich, qui avait débouché par la vallée de la Chiese, s'était partagé en trois colonnes; qu'une couvrait les hauteurs de Saint-Ozetto, paraissant se diriger sur Brescia; qu'une autre avait pris position à Gavardo et menaçait de se porter sur Pontedi-St-Marco et Lonato; que la troisième avait marché sur Salo, où elle se battait depuis trois heures du soir. Le 3o, à la pointe du jour, on

fut instruit que la colonne de St-Ozetto avait pénétré à Brescia où elle n'avait trouvé aucune résistance, y avait fait prisonnières quatre compagnies, laissées pour la garde des hôpitaux. Une des communications de l'armée avec Milan se trouvait ainsi interceptée; il ne restait , plus que celle de Crémone. Des coureurs se faisaient déjà voir sur toutes les routes de Brescia à Milan, Crémone, Mantoue, annonçant qu'une armée de 8o,ooo hommes avait débouché par Brescia, et qu'en même temps une autre de 1oo,ooo débouchait par Vérone; que Soret ayant craint de se trouver coupé de Brescia et de l'armée avait fait sa retraite sur les hauteurs de Dezenzano, ayant laissé le général Guyeux à Salo, avec 1,5oo hommes, dans un antique château, espèce de forteresse à l'abri d'un coup de main; que la colonne ennemie de Gavardo avait envoyé quelques coureurs sur Ponte-diSt.-Marco, mais qu'ils y avaient été contenus par une compagnie de chasseurs qui était chargée de la garde de ce pont.

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Le plan de Vurmser se trouva alors dévoilé ;

il avait pris et comptait garder l'initiative : il

supposait l'armée fixée autour de Mantoue, et qu'en cermant ce point fixe, il cernerait l'armée française. Pour déconcerter ses projets il fallait soi-même reprendre cette initiative , rendre l'armée mobile en levant le siége de Mantoue, sacrifiant les tranchées et l'équipage du siége, pour se porter rapidement avec toute l'armée réunie sur un des corps de l'ennemi , et successivement contre les deux autres. Les Autrichiens étaient deux et demi contre un, mais si les trois corps étaient attaqués séparément par toute l'armée française, celle-ci aurait, sur le champ de bataille, l'avantage du nombre. La droite sous Quasdanowich, qui avait débouché sur Brescia, était la plus engagée, Napoléon marcha d'abord contre elle. La division Serrurier brûla ses affûts de siége, ses plates-formes, et jeta ses poudres à l'eau, enterra les projectiles, encloua les pièces, et leva le siége de Mantoue dans la nuit du 31 juillet au premier d'août. La division Augereau se porta de Legnago sur le Mincio, à Borghetto; les troupes de Masséna défendirent, toute la journée du 3o, les hauteurs entre l'Adige et le lac de Garda. La brigade Dallemagne se dirigea sur Lonato; Napoléon se rendit sur les hauteurs en arrière de Dezenzano, fit remarcher Soret sur Salo pour dégager le général Guyeux, compromis dans le mauvais poste où ce général l'avait laissé; cependant il s'y était battu quarante-huit heures contre tout une division ennemie, qui cinq fois lui avait livré l'assaut, et cinq fois avait été repoussée. Soret arriva au moment même où l'ennemi tentait un dernier effort; il tomba sur ses flancs, le défit entièrement, lui prit des drapeaux, des canons et des prisonniers. Dans le même moment, la division autrichienne du général Ocskay s'était portée de Gavardo sur Lonato, pour prendre position sur les hauteurs, et opérer sa jonction avec Wurmser sur le Mincio. Napoléon mena lui-même contre elle la brigade Dallemagne. Elle fit des prodiges de valeur; la 32° en faisait partie. Ocskay fut mis en déroute et éprouva une grande perte; les débris de ces deux divisions, battues par Soret et Dallemagne, se rallièrent à Gavardo. Soret craignit de se compromettre; il revint prendre une position intermédiaire entre Salo et Dezenzano. Pendant ce temps, Wurmser avait fait passer l'Adige à son artillerie et à sa cavalerie. Maître de tout le pays entre l'Adige et le lac de Garda, il plaça une de ses divisions sur les hauteurs de Peschiera pour masquer cette place et garder ses communications; il en dirigea deux autres avec une partie de sa cavalerie sur Borghetto, pour s'emparer du pont du Mincio et déboucher sur la Chiese, afin de se mettre en communication avec sa droite. Enfin, avec ses deux dernières divisions d'infanterie et le reste de sa cavalerie, il marcha sur Mantoue pour faire lever le siége de cette place; mais déjà depuis vingt-quatre heures il était levé; il trouva les tranchées et les batteries encore entières, les pièces renversées et enclouées ; partout des débris d'affûts, de plates-formes et de munitions de toute espèce. La précipitation qui semblait avoir présidé à ces mesures dut le réjouir; tout ce qu'il voyait autour de lui semblait bien plus le résultat de l'épouvante, que les suites d'un plan calculé. Masséna, après avoir contenu l'ennemi toute la journée du 3o, passa dans la nuit le Mincio à Peschiera, et continua sa marche sur Brescia. La division autrichienne qui se présenta devant Peschiera trouva la rive droite du Mincio garnie de tirailleurs, fournis par la garnison et par l'arrière-garde de Masséna, commandée par Pigeon, qui avait ordre de disputer le passage de ce fleuve, et, lorsqu'il serait forcé, de se concentrer sur Lonato.Augereau, en se portant sur Brescia, avait passé à Borghetto, coupé le pont, et laissé une arrière-garde pour border la rive droite, avec ordre de se concentrer à Castiglione, lorsqu'elle serait forcée. Toute la nuit du 31

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