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majordome et premier ministre du grand-duc, avait été précepteur de ce prince ainsi que de l'archiduc Charles; il était de Padoue, dans l'état de Venise; il était propriétaire du régiment autrichien de Manfredini. C'était un homme éclairé, qui était aussi près de toutes les idées philosophiques de la révolution, qu'il était éloigné de leurs excès; il avait constamment résisté aux prétentions de la cour de Rome, qui, après la mort de Léopold, avait cherché à faire revenir "sur les actes de ce prince. C'était un homme d'un sens droit, généralement estimé, qui avait ' d'ailleurs unsecret penchant pourl'indépendance de l'Italie. Il n'était point dans ce pays de cœurs généreux ou d'ames bien nées qui ne se sentissent involontairement entraînés, quel que fût d'ailleurs leur rangetleurposition dans le monde, à sacrifier leurs plus chères affections à l'indépendance et à la restauration de la belle Italie..

S VII.

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- . Après un court séjour à Florence, Napoléon se rendit à Bologne, où il employa quelques jours à régulariser l'élan public vers la liberté. Lugo s'était révolté, des excès y avaient été commis , contre de faibles détachements français; le général Beyrand y marcha avec sa brigade; il y

trouva de la résistance, 4 à 5,ooo paysans s'y étaient jetés; il les attaqua, les battit, et prit la ville de vive force; elle fut pillée. L'évêque d'Io mola, depuis Pie VII, dans le diocèse duquel se trouvait l'insurrection, fit un mandement pour ouvrir les yeux à la populace égarée : Rendez à César ce qui est à César, disait-il; Jésus-Christ ordonne d'obéir à celui qui a la Jorce; il envoya même à Lugol'évêqued'Édessa, alors son grand vicaire, et depuis son aumônier ;il échoua dans sa mission; les rebelles l'accueillirent avec respect, mais n'obéirent point à ses ordres. Ils ne S62 soumirent qu'à la force. L'armée passa le Pô; il ne fut laissé sur la rive droite que quelques piquets de gendarmerie et quelques dépôts. Le pays était si bien disposé que les gardes nationales étaient suffisantes; si la régence de Modène était toute dévouée à l'ennemi, elle était impuissante; les patriotes de Reggio et de Modène étaient de beaucoup les plus forts.

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S VIII. - # Mantoue était commandée par legénéral Canto d'Irlès, qui avait sous lui les généraux Rocca- vina, Roselmini et Wukassowich, 12,ooo hommes d'infanterie, 6oo d'artillerie, 15o mineurs, 1oo marins, etc. total, 14,ooo hommes.Le grand

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264 MÉMoIRES DE NAPOLÉON. quartier-général se porta de Bologne à Roverbella, où étaitSerrurier qui commandait le blocus; plusieurs chaloupes françaises étaient sur le lac Inférieur. Le colonel Andréossy avait réuni un assez grand nombre de bateaux ; il espérait surprendre la place. Déjà 1oo grenadiers étaient embarqués; ils devaient débarquer à deux heures du matin sous la batterie et le bastion du palais, s'emparer de la porte de la poterne, baisser les ponts-levis de la chaussée de Saint-George, par où l'armée fût entrée dans la ville : ce projet semblait immanquable. Le colonel Lahoz, natif de Mantoue, devait marcher à , la tête de la colonne, ainsi que plusieurs patrio, tes du pays. Mais le Pô ayant considérablement diminué, et les eaux du lac Inférieur s'étant écoulées avec rapidité, il ne se trouva plus assez d'eau pour les bateaux, obligés de prendre au milieu des roseaux pour n'être point aperçus de la place; ils s'y engravèrent dans la nuit ; il fut impossible de les dégager. La nuit suivante, les eaux diminuèrent encore; cette expédition fut abandonnée. Il fut agité alors si l'on ouvrirait la tranchée ou non. L'orage du Tyrol paraissait prêt à crever. Mais Chasseloup promit de prendre la place en quinze jours de tranchée; elle était mal armée, et la garnison était fort affaiblie ; le général en chefs'y résolut. Les

MARCHIE SUR LA RIVE DROITE DU Pô. 265

généraux Murat et Dallemagne passèrent le bras , du lac Inférieur à Pietoli, où il est très-étroit,

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terrain non inondé, de Pietoli au palais du T, et · du camp retranché de Migliazetto; le 18 juillet, tous les obstacles naturels étant franchis, on

n'avait devant soi qu'un simple bastion et un large fossé plein d'eau.Le général du génie Chas-' seloup ouvrit la tranchée; le siége n'était plus qu'un siége ordinaire. Le 22 la tranchée était à cinquante toises du chemin couvert; l'ennemi tenta plusieurs sorties pour retarder l'acheminement; les escarmouches furent meurtrières, mais il fut toujours repoussé avec perte.Le co

lonel Dupuy à la tête d'un bataillon de grenadiers se distingua; c'est le même qui depuis se fit remarquer lors de la révolte du Caire en Egypte - • " • •

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Le moment approchait où les Autrichiens seraient en mesure de reprendre l'offensive. Napoléon, tranquille sur les travaux du siége de Mantoue, voulut donner une nouvelle activité à l'organisation intérieure de la Lombardie, afin d'être assuré sur ses dernières pendant la lutte qui allâit commencer; il se rendit à Milan,

afin d'être de retour pour le moment de l'offensive. Le roi de Sardaigne s'était mis absolument à la disposition de la république; il avait livré toutes ses places , Suze, Exilles, Demonte, étaient en démolition; Alexandrie était entre les mains de l'armée d'Italie. Le chevalier Borgues résidait à Milan, comme chargé des affaires courantes de Sardaigne; mais le roi envoyait fréquemment au quartier-général le comte de Saint-Marsan, soit pour donner des explications particulières, soit pour demander l'assistance nécessaire pour maintenir la paix dans le pays; ses affaires ne pouvaient pas être en de meilleures mains ; son caractère et sa personne plaisaient au général en chef Le comte de Saint-Marsan, d'une des meilleures familles du Piémont, avait vingt-cinq à trente ans ; homme froid, doux, éclairé, il ne se laissait dominer par aucun préjugé, et voyait par conséquent les choses telles qu'elles étaient. Il était personnellement prévenu contre la politique autrichienne, sentiment qu'il tenait de ses ancêtres et de sa

propre expérience. o t • # •.

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