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sion, se refusant à être l'instrument de la perte de l'armée d'Italie et de ses freres d'armes : il dit que tous les hommes qui s'enfonceraient dans le fond de la presqu'île seraient perdus; que l'armée principale, confiée à Kellermann, serait insuffisante pour se maintenir, et serait obligée de repasser les Alpes en peu de semaines. Un mauvais général, disait-il, vaut mieux que deux bons. Le gouvernement ouvrit les yeux et rapporta ses mesures liberticides. Il ne s'occupa plus de l'armée d'Italie que pour approuver ce que Napoléon avait fait ou projeté.

S VII.

Berthier était âgé d'environ 42 ans. Son père, ingénieur-géographe, avait eu l'honneur de voir quelquefois Louis XV et Louis XVI, parce qu'il était chargé de lever les plans des chasses, et que ces princes, à leur retour de la chasse, aimaient à relever les fautes qu'ils y avaient apercues. Berthier, jeune encore, fit la guerre d'Amérique comme lieutenant, adjoint à l'étatmajor de Rochambeau; il était colonel à l'époque de la révolution, et commanda la garde nationale de Versailles, où il se montra fort oppôsé au parti de Lecointre; employé dans la Vendée comme chef d'état major des armées révolu

tionnaires, il y fut blessé.Après le 9 thermidor, il fut chef d'état-major du général Kellermann à l'armée des Alpes, et le suivit à l'armée d'Italie. C'est lui qui fit prendre à l'armée la ligne de Borghetto qui arrêta l'ennemi. Lorsque Kellermann retourna à l'armée des Alpes, il l'emmena; mais lorsque Napoléon prit le commandement de l'armée d'italie, Berthier demanda et obtint la place de son chef d'état-major; il l'a toujours suivi en cette qualité dans les campagnes d'Italie

et d'Égypte ; depuis, il a été ministre de la guerre, major-général de la grande armée, prince de Neuchâtel et de Wagram. Il a épousé une princesse de Bavière, et a été comblé des bienfaits de Napoléon. Il avait une grande activité; il suivait son général dans toutes ses reconnaissances et dans toutes ses courses, sans que cela ralentît en rien son travail des bureaux. Il était d'un caractère indécis, peu propre à commander en chef, mais possédant toutes les qualités d'un bon chef d'étatmajor. Il connaissait bien la carte, entendait bien la partie des reconnaissances, soignait luimême l'expéditi8n des ordres; était rompu à présenter, avec simplicité, les mouvements les plus composés d'une armée.Au commencement, on voulut lui attirer la disgrace de son chef, en le désignant comme son mentor, et publiant que c'était lui qui dirigeait les opérations ; on ne réussit pas. Il fit tout ce qui dépendait de lui pour faire cesser des bruits qui le rendaient ridicule dans l'armée. Après la campagne d'Italie, il eut le commandement de l'armée chargée d'aller s'emparer de Rome, et y proclama la république romaine.

S VIII.

Masséna, né à Nice, était entré au service de France dans le régiment de Royal-Italien ; il avança rapidement et devint général de division. A l'armée d'Italie, il servit sous les généraux en chef Dugommier, Dumerbion, Kellermann et Schérer. Il était fortement constitué, infatigable, nuit et jour à cheval parmi les rochers et dans les montagnes ; c'était le genre de guerre qu'il entendait spécialement. Il était décidé, brave, intrépide, plein d'ambition et d'amour-propre ; son caractère distinctif était l'opiniâtreté ; il n'était jamais découragé. Il négligeait la discipline, soignait mal l'administration, et, par cette raison, était peu aimé du soldat. Il faisait assez mal les dispositions d'une attaque. Sa conversation était peu intéressante ; mais au premier coup de canon, au milieu des

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boulets et des dangers, sa pensée acquérait de la force et de la clarté. Était-il battu, il recommençait comme s'il eût été vainqueur.A la fin de la campagne d'Italie, il reçut la commission d'aller porter au directoire les préliminaires de Léoben. Lors de la campagne d'Égypte, il eut le commandement en chef de l'armée d'Helvétie, et sauva la république par le gain de la bataille de Zurich. Depuis il a été maréchal, duc de Rivoli et prince d'Essling. - - - . » * . S IX. - , , ,

Augereau, né au faubourg Saint-Marceau, était sergent au moment de la révolution. Ce devait être un sous-officier distingué, puisqu'il fut choisi pour aller à Naples instruire les troupes napolitaines. Il servit d'abord dans laVendée. Il fut fait général dans l'armée des PyrénéesOrientales, où il commanda une des principales divisions.A la paix avec l'Espagne, il conduisit sa division à l'armée d'Italie, et y fit toutes les campagnes sous Napoléon, qui l'envoya, pour le 18 fructidor, à Paris. Le directoire ensuite lui donna le commandement en chef de l'armée du Rhin. Il était incapable de se conduire, il n'avait point d'instruction, peu d'étendue dans l'esprit, peu .d'éducation, mais il maintenait

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l'ordre et la discipline parmi ses soldats, il en était aimé. Ses attaques étaient régulières et faites avec ordre; il divisait bien ses colonnes, plaçait bien ses réserves, se battait avec intrépidité : mais tout cela ne durait qu'un jour ; vainqueur ou vaincu, il était le plus souvent découragé le soir, soit que cela tînt à la nature de son caractère, ou au peu de calcul et de pénétration de son esprit. Ses opinions politiques l'attachaient au parti de Babœuf, à celui des anarchistes les plus prononcés. Il était entouré d'un bon nombre d'entre eux.Tl fut nommé député au corps-législatif en 1798, se mit dans les intrigues du manége, et y fut souvent ridicule. Les gens de ce parti n'étaient point sans instruction; personne n'était moins propre que lui aux discussions politiques et aux affaires civiles, dont il aimait à se mêler. Il fut, sous l'empire, duc de Castiglione et maréchal de France.

S X. , Serrurier, né dans le département de l'Aisne. était major d'infanterie au commencement de la révolution; il avait conservé toutes les formes et la rigidité d'un major : il était fort sévère sur la discipline, et passait pour aristo

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