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« cause commune avec eux, ou elle-même se « jettera dans leurs bras, influencée par l'es« prit de parti.Le roi de Sardaigne n'est plus à « craindre; ses milices sont congédiées ; les An« glais vont cesser leurs subsides; les affaires « intérieures y sont dans le plus mauvais état. « Quelque parti que prenne la cour, les mé« contents s'accroîtront ; après la fièvre vient « la faiblesse. Quinze à dix-huit mille hommes « sont toutes les forces qui lui restent; dissé« minés dans un grand nombre de villes, ils « suffiront à peine à maintenir la tranquillité « intérieure. D'un autre côté, le mécontente« ment de la cour de Vienne contre le cabinet « de Turin ira en croissant; elle lui reprochera « qu'à la première bataille perdue, il a déses« péré de la cause commune. Ce n'est pas ainsi « qu'en avait agi, en 17o5, Victor-Amédée, « après la victoire que Vendôme remporta à « Cassano, où le prince Eugène fut acculé sur « les bords du lac d'Iseo, où trois armées fran« çaises envahirent tous ses états, même le « comté de Nice; il ne lui restait plus que Tu« rin, et cependant il tint ferme, persista dans « son alliance avec l'Autriche. Il en fut récom« pensé l'année suivante par la bataille de Tu« rin, où il reconquit tous ses états, en consé« quence de cette marche si audacieuse du « prince Eugène que la fortune se plut à cou« ronner d'un si grand succès. « Les oligarques de Gênes ne sont pas à « craindre; la meilleure garantie contre eux, « ce sont les profits immenses qu'ils recueillent « de leur neutralité. On veut propager les prin« cipes de la liberté en Piémont et à Gênes, « mais pour cela il faut allumer la guerre civile, « soulever le peuple contre les nobles et les « prêtres; et c'est devenir responsable des ex« cès qui accompagnent toujours une pareille « lutte. Arrivée au contraire sur l'Adige, l'armée « sera maîtresse de tous les états de la maison « d'Autriche en Italie et de tous ceux du pape « en-deçà de l'Apennin, elle sera en position de « proclamer les principes de la liberté et d'ex« citer le patriotisme italien contre la domina« tion étrangère. On n'aura pas besoin d'exciter « les divisions parmi les diverses classes des « citoyens; nobles, bourgeois, paysans, tous « seront appelés à marcher d'accord pour le « rétablissement de la patrie italienne. Le mot « Italiam! Italiam ! proclamé à Milan, à Bolo« gne, à Vérone, produira un effet magique. « Proclamé sur la droite du Tésin, les Italiens « diront : Pourquoi n'avancez-vous pas ? )) Le colonel Murat, premier aide-de-camp, fut expédié pour Paris avec vingt-un drapeaux

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et le traité d'armistice de Cherasco. Son ar- . rivée à Paris, par le Mont-Cenis, avec tant de trophées et l'acte de soumission du roi de Sardaigne, causa une grande joie dans la capitale et y excita le plus vif enthousiasme. L'aide-de- camp Junot, qui avait été expédié après la bataille de Millesimo par la route de Nice, arriva après Murat. La province d'Alba, que les Français occupèrent en entier, était de tout le Piémont le . pays le plus opposé à l'autorité royale, celui qui contenait le plus de germes révolutionnaires; il y avait déjà éclaté des troubles; plus tard encore il en éclata de nouveaux. Si on eût voulu continuer la guerre avec le roi de Sardaigne, c'est là que l'on eût trouvé le plus de secours et le plus de disposition à l'insurrection. Ainsi au bout de quinze jours, le premier point du plan de campagne était atteint. De grands résultats étaient obtenus; les forteresses piémontaises des Alpes étaient tombées; la coalition était affaiblie d'une puissance qui lui fournissait 6o à 7o,ooo hommes, plus importante encore par sa position. Depuis le commencement de cette campagne, dans le courant d'un mois, la législature décréta cinq fois que l'armée d'Italie avait bien mérité de la patrie, dans les séances des 2 1, 22, 24, 25 et 26

avril, et chaque fois pour de nouvelles victoires. Conformément aux conditions de l'armistice de Cherasco, le roi de Sardaigne envoya à Paris le comte de Revel pour traiter de la paix définitive. Il la conclut et signa le 15 mai 1796. Par ce traité les places d'Alexandrie et de Coni furent remises à l'armée d'Italie; Suze, la Brunette, Exilles, démolies, et les Alpes ouvertes; ce qui mit le roi à la disposition de la république, n'ayant plus d'autres points fortifiés que Turin et le fort de Bard.

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Passage du Pô (7 mai). — Combat de Fombio (8 mai). — Armistice accordé au duc de Parme (9 mai). — Bataille de Lodi ( 1o mai). — Entrée à Milan ( 14 mai). — Armistice accordé au duc de Modène ( 2o mai). — Berthier. — Masséna. — Augereau. — SerruTleI',

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Les portes des places de Coni, Tortone et Ceva furent ouvertes aux Français dans les premiers jours de mai. Masséna marcha avec sa division à Alexandrie, et y prit de nombreux magasins appartenant à l'armée autrichienne. Le quartier-général arriva à Tortone, en passant par Alba, Nezza-della-Paglia et le couvent de Bosco. Tortone était une très belle forteresse ; - elle se trouvait abondamment pourvue d'artillerie et de toutes sortes de munitions de guerre.

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