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coulent du haut de ces montagnes dans la Méditerranée. Elles ne coulent pas perpendiculairement à la mer, elles serpentent et sont considérables; de l'autre côté, les eaux se versent dans l'Adriatique par des torrents rapides et de peu de cours. Lors de la campage d'Italie, en 1796, il y avait deux chaussées qui traversaient les Apennins et communiquaient de la Méditerranée à l'Adriatique : celle de Modène, appelée la Grafignana, débouchait sur Lucques et traversait le Mont-Cimone, élevé de mille toises au-dessus de la mer. En 1812 , on avait tracé et commencé les travaux d'une chaussée de Florence à Rimini.

• Les Apennins romains commencent au MontCornaro et se terminent au Mont-Vellino; leur étendue est de soixante lieues ; ils partagent la péninsule par le milieu entre les deux mers. Leur distance n'en est jamais de plus de douze à quinze lieues, la presqu'île en ayant alors trente de large. Le Mont-Vellino est le point le plus élevé des Apennins, il a treize cents toises au-dessus de la mer. Arrivés à ce point, les Apennins vont en baissant jusqu'à l'extrémité du royaume de Naples; ce mont est couvert de neige tout l'été.Ainsi dans l'espace de cent trente lieues, depuis le col de Cadibone, les Apennins se sont élevés progressivement jusqu'à treize cents toises. Le Mont-Vellino est le point culminant et central de la presqu'île de l'Italie. Il est situé à dix-huit lieues de Rome et à dix-huit lieues de Pescara, point opposé sur l'Adriatique. Le montSaint-Genèvre, près de Rome, a six cent soixante-quinze toises d'élévation ; le mont Reticosa quatre cent cinquante-cinq toises. Des eaux des Apennins romains qui coulent dans la Méditerranée, la principale rivière est le Tibre, qui reçoit quarante-deux torrents, et dont le cours est de cinquante lieues. Il serpente parallèlement aux Apennins et prend sa source sur le sommet des Apennins étrus- . ques. Les Apennins romains versent leurs eaux dans l'Adriatique par de petites vallées perpen-. diculaires à la mer. Trois chaussées traversent" les Apennins romains et communiquent de la Méditerranée à l'Adriatique : 1° celle de Fano à Perrugia et Rome; 2° celle d'Ancône à Foligno, à Spoleto et à Rome; 3° celle de Pescara à Terni et à Rome. Les Apennins napolitains ou du Vésuve courent soixante-dix lieues entre l'Adriatique et la Méditerranée, et partagent presque également la presqu'île depuis le Mont-Vellino jusqu'au Mont-Caruso. Le Vésuve a cinq cent quatrevingt-quatre toises. Ces montagnes vont tou

jours en s'abaissant. La crête supérieure des o

Apennins napolitains passe à quinze lieues de Naples et à dix-huit de l'Adriatique. Les vallées serpentent; les principales rivières sont le Socco et le Volturno. Depuis le Mont-Caruso, les Apennins se divisent en deux branches; l'une entre en Calabre, et les eaux de leurs sommets coulent d'un côté dans la Méditerranée et de l'autre dans le golfe de Tarente. La sommité de cette chaîne s'approche de la Méditerranée et vient mourir près de Reggio, après avoir parcouru un espace de cinquante lieues. L'autre branche entre dans les pays de Bari et d'Otrante, elle sépare les eaux qui coulent dans l'Adriatique de celles qui coulent dans le golfe de Tarente, et parcourt trente lieues.Toutes ces montagnes suivent la loi constante et vont toujours en s'abaissant; ainsi on peut parcourir pendant l'espace de deux cent quatre-vingts lieues la crête supérieure des Apennins, depuis Cadibone jusqu'à la mer de Sicile. Ceci est le tracé de la chaîne supérieure des Apennins, ou pentes qui versent les eaux d'un côté dans la Méditerranée, et de l'autre dans l'Adriatique. Différentes ramifications courent et rencontrent les deux mers, mais elles sont toutes subordonnées à la chaîne principale.

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S IV.

La grande plaine de l'Italie septentrionale est comprise entre les Alpes, les Apennins et l'Adriatique. Elle est composée de la vallée du Pô et des vallées qui débouchent dans l'Adriatique au nord et au midi du Pô. Les eaux de toutes ces vallées communiquent ou peuvent communiquer entre elles. Cette plaine comprend le Piémont, la Lombardie, les duchés de Parme et de Modène, les légations de Bologne, Ferrare, et la Romagne, et tous les états de la république de Venise. Elle est une des plus riches du monde; couverte de grandes et nombreuses villes, elle nourrit une population de cinq à six millions d'habitants. -

Le Pô, appelé Éridan par les Grecs, est une mer par le grand nombre de rivières dont il reçoit les eaux. Sur la rive gauche, toutes celles qui tombent de la crête des Alpes rhétiennes, pennines et cottiennes; sur la rive droite toutes celles qui coulent des Alpes maritimes et des Apennins liguriens. A Turin, la Doria qui prend sa source au Mont-Genèvre; à Chivasso, la Dora-Baltea qui descend du mont Saint-Bernard ; entre Casal et Valenza, la Sesia qui descend du Simplon; à Pavie, le Tésin qui sort du Saint-Gothard; entre Plaisance et Crémone, l'Adda qui descend du Brenner; près de BorgoForte, l'Oglio; un peu plus loin, le Mincio. Sur la rive droite, il reçoit le Tanaro qui prend sa source au col de Tende et qui, avant d'arriver. près de Bassignana entre Valenza et Alexandrie, a reçu la Stura qui descend du col d'Argentières, et la Bormida qui descend des hauteurs de Bardinetto et de Saint-Jacques; il reçoit audessus de Castel-Novo la Scrivia qui descend du col de la Borghetta; près de Plaisance, la Trébia qui prend sa source au col de Toriglio à trois lieues de Gênes; près de Colorno, le Tarro; près de Guastala, le Crostolo; près de Mirandola, le Panaro; vis-à-vis Mantoue, la Secchia ; près de Ferrare, le Reno; rivières qui toutes ont leur source dans les Apennins liguriens. Le Pô se jette dans l'Adriatique par sept bouches à dix lieues de Ferrare, à dix lieues de Venise, à deux lieues des bouches de l'Adige, à huitlieues de Ravenne ; il a cent trente à cent trente-cinq lieues de cours; sa largeur est de cent trente toises vis-à-vis Turin, de deux cents toises vis-à-vis Plaisance, de trois cents toises à Borgo-Forte, de six cents toises à Ponte-de-Lagoscuro, vis-à-vis'Ferrare. Elevé au-dessus du sol, sa pente est d'un pied sur mille toises. Il est encaissé par des digues qui, à certains endroits, ont jusqu'à trente pieds d'élévation :

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