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est relative à l'application de l'ophthalmoscope à l'étude des maladies oculaires du cheval. Après avoir fait ressortir le mérite des diverses publications faites par M. Van Biervliet, la Commission émet les conclusions suivantes : 1° Adresser des remercîments et des félicitations aux deux auteurs des travaux sur lesquels il vient d'être fait rapport ; • 2° Insérer leur travail sur la rétinite pigmentaire dans le bulletin de la Compagnie ; 5o Porter le nom de M. le docteur Van Biervliet sur la liste des candidats inscrits pour obtenir ultérieurement le titre de correspondant. La Commission termine son rapport en exprimant le désir que M. Van Rooy continue ses travaux d'anatomie comparée ; elle espère, ajoute-t-elle, voir bientôt son nom figurer avec celui de son collaborateur sur la liste des aspirants au titre de correspondant de l'Académie. Ces conclusions sont mises aux voix et adoptées. 5. Rapport de la Commission qui a été chargée de faire des recherches sur la nature des granulations. — M. Hairion, rapporteur. Après avoir entendu MM. Vleminckx, Hairion, Thiry, Van Roosbroeck, Warlomont et Crocq, l'Académie décide que ce rapport sera imprimé et porté à l'ordre du jour de la prochaine séance. 4. Suite de la discussion du rapport de la Commission qui a été chargée d'examiner le travail de M. Warsage, vétérinaire à Rétinne, intitulé : Le charbon chez les animaux et ses causes dans la province de Liége. M. Pétry, rapporteur. Après avoir entendu MM. Verheyen, Vleminckx, Pétry et Thiernesse, l'Académie, sur la proposition de M. le président, clôt la discussion. La compagnie sera appelée dans la prochaine séance à voter sur les deux conclusions du rapport qui ont été réservées; la seconde, qui tendait à l'insertion du mémoire de M. Warsage dans le bulletin, ayant été adoptée dans la séance du 27 décembre 1862. 5. Suite de la discussion : a) De la note Sur les inhalations de poussière de charbon appliquées au traitement de la phthisie pulmonaire, par M. Crocq ; b) De la note Sur les effets du poussier et sur la valeur des crachats noirs chez les houilleurs, par M. Boëns ; c) Du rapport de la Commission qui a été chargée de l'examen du mémoire de M. Kuborn, ayant pour titre : Du rôle

pathogénique des poussières charbonneuses sur les organes respiratoires des ouvriers mineurs. — M. Crocq, rapporteur.

Personne ne demandant la parole, M. le président annonce que M. Boëns lui a fait, connaître qu'il ne pouvait assister à la séance de ce jour, et qu'il désirait que la discussion qui se trouve maintenant ouverte, ne fût pas close, afin qu'il pût prendre la parole dans une autre séance.

En conséquence l'assemblée ajourne cette discussion.

La séance est levée à deux heures et quart.

Académie de Médecine de Paris.

Séance du 28 avril 1865.

M. LE PRÉsIDENT annonce que M. Beau a demandé la parole à l'occasion du rapport de M. Gavarret sur les expériences cardiographiques de MM. Chauveau et Marey, et que la discussion de ce rapport est renvoyée après celle qui va s'engager au sujet de la lecture de M. Mêlier. M. le docteur AUERBACH (de Berlin) présente à l'Académie plusieurs instruments de son invention, destinés au traitement de diverses maladies de l'utérus. (Commissaires : MM. Piorry, Huguier et Depaul.) LÉsIoN CoNJoNcTIvALE CoïNCIDANT AvEC L'HÉMÉRALoPIE. — M. BIToT, professeur à l'Ecole de médecine de Bordeaux, lit un travail relatif à une lésion conjonctivale non encore décrite, coïncidant avec l'héméralopie. Cette lésion s'est montrée sur les côtés, et principalement sur le côté externe de la cornée. Elle consistait en une tache formée d'une multitude de petits points de couleur nacrée ou argentée. Sa marche et sa durée sont en rapport avec celles du trouble visuel. Cette tache, inhérente au tissu sur lequel elle est étalée et que le mouvement provoqué ou naturel des paupières ne peut faire disparaître, résulte d'un mode spécial d'altération squammeuse de l'épithélium conjonctival. Elle a coexisté avec tous les cas d'héméralopie (près de trente) qui ont été observés de 1859 à 1862 à l'hospice des Enfants assistés de Bordeaux. Ces cas se sont montrés presquc aussi souvent chez les filles que chez les garçons âgés de 9 à 18 ans, et plutôt chez les individus bien constitués que chez les sujets faibles, scrofuleux, et principalement chez les enfants attachés aux ateliers. (Commissaires : MM. Larrey, Roger et Gosselin.) PoLYPE FIBREUx DU LARvNx ExTIRPÉ PAR LA noUCHE. — M. TRÉLAT met sous les yeux

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TUMEURs ÉPITHÉLIALEs cHEz LEs ANIMAUx. — M. CAMILLE LEBLANC, candidat à la place vacante dans la section de médecine vétérinaire, lit un mémoire intitulé : Des tumeurs épithéliales chez les animaux domestiques, et en particulier du cancroïde des lèvres chez le cheval et chez le chat. L'auteur résume son travail dans les propositions suivantes : 1° Les tumeurs épithéliales sont fréquentes chez les animaux si on les compare aux épithéliomes que l'on a observés chez l'homme ; il est facile de se convaincre qu'elles ont les mêmes lieux d'élection, la même marche, et qu'elles sont formées des mêmes éléments. Chez les animaux, les épithéliomes se propagent par contiguïté, et on ne les a jamais vus se terminer par une diathèse. 2° Le cancroïde des lèvres se rencontre fréquemment chez le chat et chez le cheval. Chez le premier, il se fixe de préférence sur un des côtés de la lèvre supérieure ; chez le second, à la commissure des lèvres. Ses causes sont peu connues. Cette affection, sujette à récidive et dont l'issue peut être funeste, se guérit difficilement par les moyens chirurgicaux, soit qu'on emploie les caustiques, soit qu'on ait recours à l'excision. Le traitement interne, consistant dans l'emploi longtemps continué du chlorate de potasse, a donné des résultats heureux qui ont besoin d'être confirmés pour passer à l'état de certitude (Renvoi à la section de médecine vétérinaire). FIÈvRE JAUNE. — M. le docteur CAzALAs, médecin principal des armées, lit un travail ayant pour titre : Considérations générales théoriques et pratiques sur la nature et le traitement de la fièvre jaune. Voici les conclusions qui terminent ce travail : 1° La fièvre jaune simple ou dégagée de toute complication notable est une maladie complexe dans laquelle se trouvent réunis à des degrés variables les trois éléments morbides : bilieux, intermittent et typhique. 2° Une température élevée et soutenue,

et une intoxication miasmatique végétale et animale, sont les conditions nécessaires, indispensables à son développement épidémique. 5° Elle est généralement épidémique, mais on l'observe aussi quelquefois à l'état sporadique. 4° Les éléments bilieux et intermittents ne sont pas contagieux. La fièvre jaune n'est susceptible de transmission que par son troisième élément, l'élément typhique. Son caractère contagieux est d'autant plus actif et évident que l'élément typhique est plus condensé; et son mode de contagion et d'importation est absolument le même que celui du typhus. Elle se transmet comme lui indirectement, ou par l'intermédiaire de l'air. 5° Des symptômes bilieux , intermittents et typhiques, en sont les symptômes propres et essentiels. L'un de ces trois ordres de phénomènes peut être masqué par les autres; mais pour un œil exercé et sagace, ils ne manquent jamais absolument dans le type, et ils sont présque toujours appréciables dans les variétés les plus extrêmes. 6° Son évolution naturelle se divise en trois périodes qui se confondent entre elles, et sa durée normale, non compris la convalescence, est de sept à neuf jours ; quand elle dure beaucoup plus, c'est que des accidents particuliers en ont retardé la guériS0Il . 7° Elle n'est jamais ni franchement continue ni franchement intermittente ; sa marche naturelle est la rémittence, et dans les cas irréguliers, très-fréquents surtout en temps d'épidémie, où les éléments continus ont assez de puissance pour déguiser l'intermittence, sa marche est pseudocontinue. 8° Sa prophylaxie, qui est celle des trois maladies auxquelles elle emprunte ses éléments constituants, consiste à éviter les chaleurs continues et l'encombrement ; à fuir le foyer de décomposition putride de substances organiques végétales et animales; à éviter les imprudences ; à supprimer la quarantaine, et à la remplacer par les mesures hygiéniques, toujours efficaces, employées ou indiquées, pour prévenir ou éteindre les épidémies typhiques. 9° Son traitement rationnel consiste dans l'emploi, dès le début, des évacuants (vomitifs) pour éliminer les éléments bilieux et typhiques, et du sulfate de quinine, pour combattre l'intermittence, sans préjudice des évacuations sanguines générales ou locales, des révulsifs, des calmants, des stimulants, des toniques, etc., que peut nécessiter l'intervention de la pléthore, d'une congestion, d'une phlegmasie, de l'ataxie, de l'adynamie, etc. 10° Toute grande épidémie de fièvre jaune se compose nécessairement de cas de fièvre jaune proprement dite, simple ou compliquée, et d'un nombre plus ou moins considérable d'états pathologiques divers dans la constitution desquels les éléments essentiels de la fièvre jaune n'entrent qu'à titre de complication. De sorte que l'histoire d'une épidémie de fièvre jaune doit être l'histoire d'un groupe de maladies, et non-seulement l'histoire d'une seule espèce nosologique. 11° Dans l'étude de toute grande épidémie de fièvre jaune, le médecin doit s'attacher à catégoriser les cas, à distinguer avec soin, au double point de vue de la théoric et de la pratique, les cas de fièvre jaune proprement dite, de ceux dans lesquels les éléments essentiels de l'espèce n'entrent qu'à titre de complication, et les cas de fièvre jaune simple des cas de fièvre jaune compliquée. Le mémoire de M. Cazalas est renvoyé à l'examen de la commission de la fièvre jaune. RESPIRATIoN ARTIFICIELLE oU PNEUMAToGÉNIE. — M. DENIs DUMoNT donne lecture sous ce titre d'un mémoire pour exposer un nouveau procédé de respiration artificielle appuyé sur de nombreuses expéI'leInCeS. Pour obtenir la respiration artificielle, le sujet, dit-il, est étendu horizontalement sur une table ou sur un lit, la bouche ouverte ; s'il est d'un poids peu considérable, un aide le fixe solidcment cn appuyant sur les hanches. L'opérateur se place au bout du lit ou de la table, et glissant une main sous chaque aisselle d'arrière en avant, il saisit fortement le bras à sa

partie supérieure; alors, par un mouve

ment lent mais énergique, il porte le moignon de l'épaule en arrière et en haut (en haut et en avant si l'on suppose le cadavre dans la situation anatomique), puis laissant l'épaule reprendre sa position normale, il exerce une pression en sens inverse. Ces mouvements sont répétés d'après le rhythme qu'affecte la respiration normale. Dans les expériences faites avec M. Vartel, directeur de l'Ecole de médecine, et répétées à la Pitié, devant MM. Gosselin, Charrier et leurs élèves, la quantité d'air qui pénètre dans la poitrine et qui en sort alternativement est assez considérable pour que le bruit produit par son passage dans les voies respiratoires s'cntende très-nette

ment à distance, et imite à s'y méprendre le souffle d'un homme qui fait d'énergiques inspirations. Lorsque des mucosités abondantes se rencontrent dans les voies aériennes, on entend, surtout au début de l'opération, un râle muqueux à grosses bulles, très-bruyant qui révèle l'introduction d'un courant d'air rapide. Si l'on applique le stéthoscope sur un point quelconque de la région thoracique, l'oreillle perçoit très-distinctement le murmure respiratoire, qu'accompagne presque toujours un râle muqueux moyen. Quelque étrange que paraisse ce spectacle d'un cadavre qui ronfle comme une personne endormie, on peut cependant s'en rendre compte, si l'on considère que par les mouvements imprimés on rend inspirateur tout ligament ou tout muscle qui d'une part s'insère à la clavicule, à l'omoplate ou à l'humérus, et d'autre part va s'attacher, soit en totalité, soit en partie, aux côtes, dans un point plus déclive. M. Denis Dumont termine par les conclusions suivantes : 1° Ce nouveau procédé imite (et c'est le seul parmi ceux qu'on a indiqués jusqu'ici) d'une manière complète le mécanisme de la respiration normale. 2° Il introduit dans les bronches, ainsi que cela résulte des expériences faites avec le spiromètre, une quantité d'air trèsconsidérable (1/5 de litre en moyenne), point essentiel. 5° Il est d'une exécution très-facile, n'exige l'emploi d'aucun instrument, et peut être employé immédiatement en toute circonstance, même par des personnes étrangères à notre art. 4° Enfin, il permet d'avoir recours en même temps à tous les autres moyens ordinairement mis en usage dans les asphyxies.

Scance du 12 mai.

CoNsANGUINITÉ.-M. MAGNE, directeur de l'Ecole vétérinaire d'Alfort, donne lecture d'un mémoire intitulé : Des effets de la consanguinité et de la nécessité du croisement des familles. — L'auteur résume ce travail de la façon suivante :

La consanguinité agit plus promptement et exerce des effets plus sensibles sur l'homme que sur les animaux. L'organisation à certains égards plus simple de ces derniers explique en partie les différences que nous observons à la suite des unions entre parents.

Les affections communes à l'espèce humaine et aux espèces domestiques qui sc

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montrent après les mariages consanguins sur l'homme, se montrent aussi sur les animaux après les accouplements du même genre. Il n'est pas possible, dans l'état actuel de la science, de dire si la consanguinité agit en altérant la constitution, ou seulement en facilitant la transmission des maladies ou des vices de conformation. Mais, en raison des causes de maladies si nombreuses et si variées auxquelles sont soumis l'homme et les animaux , les unions croisées sont toujours nécessaires pour maintenir la santé. Elles sont souvent utiles dans les animaux pour conserver les qualités produites pour la domesticité. Et, comme la consanguinité propage les maladies en les aggravant, si elle ne les produit pas, le croisement des familles offre une sécurité que les hommes soucieux du bonheur de leurs enfants et de leur intérét ne doivent pas négliger, serait-il démontré que les unions entre parents n'ont rien de malfaisant par elles-mêmes.

Séance du 19 mai.

ELECTIoN. — L'ordre du jour appelle l'élection d'un membre dans la section de médecine opératoire. La liste de présentation porte : En 1*° ligne et ex œquo, MM. Broca et Richet; 2° Michon; 5° M. Legouest ; 4° M. Follin ; 5° M. Morel-Lavallée. Sur 78 votants, majorité 40, les votes de l'Académie sont répartis comme il suit : M. Michon, obtient 44 voix ; M. Richet, 19 ; M. Broca, 15; MM. Legouest et MorelLavallée, chacun 1. M. Michon ayant réuni la majorité des suffrages, est proclamé membre de l'Académie de médecine, sauf l'approbation de I'Empereur. TRANsMIssIoN DE LA sYPHILIs PAR LA vACCINATIoN. M. DEvERGIE donne lecture de l'observation suivante : Un jeune garçon de 15 ans est entré le 11 mars dans mon service à l'hôpital SaintLouis. Il y a sept mois, il avait été atteint d'une pleurésie légère du côté gauche, pour laquelle il était entré à l'hôpital Sainte-Eugénie dans le service de M. Barthez. Huit ou dix jours après, on lui inoculait par deux piqûres au bras droit du vaccin pris sur le bras d'un enfant à la mamelle. Un certain nombre d'enfants furent vaccinés le même jour avec le vaccin de même provenance. La lancette qui avait servi à la vaccination était affectée à cet usage et vierge de tout autre virus. Trois jours après l'opération une petite croûte brune

s'est formée sur chaque piqûre, et l'interne de service ayant examiné le bras à cette époque, aurait déclaré que le vaccin n'avait pas pris. Peu à peu la croûte s'élargit ; la peau devint un peu rouge, mais l'enfant ne s'en préoccupa nullement ; aussi ne lui vint-il pas à l'idée de faire examiner son bras avant sa sortie de l'hôpital ; et cependant, durant ce temps, la rougeur primitive avait persisté, mais elle s'était étendue sans que d'ailleurs, l'enfant en éprouvât d'incommodité. Cinq ou six semaines après, éruption de boutons aux bras et aux cuisses, épaississement de la peau au niveau de la plaque colorée du bras. Deux nouvelles poussées de boutons plus étendues vers le troisième mois, enrouement, douleurs ostéocopes et rhumatoïdes. | A l'entrée du malade à l'hôpital SaintLouis, le 11 mars, éruption papuleuse ou tuberculeuse généralisée, impétigo de forme elliptique de la lèvre supérieure, trois tubercules assez récents et indurés sur le prépuce, quelques ganglions au pli de l'aine à gauche. Au voisinage des piqûres du bras droit, existe une surface arrondie où la peau est épaissie, dure, inégale, d'un rouge sombre; ganglions de l'aisselle volumineux et indurés à droite seulement. L'anus est sain, et ne présente aucun des signes de la pédérastie. — Traitement anti-syphilitique (protoiodure de potassium ; pilules de Dupuytren, etc.) Aujourd'hui c'est-à-dire après six semaines de traitement, l'impétigo des lèvres est guéri ; tous les tubercules sont réduits à une tache rouge sombre ; la peau, au niveau de la plaque initiale, est souple, un peu décolorée à sa circonférence, et revenue à son épaisseur normale. L'enrouement a disparu ; la santé est excellente. Le diagnostic de la maladie, dit M. Devergie, n'a jamais été douteux un seul instant. Aujourd'hui que les symptômes sont notablement atténués, ils n'ont cependant pas encore soulevé la moindre incertitude de la part des membres de l'Académie auxquels l'enfant a été montré. Quel est le point de départ des accidents? Là est la difficulté. Nous n'avons pas le certificat d'origine, peut-être pourrons-nous l'obtenir à la suite des recherches auxquelles l'administration va se livrer. On n'a pas trouvé de traces de cicatrices de chancre sur la verge, et l'évolution des phénomènes morbides, conforme à ce qu'enseigne la science, s'accorde avec les dires du malade pour établir de fortes présomptions sur l'origine de la maladie, c'est-à-dire l'inoculation de la syphilis au moycn de la vaccine. M. RicoRD déclare qu'il n'a rien à objecter à ce fait. Il a d'abord repoussé autrefois ce mode de transmission de la syphilis; mais les faits de ce genre s'étant multipliés depuis quelque temps, il n'hésite plus aujourd'hui à les admettre. Il regrette seulement que dans cc fait, comme dans celui de M. Trousseau, on n'ait pu saisir le point d'origine. Malgré cette regrettable lacunc, il ne lui paraît pas possible, dans l'un comme dans l'autre cas, de contester que l'infection ait eu lieu par la vaccine ; aucun des deux sujets n'ayant présenté le moindre signe diathésique avant la vaccination. M. GossELIN tiendrait, en raison de l'extrême gravité de ces faits, à ce qu'ils fussent bien approfondis avant de les admettre ; or il lui semble qu'il reste encore quelque chose d'obscur et de douteux dans le petit nombre de cas qu'on a produits jusqu'ici. M. LARREY. C'est ce même motif précisément qui m'a engagé à prier M. Devergie de lire à l'Académie l'observation écrite du fait, au lieu de se borner à une simple communication verbale. . M. DEPAUL est convaincu depuis longtemps de la transmissibilité de la syphilis par la vaccination ; mais il faut des faits très-précis; il n'admet pour son compte comme valables que les faits qui portent en quelque sorte leur extrait de naissance. Or on n'a cet extrait de naissance ni pour l'enfant de M. Devergie ni pour celui de M. Trousseau. M. Depaul présente ensuite à cette occasion des objections à quelques propositions de M. Ricord, et il en résulte un échange d'explications auquel le comité secret appelé par l'ordre du jour met promptement un terme. — A cinq heures moins un quart, l'Académie se forme en comité secret pour entendre le rapport sur les candidats au titre d'associés étrangers.

Séance du 26 mai.

DÉMENCE sÉNILE. M. le docteur L.-V. MARCÉ, agrégé à la Faculté, médecin de Bicêtre, donne lecture de : Recherches cliniques et anatomo-pathologiques sur la démence sénile et sur les différences qui la séparent de la paralysie générale. Voici les conclusions :

1° La démence sénile ne constitue pas une entité morbide distincte. C'est un ensemble symptomatique qui se rattache à diverses affections organiques du cerveau, et notamment à l'apoplexie et au ramollisscIIlcnt.

2° Elle est constituée par deux ordres de symptômes du côté de la motilité, qui est

plus ou moins abolie : symptômes du côté de l'intelligence, qui offre comme lésion principale un affaiblissement progressif auqucl se surajoutent accidentellement des idées délirantes isolées du délire maniaque ou du délire mélancolique.

5° Les troubles de la motilité s'expliquent toujours par des lésions organiques placées sur le trajet ou à l'origine des fibres motrices. A l'affaiblissement de l'intelligence correspondent l'atrophie des circonvolutions, l'infiltration graisseuse et l'oblitération plus ou moins complète des capillaires de la couche corticale, la dégénérescence athéromateuse des cellules et des tubes nerveux.

4° Tout en offrant de nombreux points de contact avec la paralysie générale, la démence sénile peut en être distinguée, dans l'immense majorité des cas, à l'aide des signes indiqués plus haut. Au point de vue de l'anatomie pathologique, ces deux maladies offrent, comme résultat teIminal commun, l'atrophie et la dégénérescence graisseuse des tubes et des cellules. Mais, dans la paralysie générale, cette atrophie est consécutive à une exsudation plastique qui, se faisant autour de la paroi adventive des capillaires, détermine les adhérences de la pie-mère à la couche corticale, diminue le calibre du vaisseau qu'elle comprime, et met obstacle à la circulation du sang. Dans la démence sénile, au contraire, l'oblitération est consécutive aux dépôts athéromatcux qui se produisent spontanément, par suite des progrès de l'âge et de la diminution de la force assimilatrice, dans la cavité des capillaires. Ces deux états diffèrent donc profondément de nature : l'une est un mouvement sinon inflammatoire du moins fluxionnaire ; l'autre un arrêt de nutrition.

ELEcTIoN. — L'Académie procède, par la voie du scrutin, à l'élection d'un associé étranger.

La liste présentée par la commission, dans le comité secret de la précédente séance, était la suivante : en 1" ligne, M. Rokitanski ; — en 2"° ligne, ex œquo, MM. Virchow, Frerichs et Magnus Huss.

Sur 55 votants, M. Rokitanski obtient 42 suffrages : M. Virchow 8 ; M. Magnus Huss 5.

En conséquence, M. Rokitanski est proclamé associé étranger.

PIÈvRE JAUNE. — L'ordre du jour appelle la suite de la discussion sur la fièvre jaune. — La parole est à M. Beau qui donne lecture d'une note intitulée : Dissertation sur les maladies contagieuses, et notammcnt surla fièvre jaune.

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