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mouillés, on moule la gutta-percha sur les contours de la rotule et des parties ambiantes. Avec un peu d'habitude, on obtient un moule très-exact, épousant les moindres saillies, et conservant jusqu'à l'empreinte des poils. On applique sur la gutta-percha des linges trempés dans l'eau froide et dès que les plaques sont assez dures pour pouvoir être enlevées sans déformation , on les plonge dans un vase rempli d'eau froide, où, en quelques minutes, elles ont recouvré leur résistance normale. On les place alors très-facilement sur les parties qu'elles moulent sans interposer aucun corps étranger, et on les fixe au niveau des extrémités pointues par une bandelette de diachylon médiocrement serrée qui fait une ou deux fois le tour du membre. On ramène alors les deux plaques l'une vers l'autre, ct on implante fortement dans chacune d'elles la moitié correspondante de la griffe de M. Malgaigne. Il ne reste plus qu'à faire agir la vis et à maintenir ainsi plaques et fragments rapprochés au degré voulu. Pour éviter toute mobilité, on dépose le membre dans une gouttière, dont l'appareil propre à la fracture est totalement indépendant. Cette gouttière est maintenue relevée par son extrémité inférieure à 55 ou 40 degrés. Cet appareil ne cause pas de souffrance. La pression , très-uniforme et répartie sur une large surface, ne détermine aucun accident, et, dans l'intervalle des deux plaques, on peut apprécier avec exactitude l'état de la fracture. Au bout de quelques jours, une semaine en général, les parties molles s'affaissant, les plaques agissent moins exactement. Dès qu'on constate cet état, on enlève l'appareil, et en ramollissant dans l'eau chaude les extrémités rotuliennes des deux plaques, on rétablit les choses telles qu'elles doivent être, avec d'autant plus de facilité que l'inspection quotidienne de la fracture n'est génée par rien. Au bout d'un mois, l'appareil a donné tous ses résultats ; il est bon de laisser encore pour quelques jours le membre dans l'extension, mais les plaques et le griffe doivent être enlevées. (Bulletin de thérapeutique et Gazette dicale de Paris, N° 45.)

Traitement mécanique de la surdité produite par des tumeurs osseuses développées dans le conduit auditifexterne.

— M. Bonnafont a donné lecture d'un mémoire sur trois cas de guérison de surdité produite par des tumeurs osseuses développées dans le conduit auditif externe. Voici la relation sommaire de ces trois faits : Le premier lui a été fourni par un malade âgé de trente-deux ans, qu'il a vu avec M. Tournié, lequel avait perdu complétement l'ouïe du côté droit depuis deux ans, à cause d'une ostéite qui fermait le conduit auditif externe. Le deuxième était une jeune fille, âgée de dix-sept ans, qui lui fut adressée par M. Guersant, et qui présentait une pareille tumeur dans le conduit du même côté. Ici la surdité datait de deux ans environ. Le troisième fait est relatif à un homme de trente-cinq ans, affecté, des deux côtés, de la même altération.Jusqu'à présent les auteurs n'avaient proposé d'autre moyen, pour combattre les atrésies osseuses du conduit auditif, que l'ablation de la tumeur, mais sans rapporter aucun fait à l'appui de ce précepte. M. Bonnafont vient de remplir heureusement cette lacune. Comme c'est toujours pour recouvrer l'ouïe que les malades consultent, il importe, dit M. Bonnafont, de s'assurer avant tout si le nerf auditif est sain et s'il est susceptible d'être impressionné par les sons. C'est là le point capi- . tal et qui doit faire rejeter ou entreprendre le traitement. On sait que ce praticien établit ce diagnostic au moyen de la montre et du diapason, apposés sur les différentes régions du crâne. Si le tic-tac de la montre est entendu, on peut hardiment opérer, tandis que, dans le cas contraire, il faut s'abstenir de toute médication. C'est là un moyen d'auscultation bien simple et presque infaillible, qui fait éviter les nombreux mécomptes obtenus en traitant les malades avant de s'assurer préalablement de l'état de sensibilité des nerfs auditifs. M. Bonnafont, repoussant toute opération sanglante chez ses trois malades, est parvenu à rétablir l'audition en frayant un passage entre la tumeur osseuse et la paroi du conduit, à l'aide de petits mandrins gradués en gomme élastique et en baleine, et secondant leur action par de légères cautérisations avec un crayon trèsdélié d'azotate d'argent. Ce qu'il y a de curieux dans ces trois guérisons, comme le dit M. Bonnafont, c'est que les ouvertures obtenues ne dépassent pas 1 millimètre 12 au plus, et cependant elles suffisent pour l'accès des ondes sonores et l'accomplissement de la fonction. (Bulletin général de thérapeutique, 50 octobre 1865.)

De l'acupuncture multiple comme moyen d'obtenir l'adhérence entre les parois de l'abdomen et les kyste contenus dans le ventre, par M. TROUSSEAU. — Tout le monde connaît les procédés employés par les médecins pour obtenir l'adhérence entre le feuillet du péritoine qui recouvre les parois de l'abdomen et les kystes qui s'observent si souvent dans le ventre. Les principaux sont ceux de Récamier, de Bégin, de M. Jobert. Récamier, on le sait, détruisait la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, les couches musculaires par des applications successives de caustique, et lorsqu'il était arrivé sur l'aponévrose abdominale, et par conséquent au voisinage du péritoine, il ne faisait en quelque sorte qu'imbiber cette aponévrose avec un caustique légèrement appliqué. Il provoquait ainsi une péritonite circonscrite, et, à l'aide d'un bandage convenablement serré, il maintenait en contact le péritoine de la paroi avec celui qui recouvrait le kyste.

Il s'établissait alors une péritonite du kyste, au point où celui-ci touchait la paroi, et après quelques jours il existait des adhérences assez intimes pour qu'il fût possible de pénétrer sans péril avec le bistouri dans la cavité de la tumeur.

Le procédé de Bégin était plus expéditif ct peut-être un peu plus périlleux. Ce chirurgien incisait la paroi abdominale couche par couche, au point où le kyste faisait le plus de saillie. Il arrivait ainsi jusqu'au péritoine, qu'il respectait. L'inflammation qui s'emparait des lèvres de l'incision se propageait nécessairement jusqu'au péritoine pariétal et jusqu'à celui de la tumeur; et lorsque deux ou trois jours s'étaient écoulés, Bégin supposait que des adhérences suflisantes s'étaient établies, et il pénétrait dans la tumeur avec le bistouri.

M. Jobert adopte un procédé plus simple, et que j'ai vu appliquer par lui avec succès chez une dame atteinte d'un kyste de l'ovaire. Il fait la ponction avec le trocart ordinaire, et après avoir vidé une petite quantité du liquide contenu dans la tumeur, il introduit une sonde par le conduit de la canule, retire la canule en laissant la sonde en place ; il maintient la paroi du ventre en contact avec le kyste par un bandage qui comprime modérément. La sonde irrite par sa présence une petite portion du péritoine, du kyste et de la paroi abdominale, et il s'établit de rapides adhérences qui permettent de pratiquer des injections dans la poche sans craindre de voir le liquide s'épancher dans la cavité péritonéale.

On saisit les dangers que l'on a attribués à chacun de ces procédés. Il n'est pas toujours facile de limiter l'action des caustiques; l'incision de Bégin produit souvent un érysipèle, et d'ailleurs ce procédé est encore plus douloureux et plus effrayant pour les malades que la cautérisation de Récamier. Il est aussi plus difficile, et bien des médecins qui ont perdu l'habitude de se servir du couteau hésiteraient à le mettre en (BuVTe. Le procédé de M. Jobert est simple, il ne cause pas de douleur ; mais il expose quelquefois à un accident assez grave, l'épanchement d'une certaine quantité du liquide du kyste dans le péritoine. Le procédé que j'ai imaginé, et auquel j'ai donné le nom d'acupuncture multiple, m'a paru beaucoup plus simple, d'une exécution très-facile et tout à fait exempt d'inconvénient. Je l'ai pour la première fois mis en usage en 1855, alors que je remplaçais à l'HôtelDieu M. le professeur Récamier. C'était chez une dame des environs de Chablis, sœur de M. le docteur... Elle avait de nombreuses tumeurs dans le ventre , et quelques-unes contenaient du liquide; il était évident que ces dernières étaient des kystes de l'ovaire. Pour pénétrer avec sécurité dans ces poches et pour y faire sans danger des injections détersives, il me parut utile d'obtenir des adhérences entre les parois de l'abdomen et celles du kyste principal, et je songeai à l'acupuncture multiple. Je me procurai de grandes aiguilles d'acier semblables à celles dont se servent les modistes; je les détrempai à la flamme d'une bougie ; je mis à chacune une tête de cire à cacheter pour arrêter l'aiguille et l'empêcher de pénétrer entièrement dans la tumeur. J'enfonçai à peu près une vingtaine d'aiguilles qui traversèrent à la fois la paroi abdominale et les parois du kyste, les têtes de cire venaient s'appuyer sur la peau. Mais je n'avais pas prévu un danger Le lendemain matin je m'aperçus que la peau était enflammée. Le procédé que j'ai employé est le suivant : Il consiste à interposer un tissu quelconque entre la peau et la tête des aiguilles. Je me sers tout simplement d'un morceau de sparadrap, de diachylon, et de cette manière jamais la peau ne s'enflamme au contact de la tête des aiguilles. Maintenant, il est bien facile de comprendre ce qui se passe. Les aiguilles traversent à la fois la peau, les tissus sous-jacents, le péritoine des parois de l'abdomen; elles s'enfoncent dans la tumeur en traversant le péritoine qui la recouvre et les parois de la poche kystique. Les aiguilles sont au nombre de vingtcinq ou trente, et elles sont placées à 5 ou 4 millimètres l'une de l'autre. L'aire d'inflammation qui survient autour de chaque aiguille est au moins de 2 millimètres ; il suffit qu'il en soit ainsi pour que le péritoine s'enflamme dans toute la surface représentée par le champ où les aiguilles sont implantées. D'ailleurs, une douleur locale assez vive, une tuméfaction qui s'empare de toute la peau et des parties profondes, indiquent assez que le travail phlegmasique se fait avec une certaine activité. Les aiguilles restent en place cinq jours. Au moment où on les retire, on voit sourdre par chaque piqûre un peu du liquide contenu dans le kyste, preuve irréfragable que l'adhérence existe entre les feuillets du péritoine. On pourrait alors faire la ponction, mais pour plus de sécurité, j'attends un jour ou deux, afin que les adhérences se raffermissent. On peut alors s'assurer, par une manœuvre bien simple, que l'adhérence est complète. En pinçant avec les doigts toute l'épaisseur de la peau, on sent à merveille une espèce de disque induré formé par les tissus qui constituent la paroi abdominale, et ce disque est solidaire avec la tumeur qui est entraînée dans les mouvements de va-et-vient que l'on fait subir à la peau. Je procède à la ponction, soit avec le bistouri à lame étroite, soit avec le trocart ordinaire ; mais quand je me sers du trocart, je prends une nouvelle précaution, je fais avec la lancette une ponction à la peau, ct introduisant la pointe du trocart dans la petite plaie, je pousse vivement l'instrument. De cette façon j'évite les violentes secousses qui pourraient détruire les adhéI'6o IlC62S. Cette acupuncture est si peu douloureuse, que bien des malades causent pendant que l'on enfonce les aiguilles et toutes déclarent que cette petite opération est une bagatelle. Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'elle est tellement facilc, qu'il n'est personne au monde qui ne la puisse faire. (Journal des connaissances méd., N°21.)

Procédé de version peu connu. Dégagement des épaules. — Pour faciliter la version dans la première et la deuxième position de l'épaule, le dos de l'enfant correspondant au sacrum de la mère, M. le docteur Corcelet propose d'appliquer le procédé préconisé par Kilian. Le lit étant

peu élevé ou même tout simplement par terre, la femme est placée sur les genoux et les coudes ou les mains avec un aide placé devant elle pour la soutenir, de manière à ce que le fœtus porte entièrement sur le fond de l'utérus et les parois abdominales, et détruise ainsi, par sa pression sur ces parties, les contractions utérines violentes qui s'opposent à l'introduction de la main. Les règles à suivre ne diffèrent pas d'ailleurs de celles qui sont applicables quand la femme est placée sur le dos. L'accoucheur, placé derrière elle, introduit sa main en supination pour mieux suivre la concavité du bassin et cherche à saisir celui des deux pieds qui, selon la position, peut imprimer une telle direction au fœtus, que son plan antérieur corresponde au sacrum de la mère pour éviter le danger d'accrocher le menton derrière la symphyse. C'est le pied droit dans la première ou céphalo-iliaque gauche, et le gauche dans la seconde. (Bulletin méd. du Dauphiné, p. 124.) Quand, après la version, comme dans les présentations du siége, le dégagement des épaules offre de la résistance, le docteur Hüter fils saisit les cuisses, et, tirant en bas et en avant, il les porte ensuite en haut par un mouvement de rotation, en faisant tourner le tronc autour de la symphyse. Le résultat de cette manœuvre est d'abaisser l'épaule qui est en arrière et qui doit exécuter le plus long circuit. Le coude est abaissé par là et peut être saisi facilement avec l'index. L'autre bras est enroulé sur le cou par ce mouvement de rotation de l'enfant sur son plus grand axe, et l'on en obtient ainsi le dégagement, dit-il, selon le conseil de Ritgen. (Mon. f. Geburtsk. et Union méd., N° 151.)

Traitement de la teigne par un topique très-simple. — Le remède du professeur Michelacchi contre la teigne est le sel marin qu'il applique topiquement en poudre. Chargé de rechercher les conditions de développement de cette maladie en Toscane pour répondre à l'enquête universelle faite à cet égard par l'Administration de l'Assistance publique de Paris, il a remarqué que les habitants des côtes, et en particulier les marins, en étaient exempts. Attribuant cette immunité à l'action du chlorure de sodium, il a soumis 40 teigneux à l'emploi topique de ce sel, lesquels furent guéris en quinze jours, ce qui vient à l'appui de ce que Mérat et Delens, Roche, Szerlecki et Richter ont dit à ce sujet dans leurs ouvrages. La relation de ces expériences, avec la présentation des malades à l'appui, ont eu lieu à l'Accademia medico fisica Fiorentina, dans la séance du 9 août dernier. C'est un remède simple à conseiller aux mères de famille. (Union médicale, N° 112.)

Emploi du tannin dans la conjonctivite. — Dans la période aiguë de la conjonctivite, M. Sheaton préfère aux astringents minéraux, comme les sels d'argent, de zinc, de plomb, de cuivre et autres qui lui paraissent inapplicables alors par la violente douleur et l'irritation qu'ils déterminent s'ils ne sont dilués au point d'en rendre l'action équivoque, il préfère, disje, le collyre au tannin, dans la proportion de 4 à 8 grammes dans 50 grammes d'eau distillée. Quelques gouttes instillées dans l'œil amènent un larmoiement considérable, mais sans la douleur et le picotement parfois insupportables des sels minéraux, et en en répétant l'usage aussi souvent que l'intensité du mal le réclame, on voit bientôt, survenir la contraction des capillaires engorgés, un chémosis abondant.

Pour les partisans de l'action substitutive des sels minéraux en pareil cas, le

tannin, comme simple astringent, ne sau- .

rait les détrôner, malgré son avantage d'être indolore, ce qui, pour certains malades pusillanimes, les enfants surtout, est un point capital. Aussi le préférons-nous à ceux-ci, comme M. Sheaton, dès qu'ils sont employés comme astringents. Le perchlorure de fer, qui en est le type, ne mérite pas même de faire exception. Employée dans une conjonctive subaiguë, avec chémosis, la solution normale, diluée au dixième, produisit une douleur si violente et une telle coagulation des liquides albumineux, que le malade fut pendant une heure environ à jeter des cris, en disant qu'il n'y voyait plus à cause des flocons albumineux qui venaient se placer par intervalle devant la pupille. Il n'y a pas à redouter, au moins, de voir le tannin produire de pareils accidents. (Union médicale, N° 124.)

Emploi de la décoction de feuilles de noyer en douches et en bains ; par le docteur LAPEYRERE. — Dans tout ce qui s'est dit ou publié touchant l'usage externe de la décoction de feuilles de noyer, il est à remarquer qu'il ne s'agit que de lotions, de lavages, de cataplasmes, d'injections et quelquefois de bains. Ainsi, à l'hôpital

d'Angers, on emploie traditionnellement la décoction de feuilles de noyer en lotions contre les tumeurs blanches et les ulcères scrofuleux. A ces procédés, dont l'utilité est incontestable, nous avons ajouté avec fruit, dans bon nombre de cas, les bains généraux et les douches d'eau de noyer, administrant ces dernières avec les instruments les plus vulgaires. Notre expérience personnelle, durant une période de douze ans, nous autorise à témoigner de la valeur de ces deux moyens. Pour servir la douche, l'appareil, à raison de sa simplicité primitive, se trouve à la portée de tous. Une aiguière, une bouteille, une cafetière, un arrosoir de chambre, remplissent indifféremment le but. La durée de la douche et la hauteur de chute du liquide se mesurent au degré d'indolence des plaies ou des tumeurs. La température du liquide doit être généralement tiède et parfois au degré de l'air ambiant. Des plaies de toute nature, soumises à ce mode de traitement durant la période d'état ou de décroissance, sont très-heureusement modifiées lorsque, par hasard, la guérison complète n'a pas lieu. Il n'est pas jusqu'aux ulcères sordides ou gangréneux qui ne subissent l'heureuse influence de ce médicament. Dans les engorgements glandulaires, plus ou moins étendus, fermes, de consistance marmoréenne , si l'on fait suivre l'application de quelques sangsues ou d'un vésicatoire non suppuré de l'usage journalier de la douche loco dolenti, on peut espérer une résolution aussi heureuse qu'imprévue. Nous invoquons à l'appui de notre promesse l'exemple d'une jeune fille dont le menton reposait sur l'articulation sterno-claviculaire, dont la taille était sensiblement déviée, à la suite d'un engorgement cellulo-glandulaire qui occupait tout le pourtour du cou. Dans ces cas graves, ainsi que dans les circonstances les plus communes, la dose de feuilles de noyer est, on le comprend bien, essentiellement variable. En cette matière, le praticien est le meilleur juge du degré de concentration à prescrire. Pour nous, les bains d'eau de noyer composent, en grande partie, l'hygiène et la thérapeutique des enfants lymphatiques, scrofuleux ou affaiblis par une maladie grave. Ici encore, il serait difficile de tracer des règles précises touchant la quantité de feuilles à employer dans les conditions si diverses qui en commandent l'usage. Qu'il nous suffise d'expliquer que l'on doit tenir compte de l'irritabilité du sujet. Il est des cas où la décoction doit être légère, tandis que les sujets scrofuleux la supportent très-forte et aiguisée par une poignée de sel. (France médicale et Revue de thérapeutique médico-chirurgicale, N° 20.)

Des adénites cervicales chez les enfants, par M. GUERSANT, chirurgien des hôpitaux. — Pour ouvrir les abcès ganglionnaires du cou chez les enfants, M. Guersant emploie de préférence le séton filiforme, qui ne laisse généralement aucune trace. Il se sert pour cela de trois ou quatre fils de soie qu'il passe à travers l'abcès à l'aide d'une aiguille fine et plate, dans une direction convenable, celle indiquéc pour l'incision, de manière que l'une des piqûres soit plus déclive et que les fils se trouvent dans le sens des plis de la peau, ou suivant la direction des fibres musculaires, comme, par exemple, celle du sterno-mastoïdien. Lorsque le petit séton, qu'on noue dès qu'il a été placé, a été introduit alors que la fluctuation était manifeste, on voit le pus sortir par les piqûres, et l'on peut en hâter l'évacuation au moyen de la pression. On recouvre le tout d'un cataplasme, et l'on a soin de déplacer le fil chaque jour. On retire le séton quand il n'y a plus ni suppuration ni engorgement. Tant qu'il y a encore de la tuméfaction, la présence du séton cn hâte la fonte. Il ne reste à la suite que deux piqûres qui, plus tard, ne laissent aucune trace. (Gazette médicale de Paris, N° 46.)

Emploi de l'alcool chaud contre la brûlure aux deux premiers degrés, par M. le docteur LECORNEZ, d'Alençon. — Un élève pharmacien, en voulant éteindre avec la bouche de la poix enflammée, a le visage couvert par la flamme. La douleur, d'abord supportable, devient bientôt trèsvive ; plusieurs topiques sont essayés, et quand je le vois, deux heures et demie plus tard, il ne peut obtenir quelques secondes de soulagement qu'en appliquant sur toute la surface brûlée un linge qu'on trempe à chaque instant dans l'eau froide. Le visage, en totalité, est brûlé au premier degré, surtout autour de la bouche ; parci par-là, quelques phlyctènes légères; les cils et les sourcils sont grillés. Malgré le long temps écoulé, je conseille l'application d'alcool aussi chaud que possible. La doulcur est d'abord augmentée, bientôt clle diminue sous les applications renouve

lées ; dix minutes plus tard elle est trèslégère. Après une heure environ, elle est nulle et n'a pas reparu. L'alcool appliqué topiquement produit la rubéfaction et la vésication avec douleurs vives. Il y a là, évidemment, effet similaire.

(Art médical et L'Abeille médicale, N° 58.)

De la vaccination contre la miliaire. — Le docteur Ginanneschi raconte que, après avoir, pendant neuf années, vu la miliaire guérir presque toujours et avec facilité, il a, depuis six ans observé un changement des plus fâcheux dans la gravité dc cette maladie qui, dans la même localité, est devenue à peu près constamment mortelle. Ni la force de la fièvre, ni les phénomènes connexes, ni la rareté, ni la profusion des sueurs ne rendent compte de cette aggravation. En fait, elle est portéc si loin que, en peu d'heures, parfois en moins d'une heure, l'état du malade se transforme, et la mort a lieu sans qu'on ait observé d'autre signe précurseur de ce changement que la décoloration presque instantanée de l'urine, déjà signalée par Allioni.

Témoin de ces dangers, et n'ayant pu les conjurer par aucune des médications ordinaires, M. Ginanneschi a, depuis quatre ans, imaginé de vacciner les sujets qui sont atteints de la miliaire. Il en a ainsi sauvé dix sur douze. Les deux qui ont succombé n'avaient subi l'insertion du virus vaccin, l'un qu'au huitième jour de la maladie, l'autre que trois heures avant sa mort.

Ce n'est pas assez, sans doute, de dix guérisons pour juger l'efficacité d'un moyen prophylactique dans une maladie qui souvent se termine spontanément par le retour à la santé.Mais il ne faut pas oublier que, pendant le même espace de temps et dans le même pays où l'auteur a éprouvé l'heureux effet de la vaccination, les autres malades, au nombre de quarantecinq, et qui furent traités par les méthodes ordinaires, périrent presque tous. (Imparziale et l'Abeille médicale, N° 46.)

Emploi de la digitale contre l'aliénation mentale. — Après avoir usé pendant un an et demi, sur vingt ou trente sujets, de la teinture de digitale, M. Robertson a d'abord constaté que, dans la manie aiguë récente, elle déprime le pouls, cause des nausées, mais ne procure qu'un soulagement momentané, limité au temps durant lcquel persévèrent les effets toxiques.

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