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un médecin spécial dont personne ne récusera l'habileté consommée et la science profonde en matière de syphilis. Les prostituées ne sont relâchées qu'après leur rétablissement complet dûment constaté. Que faut-il de plus pour sauvegarder la santé et l'hygiène publiques ! Scientifiquement, rien ; administrativement, au lieu de deux visites hebdomadaires, on pourrait peutêtre en imposer davantage. Dans l'état actuel des choses, il est reconnu que la prostituée, avouée par l'autorité, n'infecte que rarement ceux qui hantent les maisons de tolérance. Voilà ce que l'on observe à Bruxelles. Pourquoi n'en serait-il pas de même à Paris. Les règlements de police sanitaire n'y sont-ils pas observés ? N'y a-t-il pas à la tête des dispensaires des hommes animés du mêmc zèle, éclairés des mêmes lumières et accomplissant leurs devoirs avec la même conscience que dans notre pays ? Les hôpitaux parisiens sontils à la merci d'incapables, de négligents, à ce point que les filles publiques soient rendues à la liberté, entachées encore d'affections virulentes et contagieuses ? Je ne le crois pas. Ce n'est donc pas chez les filles portées sur la liste officielle de la prostitution que se trouve la source principale de la syphilis. Elle est ailleurs, chez les filles vouées à la prostitution clandestine. C'est à la répression de cette plaie de la société que M. Quantin pourrait s'ingénier à trouver un moyen applicable. L'organisation des maisons, telle qu'il la propose, produira précisément un résultat opposé à celui qu'il voudrait obtenir. Elle éloignera des lieux de débauche celui qui les fréquente pour se livrer aux filles des rues, dans le commerce desquelles il ne tardera pas à s'infecter. Et puis, que dire de cette organisation ? N'est-ce pas élever à la hauteur d'une institution sociale un commerce honteux et dégradant? Il est des vices que l'on tolère, mais qu'il ne faut pas protéger. Un sentiment louable, le désir de voir disparaître, ou tout au moins, d'atténuer l'un des fléaux de l'humanité a empêché l'auteur d'apercevoir combien son organisation des maisons de débauche, par l'autorité municipale, blesse les principes qui devraient être admis en cette matière. Le nom même de ces lieux : maisons de tolérance, devait cependant lui conseiller la prudence. Que dire d'une administration municipale qui s'avilirait jusqu'à faire de l'organisation de la prostitution l'équivalent de l'instruction publique, qui apporterait, dans cette œuvre, les mêmes soins que dans le développement de l'instruction publique, qui se constituerait en quelque

sorte la maîtresse dame de maison ? Certains maux nécessaires affligent le monde moral. Le rôle de la société se borne à en empêcher l'exagération, à les atténuer, mais elle ne donne pas de consécration officielle à ce qu'elle doit tendre à faire disparaître. Que l'on érige en présomption l'existence des maladies vénériennes chez les filles publiques et que, partant de là, on les soumette, quand on veut, à l'accès d'un médecin qui constate leur état sanitaire, rien de mieux. Mais, a-t-on la même présomption vis-à vis de l'homme que pousse le besoin de donner satisfaction à une fonction naturelle, physiologique ? Evidemment non. Ce serait donc un abus que de vouloir lui imposer la visite. Pour terminer nos réflexions sur la brochure de M. Quantin, disons un mot de son nouveau mode de patente des médecins.Notre estimable confrère propose de faire des timbres-ordonnances dont le coût serait de 2 12 centimes. Il voit dans cette mesure trois avantages : 1° un obstacle à l'exercice illégal de l'art de guérir; 2° des revenus plus considérables pour l'État et moins de gêne pour le médecin ; 3° une dépense proportionnelle au gain de l'homme de l'art. Et d'abord, l'exercice illégal de l'art de guérir sera empêché, le jour où l'on mettra en vigueur une loi qui punira sévèrement et ceux qui délivrent des médicaments sans une prescription revêtue de la signature d'un médecin diplômé, et ceux qui se permettent la pratique d'une branche quelconque de notre profession sans avoir le titre de docteur. Ensuite, comment sera moindre la gêne pour le praticien qui ira chercher, au bureau des timbres ordonnances, pour 10, 15 ou 20 francs de ces petits papiers, chaque fois que sa provision sera épuisée et qui, en définitive, payera plus que sa patente actuelle? Enfin, il n'est pas vrai de dire, d'une manière absolue, que la mesure du timbre-ordonnance fera payer au médecin une somme proportionnelle à son gain, car celui qui se fait une spécialité de la chirurgie ou des accouchements payera peu, tout en réalisant de gros bénéfices et le praticien en renom qui exige pour sa visite un prix élevé, ne fera pour son ordonnance qu'une dépense égale à celle du jeune docteur dont la rétribution est parfois bien maigre. Au lieu de proposer un impôt nouveau et plus onéreux, faisons des vœux pour que le médecin ne doive plus acheter le droit de soulager les souffrances de l'humanité, lui qui s'expose si souvent à devenir la victime des fléaux qu'il combat. Ce droit que son diplôme lui

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confère, d'ailleurs, il l'a déjà chèrement payé par de longues et dispendieuses études et par les épreuves sévères et multipliées qu'il a dû subir. M. le Président déclare la discussion ouverte et accorde la parole à M. Thiry.

M. THIRY. Je tiens à relever une erreur commise par M. Tirifahy, dans l'analyse que nous venons d'entendre. Il dit qu'à Paris les règlements en vigueur sur la prostitution sont analogues à ceux qui sont suivis à Bruxelles. Cela n'est pas tout à fait exact ; il existe entre les règlements de Paris et de Bruxelles des différences notables.Ainsi, si l'on pratique à Paris comme à Bruxelles des visites sanitaires, elles n'y sont ni si rapprochées, ni si complètes ; de plus, on n'y fait pas, comme dans notre capitale, ces contre-visites qui assurent l'efficacité et la supériorité de notre règlement, de nos mesures hygiéniques.

Vous le savez, Messieurs, outre les visites à jours déterminés, le médecin inspecteur du service de santé de la ville de Bruxelles, fait des visites imprévues, fréquemment répétées, qui sont une garantie pour la santé publique. Les prostituées, sans qu'elles aient le temps de s'y préparer, sont ainsi soumises à chaque heure du jour aux investigations les plus minutieuses ; aussi, est-il rare de voir une prostituée gravement infectée, et dans tous les cas on ne lui laisse pas le temps de propager le mal dont elle est atteinte.

L'organisation du dispensaire ne ressemble pas non plus à ce qui existe à Paris. Chez nous la police seule est chargée des intérêts matériels de la prostitution ; dès l'instant où les prostituées sont malades, elles perdent toute liberté. La liberté individuelle pour la fille publique malade n'est nullement garantie par notre Constitution. Les résultats extraordinaires que nous avons obtenus par le fait de notre bonne organisation sanitaire, ont eu du retentissement à l'étranger.

Notre règlement sur la prostitution est copié partout, et il est appliqué dans toutes les villes, où on se préoccupe de l'influence de la prostitution sur la santé publique. A l'heure qu'il est, nos mesures sanitaires sont appliquées dans les principales villes de l'Italie.

M. ScHUERMANs. Plusieurs auteurs français, et entre autres M. Langlebert, ont prétendu que la syphilis se gagnait plus fréquemment avec les prostituées qu'avec les filles non soumises.

Voici le relevé que j'ai fait des vénériens militaires, envoyés à l'hôpital, depuis le

mois d'avril 1862, au mois de mars inclusivement 1865. 79 chancres ont été contractés, 4 avec des prostituées malades, 21 prétenduement avec des prostituées saines, 59 avec des filles inconnues et 15 dans d'autres villes que Bruxelles. Dans le même espace de temps 240 uréthrites ont été gagnées, 14 avec des prostituées malades, 111 prétenduement avec des prostituées saines, 91 avec des filles inconnues et 24 dans des villes autres que Bruxelles. M. Langlebert prétend encore que les filles libres propagent plus la blennorrhagie que les prostituées; à Bruxelles c'est le contraire. Il est vrai que l'on ne doit pas toujours ajouter foi à leurs déclarations, car souvent les militaires désignent la première prostituée qu'ils connaissent, pour ne pas compromettre la personne avec qui ils ont eu des relations. De là ce grand nombre de prostituées trouvées saines, en dépit des accusations formulées contre elles. M. Jeannel, dans son mémoire sur la prostitution publique dit : « Si l'on restreint la comparaison entre les villes de Paris et de Bruxelles, on trouve que le chiffre des vénériens entrés dans les hôpitaux de Paris en 1860 (5.59 ponr 100 d'effectif), fût-il doublé pour représenter les hommes traités aux infirmeries réglementaires, ne serait que 6,78 tandis que le chiffre donné par M. Vleminckx, comme représentant la totalité des vénériens entrés à l'hôpital de Bruxelles en 1860, est de 7,04. On doit admettre donc, sinon comme un fait absolument démontré, du moins comme un fait très-probable que la ville de Paris est moins infectée de maladies vénériennes que la ville de Bruxelles. » Ceci est une erreur. Les chancres ne forment que le quart des maladies vénériennes, ce n'est donc pas doubler mais quadrupler le nombre des vénériens admis dans l'hôpital à Paris, qu'il aurait fallu faire pour approcher de la vérité, puisque dans ces hôpitaux, on ne traite que les chancreux et encore ceux qui le sont bien. A Bruxelles, 7,04 présente le nombre total des vénériens, il n'y a donc que le quart ou 1,76 pour 100, qui soit affecté de chancre, c'est-à-dire la moitié des soldats affectés de chancres à Paris. M. CRocQ. Ce que M. Quantin propose n'est pas sérieux. La prostitution ne peut pas être élevée à la hauteur d'une institution sociale; une semblable prétention ne peut dénoter qu'une perversion absolue du sens moral. Tout ce que la société, tout ce que les communes peuvent faire, c'est de s'assurer que la prostitution, exercée publiquement, n'ait pas pour résultat la propagation des maladies syphilitiques. On a pourvu à cette nécessité à Bruxelles , avec tant de succès même que ces affections ne subsistent pour ainsi dire plus qu'à cause de la prostitution clandestine; et je ne pense pas qu'on puisse ni qu'on doive aller au delà. Personne ne demandant plus la parole, la discussion est close et l'assemblée adopte les conclusions présentées par M. Tirifahy tendant à voter des remerciments à M. Quantin et à déposer honorablement ses ouvrages dans les archives de la Société. M. LE PRÉsIDENT. La parole est à M. Janssens pour lire un rapport sur un travail présenté par M. le docteur A. Cossa, professeur de chimie à l'Université de Pavie. M. JANssENs. Messieurs, la Société de pharmacie de Turin a mis l'année dernière au concours la question suivante : « Dé» terminer quels sont les principes immé» diats contenus dans les semences du Ri» cinus communis et faire connaitre en » quoi réside la cause de la différence marquée qui s'observe entre le mode d'action des semences de ricin et de l'huile qu'on en extrait, et indiquer autant que possible l'action respective des différents principes isolés. » En réponse à cette question, M. le docteur A. Cossa, professeur de chimie, à Pavie, et M. Nallino, agrégé à l'Ecole de médecine vétérinaire de Turin, ont élaboré un mémoire auquel la commission de concours a accordé la prééminence, et qui a obtenu un prix d'encouragement de 200 fr. Ce mémoire, dont il vous a été fait hommage par M. le professeur Cossa, a été renvoyé à mon examen pour analyse. Il n'entre pas dans les habitudes de notre Compagnie de soumettre à une nouvelle appréciation la valeur des travaux qui ont déjà été l'objet d'un jugement de la part d'autres sociétés savantes. Je me bornerai donc à vous faire connaître brièvement le contenu du travail dont il s'agit en reproduisant, surtout dans l'intérêt des lecteurs de notre Journal de pharmacologie, un passage du rapport lu à la Société de pharmacie de Turin, tel qu'il se trouve dans l'excellente publication de M. le docteur Polli (Annali di chimica applicata alla mcdicina. Cahier de juin 1865, p. 547 et suivantes). Ce mémoire était accompagné d'échantillons de quatorze substances différentes contenues dans autant de flacons : 1° Echantillon de semences de ricin employées ; 2° Tourteau de ricin ; 5° Huile de ricin obtenue par pression ;

4° Huile de ricin obtenue par le sulfure de carbone ; 5° Cire végétale ; 6° Tourteau de ricin, lavé au moyen du sulfure de carbone : 7° Substance complexe saccharine ; 8° Sucre de canne ; 9° Substance insoluble dans l'eau ; 10° Résidu de l'évaporation de l'éther par lequel on a traité l'extrait alcoolique du tourteau ; 11° Matière restée insoluble dans l'éther : 12° Substance cristalline obtenue par l'évaporation de l'eau par laquelle on a traité l'extrait alcoolique du tourteau du ricin ; 15° Substance albumineuse ; 14° Tourteau de ricin épuisé au moyen du sulfure de carbone et de l'alcool à 95°. Ce mémoire, disent les membres de la commission de concours, nous paraît constituer une monographie assez complète sur les semences de ricin, et une critique assez judicieuse de tous les travaux qui ont paru à ce sujet. L'examen chimique nous a paru plus complet, les auteurs ayant soumis les semences mondées ainsi que le marc privé de son huile fixe, à un grand nombre d'expériences dont le résultat a permis d'établir que 100 parties de semences de ricin mondées renferment les éléments immédiats suivants :

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Les auteurs terminent leur travail en avouant qu'ils ne sont peut-être pas encore parvenus à résoudre la question d'une manière complète, et en prenant l'engagement de continuer leurs études et leurs investigations afin d'atteindre le but proposé par la Société de pharmacie de Turin. Nous croyons, Messieurs, en avoir dit assez pour vous faire apprécier la valeur du travail qui vous a été présenté et qui sera consulté avec fruit par tous ceux qui s'occupent de pharmacologie spéciale. J'ai l'honneur de vous proposer 1° de voter des remerciments à M. le professeur Cossa, qui vous est déjà avantageusement connu par une communication intéressante sur la dialyse; 2° de déposer honorablement son mémoire à la bibliothèque ; 5° d'inscrire son nom sur la liste des candidats au titre de membre correspondant. Aucun membre ne demandant la parole sur ce rapport, M. le président en met aux voix les conclusions; elles sont adoptées à l'unanimité. La séance est levée à huit heures.

Académie de Médecine de Paris.

Séance du 21 juillet 1865.

REMÈDEs sECRErs. — M. BoUDET, au nom de la commission des remèdes secrets et nouveaux, donne lecture d'une série de rapports dont les conclusions, toutes négatives, sont successivement mises aux voix et adoptées sans discussion par l'Académie. ELECTIoN. — L'Académie procède, par la voie du scrutin, à l'élection d'un membre titulaire dans la section de médecine vétérinaire. La commission présente la liste suivante : En première ligne, M. Magne ; — en deuxième ligne, ex œquo, MM. Colin et Goubaud ; — en troisième ligne, M. Leblanc, fils. Sur 62 votants, au premier tour de scrutin, M. Magne obtient 51 suffrages ; M. Leblanc, 19 ; M. Colin, 11 ; bulletin blanc, 1 . M. GAvARRET fait observer qu'il est d'usage, dans les assemblées délibérantes de ne compter que les suffrages exprimés, et de considérer comme nuls les bulletins blancs. En conséquence, M. Gavarret pense que M. Magne a réuni la majorité absolue et doit être considéré comme élu. MM. VELPEAU, RoBINET, LARREY, GIBERT protestent contre cette interprétation. M. DUBoIs (d'Amiens), secrétaire perpé

tuel, donne lecture du règlement. L'article relatif aux élections, porte que l'élection aura lieu à la majorité absolue des membres présents. Or, le bulletin blanc constate une présence ; donc le scrutin est à recomInCnC0I'. Au deuxième tour, sur 58 votants, M. Magne obtient 41 suffrages; M. Colin, 1 l ; M. Leblanc, 6. En conséquence, M. Magne est nommé membre de l'Académie. — M. PIoRRY est appelé à la tribune ; mais, attendu l'heure avancée et l'importance de la communication qu'il doit faire, l'honorable professeur demande à M. le président de lui réserver son tour de parole pour le commencement d'une autre séance. A quatre heures et quart, l'Académie se forme en comité secret pour le rapport de M. Danyau, sur les candidats au titre de correspondants nationaux.

Séance du 28 juillet.

ELEcTIoN. — M. Reybard a été nommé au deuxième tour de scrutin membre correspondant national par 29 voix contre 7 données à M. Alquié, de Montpellier. DÉTERMINATIoN DE LA PosITIoN DU COEUR. — M. PIoRRY lit un travail sur ce sujet. Son étendue ne nous permet pas d'en rendre compte aujourd'hui. RALENTIssEMENT DU PoULs DANs L'ÉTAT PUERPÉRAL. — M. BLoT lit un travail dont voici les conclusions : 1° Chez les femmes en couches bien portantes, on voit généralement survenir un ralentissement du pouls plus ou moins marqué. 2° La fréquence de ce phénomène varie nécessairement avec l'état sanitaire, comme le prouvent les trois séries d'observations faites par nous à la Clinique et à l'HôtelDieu. Dans l'état physiologique, le ralentissement du pouls nous paraît un fait général en rapport avec la déplétion utérine. Son degré seul varie. Il ne tient pas à une disposition particulière à quelques femmes qui auraient naturellement le pouls lent. Celles qui font le sujet de mes observations ont été suivies assez longtemps pour que j'aie pu m'assurer que chez elles le pouls avait en dehors de l'état puerpéral la fréquence physiologique ordinaire. 5° Le degré du ralentissement peut varier beaucoup ; j'ai vu trois fois le pouls tomber à 55 pulsations par minute; le plus communément il oscille entre 44 et 60. Le régime alimentaire n'exerce pas unc influence manifeste, comme le prouvent les vingt et une observations recueillies à l'Hôtel-Dieu. 4° On le trouve plus souvent chez les multipares que chez les primipares, ce qui peut s'expliquer par la fréquence plus grande des accidents puerpéraux chez les dernières. 5° La durée du ralentissement varie de quelques heures à dix ou douze jours ; elle est en général d'autant plus longue que le ralentissement est plus considérable , pourvu toutefois qu'un accident morbide ne tire pas subitement les femmes de l'état physiologique. 6° La marche du ralentissement du pouls est presque toujours la même. Il commence ordinairement dans les vingtquatre heures qui suivent l'accouchement. Il va en augmentant, reste un certain temps stationnaire, puis disparaît peu à peu. On le voit souvent persister, même à un degré très-prononcé, pendant la période des couches, qu'on décrit généralement sous la dénomination souvent impropre de fièvre de lait. 7° La longueur du travail ne paraît pas exercer une influence notable sur son développement et sur son degré ; au contraire, le moindre état pathologique l'empêche de se produire, et le fait disparaître. On l'observe après l'avortement, l'accouchement prématuré, spontané ou artificiel, comme après l'accouchement à terme. Les tranchées utérines même intenses ne le font pas disparaître ; il n'en est pas ordinairement de même des hémorrhagies. On peut cependant l'observer quelquefois après celles qui n'ont pas été trèsabondantes. 8° Lcs positions couchée , assise ou debout, le font varier très-notablement. 9° Le ralentissement du pouls est un pronostic très-favorable. On ne le rencontre que chez les femmes très-bien portantes. Dans un service d'hôpital , sa fréquence indique un état sanitaire cxcellent, sa rareté doit faire craindre l'invasion prochaine des états morbides qu'on voit si souvent régner sous forme épidémique. 10° Quant à sa cause, il ne faut pas la chcrcher dans une sorte d'épuisement nerv eux, comme je l'avais cru tout d'abord. Les recherches sphygmographiques auxquelles nous nous sommes livré avec M. Marey montrent d'une manière manifeste qu'il est en rapport avec une augmentation de la tension artérielle après l'accouchement (Commission d'accouchement). DE LA coNTAGIoN DE LA FIÈvRE TYPHoïDE. — M. Henry GINIRAc (de Bordeaux) donne

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elle pas à ce que la fièvre thyphoïde peut naître et se développer sous deux influences distinctes, naitre sous l'influence de causes locales délétères et se propager par voie de contagion ? La fièvre typhoïde est produite le plus souvent, il est vrai, par l'infection, et l'on peut dire que certaines localités sont à cette fièvre ce que les marais sont à la fièvre intermittente, ce que les colonies et certaines régions équatoriales sont à la fièvre jaune. Mais la fièvre typhoïde peut ne pas apparaître comme contagieuse, quand par son étiologie elle se rapproche des maladies endémiques ; il n'en est plus de même lorsqu'elle règne dans des lieux très-salubres qui ne favorisent point son développement primitif. Le doute est permis quand on ne sait trop discerner si elle est l'effet d'une cause locale ou le résultat d'une transmission d'individu à individu ; toute incertitude ne doit-elle pas cesser lorsqu'on peut suivre la même épidémie dans deux conditions locales différentes, de telle sorte que les circonstances, qui expliquaient son origine dans un endroit, ne rendent plus raison de sa propagation dans un autre. Ces deux conditions opposées, M. Henry Gintrac les a constatées; il a observé, et il décrit deux épidémies de fièvres typhoïdes qui ont régné l'une après l'autre dans deux contrées différentes sous tous les rapports, à Sainte-Croix-du-Mont et à Gabarnac cnsuite. Dans la première commune, la fièvre typhoïde est déterminée par des influences telluriques ; elle est le résultat d'une infection. Dans la deuxième, elle se propage par contagion , et M. Gintrac montre le principe morbifique se transmettant successivement chez vingt-deux individus. Parmi les agents de cette propagation contagieuse, se trouve un enfant de huit mois. Nourri par sa mère atteinte de fièvre typhoïde, cet enfant tombe malade ; transporté à une certaine distance en dehors du foyer contagieux, il communique à une nouvelle nourrice la maladie dont il avait puisé le germe au sein de la première. Ancien élève de l'école de Paris, dit en terminant M. Gintrac, médecin dans une grande ville, attaché depuis longtemps à un vaste hôpital, je n'avais jamais observé

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