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avait été rôtie ou bouillie ; ct, quand elle est cuite, elle pourrait, selon M. Waddell, étre prise à l'intérieur comme médicament; mais ces faits sont extrêmement douteux. Quoi qu'il en soit, les naturels de l'Afrique ne paraissent pas avoir beaucoup de confiance dans la fève de Calabar pour démontrer leur innocence ; la nécessité de se soumettre à cette épreuve est, pour eux, une sentencc de mort, et ils préfèrent, s'ils le pcuvent, s'enfuir et s'exiler. Dès 1855, M. Christison (Monthly Journal, mars 1855), a analysé la fève de Calabar ; mais n'ayant eu à sa disposition qu'une petite quantité de cette substance, il ne put réussir à en isoler le principe actif. Il a décrit les phénomènes d'empoisonnement qu'elle détermine, et nous aurons sans doute l'occasion de revenir plus tard sur cet intéressant chapitre : pour le moment nous nous bornons à signaler les effets produits par la fève de Calabar, quand on la met en contact avec le globe oculaire. C'est M. le docteur Fraser, d'Edimbourg, qui a reconnu le premier, que l'extrait de fève de Calabar introduit dans l'œil jouit de la propriété de contracter la pupille. D'après les renseignements fournis à la Société de biologie par M. Giraldès, M. Fraser conseille de préparer cet extrait de la manière suivante : on prend une once de semences de Physostigma venemosum, on les débarrasse de leur épisperme, on les pile, et on les fait macérer dans 22 onces d'alcool. On filtre, on évapore en consistance sirupeuse, et cet extrait sirupeux, au moment d'être employé, est étendu d'une certaine quantité de glycérine. Plusieurs chirurgiens anglais ont déjà répété les expériences de M. Fraser; entre autres M. Argyll Robertson (Edinburgh medical Journal, mars 1865), qui a fait trois essais sur lui-même, avec des solutions de concentration différente. Il a noté avec le plus grand soin les effets produits, soit que ses pupilles fussent à l'état normal au moment où il introduisait entre les paupières l'extrait de fève de Calabar, soit qu'elles eussent été préalablement dilatées par l'atropine. Le premier phénomène qu'il a observé a été un changement dans l'accommodation de l'œil : la vue a été plus courte et les objets ont paru plus grands et plus rapprochés qu'ils n'étaient en réalité. Le second phénomène a été la contraction de la pupille et la dilatation sympathique de la pulpille de l'œil opposé. Il a observé, en outre, que l'atropine détruisait les effets de l'extrait de physostigma, ct que réciproquement, ce dernier neutralisait ceux de l'atropine. Un fait

qu'il a signalé, c'est que le dérangement dans l'accommodation de l'œil qui s'est montré le premier, a aussi été lé premier à disparaître, et que la contraction de la pupille a persisté pendant beaucoup plus longtemps. Passant en revue les cas dans lesquels la fève de Calabar lui parait devoir être utilement employée, l'auteur signale Ia rétinite avec photophobie, dans laquelle il convient de faire contracter la pupille, afin de laisser pénétrer dans l'œil une moindre quantité de lumière. Il pense qu'on en obtiendra aussi de bons effets dans les paralysies du muscle ciliaire qui accompagnent certaines maladies graves, telles que le typhus ou d'autres fièvres, dans l'affaiblissement de la vue qui résulte de la diphthérite, dans les ulcérations du bord de la cornée, et dans les cas où l'iris menace de s'engager à travers une perforation de cette membrane. C'est assez dire qu'il considère la fève de Calabar comme un agent appelé à jouer un rôle très-important dans le traitement des maladies des yeux. Les expériences cliniques démontreront ce qu'il y a de fondé dans les vues de M. Argyll Robertson ; et elles établiront sans doute, en outre, si la fève de Calabar, qui cst l'antagoniste de la belladone, est un antidote dans les cas d'empoisonnement par cette substance. M. Giraldès, qui a déjà essayé l'extrait de Physostigma venenosum sur douze enfants, a facilement constaté, qu'après l'introduction entre les paupières d'une goutte de cet extrait, la pupille se contractait manifestement ; que cette contraction était à son maximun au bout de quinze à vingt minutes, et que la pupille avait repris ses dimensions premières au bout de vingt à trente heures. Enfin M. Harley (The Lancet,juin 1865), qui a essayé aussi la fève de Calabar, mais en la donnant à l'intérieur comme poison, a formulé les conclusions suivantes : la fève de Calabar peut amener la contraction de la pupille, soit qu'on l'administre par la bouche, soit qu'on l'applique localement. Physiologiquement elle est antagoniste de l'atropine. (L'Union médicale, N° 86.)

Falsifications, etc.

Moyen de reconnaître la falsification de la glycérine par le sirop de sucre ; par M. PALM. — Le goût sucré de la glycérine pure et son état constamment liquide en rendent la falsification par le sirop de sucre très-facile, et difficile à reconnaître par des caractères essentiellement physiques. Pour reconnaître le sucre de canne dans la glycérine, M. Palm y ajoute 2 gouttes d'acide sulfurique concentré et chauffe au bain-marie pour chasser l'eau ; si la coloration noire se manifeste, la présence du sucre de canne, dit-il, est prouvée. La glycérine, ni le sucre de raisin ne se noircissent de cette manière. Pour connaître ce dernier, on ajoute à la glycérine un tiers de son volume de lessive de potasse, et on chauffe jusqu'à l'ébullition ; la coloration brune du mélange qui se manifeste, prouve la présence du sucre de raisin. Ni la glycérine, ni le sucre de canne, ne se colorent en brun par l'ébullition avec la potasse caustique. (Journ. trim. de Wittstein et Journ, de pharm. d'Anvers, juillet-août 1865.)

Sur une falsification de l'essence de macis.— M. De Letter a fait connaître à la Société de pharmacie de Bruxelles une fraude qu'il a eu occasion de constater dernièrement. Elle consiste dans la substitution d'une teinture alcoolique de noix muscade à l'huile essentielle de l'arille. Ce produit était d'un jaune d'or, très-fluide, deux propriétés physiques qui n'appartiennent pas à l'huile essentielle de macis. En outre, cette prétendue essence se mélangeait parfaitement à l'eau en la rendant légèrement lactescente, comme le faisaient deux teintures préparées, l'une au moyen du macis, l'autre au moyen de la noix muscade.

La couleur de la première de ces teintures, était d'un jaune très-pâle, tandis que la seconde affectait une couleur se rapprochant beaucoup de celle de la teinture livrée. Deux ou trois gouttes de cette dernière, ajoutées à un mélange d'une petite quantité de bi-chromate potassique et d'acide sulfurique, y développèrent instantanénment une belle coloration vert foncé.

(Bulletin de la Société de pharmacie de

Bruxelles, août 1865.)

Pharmacie.

Formule d'un élixir de pepsine composé. — Dans notre cahier de juillet dernier, nous avons déjà donné la préparation d'un sirop de pepsine ; nous trouvons dans

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Sur une nouvelle espèce de cubèbe. — Depuis peu les cubèbes de l'Inde hollandaise sont entrés dans le commerce : on leur attribue des propriétés d'une espèce voisine et on les offre à bien plus bas prix que les cubèbes ordinaires. Mais comme ils en diffèrent essentiellement par l'aspect, on peut les considérer comme faux et impropres à l'emploi médical ; M. Pas, ainsi que M. Groenewegen, leur ont accordé une attention particulière, et les ont décrits de la manière suivante : Le volume de ce cubèbe surpasse de beaucoup celui du poivre noir et il s'accorde assez avec celui du piment. La couleur est d'un gris cendré, tirant sur le brun noir, et les rides de la surface sont moins profondes et plus régulières que chez les cubèbes véritables. Les pétioles sont un peu aplatis. L'odeur est moins agréable et quelque peu moite ; le goût est moins brûlant, mais piquant, et peut être comparé au macis. (D'après M. Groenewegen, le goût serait d'abord d'une douceur agréable, mais rappelant ensuite l'anis étoilé.) En décomposant ces cubèbes, on en découvre qui sont entièrement remplis à l'intérieur d'une couleur blanche passant au vert noir vers l'extérieur, et entourés d'une coque brune noire ; chez d'autres, la graine est d'un blanc gris et détachée dans le fruit; chez d'autres encore, la partie intérieure est tellement creuse, qu'elle ne renferme qu'une semence desséchée et très-ratatinée. . Il résulte d'un examen comparatif et microscopique (de Groenewegen) des cubèbes ordinaires et des nouveaux, que les premiers ont par-ci par-là, à la surface, des fragments décomposés de la couche épidermique. Sous cette couche se trouve une série de cellules mouchetées à parois épaisses ; on découvre ensuite vers l'intérieur deux couches de ccllules très-com

pactes et sèches; les plus extrêmes de cellesci sont en partie vides et en partie remplies d'une masse claire résineuse. Les cellules du milieu possèdent encore un tissu alvéolide. La couche la plus intérieure, l'endocarpium, est la plus caractéristique pour ces cubèbes; elle se compose, notamment dans la direction du rayon du fruit, d'une série de cellules étirées très-épaisses et mouchetées. Ces cellules sont déjà visibles au moyen d'un faible microscope, et cet endocarpium, lorsqu'on le coupe, paraît dur et fragile, et peut être comparé à la coque des fruits à noyau. Cette couche est ordinairement la couverture de la cavité qui s'est formée dans le fruit par la dessiccation de la graine, et souvent on y remarque encore des fragments adhérents d'une membrane brune, qui sont des parties de la couche des cellules extrêmes de l'epispermium. Aussi longtemps que la semence n'est pas desséchée, elle possède intérieurement une couleur d'un brun blanchâtre albuminoïde, renfermant de la fécule et entourée d'un epispermium composé de deux couches de cellules. Les nouveaux cubèbes s'accordent sous quelques rapports avec les premiers; ils sont cependant plus complétement pourvus d'un cuticule. Le tissu du mesocarpium se compose de cellules plus grandes, et seulement la couche des cellules extérieures présente un tissu plus fin, tandis que les cellules épaissies, caractéristiques pour l'endocarpium des cubèbes ordinaires, manquent ici complétement. Par contre, la semence diffère peu ; cependant les grains de fécule sont un peu plus grands ici, et leur différence en moyenne = 1/400 de millimètre. Mais ces proportions ne s'appliquent qu'aux fruits entièrement remplis, qui composent, du reste, la grande partie de ces nouveaux cubèbes. En outre, la structure des fruits dans lesquels la semence est détachée s'accorde entièrement avec celle des cubèbes ordinaires. Jetés dans l'eau, les nouveaux cubèbes l'absorbent beaucoup plus rapidement et descendent, par conséquent, beaucoup plus rapidement au fond que les cubèbes ordinaires. Puis l'eau se teint d'un brun foncé, tandis que les cubèbes ordinaires ne lui communiquent qu'une couleur d'un jaune clair, même après quelques jours de contact, à ce point que la différence de couleur de ce soluté aqueux nous paraît un moyen simple pour distinguer lcs véritables cubèbes de leur congénère. De plus, celui-ci communique à l'eau froide un goût beaucoup plus piquant que les cubèbes ordinaires, même quand on laisserait sé

journer ceux-ci dans l'eau jusqu'à ce qu'ils s'amollissent, et qu'on puisse écraser sous les doigts, non-seulement le sarcocarpe, mais aussi la semence du fruit ; tandis que, dans ces conditions, le congénère ne permettrait que l'extraction de la semence, puisqu'elle offre une résistance plus grande, la coque étant plus développée. Les cubèbes véritables sont difficiles à pulvériser ; le congénère, au contraire, se laisse très-facilement réduire en poudre. La poudre des cubèbes véritables est d'un brun foncé et a une odeur aromatique agréable, tandis que la poudre du congénère a une couleur d'un roux grisâtre et une odeur de térébenthine. L'huile velatile distillée des cubèbes véritables a une odeur aromatique particulière et plutôt douce que piquante ; l'huile du congénère possède une odeur aiguë et ressemblant plus à un mélange de fleurs de muscade, de citron et d'huile de térébenthine. L'huile des cubèbes véritables est d'un vert jaune clair, d'un goût de camphre, et accuse une coloration brun rouge foncé par l'acide sulfurique ; l'huile du congénère est incolore, a un goût d'huile de fleurs de muscade, et devient d'un rouge de sang par l'acide sulfurique. L'huile des cubèbes véritables est un liquide plus épais que celui du congénère, mais toutes deux sont plus légères que l'eau. De 100 parties de cubèbes véritables on obtient par le traitement de l'éther, et par l'évaporation, 21 parties d'extrait verdâtre et d'une odeur basalmique, aromatique et piquante, et d'une saveur amère ; tandis que 100 parties du congénère ne donnent que 10 parties d'un extrait balsamique d'un jaune brunâtre, comme le fruit même, mais d'un goût plus amer. Enfin, en conservant les cubèbes véritables, il se forme insensiblement, à cause de l'huile volatile qui se dégage, une masse résineuse et collante sur les fruits mêmes et sur les parois du vase qui les renferme, ce qui n'a pas lieu avec l'autre espèce. Quant à l'originc de ces nouveaux cubèbes, M. Pas les considère comme des fruits mûrs du cubèbe officinal (on sait que les cubèbes véritables sont les fruits qui ne sont pas mûrs de la plante que nous venons de citer); M. Groenewcgen présume, au contraire, que c'est le fruit du Piper anisatum. (Bull. gén. de thérap., 15 août 1865.)

Médicaments de la nouvelle Pharmacopée qui, sous des noms anciens, représentent des préparations nouvelles ou notablement modifiées ; par D.A. VAN BASTELAER, pharmacien, membre correspondant, à Charleroi. (Suite.— Voir notre cahier d'août, p. 160.) Acide nitrique. — L'ancienne Pharmacopée indiquait deux acides nitriques forts, tandis que la nouvelle y a joint l'acide dilué. L'un des deux est resté identique dans les deux ouvrages, c'est celui qui doit avoir une densité de 1,554 ( ou 56° Baumé). Cependant, cet acide a changé de nom, notre Codex officiel l'appelle acide nitrique pur à 56°. L'ancienne Pharmacopée l'appelait acide nitrique simplement. Aujourd'hui cette simple désignation serait tout à fait insuffisante ou plutôt fautive. D'après une décision formelle de la Pharmacopée, le pharmacien, quand on lui demandera de l'acide nitrique sans autre désignation, devra donner l'acide nitrique dilué. C'est aussi ce que nous avons vu pour l'acide sulfurique. Ainsi le praticien, en demandant de l'acide nitrique, doit compter aujourd'hui sur un produit presque trois fois moindre en force que sous le régime de l'ancienne Pharmacopée. C'està-dire qu'on lui donnera un mélange d'un tiers d'acide à 40° et de deux tiers d'eau, mélange marquant 16° (densité de 1,120). Il est à remarquer, du reste, et c'est une mesure de prudence, qu'en règle générale, s'il y a plusieurs préparations de même nature, mais de force différente, la Pharmacopée ordonne aujourd'hui de délivrer la plus faible, si la prescription du praticien omet de demander formellement une plus forte. Nous aurons, dans la suite, occasion d'appliquer souvent cette remarque. Outre l'acide nitrique dilué et l'acide nitrique pur à 56°, le nouveau Codex en donne un troisième, l'acide nitrique à 40°, ou esprit de nitre fumant. Cet esprit de nitre fumant marquait dans l'ancienne Pharmacopée 46° (densité de 1,470) au lieu de 40° (densité de 1,584). Le produit est donc notablement changé. Mais la Pharmacopée donne à cet acide fumant un synonyme sur lequel il est important d'attirer l'attention; elle l'appelle acide azotique, sans y rien ajouter. Pour tout chimiste, il n'y a pas à hésiter, acide azotique est parfaitement synonyme d'acide nitrique; or, les mots acide nitrique tout court désignent dans la Pharmacopée, I'acide nitrique dilué; comment donc acide azotique peut-il dans le même ouvrage, désigner l'acide nitrique fumanto Il est de toute nécessité que le médecin ne perde pas de vue cette remarque, car il devra

nécessairement suppléer à cette inadvertance du livre officiel, en ne négligeant jamais de s'expliquer clairement. Acide nitro-chlorhydrique. L'acide nitro-chlorhydrique ou eau régale, est peu changé dans la nouvelle Pharmacopée. En effet, si celle-ci exige un acide nitrique plus fort (40° au lieu de 56), elle l'emploie en moindre proportion. Toutefois le produit est moins aqueux, puisque l'acide employé est plus rectifié. Acide sulfurique.— Rien n'a été changé à l'ancien Codex, pour tout ce qui a rapport à l'acide sulfurique. Cependant, je crois utile de faire ici une réflexion. Pour les autres acides, la nouvelle Pharmacopée fait une loi au pharmacien de délivrer l'acide dilué, quand on ne précise pas l'espèce que l'on désire ; or, pour l'acide sulfurique, le Codex a omis cette recommandation. Evidemment c'est un oubli, et la plupart des pharmaciens seront de mon avis, et suivront pour cet acide la même règle que pour les autres, en délivrant l'acide dilué. Il est bon que les praticiens sachent à quoi s'en tenir, pour désigner convenablement, dans leurs recettes, l'acide qu'ils entendent employer. Acide sulfurique alcoolisé. — Il est une remarque fort importante à faire sur l'acide sulfurique alcoolisé. A l'imitation des formulaires français, la nouvelle Pharmacopée entend, par cette dénomination, l'eau de Rabel, c'est-à-dire un mélange d'alcool, avec un tiers de son poids d'acide sulfurique seulement. On doit donc se garder de confondre cette préparation, avec la préparation analogue de l'ancienne Pharmacopée qui portait le nom d'alcool sulfurique acide. Ce dernier était la liqueur acide de Haller, composée de parties égales d'alcool et d'acide sulfurique rectifié; elle avait donc une action trois fois aussi forte que l'eau de Rabel qui n'existait pas dans le Codex ancien. Ether acétique. — L'éther acétique officinal doit aujourd'hui avoir 0,889 de densité (18° Bat., 28° Baumé). Il marquait anciennement 15° Bat. ou 25° Baumé (0,906 de densité). En effet, on se contentait d'une seule distillation, tandis qu'aujourd'hui on doit rectifier sur de la chaux le produit obtenu d'abord. Ether chlorhydrique alcoolisé. L'éther chlorhydrique alcoolisé de la nouvelle Pharmacopée est plus rectifié aussi que celui de l'ancienne. Celui-ci ne devait peser que 0,867 (22° Bat. ou 52° Baumé); aujourd'hui il doit marquer 0,842 (27° Bat., 57° Baumé).

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Alcool.— Si le médecin prescrit l'alcool, sans en indiquer la force, dit en note la nouvelle Pharmacopée, le pharmacien donnera l'esprit-de-vin à 20° (50° Baumé, 0,878 de densité); tandis que par le mot alcool seul, l'ancienne Pharmacopée entendait l'alcool alcalisé à 52° ou 54° (42 ou 44° Baumé , 0,819 à 0,809 de densité). Ce dernier est l'alcool fort. C'est ce que la nouvelle Pharmacopée nomme esprit-de-vin très-concentré, et auquel elle attribue 55° (45° Baumé, 0,814 de densité).

* Outre l'esprit-de-vin très-concentré, la

nouvelle Pharmacopée donne, comme l'ancienne, un esprit-de-vin rectifié et un esprit-de-vin très-rcctifié. Ce dernier porte aujourd'hui 2° de moins que sous l'ancien régime. Ce degré, en effet, est descendu à 28° (58° Baumé, 0,857 de densité).

La remarque faite au commencement de cet article, sur la signification du mot alcool, a seule de l'importance au point de vue des prescriptions faites par le médecin; le reste est de peu de valeur.

Alcoolat d'angélique composé. L'alcoolatd'angélique composé, fait pour remplacer l'esprit thériacal des formulaires, a une composition qui s'en écarte entiérement. Les caractères physiques, aussi bien que les autres propriétés, en sont tout à fait distincts. On a banni de la nouvelle préparation la thériaque, qui entrait en grande quantité dans l'ancien alcoolat. En revanche, on y a substitué une forte proportion de camphre, et surtout de racine d'angélique.

Ces deux médicaments sont tellement divers, qu'il ne peut suffire d'en faire la comparaison, pour donner au lecteur une idée des changements adoptés. Il est nécessaire d'en mettre les recettes en regard, pour que les praticiens se rendent compte des modifications introduites. Les voici :

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Eau distillée de noix , 1500 Faites macérer les substances sèches dans l'alcool; ajoutez la thériaque délayée dans l'eau de noix, et distillez toute la partie spiritueuse. Alcoolat aromatique au safran (Esprit de Garus). L'alcoolat de Garus et, par conséquent, l'élixir de Garus ont été modifiés. Les proportions de safran et de myrrhe admises sont moindres que celles des divers formulaires auxquels cette préparation a été empruntée. Quant à l'aloès, la nouvelle Pharmacopée le supprime entièrement, ainsi que l'eau de fleurs d'oranger. Alcoolat ou(Eau de Bryone composée).'L'eau de Bryone composée a reçu, dans la nouvelle Pharmacopée, des modifications qui en changent notablement la nature. D'abord le castoréum employé n'est plus le castoréum de Sibérie exigé par l'ancienne Pharmacopée, c'est le castoréum du Canada. En revanche, on a introduit dans la composition une énorme proportion de rue, qui n'était pas indiquée dans la formule ancienne. Cette addition importante change le mode d'action du médicament sur l'organisme animal, car les propriétés médicales de la rue sont tout à fait distinctes de celles du castoréum et des plantes labiées. La proportion de rue ajoutée s'élève à onze fois le poids de la sabine, du pouillot, etc. Cette forte aug

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